16/09/2009

LETTRE A UN AMI FRONTALIER

Cher Ami,

 

Comme vous j’habite la France, mais à un détail près : je suis citoyen helvétique. J’ai pourtant le sentiment d’avoir été bien accueilli. Après quelques années, j’ai même présidé une association et cela pendant 15 ans. Mais il y a pire : comme je travaille à Genève comme indépendant, je paie mes impôts en Suisse, alors que je fais mes achats en France et que forcément j’use les routes françaises. Et comme j’ai aussi connu le malheur du chômage pendant presque 3 ans - moi le citoyen helvétique - je fus indemnisé par la France. Il a fallu que je paie mon AVS sur une base volontaire pour éviter les « trous » dans mon compte. Mais maintenant que j’ai atteint l’âge de la retraite, je suis content de toucher une petite retraite française et de bénéficier de la « Sécu ». Alors merci la France ! Car passer d’environ 600 euros d’assurance-maladie par mois à 130, (pour deux personnes) je vous laisse faire le calcul.

 

Bref quand je suis arrivé en France il y a plus de 25 ans, il me semble que vous autres « frontaliers » étiez plutôt bien considérés en Suisse, je veux dire à Genève. C’était l’époque où l’on venait vous chercher car - déjà - on manquait de main d’œuvre. Oui bien sûr il y a toujours eu quelques petits frottements car certains frontaliers ne jouaient pas toujours le jeu. Ils conduisaient un peu vite et certains « 74 » avaient des « poubelles ». Cela faisait un peu sale à Genève. Mais l’un dans l’autre, cela se passait assez bien, voire très bien.

 

Et puis, un jour, bien qu’elle se crût à l’abri, la Suisse a connu le chômage et Genève a été particulièrement touchée. Mais comme il restait encore inférieur à celui de la France, tout allait bien si j’ose dire. Et puis tout d’un coup, « on » a commencé à ne plus vous aimer beaucoup, vous les frontaliers, « on » a commencé à vous détester franchement, « on » a même osé prétendre que le chômage à Genève était de votre faute. Une des rares choses dont vous n’êtes pas responsables, c’est la pénurie de logements. J’ai beau chercher, je ne sais toujours pas pourquoi « on » vous en veut tellement. Probablement comme le regretté Fernand Reynaud disait à propos de l’étranger du village : vous venez manger le pain des Suisses…

 

Toutes ces attaques et ces piques ne seraient que des brèves de comptoir si l’on n’approchait pas des élections à Genève. Mais depuis quelques temps, franchement, je m’inquiète. Vous êtes devenus les parias de notre République. Vous usez nos routes, vous infiltrez l’administration, vous « mobbez » les Suisses, vous faites exprès de la sous enchère salariale et en plus vous êtes compétents. Ah, c’est sans doute un défaut rédhibitoire !

 

D’accord, je m’égare un peu ; tout ce qui précède n’est pas l’avis des Genevois. Seulement les élucubrations d’une poignée d’entre eux. Mais comme leurs slogans sont d’un populisme rare, ils arrivent à prendre des citoyens dans leurs filets. Il ne faudrait toutefois pas croire qu’ils sont là pour amuser la République. Non, ils veulent imposer leurs vues et une de celles-là consiste à vous jeter hors de nos frontières. Un peu comme dans Astérix : « les étrangers on les aime bien, mais seulement quand ils restent chez eux. » Alors soyez vigilants (Vous ne comprendrez peut-être pas l’allusion, mais aux Genevois cela leur rappellera quelques souvenirs.) et ne vous laissez pas démonter. Nous avons un avenir à construire ensemble et ce n’est pas le MCG qui nous en empêchera. Le MCG ? « Le Mouvement Citoyen Genevois ». Quelqu’un m’a rapporté qu’en fait le MCG, ça voulait dire tout autre chose : « Meute de Chiens Galeux » et que par un fâcheux glissement sémantique…

A mon avis, une telle appellation ne vient sûrement pas d’un frontalier. Ca ne peut être que l’œuvre d’un citoyen genevois qui n’a pas encore compris que la République et Canton de Genève allait devenir - à très brève échéance - un département français. Les banques n’auront même plus besoin de livrer les noms de leurs déposants…Paris viendra les chercher.

