30/01/2010

Illustre et pourtant inconnu

Comme chaque samedi, je poursuis la publication de portraits célèbres mais inconnus. Il n'y a aucune logique dans le choix. Juste des coups de coeur. Juste des personnages qui ont frappé mon imagination et qui, je l'espère, frapperont la vôtre !

Allons, cette semaine, au Danemark et occupons-nous d'un certain Tycho Brahe

Tycho BRAHE 1546 - 1601

Tycho_Brahe copie.jpgGénie précoce - il entra à l'université de Copenhague à 13 ans ! - Tycho Brahe s'intéressa d'abord à la philosophie et à la rhétorique. C'est un peu plus tard, en 1560, alors qu'il contemplait une éclipse partielle de Soleil que Tycho Brahe décida de consacrer sa vie à l'astronomie. A 17 ans, en 1563, il observa scrupuleusement une conjonction entre Saturne et Jupiter. Il s'aperçut alors qu'elle était prédite par les tables de l'époque, avec une erreur de près d'un mois ! Tycho s'efforcera donc d'améliorer la précision des observations astronomiques. Ses mesures et annotations très précises sur des supernovae (Qu'on qualifiait à l'époque d'étoiles nouvelles) et des comètes contribuèrent à réfuter la cosmologie d'Aristote, selon laquelle l'univers est immuable et constitué de sphères solides, les orbes. En 1588 eut lieu une des plus importantes rencontres de l'histoire de l'astronomie entre Tycho Brahe et Johannes Kepler, à Prague. Kepler était venu auprès de son homologue danois pour obtenir les mesures des excentricités de l'orbite de Mars, afin de montrer la validité du système héliocentrique - les planètes tournant autour du Soleil. (Tycho Brahe, lui, croyait alors au système géocentrique.). Après les avoir obtenues, ces mesures - ainsi que les observations de Mars - permirent à Kepler d'établir les trois fameuses lois sur les orbites planétaires qui serviront plus tard de base à un certain Newton pour ses travaux sur la gravitation.

23/01/2010

Illustre, mais inconnu !...

Je poursuis la publication de portraits d'illustre inconnus ! Aujourd'hui, je vous propose de changer d'époque et d'aller à la rencontre d'un savant arabe. Son nom ?

AL-KHWARIZMI ou AL-KHÂREZMI (v. 780 - v. 840)

Al-Khwarizmi.jpgAbu Abdullah Muhammad Ibn Musa Al-Khwarizmi, né dans ce qui est aujourd'hui l'Ouzbékistan, au 9ème siècle (on n'a pas de date précise si ce n'est qu'il est mort, semble-t-il, en 840), est sans doute un des scientifiques qui ont le plus influencé l'histoire des sciences au Moyen-Âge.

Quand vous saurez que le mot algorithme vient de son nom et que le mot algèbre vient du titre de l'un de ses traités sur les mathématiques, vous vous direz qu'effectivement ce gars-là n'a pas chômé durant sa vie. En fait une bonne partie de la manière dont on écrit et symbolise une équation mathématique, et comment on la résout, vient de ses travaux.

Mais Al-Khwarizmi n'a pas été qu'un mathématicien, il a aussi participé à des travaux sur la géographie, comme le calcul du volume et de la circonférence de la Terre. Et enfin, c'était un très bon astronome. Il a publié des tables astronomiques qui ont été traduites en Europe et en Chine. Il s'est également intéressé à l'art des cadrans solaires et des astrolabes.

Voilà pour tous ceux qui pensent que la science contemporaine repose sur l'héritage et la pensée grecs : qu'ils se souviennent que quand ils écrivent 2*5=10, il font du Al-Khwarizmi et pas de l'Aristote...

 

 

 

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22/01/2010

La ville à la campagne !

"Les villes devraient être construites à la campagne, l'air y est tellement plus pur." Alphonse Allais (1855 -1905)

Se souvenant probablement des propos de l'humoriste, les députés de la Ville de Genève, se sont soudain découvert une âme d'écolos pour décider de la fermeture totale ou partielle de 200 rues sur les 800 existantes. Ils se sont dit qu'il valait effectivement mieux que les voitures aillent rouler à la campagne, le CO2 serait ainsi plus également réparti. Et puis rendre la rue aux piétons est une idée extrêmement séduisante. Non seulement ceux-ci peuvent déambuler dans les rues sans craindre le pire sinon que la neige leur tombe sur la tête, mais encore obliger les chalands à porter leurs achats jusqu'au prochain parking d'échange après avoir acquitté le prix des transports publics.

Ce n'est pas l'idée qui n'est pas sérieuse, c'est la manière de nous la faire avaler. Lorsque la ville de Genève a "rénové" les Rues Basses pendant des années, personne n'a voulu enterré le tram si bien que les passants ne sont pas en sécurité. Que dire des enfants...Les autorités veulent rendre la ville aux citoyens ? En fermant les rues, en diminuant les places de parc, en augmentant les tarifs des transports publics et en implantant tous les centres commerciaux très en dehors de la cité. On pourrait résumer tout cela par la formule suivante : " j'habite en ville, je dors bien, c'est très calme !".

