30/04/2010

Parler français en Suisse ? inutile...

Il y a des situations qui me donnent à penser que les citoyens ne sont pas tous égaux. Ou alors il y en a qui sont plus égaux que les autres. On n'arrête pas de demander à tous ceux qui vivent dans notre pays d'apprendre au moins une langue nationale, que c'est le minimum pour pouvoir s'intégrer, surtout si l'on est considéré comme appartenant "au bas de l'échelle sociale".

Je partage pleinement cet avis et j'applaudis au travail réalisé par des associations comme l'Université populaire du Canton de Genève qui dispense des cours de français à des prix sans concurrence parce que tous les enseignants sont bénévoles. Il conviendrait de parler davantage de tout ce qui se fait dans le domaine des langues - et du français en particulier - avant de hurler sur-les-étrangers-qui-ne-font-aucun-effort-pour-apprendre-le-français. Et il y en a qui ont même l'outrecuidance de demander leur naturalisation...

Mais qu'observe-t-on dans les faits. On analysant la situation d'un peu plus près on se rend compte que plus les non francophones occupent des postes dits importants et...moins ils parlent notre langue. Pas le temps, inutile (tout le monde parle anglais). C'est extraordinaire d'entendre le silence assourdissant de nos autorités à ce sujet.

Comparaison n'est évidemment pas raison, mais quand j'entends le patron de Credit Suisse (sans accent aigu, une autre concession) s'exprimer en anglais comme représentant d'une banque suisse, quand j'apprends que M. McSorley, après presque 10 ans à Genève, n'est pas capable - semble-t-il - d'aligner une phrase dans la langue de Rousseau, je ne peux m'empêcher de penser que ces gens-là font bien peu de cas de leurs hôtes.

Quand on gagne presque 100 millions de francs par an et qu'on ne parle pas une seule des langues nationales, quand on ne réussit pas à mener un club de hockey sur la plus haute marche et qu'on ne parle pas le français, il ne s'agit plus d'erreurs. Non, ce sont des fautes...Les mêmes d'ailleurs qu'on ne pardonne pas aux sans-grade. Selon que vous serez puissant ou misérable...

Commentaires

Il fallait du courage pour oser parler ouvertement de ce sujet, je me pose la même question aussi souvent.

Décidément, les critères ne sont pas les mêmes pour tout le monde

Écrit par : Fatima | 30/04/2010

Et bien moi j'en pense autant que vous. Toutefois j'aurais plutôt titré votre billet :

" Parler l'une des langues nationales en Suisse ? Inutile ... "

Prenez Brady Dougan, CEO (Chief Executive Officer, terme américain pour désigner un directeur général) du Credit Suisse (sans accent aigu comme vous le faites remarquer) travaille à Zurich depuis janvier 2006, mais ne parle pas un traitre mot d'allemand à ce jour semble-t-il. C'est ainsi qu'on a pu le voir sur nos écrans ce soir lors de l'assemblée générale du CS ce jour à Zurich, suivre les débats avec les écouteurs sur les oreilles, traduction simultanée oblige !
Le site américain de Wikipedia nous apprend pourtant que Brady Dougan a rejoint Credit Suisse First Boston (alors filiale américaine de CS) en 1990 déjà.

http://en.wikipedia.org/wiki/Brady_Dougan

Combien sont-ils ces voltigeurs de la finance, installés à Zurich, à Genève, voire à Lugano, à ne parler qu'anglais, affichant ainsi le mépris le plus total pour les langues nationales du pays qui les accueille. Seuls les intéressent semble-t-il, leurs revenus et leur cadre de vie. Apprendre la langue du lieu dans lequel on vit n'est-ce pas une marque de respect, à défaut d'être celle d'une intégration ?

Cette arrogance est insupportable !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 30/04/2010

Jean d'Hôtaux

"Apprendre la langue du lieu dans lequel on vit n'est-ce pas une marque de respect, à défaut d'être celle d'une intégration ?"

Avant de rebondir sur ce passage de votre texte, je tiens à dire que je suis entièrement d'accord avec vous tous. Il est impensable d'habiter un pays et de ne pas en maitriser la langue! Ma question à propos du passage ci-dessus : quel est le pourcentage d'européens qui habitent des pays en dehors du continent européen qui s'attachent à apprendre la langue du pays où ils se sont expatriés (mis à part l'anglais, l'espagnole ou le français) ?

Bonne soirée à tous

Écrit par : zakia | 30/04/2010

@ zakia :

Je suis tout à fait d'accord avec vous. Ma remarque ciblait particulièrement les anglo-saxons, mais on peut l'étendre à tous et notamment aux Européens !
C'est exactement le même comportement.

L'arrogance du pouvoir de l'argent face à ceux qui en sont asservis par nécessité. C'est un rapport de forces !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 30/04/2010

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