 

Enfin, malgré tous les défauts que certains vous prêtent, je vous remercie d’être là. Ma vieille mère qui a nonante-deux ans et qui est dans un EMS, je me demande ce qu’elle deviendrait sans vous…

 

Bien cordialement et au plaisir de vous voir.

Commentaires

Nous nous rejoignons sur ce point: voir mon billet lors de la votation de l'hiver dernier

http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2009/02/06/lettre-ouverte-aux-frontaliers.html

Écrit par : hommelibre | 16/09/2009

Avis à M. Stauffer et sa clique

Le Liechtenstein, vous connaissez ?

Dans ce petit pays sans histoire, il y a 50,2 % des emplois qui sont occupés par des frontaliers, dont 49% de frontaliers venant de Suisse ! Alors quand vous la ramenez avec nos malheureux 40.000 cela me fait franchement rigoler !

Pour vérifier mes dires, vous n'avez qu'à vous rendre sur le site Officiel de la principauté ! Au fait que penserait la population limitrophe d'affiches ignobles comme les vôtres "SUISSES ASSEZ" HALTE A L'INVASION DES SUISSES" ?

Je ne comprends pas qu'aucun politicien anti MCG n'ait pas encore fait cette comparaison...je crois que je devrais faire de la politique...

Écrit par : Café | 16/09/2009

Facile de dire merci aux français, quand on est retraité suisse vivant sur France !

A votre place, je ne me permettrai pas de toiser de haut ceux qui "râlent" contre la dégradation de l'emploi à Genève ... car eux font vivre Genève en essayant d'y survivre !

Bien à vous

Écrit par : Loredana | 16/09/2009

@Hommelibre,

Nous sommes opposés sur ce point. Pas changé d'avis depuis lors.

(o_o)

Écrit par : Loredana | 16/09/2009

Loredana

Je crois que vous êtes Italienne. Vos parents sont venus du fin fond de l'Italie, comme beaucoup pour avoir un meilleur niveau de vie que celui qu'ils avaient en Italie, comme le firent ensuite les Espagnols et les Portugais.

Expliquez-moi, qu'est-ce qui empêche les Italiens actuels de faire comme leurs parents et de s'installer dans un autre pays, pour avoir un meilleur niveau de vie ? beaucoup d'italiens, d'Espagnols etc... se sont désormais installés en France. Mais peut-être, trouvez-vous cela dégradant ? ou encore vous avez honte de ce qu'ont faits vos parents. Pensez un seul instant comme cela devait être dur pour ces Italiens, souvent analphabète, de débarquer dans un pays hostile comme la Suisse à l'époque et ne parlant pas la langue, sans compter que beaucoup ne parlaient que le dialecte italien... un peu de respect svp pour ceux qui décident d'aller ailleurs pour une vie meilleure !

Écrit par : Café | 16/09/2009

Oh tiens Café,

Commentateur qui a tellement de nationalité, qu'il en change selon les comms qu'il pond. Cela faisait longtemps ... mais pas envie de remettre le couvert !

Ciao

(o_o)

Écrit par : Loredana | 16/09/2009

Merci à vous Monsieur, pour cet intelligent billet, tout comme l'est la remarque de Café. Comment peut-on prétendre, comme Loredana se battre pour faire vivre Genève en essayant de casser l'un de ses atouts, son assise régionale transfrontalière ?
Le bien-être n'a jamais été un droit divin de par son lieu de résidence. Il se mérite par son travail et ses efforts. Rejeter la responsabilité de ses manques sur l'autre, cet étranger maudit, c'est un cumul de paresse et de bêtise. Ce n'est même pas une solution de facilité, car cela ne solutionne rien et, en cas de mise en application (que le Saint-Esprit des Urnes nous en préserve) cela ne ferait qu'engendrer de nouveaux problèmes. A commencer par une récession carabinée et son corollaire: un accroissement du chômage exponentiel.
Comment peut-on croire qu'un Canton, dont les 3/4 de l'économie sont axés sur l'extérieur, pourrait se permettre d'envoyer balader toutes les conventions internationales antérieurement signées, sans avoir à en payer les conséquences ???

