22/01/2010

La ville à la campagne !

"Les villes devraient être construites à la campagne, l'air y est tellement plus pur." Alphonse Allais (1855 -1905)

Se souvenant probablement des propos de l'humoriste, les députés de la Ville de Genève, se sont soudain découvert une âme d'écolos pour décider de la fermeture totale ou partielle de 200 rues sur les 800 existantes. Ils se sont dit qu'il valait effectivement mieux que les voitures aillent rouler à la campagne, le CO2 serait ainsi plus également réparti. Et puis rendre la rue aux piétons est une idée extrêmement séduisante. Non seulement ceux-ci peuvent déambuler dans les rues sans craindre le pire sinon que la neige leur tombe sur la tête, mais encore obliger les chalands à porter leurs achats jusqu'au prochain parking d'échange après avoir acquitté le prix des transports publics.

Ce n'est pas l'idée qui n'est pas sérieuse, c'est la manière de nous la faire avaler. Lorsque la ville de Genève a "rénové" les Rues Basses pendant des années, personne n'a voulu enterré le tram si bien que les passants ne sont pas en sécurité. Que dire des enfants...Les autorités veulent rendre la ville aux citoyens ? En fermant les rues, en diminuant les places de parc, en augmentant les tarifs des transports publics et en implantant tous les centres commerciaux très en dehors de la cité. On pourrait résumer tout cela par la formule suivante : " j'habite en ville, je dors bien, c'est très calme !".

L'initiative qui vient de passer la rampe du Conseil municipal est un beau coup...dans l'eau. Elle a néanmoins le mérite de semer la confusion dans les esprits par son caractère bricolé et son absence totale de stratégie urbaine. Rendre des zones aux piétons est une bonne idée à condition qu'on ne laisse pas ceux venant de l'extérieur ... à l'extérieur. Si l'on veut une ville-musée, l'idée pourra se concrétiser sans problèmes. Si l'on veut une ville qui vit, il est urgent de demander l'avis des résidents ... et des autres.

Voyant qu'on ne peut construire la ville à la campagne, le Conseil municipal a décidé d'amener la campagne en ville. Il ne suffit pas d'installer des bacs à fleurs pour qu'une rue sans voiture soit réellement vivable !

15:18 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

Bonjour,

Je me permets de reprendre votre texte paragraphe par paragraphe:
1) - "les députés de la Ville de Genève"
=> il s'agit en fait des Conseillères municipales et des Conseillers municipaux. Les Député-e-s, c'est au Grand Conseil.

-"fermetures totale ou partielle de 200 rues sur les 800 existantes."
=> il peut également s'agir de tronçons de rue, voire de simplement créer un aménagement dans les rues de desserte de quartier afin que le transit ne puisse plus s'effectuer, ceci afin de respecter la hiérarchie du réseau routier inscrite dans la LRoutes (http://www.ge.ch/legislation/rsg/f/s/rsg_L1_10.html).

-"Ils se sont dit qu'il valait effectivement mieux que les voitures aillent rouler à la campagne, le CO2 serait ainsi plus également réparti."
=> Jugement hâtif auquel vous ne croyez vous-même certainement pas! Si les gens viennent au centre en voiture, c'est qu'ils ont quelque chose à y faire de précis. Si les rues ne leur sont plus accessibles, quel intérêt auraient-ils à tourner comme des avions dans la campagne?

-"...obliger les chalands à porter leurs achats jusqu'au prochain parking d'échange après avoir acquitteé le prix des transports publics"
=> On doit toujours porter ses courses jusqu'à un certain point donné. Des solutions existent (déjà d'ailleurs avec les triporteurs à La Praille) pour pallier à l'inconfort d'acquisitions encombrantes (les livraisons seront par ailleurs toujours possibles).
Par ailleurs, nous payons actuellement un bien plus lourd tribut dû à la pollution sonore et atmosphérique qu'au prix des TPG!

2) - "en implantant tous les centres commerciaux très en dehors de la cité. "
=> Faux! Des études récentes ont prouvé que les commerces ne souffraient pas de la piétonisaiton des rues.


