27/11/2009

Alea jacta est ?

Il est vendredi 27 novembre et il y belle lurette que j'ai envoyé mon bulletin de vote : j'ai voté contre l'initiative anti-minarets et j'ai exprimé ma préférence pour le CEVA. Pour ceux qui n'auraient pas encore accompli leur devoir électoral, ils disposent d'encore une quarantaine d'heures pour exprimer leur opinion, quelle qu'elle soit.

Ce soir je m'interroge aussi sur le taux d'abstention qui sera annoncé dès que les bureaux auront fermés : 40 % ? 50 % ? moins ? davantage ? Ainsi donc une cohorte de citoyens ne donneront pas leur avis sur des sujets qui pourtant les concernent. J'ai beau savoir que cette situation est endémique à Genève, je ne cesse de me poser la question relative à cette désaffection. Il est vrai que le triste spectacle offert par les pro et anti CEVA n'est sans doute pas de nature à encourager les tièdes à coller un timbre sur leur enveloppe de vote.

Il est aussi difficile d'accuser les étrangers, eux qui sont privés du droit de s'exprimer, alors qu'eux aussi ont des opinions. Tous les Genevois qui habitent dans le canton de Vaud sont aussi privés de donner leur avis à Genève, alors que, paradoxe, les Genevois de France peuvent voter pour ou contre le CEVA ! Je suis dans ce cas.

La démocratie ne s'use que si l'on ne s'en sert pas. Le slogan est un peu usé, lui aussi. Il illumine néanmoins assez bien le malaise qui s'insinue dans une population qui ne se retrouve pas dans ses élus qui eux donnent l'impression d'avoir confisqué le pouvoir, ou pire d'en être les dépositaires de droit divin...

Mesdames et Messieurs les politiciens, ce n'est pas parce que le peuple somnole qu'il vous donne un blanc-seing. N'attendez pas qu'il descende dans la rue alors qu'il se sera réveillé pour le caresser dans le sens du poil. Il pourrait bien, lui, vous prendre à rebrousse-poil.

Vous n'aurez rien gagné et la démocratie non plus. Vous êtes au service de vos électeurs. J'ai la désagréable impression que vous l'oubliez un peu trop souvent.

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