Écrit par : Philippe Souaille | 17/09/2009

A Loredana,

Grand Dieu, vous arrive-t-il d'avoir des avis positifs ? Je ne connais pas votre situation personnelle et je me garderai bien d'y apporter un commentaire quelconque. Tout ce que j'aimerais vous dire, c'est ceci : rien ne sert de vous apitoyer sur votre sort et ce n'est pas en jetant les frontaliers dehors - comme essaient de vous le faire croire certains politiciens intellectuellement malhonnêtes - que votre situation personnelle va s'améliorer. A mon très humble avis, il vaudrait mieux agir que réagir. Vous avez certainement des talents ; utilisez-les.
Bien cordialement

Écrit par : Michel Sommer | 17/09/2009

Monsieur Philippe Souaille, je ne "casse" rien du tout. Je râle ... pour rien, ça c'est sure (yaqua voir les votations de février) mais cela me fait un bien fou !

Quant à l'étranger maudit ... merci je connais.

Cordialement

Écrit par : Loredana | 17/09/2009

Monsieur Michel Sommer, je positive tout le temps, vous inquiétez pas. Mais dans le cas présent je commente un post. Puis-je dire que je ne suis pas d'accord avec ce qui est écrit ? Ou pas ?

Bien à vous

Écrit par : Loredana | 17/09/2009

Le MCG est un parti digne d'une parodie grotesque. Ils savent mieux que personne que la problématique des frontaliers est du ressort de la Confédération. Un microscopique mouvement cantonal comme le mcg ne dispose d'aucune prérogative pour agir sur cette problématique. Ni sur d'autres beaucoup plus locales au vu des résultats qu'ils obtiennent tant dans les communes, que dans le Canton où semble t'il, ils nous avaient promis monts et merveilles il y a 4 ans déjà. Depuis 4 ans qu'ont ils fait ? La réponse tient en un mot : rien.
Pourtant comme d'autres, j'avais cru en ce mouvement. Mais leur bilan après 4 années aux affaires est suffisamment clair : rien.
Du vent, du bruit, des scandales, des effets de manchettes, mais pour les Genevois ? Rien.
Le MCG où l'infinie vacuité du vide sidéral.
Jean-Paul

Écrit par : Jean-Paul | 17/09/2009

A Loredana,

Vous dites "positiver" ! J'en prends acte. Vous demandez si vous avez le droit de n'être pas d'accord. Cela va de soi !
Outre le fait que "positiver" est une invention de supermarché français, je me demande ce que serait votre discours si par extraordinaire vous cessiez de "positiver". Si je vous entends bien, "positiver", ça signifie râler et être "en pétard" contre tout et tous.
Dommage - Peccato, dit-on en italien ?

Écrit par : Michel Sommer | 17/09/2009

Monsieur Michel Sommer,

Le verbe positiver a été repris par une chaîne de supermarché mais la « positive attitude » nous a été servie et resservie à travers les médias par les politiques, tout pays confondus. Donc j’ai la positive attitude car je ne baisse pas les bras face aux problèmes.

Par contre, je n’admets pas le dénigrement dont font preuves certaines personnes vis-à-vis de ceux qui ont été largués par le système. J’en ai marre de lire, avant chaque votation, que les genevois sont des nuls, qu’ils sont sous instruits, que c’est de leur faute s’ils n’ont pas de boulot, ou s’ils l’ont perdu, qu’il faut qu’ils se bougent, fassent, soient plus ceci ou cela. Et là, je râle (comme tout bon genevois !), et je me mets en pétard afin d’évacuer le stress, pour éviter de me retrouver avec un ulcère à l’estomac. J’appelle cela de la prévention naturelle …

(o_~)

Écrit par : Loredana | 17/09/2009

Si nous étions un département Français, le fils que vous êtes serait mis à contribution pour le paiement de la facture EMS de sa mère. La Suisse devrait faire pareil dites vous ? Sortez votre chéquier, je vous laisse faire le calcul.

Écrit par : guismo | 17/09/2009

A guismo,

Non Cher Monsieur (?) je crains que vous ne m'ayez pas compris. Je dis simplement que sans les frontaliers, le bon fonctionnement des EMS du canton de Genève serait très certainement compromis.
Bien cordialement

Écrit par : anaxagore | 18/09/2009

Je ne peux comprendre le raisonement des personnes qui acceptent qu'il y a 50'000 frontaliers pour 15'000 chômeurs habitant Genève.