Pour le reste et la non consultation des citoyen-ne-s sur cette initiative:
-vous avez fait confiance à des élu-e-s qui ont voté en leur âme et conscience, Alternative et Radicaux confondu-e-s, qui ont jugé bon de passer à un autre aménagement conforme aux défis qui nous attendent tout au long de ce siècle.
Par ailleurs, l'arme du référendum est toujours disponible et ce ne serait certainement pas compliqué de réunir les signatures nécessaires. En revanche, de là à convaincre le peuple qu'il faut continuer à empiler les voitures les unes sur les autres au centre-ville...

Écrit par : skals | 22/01/2010

Bonjour,

Je me permets de reprendre votre texte paragraphe par paragraphe:
1) - "les députés de la Ville de Genève"
=> il s'agit en fait des Conseillères municipales et des Conseillers municipaux. Les Député-e-s, c'est au Grand Conseil.

-"fermetures totale ou partielle de 200 rues sur les 800 existantes."
=> il peut également s'agir de tronçons de rue, voire de simplement créer un aménagement dans les rues de desserte de quartier afin que le transit ne puisse plus s'effectuer, ceci afin de respecter la hiérarchie du réseau routier inscrite dans la LRoutes (http://www.ge.ch/legislation/rsg/f/s/rsg_L1_10.html).

-"Ils se sont dit qu'il valait effectivement mieux que les voitures aillent rouler à la campagne, le CO2 serait ainsi plus également réparti."
=> Jugement hâtif auquel vous ne croyez vous-même certainement pas! Si les gens viennent au centre en voiture, c'est qu'ils ont quelque chose à y faire de précis. Si les rues ne leur sont plus accessibles, quel intérêt auraient-ils à tourner comme des avions dans la campagne?

-"...obliger les chalands à porter leurs achats jusqu'au prochain parking d'échange après avoir acquitteé le prix des transports publics"
=> On doit toujours porter ses courses jusqu'à un certain point donné. Des solutions existent (déjà d'ailleurs avec les triporteurs à La Praille) pour pallier à l'inconfort d'acquisitions encombrantes (les livraisons seront par ailleurs toujours possibles).
Par ailleurs, nous payons actuellement un bien plus lourd tribut dû à la pollution sonore et atmosphérique qu'au prix des TPG!

2) - "en implantant tous les centres commerciaux très en dehors de la cité. "
=> Faux! Des études récentes ont prouvé que les commerces ne souffraient pas de la piétonisaiton des rues.


Pour le reste et la non consultation des citoyen-ne-s sur cette initiative:
-vous avez fait confiance à des élu-e-s qui ont voté en leur âme et conscience, Alternative et Radicaux confondu-e-s, qui ont jugé bon de passer à un autre aménagement conforme aux défis qui nous attendent tout au long de ce siècle.
Par ailleurs, l'arme du référendum est toujours disponible et ce ne serait certainement pas compliqué de réunir les signatures nécessaires. En revanche, de là à convaincre le peuple qu'il faut continuer à empiler les voitures les unes sur les autres au centre-ville...

Écrit par : skals | 22/01/2010

A skals

Pour ce qui concerne les députés vous avez parfaitement raison, il s'agit bien de Conseillers municipaux. Mais j'entends tellement souvent les journalistes parler de nos "sénateurs" à Berne, que j'ai dû finir par prendre leurs mauvaises habitudes...

Quant à "faire confiance aux élus", il y a longtemps que je ne me berce plus d'illusions. La confiance est - malheureusement - trop souvent trahie !

Vous me semblez être un chaud partisan de la fermeture et/ou de l'aménagement des rues de Genève. Moi aussi je suis partisan des zones piétonnes pour le bien et le plaisir des piétons justement. Mais quand on veut fermer les rues pour entraver la circulation, cela relève davantage du dogmatisme.

Et quand je parle du ratage des Rues Basses, qui ne sont ni piétonnes ni rendues aux voitures, curieusement vous n'en pipez pas mot. Peut-être qu'à l'époque aussi, vous aviez fait confiance aux élus.

Cela dit je respecte votre opinion et je ne saurais la considérer comme moins intéressante que la mienne !

Écrit par : Anaxagore | 23/01/2010

Le ratage des Rues Basses je le laisse à votre propre appréciation, je suis trop jeune pour connaître les circonstances.

Par contre, je ne vois pas comment vous pourriez être partisan de zones piétonnes tout en parlant d'entraves à la circulation!

Écrit par : skals | 24/01/2010

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