L'initiative qui vient de passer la rampe du Conseil municipal est un beau coup...dans l'eau. Elle a néanmoins le mérite de semer la confusion dans les esprits par son caractère bricolé et son absence totale de stratégie urbaine. Rendre des zones aux piétons est une bonne idée à condition qu'on ne laisse pas ceux venant de l'extérieur ... à l'extérieur. Si l'on veut une ville-musée, l'idée pourra se concrétiser sans problèmes. Si l'on veut une ville qui vit, il est urgent de demander l'avis des résidents ... et des autres.

Voyant qu'on ne peut construire la ville à la campagne, le Conseil municipal a décidé d'amener la campagne en ville. Il ne suffit pas d'installer des bacs à fleurs pour qu'une rue sans voiture soit réellement vivable !

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17/01/2010

Deux Ouïgours et la Suisse rit jaune

J'ai regardé, en début de soirée, Mise au Point, l'émission de la TSR. Un des sujet abordés concernait la possible venue en Suisse de deux Ouïgours embastillés pendant de (très) longues années à Guantanamo et qui viennent d'être déclarés "libérables" par les Américains car aucune charge n'a été retenue contre eux. On ne peut évidemment que se féliciter de la décision qui vient tout de même un tantinet tardivement...

Et puis, il y le canton du Jura qui se dit prêt à accueillir ces deux ex-prisonniers et à leur permettre de mener, en Suisse, une vie nouvelle où la tête de moine serait sans doute une déocuverte.

Troisième acte : la Chine donne de la voix pour empêcher la Suisse d'intégrer deux Ouïgours - forcément terroristes en Chine. Il semble que cette manière d'agit porte un nom : ingérence.

Quatrième acte : le Conseil fédéral, sous l'experte présidence de Doris Leuthard, décide de ne rien décider, prenant les menaces chinoises très au sérieux. Et comme la présidente serait tellement contente de signer un accord de libre échange avec la Chine, elle si dit, au fond, qu'il est peut-être inutile de s'embarrasser de deux asiatiques. D'où la valse-hésitation du CF.

Que le genre de marchandage "contrat juteux" contre "vie de deux personnes" puisse effleurer, ne serait-ce qu'une seconde, le cerveau de nos politiciens est tout simplement écoeurant.

Si les deux Suisses retenus en Libye ont le même poids politique et la même importance humaine que les deux Ouïgours, alors il ne faut pas s'attendre à les revoir dans un proche avenir.

O tempora, o mores.

un siècle sans identité ?

Je suis arrivé à un âge où je m'arrête aussi aux pages nécrologiques  quand je lis la TG ou un autre quotidien. Et là, récemment, au hasard de mes lectures, je découvre un avis mortuaire concernant Madame Pierre (...) décédée à l'âge de 100 ans.

Vous rendez-vous compte ? 100 ans sans que cette femme n'ait sa propre identité ! 100 ans sans que son prénom ne soit mentionné. L'inégalité jusque dans la tombe. Décidément la gent masculine est encore assez nettement plus égale que la féminine !

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16/01/2010

Illustre, mais inconnu !

La série commencée la semaine dernière se poursuit aujourd'hui par un bref portrait d'un illustre inconnu mais dont les apports - courronés par un prix Nobel - vont révolutionner l'industrie horlogère. Son nom ? Charles-Edouard Guillaume.

Charles-Edouard GUILLAUME : 1861 - 1938

guillaume.jpgIl est des noms que tout le monde connaît, il en est d'autres que tous ignorent ! Einstein appartient à la première catégorie. Guillaume à la deuxième...Il a pourtant été Prix Nobel de physique en 1920, excusez du peu. Natif de Fleurier dans le Jura suisse, Guillaume, issu d'une famille d'horlogers français qui avait fui la Révolution de 1789, est né en Suisse parce que son père, venant de Londres, s'y était établi avant lui ! A cette époque, le canton de Neuchâtel était en quelque sorte la Mecque de l'horlogerie. Mais le jeune Charles-Edouard décide de devenir physicien. Il fait ses classes à Neuchâtel puis à l'EPFZ de Zurich. Bientôt il retourne en France et devient employé au Bureau International des Poids et Mesures de Sèvres en 1883. Très vite Guillaume se penche sur la question de la dilatation et de la contraction des métaux dues à la chaleur et au froid. Chargé par le BIPM de trouver un alliage plus performant que celui du platine et de l'iridium, au demeurant fort coûteux, Guillaume va "plancher" pendant 5 ans et se dirige finalement vers un alliage de fer et de nickel : 36 % de nickel et le reste de fer. Résultat : pratiquement aucune dilatation. Guillaume affinera ses travaux en ajoutant d'autres métaux à son alliage (appelé Invar) et arrivera à un produit qui ne se dilate pas et dont l'élasticité est également invariable. Utilisé pour la fabrication des spiraux de montres, l'Invar révolutionnera l'industrie horlogère. Sans Guillaume, votre montre serait moins précise que le Soleil ! De nombreux produits n'existeraient peut-être pas sans l'apport majeur de Guillaume. Mais qui se soucie encore du spiral de sa montre ?...