Je n'ai rien contre les Français de la région transfrontalière, mais quand ils viennent de départements éloignés de Genève ça m'irrite (le lieu d'origine des Français est facilement reconaissable à leurs accents).

Pour moi le calcul des autorisations des permis de travail des frontaliers est très simple: 50'000 frontaliers - 15'000 chômeurs = 35'000 permis de travail pour les frontaliers.

Meilleures salutations.

Écrit par : Eros | 19/09/2009

Ne trouvez-vous pas que cette polémique est lamentable ? Faut pas s'étonner qu'il y ait des guerres incessantes dans le monde dès lors que dans notre communauté franco-valdo-genevoise il y a autant de haine....
Désolant ! Je ne suis pas en train de dire aimez-vous les uns les autres, mais au moins respectez-vous. Je suis du même avis que la personne sensée qui a écrit la "lettre au frontalier" : Genève a été très heureuse d'avoir du personnel frontalier dans les années 70. Sans eux, Genève aurait-elle connu autant d'essor ? Alors, soyons reconnaissants les uns envers les autres et n'oublions jamais ce qui a été fait auparavant. Ces soi-disants Genevois (n'oublions pas non plus qu'il n'y a pas si longtemps Genève était française...)
où font-ils leur course le samedi et le dimanche ? Où vont-ils en vacances à la mer ? Vous avez deviné : la FRANCE. Sans commentaire !

Écrit par : Bawojintian | 19/09/2009

Cette polémique ETAIT lamentable, heureusemen. À tel point d'ailleurs que celui qui est la cause de ce déferlement de haine anti-frontaliers fait amende honorable et assure que, désormais, il n'a plus rien contre les frontaliers, ce que vous pouvez voir sur son blog http://promcg.blog.tdg.ch :

"Le MCG n'entend en aucun cas s'en prendre aux travailleurs frontaliers eux-mêmes, lesquels contribuent largement à la vie économique, sociale et culturelle de Genève".

Cette volte-face est à saluer de la part de quelqu'un qui les assimilait il y a peu à des "petits Napoléon" "arrogants".

Je vous félicite pour votre article qui a certainement contribué à ce que ce personnage prenne la mesure des ses propos et les regrette. Il est heureux que la campagne électorale, enfin, redevienne ce que les Genevois en attendent, soit un débat sur les vrais problèmes de la société genevoise.

Écrit par : Luc Schmutz | 19/09/2009

Il y a une différence de taille.
Dans les années 70 les frontaliers étaient des ressortissants de la Haute-Savoie nos voisins et amis.
Aujourd’hui nous avons affaire à des émigrés de l’intérieur qui n’ont aucune envie de s’intéresser à la vie locale des villes et villages où ils séjournent. Ils ne font aucun effort pour s’intégrer. Pire ils ne se gênent pas pour dénigrer et se moquer des Savoyards.

Écrit par : Bordam | 19/09/2009

n'oublions pas non plus qu'il n'y a pas si longtemps Genève était française...

J'ai du louper un épisode, mais je n'ai pas souvenir que Genève était française.

Je me souviens que Gex,comme Annecy faisait partie du Genevois mais pour le reste...

Écrit par : Eros | 19/09/2009

Genève a bien été française, par le Traité de réunion du 15 avril 1798. Et jusqu'au 1er juin 1814.

Écrit par : Luc Schmutz | 19/09/2009

Mea culpa, ignorance impardonnable de 16 ans d'occupation.

Avions-nous des résistant?

Écrit par : Eros | 19/09/2009

Petite leçon d'histoire pour Eros, qui a l'air d'en avoir besoin : Genève n'était pas occupée. Elle a toujours été plus proche de la France que de la Suisse. C'était une petite ville indépendante, un peu comme Monaco. Mais elle s'est servie de cette indépendance pour laisser fleurir les idées révolutionnaires. Ca n'est sans doute pas pour rien si Voltaire et Rousseau, les deux responsables de la chute de Gavroche, ont tous deux vécu dans la région. Genève a grandement contribué à l'émergence des idées révolutionnaires.

