25/10/2009

médicaments, médecins et assurances...

Alors que j'officiais dans le domaine de l'assurance-maladie, il y a plus de 30 ans, la propharmacie posait déjà problème ! On s'interrogeait déjà sur la nécessité d'autoriser certains médecins à distribuer - et facturer - des médicaments. De fait et sauf cas particulier - et ils sont rares - il n'y a aucune raison que les médecins soient en quelque sorte aussi pharmaciens. La Suisse romande a pratiquement été épargnée par ce phénomène qui reste - et de loin - l'apanage de la Suisse alémanique.

Cela précisé, pour contenir - et non pas réduire ! - les cotisations aux assurances-maladie, il faudra impérativement que l'on s'attaque aux vrais problèmes et que l'on arrête de taper sur les caisses-maladie que l'on a décidé de désigner comme boucs-émissaires. Certes, leur manière de communiquer est assez déplorable et la transparence n'est pas leur fort. Croire cependant que la réduction des réserves va suffire à faire baisser vos cotisations est d'une naïveté désarmante.

Comment voulons-nous  arriver à stabiliser les cotisations si nous n'arrivons pas à stabiliser les coûts ? La santé publique est un domaine affreusement difficile à gérer, et cela dans la plupart pour ne pas dire la totalité des pays. Pourquoi ferions-nous exception ? Et le jeu des chaises musicales qui consiste à changer de caisse chaque année n'est qu'un pis-aller. Le peuple n'a pas voulu - lui a-t-on fait peur ? - de caisse unique, se rendra compte un jour ou l'autre que la plus grande partie des caisses auront disparu ! Peut-être n'en restera-t-il qu'une seule, privée ! Qu'aurons-nous gagner ?

Alors, caisse unique ou pas caisse unique, c'est sur les coûts qu'il faudra agir. Et là, de toute évidence, il y aura des choix difficiles. Certes des économies sont possibles au sein des organismes de santé. On pourra compresser les coûts administratifs encore un peu. Et qu'on ne vienne pas dire que les dirigeants gagnent trop ! Non les choix difficiles ce sera, comme vient de le dire P. Couchepin - pour une fois que je suis d'accord avec lui - diminuer le nombre des hôpitaux, réfléchir à la rémunération des médecins, se pencher sérieusement sur le prix des médicaments. Mais dans nos sociétés "hypertechnologisées" il est difficile de faire comprendre aux patients que le dernier traitement vanté dans la presse n'est pas forcément adapté ni nécessaire à leur cas. Il faudra aussi leur faire comprendre qu'un hôpital n'est pas indispensable à chaque arrêt de bus ou de tram. Il faudra aussi faire admettre qu'un petit bobo peut parfois être traité en payant de sa poche, qu'un emballage de paracétamol est délivré sans ordonnance. Il y aurait encore mille exemples.

Les conseillers fédéraux en charge du dossier - P. Couchepin y compris - se sont pratiquement tous cassé les dents. Non par incompétence, mais simplement parce que s'attaquer aux lobbies n'est guère chose aisée et électoralement peu payant !

La santé n'a pas de prix, mais elle a un budget, surtout pour nombre de familles à petits revenus.

Alors, ou bien on poursuit les sempiternelles discussions sur la responsablité supposée des caisses-maladie, ou bien les autorités empoignent le problème comme il aurait dû le faire depuis longtemps : avec détermination et probité intelllectuelle.

Les boucs-émissaires, c'est peut-être intellectuellement satisfaisant, mais ça ne fait pas baisser les primes d'assurances. On ne peut pas s'offrir une Rolls pour le prix d'une Fiat 600.

Commentaires

Les coûts ne sont que le reflet des actes. Quand accepterons-nous le concept que certains actes sont plus efficaces donc moins coûteux que ceux qui sont codifiés par la Lamal? Quand reconnaîtrons-nous que l'être humain n'est pas qu'un corps construit avec des cellules mais est surtout un être animé dont les forces psychiques et affectives influencent énormément les mécanismes physiologiques? Alors saurons-nous accepter les médecines énergétiques lorsqu'elles sont bien indiquées, au moment opportun, et pratiqueront-nous la médecine précoce, ce qui évitera bien des maladies chroniques. causes essentielles des coûts de l'assurance de base.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 25/10/2009

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