20/08/2009

Quand le droit est bafoué

Peu m'importe finalement que M. Merz ait dû "baisser sa culotte" et présenter des excuses à la Libye. Ce qui m'importe c'est que deux otages (et les commentateurs politiques seraient bien inspirés de se souvenir de la signification du mot "otage") soient libres de leurs mouvements.

Il me semble que l'on a complètement renversé les rôles : le fils Khadafi se conduit comme un délinquant à Genève (et pas seulement à Genève). Son père retient des hommes en otage et c'est la Suisse qui doit s'excuser. Un comble ! Une très mauvaise farce.

Dans les Etats de droit, les preneurs d'otages sont très sévèrement punis. Il faudra bien qu'un jour - sans doute encore lointain ! - les chefs d'Etat sanguinaires mais riches soient traduits devants des tribunaux.

Le fiston du tyran maltraite ses domestiques et M. Merz parle d'une arrestation injustifiée.

Bref si les excuses n'ont servi qu'à libérer les otages, alors bravo et merci. Si les excuses servent à relancer des relations commerciales, c'est déjà netement plus douteux.

S'il n'y avait pas eu d'otages, M. Merz se serait-il aussi excuser, serait-il allé à Canossa - à Tripoli pour s'excuser ?

Quoi qu'il en soit, il est urgent de déclarer Hannibal "persona non grata". N'en déplaise à M. Nydegger, qui, voyant déjà se profiler les élections cantonales, tire à boulets rouges sur la police, M. Moutinot et tout ce qui visiblement pourrait nuire à son avancement ! C'est petit. J'avais en outre la naïveté de croire qu'à Genève comme à Berne, il y avait un collège de "ministres" et que les décisions étaient collégiales.

Je ne sais pas encore pour qui je voterai bientôt, mais je sais d'ores et déjà pour qui je ne voterai pas !

Excuses ou pas d'excuses, n'oublions pas que c'est le régime libyen qui est détestable. Ce n'est pas le gouvernement suisse qui est coupable. C'est le "guide" de la révolution libyenne qui se conduit pour ce qu'il est : un dictateur

Commentaires

Monsieur,

Vous intitulez votre billet "Quand le droit est bafoué".

Ce titre est encore plus pertinent que vous ne le pensz si l'on ne perd pas de vue qu l'arrestation du fils agité (et non du père terroriste) n'a pas été effectuée dans les règles de l'art, c'est-à-dire dans le respect de la Convention européenne des droits de l'homme.

La Constitution genevoise a été violée avec la bénédiction de Moutinot qui a supervisé l'intervention policière. Je vous renvoie à l'adresse suivante :

http://constitutiongenevoise.blog.tdg.ch

Certes, les procédés policiers illégaux sont usuels. Mais cela ne les justifie pas.

Finalement, tant la Suisse que la Lybie ont montré leurs travers usuels.

Je vous rassure, je préfère les travers de notre police.

Bien à vous.

Écrit par : CEDH | 20/08/2009

D'accord avec l'auteur, mais je dirais plutôt que c'est "l'Etat de droit " qui est bafoué !

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 20/08/2009

à CEDH
Le texte que vous nous soumettez en lien est naturellement intéressant. Mais il reste un texte de juristes, donc interprétable, donc interprêté. Vous savez comme moi que si les textes juridiques étaient clairs et disaient réellement ce qu'ils veulent dire, les avocats, du coup, deviendraient inutiles.

En outre, je ne sache pas que la garde à vue soit un acte illégal. Elle le devient dans le cas où l'habeas corpus n'est pas respecté. Et les avocats seraient bien les premiers à monter au créneau en cas de violation du devoir d'entendre une personne en garde à vue dans les délais prévus.

Mais en plus, j'essaie d'imaginer une convocation adressée au délinquant Kadhafi le priant de se présenter devant le juge qui lui aurait signifier son inculpation pour mauvais traitement (c'est un euphémisme) sur sa domesticité. Franchement, vous y croyez à ce genre de scénario ?

Vous savez comme moi que dans le clan Kadhafi, le mot "droit" n'existe pas, non plus que le mot "loi", sinon celle du plus fort.

Je ne suis pas un admirateur béat de M. Merz mais je lui reconnaît un certain courage - certains appellent cela baisser sa culotte, chacun son style. Il n'empêche que si l'un des otages était de ma famille, j'apprécierais pleinement la démarche de notre ministre. Je n'oublie pas non plus que si nous étions en Libye, les propos parfois orduriers laissés par des blogueurs les auraient sans doute envoyer croupir dans une prison...ou pire.

Donc je ne cesse, en Suisse, de me réjouir de pouvoir traiter un ministre d'incapable, si cela me chante, sans encourir - sans procès, bien sûr - 5 ou 10 ans de réduit national...

Bien cordialement

Écrit par : Michel Sommer | 21/08/2009

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