Si bien que lorsque la révolution a éclaté, les Genevois ont ouvert grand leurs bras aux sans-culottes. Le département du Léman a été créé, englobant en gros le Chablais savoyard, le Pays de Gex et le Genevois, et Genève est devenue son chef-lieu.

http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9partement_du_L%C3%A9man

Comme il est dit dans cet article tout n'était pas rose pour les Genevois. Mais ils n'ont vécu que ce que tous les Français ont vécu. La terreur a passé par ici aussi. La guillotine de la Place Neuve a tourné à plein régime pendant des années.

Finalement, lors du traité de Vienne à la restauration, après la défaite de Napoléon, on a demandé aux Genevois de choisir entre la France et la Suisse. Mais la France redevenant un royaume et les Genevois n'ayant sans doute aucune envie de se mettre sous les ordres du roi de France, ils ont logiquement et pour notre plus grand bien choisi la Suisse.

Bravo pour cette lettre M. Sommer, je partage tout à fait votre avis. Notre région est transfrontalière et nous devons faire avec. On peut choisir de détester ses voisins, ou de vivre ensemble pour le meilleur et pour le pire. Personnellement, je préfère la seconde solution.

Juste une chose : "Et comme j’ai aussi connu le malheur du chômage pendant presque 3 ans - moi le citoyen helvétique - je fus indemnisé par la France."

La Suisse reversant vos indemnités chômage à la France, on peut dire que vous n'avez rien volé. Au contraire, comme la France n'a dû vous indemniser qu'à hauteur de 40% de votre dernier salaire, si je ne fais pas erreur, on peut dire que c'est vous qui avez été grugé...

Écrit par : Kad | 19/09/2009

Issu d'une vieille famille transfrontalière, mon coeur ne balance jamais quand il s'agit du bassin genevois. La limite politique n'a jamais été pour moi une séparation physique. L'interpénétration des cultures est un fait acquis aujourd'hui. Je suis scandalisé par l'étroitesse d'esprit de certains compatriotes helvétiques qui se limitent à voir Genève dans les limites de son canton (Genève est une bourgade...) autant par l'afflux de compatriotes français opportunistes qui n'ont rien à voir avec la culture de notre région. Comme le spécifient des commentaires précédents, la 'zone' genevoise s'étend historiquement et culturellement bien plus loin que certains voudraient nous le faire croire.

@loredana (sur la formation des jeunes) : très longtemps, on a crû que tout tombait dans la main sans moufter. Force est de constater qu'aujourd'hui, le système dans notre pays est un peu en décalage avec ce qui se fait avec nos voisins. Combien d'étudiants suisses dans les facs françaises ou étrangères ? Proche de zéro, je peux vous l'affirmer... Aucune ouverture, l'esprit de la vallée, en somme. Evaluez aussi le coût d'une année d'étude dans une grande université britannique pour un étudiant suisse (dont le pays n'est pas membre de l'UE) avec celui d'un étudiant allemand : du simple au double. La Suisse, hors ses écoles de pointe, est juste pas terrible...

Écrit par : Miskatonic | 19/09/2009

@Miskatonic

Vous avez raison. Les étudiants genevois n’ont aucune ouverture d’esprit. Ils attendent, peinards, tranquilles, qu’un apprentissage, un stage de maturité, leurs ouvrent les bras ou leurs tombent dans la main.
Vous avez raison. C’est de leur faute si le système scolaire genevois les a utilisés comme cobayes depuis le début des années 90 sous l’ère libérale de MBG et qu’ils sont achevés sous celle socialiste de B.
Vous avez raison. Tout ces jeunes qui ne voient qu’un tunnel noir en face d’eux, n’ont que ce qu’ils méritent.

Bien à vous

Écrit par : Loredana | 19/09/2009

Loredana, ce que je veux dire, c'est que nos jeunes dans ce pays devraient davantage s'ouvrir à l'Europe (dont ils font partie, géographiquement), malgré la politique helvétique (ou sa populace) qui ont du mal à suivre. L'isolement de la Suisse dans l'Europe fait que les coûts pour ces étudiants sont simplement décuplés par rapport à un étudiant maltais, par exemple ! Y'a rien de politique suisso-helvétique là dedans... Quelle perte !

Au moins, une éventuelle adhésion à L'UE, de ce point de vue là, permettrait une équivalence des diplômes (et la Suisse aura énormément à rattraper sur ce sujet)...

