06/10/2009

La TG mal prise ?

Il n'y avait aucun doute : l'annonce de l'UDC allait provoquer. Elle a provoqué ! Il n'y avait même pas besoin de la lire : ouvrir le journal suffisait à prendre son haleine fétide en pleine figure. Et au fond - avouons-le - nous aurions tous été surpris que l'UDC exprimât un avis positif. Ce parti ne fait donc que confirmer ce que tout le monde sait déjà : un esprit étroit et des idées qui narguent certaines dispositions du code pénal. Il n'y a donc rien de surprenant dans la propagande électorale de l'UDC. Certaines voix s'élèvent au sein de ce même parti pour (se) demander si par hasard - ou non - "on" ne serait pas allé un peu trop fort et trop loin. Il sera intéressant de voir comment tout cela va finir à l'interne. Tout le monde a droit de se tirer une balle dans le pied. Ca fait généralement mal et ça peut se gangrener. Bref.

La suite a trait à l'attitude de la Tribune de Genève : avait-elle le droit de laisser paraître cette annonce ou devait-elle la refuser ? D'après la multitude de commentaires indignés, la TG devrait - semble-t-il - plaider coupable. Je ne suis pas sûr que le refus de faire paraître un texte soit une si bonne idée que cela.

Le refus de faire paraître porte un nom : la censure. La censure, c'est laisser un individu ou une poignée d'individus décider de ce que vous avez le droit de lire ou de na pas lire, de voir ou de ne pas voir. La censure, c'est l'arbitraire. La censure, c'est vous faire l'injure de vous considérer comme des imbéciles incapables de comprendre. La censure est indigne d'une démocratie. Je ne suis pas en train de défendre la TG et je n'y ai aucun intérêt financier ou autre. Ayant exercé dans la disttibution de la presse, j'ai été confronté de nombreuses fois à des choix tels que celui que la Tribune a dû faire : oui ou non. Le législateur demande de prendre les mesures nécessaires mais se garde bien de définir les limites. Résultat : ou vous violez la loi ou vous censurez. Dans le doute, il me semble que le "viol" de la loi me paraît "préférable". Il y a au moins un aspect positif, c'est que l'UDC ne pourra pas se déclarer victime de la censure. Elle a montré son vrai visage. Tant mieux.

Quant à croire que l'aspect purement financier a fait pencher la balance en faveur de la publication, c'est oublier l'indépendance de la rédaction. D'habitude, c'est l'annonceur qui fait pression sur une rédaction !

Je comprends les réactions outrées de la très grande majorité des lecteurs. Je partage pleinement ce sentiment d'incompréhension. Je rappelle néanmoins que le bulletin de vote est une arme redoutable : personne ne vous oblige à glisser un bulletin UDC dans l'urne. Il y a malheureusement encore trop de gens qui hurlent...mais qui ne votent pas. Mais il n'est pas trop tard pour exprimer vos choix et barrer la route à ceux qui dépassent les limites d'une campagne digne.

 

 

Les commentaires sont fermés.