10/12/2009

Le réchauffement plus important que la faim ?

J’ai beau me répéter que le réchauffement climatique est une affaire qui concerne tout le monde, je n’arrive pas vraiment à m’expliquer pourquoi - et surtout comment - le climat éclipse la misère du monde ! Dans quelques jours - à Copenhague - on saura si le miracle s’est produit ou si la catastrophe planétaire annoncée aura lieu dans vingt-cinq, cinquante ou cent ans.

 

Je comprends qu’il faille s’efforcer d’inculquer la « fibre écolo » à tout le monde. Je trie mes déchets, j’ai changé mes ampoules, j’économise l’eau autant que faire se peut, je me chauffe au bois, j’ai une petite voiture. Bref, je crois me comporter en citoyen le plus responsable possible.

 

Ce que je ne comprends pas en revanche, c’est l’espèce d’acharnement de certains milieux écologistes à culpabiliser la population en lui faisant croire qu’elle est la cause de son propre malheur. Je ne comprends pas non plus qu’on agite systématiquement le mot « taxe » dès qu’il s’agit d’écologie. On va revenir au temps de la taille et de la gabelle !

 

Je ne sais pas si j’ose le mot ; mais cette quasi hystérie qui s’empare du monde à propos du réchauffement climatique m’inquiète. Non pas parce que la cause n’est pas digne d’intérêt, mais simplement parce toutes les autres sont reléguées au rang d’épiphénomène.

 

Il est dès lors « normal » que la conférence sur la faim dans le monde qui s’est tenue récemment sous les auspices de la FAO soit quasiment passée inaperçue ! L’accès à l’eau potable relève également d’un scandale planétaire. Alors pourquoi cet engouement - cette crainte ? - pour le climat alors que la faim - qui touche rappelons-le - un milliard d’êtres humains n’intéresse pas grand monde ?

 

La dignité de notre planète et de ses habitants ne peut pas se résumer à deux degrés de plus ou de moins. Pour la température, c’est dès maintenant, pour la faim, c’est tout de suite.

 

J’ai reçu par courriel un petit conte métaphorique que je me permets de reproduire ci-dessous. Il a été adressé par le …professeur biceps, qui anime un blog sur l’orthographe. Lisez plutôt :

 

Alors qu'il marchait à l'aube sur la plage, le vieux vit devant lui un jeune homme qui ramassait des étoiles de mer et les jetait à l'eau. Il finit par le rejoindre et lui demanda pourquoi il agissait ainsi.
Le jeune homme lui répondit que les étoiles de mer mourraient s'il les laissait là jusqu'au lever du soleil.
« Mais la plage s'étend sur des kilomètres et il y a des millions d'étoiles de mer, répliqua-t-il. Quelle différence cela va-t-il faire ? »
Le jeune homme regarda l'étoile de mer qu'il tenait dans sa main et la lança dans l'écume. Il répondit : « Cela fera une différence pour celle-ci. »

 

Commentaires

Bonjour,

Si tout le monde retient son souffle actuellement, durant le sommet de Copenhague, c'est justement car les décisions qui vont y être prises concernent l'avenir de l'Humanité entière, et non pas du milliard d'êtres humains qui souffrent maintenant de la faim (un vrai scandale au demeurant, nous sommes tout à fait d'accord).
Si le réchauffement dépasse les deux degrés fatidiques, ce n'est pas un milliard de personnes qui souffriront de la faim dans 25, 50 ou 100 ans comme vous dites, mais deux, trois, voire six milliards, qui sait?

Écrit par : skals | 10/12/2009

A skals

Quand on crève de faim, l'avenir commence tout de suite...
Bien cordialement

Écrit par : Anaxagore | 10/12/2009

Bien sûr! C'est pour ça qu'il ne faut pas spécialement chercher à hiérarchiser les actions prioritaires par rapport à d'autres. Mais le fait est que ce qui pend au nez de l'Humanité à terme est juste sans commune mesure avec les souffrances actuelles.

Écrit par : skals | 11/12/2009

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