Écrit par : Miskatonic | 20/09/2009

Puisse-t-il maintenant, Eric Stauffer, tenir les mêmes propos et ne pas en changer après les élections ! Je suis entièrement d'accord avec lui. Faisons en sorte de privilégier l'emploi aux ressortissants suisses, pour autant que les compétences soient égales.... Mais laissons vivre en paix ceux qui travaillent et arrêtez - arrêtons - cette haine envers des personnes qu'on appellent frontaliers. Elles sont comme tout le monde. Il y a des personnes détestables chez les Suisses et il y en a tout autant chez les Français, ou les Italiens, les Espagnols et bien d'autres. Laissez travailler les travailleurs qui veulent travailler... (Avant de recevoir des commentaires sur cette phrase, je veux dire qu'elle est voulue). A part ça bon dimanche à tous ! N'oubliez pas non plus qu'il y a des milliers de gens qui se battent dans le monde. Nous avons la chance, nous, de vivre en paix, alors faisons-le !
J'ajoute que je suis une franco-genevoise vivant en France, car impossible de se loger correctement et au même prix à Genève... A qui la faute ? Bawojintian

Écrit par : Bawojintian | 20/09/2009

@Miskatonic

Merci pour l'idée, j'y avais pas pensé !

Adhérons à l'Europe et .. hop suisse, plus de soucis pour nos étudiants, nos travailleurs, nos entreprises, nos dirigeants, nos libertés.

La Grande Europe veillera sur nous ... ou pas ?

(o_o)

Écrit par : Loredana | 20/09/2009

J’ai parcouru attentivement tous vos commentaires…

Les arguments vont dans tous les sens… ça répond à tous, ça à toujours une réponse… Bien que la métaphore reste disproportionnée, ça m’a fait penser à tarik ramadan lors de l’émission de Ruquier. Des preuves à l’appui, statistiques, études, historiques de chaque sujet de chaque mot. On ressort bluffé, cassé à la moindre prononciation d’un terme. « Mais qu’es-ce qu’on est stupide nous les suisses vraiment… Pourquoi nous sommes si inhumains ??? »

Pour ma part je vais très clair et concis !

Premièrement, Genève est en Suisse ! Cela fait que depuis cette histoire de CEVA qu’on entend parler de pseudo « franco »-valdo-genevoise. Je peux facilement comprendre que les français voisins en parlent depuis des lustres. Cela fait toujours mieux de dire qu’on habite près d’une ville internationale et riche qui plus est, plutôt que de dire qu’on habite cette Annemasse pauvre, triste et sinistre (je sais pas pourquoi mais dès que je pense à Annemasse je vois du gris) ou encore un petit village comme Massongy quasi-inconnu, et ce Bellegarde froid et glauque… Donc OUI ! Si j’étais à leur place, alors oui ! Je parlerais de région comme un tout.

Maintenant, en tant que genevois, cette région n’a que très peu d’intérêt pour ma part. Je vois peut-être la Migros d’Etrembières se profiler en première position… Géant en second… Et encore... C’est vraiment pour ne pas paraître de mauvaise foi.

Ensuite, comme l’a fait remarquer un internaute, le marché du travail répond à loi de l’offre et la demande. Avec les bilatérales en quelque sorte le marché a été « libéralisé », un nouvel afflux d’offreur de travail est arrivé. Donc à long terme, le marché devrait arriver à son nouveau prix d’équilibre. C’est-à-dire, le nouveau salaire d’équilibre car la quantité d’offreur de travail à maintenant changé (augmenté). Je n’ai même pas fait mention que l’offreur de travail demande aussi un prix (salaire) inférieur à l’offreur suisse.

Une simple question : « Vous, genevois, êtes vous prêt à voir votre salaire diminuer ? ». Parce qu’il s’agit bien là d’une réalité économique. Cette question devrait même être la première question que tout le monde devrait se poser.

Si c’est le cas alors ok, pas de souci. Personnellement pour moi c’est clairement NON ! Désolé mais je n’ai pas les moyens de voir mon salaire à la baisse.

Troisièmement, OUI nous avons besoin des frontaliers (mais pas forcément que d’eux). Il y a énormément de travail que bon nombre de genevois ne veulent plus faire. Nous avons aussi besoin de personnel étranger pour le domaine de la santé où nous avons un déficit de personnel flagrant. Les français (pour ceux qui sont formés) sont vraiment compétents dans la restauration par exemple. Il n’y aura pas de « mais » à ce début d’argumentation car c’est un fait.

