16/05/2009

La grande illusion...

Demain, nous saurons si le peuple suisse accepte la réintroduction de certaines médecines dites complémentaires ou alternatives dans l'assurance de base. Comme il est pratiquement impossible de se mettre d'accord sur l'efficacité de ces médecines, il faut laisser à chacun la possibilité d'y accéder et de s'en trouver bien !

Du point de vue des coûts, le résultat du vote ne sera pas forcément anodin : Plus le choix est vaste et plus le consommateur en fait usage. Ainsi donc - et malheureusement - souvent un patient, déçu par la médecine allopathique, recourra à un traitement dit alternatif. En fin de compte, les traitement s'additionnent. Du point de vue de la facture finale, ce sera traitement allopathique ET traitement alternatif à la place de OU traitement alternatif.

Mais avec ou sans traitements alternatifs, il est parfaitement illusoire de croire et malhonnête de vouloir faire croire que les coûts de la santé vont baisser. Pris dans un système de consommation à outrance, le citoyen veut "profiter" au maximum de l'offre de soins. Il souhaite bénéficier des dernières techniques, des derniers médicaments et de tout ce qui se fait de mieux en médecine, même si cela n'est pas indispensable.

Et cela, M. Pascal Couchepin le sait très bien. Aussi quand il propose de faire payer une taxe pour aller chez le médecin, il ne propose pas une réduction des frais de santé, mais simplement un tranfert des coûts sur les assurés. Notre ministre qui ne s'est pas privé de stigmatiser l'action de Mme R. Dreyfus, ne fait - évidemment - pas mieux.

Si l'on veut vraiment que les assurés aient des cotisations supportables, ce sera pas une approche complètement différente des frais de santé. Comme on ne fera pas baisser les coûts - la grande illusion ! - il faudra en revenir à une justice socialee un peu plus équilibrée. Qu'on le veuille ou non, il faudra bien que l'on tienne compte de la capacité contributive de chacun.

Changer de système est possible. Mais le veut-on ?

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