 

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09/01/2010

Illustre, mais inconnu

Dès ce samedi, je me permets de vous donner un bref portrait d'un savant qui d'une manière ou d'une autre, a marqué son époque. Le plus souvent inconnus du grand public, ces personnages ont traversé les décennies et les siècles dans la plus parfaite indifférence, à quelques exceptions près !

Ces portraits n'ont aucune prétention biographique ; juste, peut-être, le souhait que le lecteur cherche à en savoir davantage.

La série commence avec Fritz Zwicky, un Suisse qui n'est pas le dernier des manches !

 FRITZ ZWICKY 1898 - 1974

Zwicky Fritz.jpg

Cet astronome suisse, est né à Varna en Bulgarie. Il passe son enfance en Suisse, à Mollis, dans le canton de Glaris et entreprend des études au « Poly » de Zurich ou il obtient un doctorat en physique en 1922. Dès 1925 il se rendra au Etats-Unis et intégrera le « Caltech » (Californian Institute of Technology). Il y sera nommé professeur et y restera jusqu'en 1968. Il semble que cet homme soit connu à la fois pour ses travaux très pertinents sur les novae et les supernovae, les étoiles à neutrons, puis sa prédiction des trous noirs...mais aussi pour son caractère pour le moins difficile. Il traitait de « bâtards sphériques » ses collègues du Mont Wilson et on rapporte aussi qu’il était très dur avec ses étudiants. Il exprimait des idées parfois complètement farfelues et loufoques. Il proposa même de...déplacer le système solaire en bombardant le Soleil avec des particules...C’est aussi lui qui a pensé à l’existence d’une « matière sombre », mais il ne réussira pas à convaincre le monde scientifique d’alors. Oubliée pendant 40 ans, l’idée refera surface sans être qualifiée de farfelue. On lui doit aussi un catalogue de galaxies compactes qui ont conduit à la découverte de « surdensités » dans la distribution des galaxies montrant ainsi l’existence d’une organisation des amas en superamas.

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08/01/2010

Humilité

Mon Cher Muhammar,

J'ai appris, comme tout le monde ou presque, que ton fils Hannibal avait encore fait parler de lui à Londres durant la fête chrétienne de Noël. A ce qu'on dit, il aurait fracassé le nez de son épouse. Je ne connais pas bien le Coran, mais je peux imaginer qu'il n'existe pas beaucoup de versets préconisant ce genre de comportement.

A Genève, ton fils - toujours le même donc - a également exercé ses talents de boxeur sur ses employés de maison. Ca ne s'est pas bien terminé pour lui.

A Paris, il avait, paraît-il, roulé sur les Champs Elysées à une allure qui aurait mis le plus tolérant des pandores dans l'embarras.

Ah, j'oubliais Rome, je crois, ou ailleurs, je ne sais plus, où ton redoutable fiston s'est encore signalé à l'attention des autochtones et apparemment pas de la meilleure manière...

Pourtant, Muhammar, je suis convaincu que tu as inculqué à ton fils les manières qui siéent à son rang, c'est-à-dire les bonnes. Ah, quelle ingratitude. Les enfants - pas tous - sont d'une rare ingratitude. Ils n'écoutent pas leurs parents. Tu lui as pourant - j'en suis sûr - répété souvent qu'on ne frappait pas les plus faibles que soi, qu'une voiture - fut-elle la sienne - était un moyen de transport et non une arme de guerre ; enfin qu'une épouse n'était pas un punching ball. Et pour te remercier de tous ces bons conseils, que fait Hannibal ? Il s'en badigeonne le coquillard avec le grand pinceau de l'indifférence. Pire, il te provoque ! Et toi que fais-tu, qu'as-tu fait ? tu es tombé dans le panneau. Il t'a fait avalé des couleuvres grosses comme des boas.

Ne sachant plus que faire, tu as cru bon de t'en prendre à deux citoyens suisses que tu sais pourtant innocents ; et ça, ce n'est pas fait pour grandir la Libye et son "guide". M'est donc d'avis que le mieux que tu pourrais faire, c'est de relâcher mes deux compatriotes et de remonter les bretelles à ton petit Hannibal qui ne fait pas honneur à ta famille. Et en prime, donne-lui un grand coup de pied où je pense. Je ne suis pas pour les châtiments corporels, mais parfois ça soulage. Et ma foi, si Hannibal ne peut pas s'asseoir pendant quelques jours, il se souviendra que les bonnes manières sont le fondement d'une bonne conduite.

Je te salue, Muhammar.