Concernant d’autres secteurs économiques, je ne serais pas aussi avancé malheureusement. Les entreprises ne veulent pas dévoiler leurs chiffres qui sont effectivement privés mais au-delà des statistiques cantonales, les témoignages sont nombreux. Peux d’entreprises privées aujourd’hui à Genève peuvent se venter de dire qu’elle n’a que des employés résidents en Suisse.
En dénonçant les parkings remplis à 99% de français dans toutes les entreprises à Genève, cela ne fait que tirer une balle dans le pied au genevois qui n’en peuvent plus de cette situation. Si nous avons effectivement un grand nombre de chômeurs qui ont les capacités pour ce secteur d’activité alors oui il y a un gros problème. Mais si on en revient aux secteurs où nous avons réellement besoin de main-d’œuvre étrangère, nous ne mettons pas le doigt sur le vrai problème.

Nous devons impérativement nous pencher sur les secteurs où nous avons réellement des chômeurs qualifiés pour des emplois et qui sont détenus par des frontaliers français. Il est intolérable, à compétence égale, qu’un frontalier soit préféré à l’engagement plutôt qu’un suisse. Il s’agit d’une règle de base qui a été rayée par les bilatérales et envoyée à la corbeille.

Au risque de me faire démonter, je vais quand même vous citer une de mes expériences. En moins d’un an, j’ai vu de mes yeux une banque engager à Genève une personne de Paris et la catapulter « manager » sans AUCUNE expérience du travail en question. J’ai vu une personne provenant de Lyon se faire engager en tant que personnel intérimaire pour remplacer une personne suisse en contrat fixe. J’ai vu une femme française « manager » propulser une de ses collègues frontalières au rang de « manager » pour le simple fait qu’elles sont copines en vont faire du ski ensemble à Megève.

L’argument du service militaire a été mis en avant par le MCG mais c’est une réalité. Aucun entreprise n’engagera une personne sortant de ses études et n’ayant pas encore effectué son école de recrue. Aucune entreprise n’engagera une personne sachant qu’elle doit effectuer son cours de répétition au moins dans les 3-4 mois suivant sont engagement. Pour ceux qui veulent me contredire, je vous propose de vous faire passer pour un demandeur d’emploi auprès d’une agence de placement et de mentionner vos prochains cours de répétition lors de l’entretien.

L’état a perdu son rôle de stabilisateur du marché de travail des frontaliers. Au nom de la libéralisation des frontières avec l’Europe, nous devons maintenant nous battre au même niveau que des français pour un travail à Genève et à salaire plus bas que nos aînés. Notre coût de la vie, nos assurances sociales, nos loyers, nos impôts, etc. ne sont en revanche pas sur le même niveau que nos frontaliers français. Nous ne jouons pas avec les mêmes cartes mesdames et messieurs ! Attendez que votre fils, fille, père ou mère se fassent licencier au profit d’un frontalier. Genève ne dois pas êtres un no man’s land de frontalier ! Je pense à la jeunesse actuelle et future qui peine et va continuer à peiner pour trouver du travail ! Alors oui j’ai le choix d’aller habiter en France mais ce choix se transformera-t-il en obligation pour survivre ?

Je suis jeune, j’ai commencé ma vie professionnelle il y a quelques années après une formation universitaire et je suis scandalisé par ce que j’y ai vu et ce que je continue à voir. Je ne vais même pas me rabaisser en disant « les suisses se font critiquer à longueur de journée par les français, ils se foutent de notre gueules et nous crachent dessus » c’est clair c’est une réalité. J’en ai plus que marre du copinage à la française, de leur réseautage jusqu’à Paris pour en importer toujours plus. C’est bien vrai, un français aux ressources humaines c’est le début de la fin !

Écrit par : Leponge | 28/09/2009

à Leponge,

"Je vais être très clair et concis". Pour la clarté, je retiens que vous n'êtes prêt à céder sur rien - vous n'avez pas besoin de la France frontalière et les villes sont tristes et grises - et pour la concision, il y a encore quelques progrès à réaliser !

Vous me chagrinez davantage que vous m'irritez. Alors que nous essayons de contruuire une Europe, avec toutes les difficultés que cela comporte, il y a encore trop de citoyens qui n'arrivent pas à voir un peu plus loin que leur frontière géographique. A Genève, évidemment, à s'arrêter à la frontière, on ne voit pas très loin...

Pourquoi cette crispation sur la France ? Avez-vous vérifié combien de Suisses occupent des places de dirigeants à l'étranger ? Vous parlez d'abus qu'on peut constater à Genève. Vous avez probabglement raison. Les opposants aux frontaliers sont d'un mutisme assourdissant pour tous les cas où il n'y a aucun problème. Et d'ailleurs : pourquoi un Français ne pourrait-il pas occuper un poste de "manager" ?

Non, Cher Monsioeur, vos arguments ne tiennent pas la route. Je trouve désolant que des jeunes ne soient plus ouverts sur le monde, ne voient pas un peu plus loin que le bout de leur salaire. Il y a presque 20 ans, j'ai perdu mon emploi et je me suis retrouvé au chômage pendant presque trois ans ...alors que des frontaliers avaient droit à des formations à Genève ! J'aurais pu agir comme une victime et réagir. J'ai choisi une autre solution : j'ai agi et je me suis battu avec l'aide de ma famille.

Alors, s'il vous plaît, agissez et ne réagissez pas. Battez-vous pour construire un monde plus juste et plus équitable. Il en a un urgent besoin. Les frontières de votre jeunesse ne s'arrêtent ni à Chancy ni à Jussy.

Écrit par : Michel Sommer | 28/09/2009

Comment se fait-il qu'a Genève il y a plus de d'emplois que de personnes en age de travailler?
Cela veut-il dire que s'il n'y avait pas de frontaliers pour remplir ce surplus, il y aurait moins d'entreprises, donc moins de postes de travail donc moins de rentrée fiscale et plus de chômeurs, donc un canton moins riche?
Je n'ose le penser, car bien évidement les frontaliers ne sont là que pour faire augmenter le taux de chômage.

D'ailleurs c'est tellement vrai que si on virait les 50.000 frontaliers d'un coup, l'économie genevoise irait surement mieux, je ne parle même pas des Genevois eux même qui auraient l'embarras du choix de poste, tient aujourd'hui je vais être chauffeur livreur, ou alors infirmière, à moins que ce ne soit prof ou serveur dans le restaurant d'en face pour 2000 chf, et ce soir je bouquine un cours de mecanique de précision et demain je pourrai aller bosser chez Rolex, ils sont en chômage partiel faute de main d'œuvre qualifiée, faut bien leur donner un coup de main.

Bon ok, en virant les frontaliers, il faudrait faire une croix sur les 600 millions de francs qui tombent dans les caisses du fisc, sans que pour ces contribuables le canton n'investisse un Kopeck, en logements, écoles, hôpitaux et tant d'autres infrastructures supplémentaires couteuses. Investissement 0, gain 600 millions!

Ces milliards d'investissements que Genève a bien soin de laisser à la France voisine qui est devenue le royaume du béton, elle qui accueille les milliers d'expatriés Suisses qui sont incapables de se loger dans leur propre pays, faisant ainsi décupler le prix des terrains (de 30 à 300 euros le m2 en quelques années) et reléguant les Français en véritables SDF dans leur propres pays.
Car il ne faut pas oublier qu'en dehors de ceux qui peuvent avoir 2 salaires Suisses, personne ne peux plus se loger décemment dans ses murs à moins de 30 km de Genève.

Bien entendu les Genevois exilés oublient souvent de déclarer qu'ils vivent en France ce qui leur permet non seulement de s'exonérer de quelques impôts français, accessoirement d'éviter d'acheter leur voiture avec un tva a 19%, mais surtout de continuer à payer l'impôt sur les personnes physiques genevois qui est comme tout le monde le sait bien plus avantageux que l'impôt à la source payé par les frontaliers. Avec eux la France ne touchera pas un euro d'impôt, mais par contre elle accueillera leurs enfants dans ses écoles et crèches, et soignera toute la famille dans ses hôpitaux.

Alors oui Genève est la victime, et la France est la grande gagnante, allez vite voter MCG, vous qui avez tout compris de l'économie genevoise, avec votre si bonne compréhension votre choix ne peut être que le meilleur pour vous, ah ah ah!

Écrit par : xyz | 30/09/2009

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