01/05/2010

Illustre, mais pourtant inconnu...

La science - depuis la plus haute antiquité - a été l'apanage des hommes. Non pas que les femmes fussent moins intelligentes que les mâles. Non, cerrtes, non. On considérait "simplement" que les femmes n'avaient rien à faire avec les sciences - la Science - pas plus d'ailleurs qu'avec les arts ou la littérature. Il y eut, cependant, quelques exceptions célèbres !

Mais, faute de mieux en quelque sorte, je reviens aujourd'hui avec un portrait masculin. J'espère que personne ne m'en voudra ! Je vous présente donc un savant né allemand et mort plutôt anglais ! William Herschel.

William HERSCHEL (1738 - 1822)herschel.jpg

Il y a dans l'histoire - avec un grand « H » - des personnages qui ont manifesté très jeunes un penchant marqué pour les sciences et qui ont laissé, en plus de leur nom, qui une théorie, qui une découverte à jamais gravée dans la mémoire collective ! Einstein fait indiscutablement partie de cette catégorie, comme J.-S. Bach fait indiscutablement partie intégrante de la musique et «est tombé dedans» quand il était petit !

Pour le jeune Wilhelm (n'oublions pas qu'il est né à Hanovre en 1738 et que William ne signifie rien d'autre que Wilhelm en allemand et Guillaume en français), troisième enfant d'une famille de six, il sera très tôt initié par son père...à la musique. Le père du Herschel est chef d'orchestre et Herschel «junior» deviendra hautboïste. En 1756, l'orchestre fait une tournée en Angleterre où le jeune Wilhelm - pas encore tout à fait William - y apprendra la langue. L'année suivante, les troupes françaises occupent Hanovre et les Herschel - père et fils - fuient en Angleterre. On subsiste comme on peut : pour les musiciens c'est en copiant de la musique. Puis les choses s'arrangent, le jeune William va enseigner, puis composer et diriger divers orchestres. Dès 1766, il s'établit à Bath (une ville qui mérite le détour...) comme organiste. Et c'est à ce moment que le hasard intervient : Herschel commence à lire des revues scientifiques consacrées à l'optique. Rapidement l'intérêt se transforme en passion et quand sa soeur Caroline vient le rejoindre en 1772, il a troqué sa baguette de chef d'orchestre contre des instruments d'optique. Il se met à assembler des télescopes mais les résultats ne le satisfont pas complètement. Il va dès lors se consacrer lui-même au polissage de ses miroirs et n'utilisera - on n'est jamais si bien servi que par soi-même - que son propre matériel. Il passera quelques années à observer les cieux pour en comprendre le fonctionnement, mais elles sont quelque peu décevantes. Il se met à étudier alors les étoiles lointaines et les nébuleuses. Mais pour ce faire il a besoin d'instruments de plus en plus puissants. La «perfection» des télescopes de Herschel tient au polissage extrêmement minutieux des miroirs métalliques. Grâce à son savoir-faire, Herschel produit des instruments dont la qualité est supérieure à celle des instruments de l'observatoire royal de Greenwich ! Parallèlement il entreprend l'étude de toutes les étoiles dont la magnitude est supérieure à 4 (la magnitude est un nombre qui caractérise l'éclat apparent ou la luminosité intrinsèque d'un astre ; plus le nombre est grand et plus la luminosité de l'astre est faible). Il termine ce travail en 1779 avant d'en commencer un autre dédié aux étoiles doubles.

1781 : le tournant d'une carrière

Alors que ses observations se poursuivent, Herschel observe, en 1781, un objet qui n'est pas une étoile ordinaire. L'astronome solitaire croit tout d'abord qu'il s'agit d'une comète et en communique l'information à la Bath Philosophical Society. Un de ses amis transmet la nouvelle à la Royal Society. Après vérification, en fait de comète, c'est une planète que Herchel a découverte : Uranus. Dès lors le nom de Herschel sera - naturellement - étroitement lié à l'histoire de l'astronomie. Chasseur solitaire inconnu, Herschel accède tout d'un coup à la notoriété. Le roi lui alloue une pension de 200 livres par an et il reçoit la médaille Copley. Il sera en outre chargé «d'expliquer le ciel» aux membres de la famille royale...En 1786, il quitte Bath pour Slough. Et comme la pension n'est pas énorme, Herschel et sa soeur Caroline fabriquent des télescopes et les vendent. Grâce à son expérience, l'astronome va finalement produire, après quatre ans d'effort, un instrument de 1,2 mètre de diamètre et de 12 mètres de longueur focale, taille gigantesque pour l'époque !
(par comparaison, un appareil de photo classique a une longueur focale généralement comprise entre 30 et 80 millimètres !). Grâce à ce télescope, l'astronome d'origine allemande se paie le luxe de découvrir encore les 6ème et 7ème satellites de Saturne ! Puis enfin, poursuivant l'oeuvre de Messier, il porte le nombre des objets découverts par Messier d'un peu plus de cent à 2500.

En 1786, Herschel a 46 ans et il n'a jamais, semble-t-il, pensé à se marier. Mais un de ses voisins meurt et laisse une jeune veuve. En 1788, il l'épouse, ce qui n'a pas trop plu à sa soeur Caroline, mais qui, dit la chronique, conquise par la gentillesse de la veuve, s'accommodera fort bien de la nouvelle situation. De cette union tardive, naît un fils en 1792. La vie suit alors un cours plus tranquille et la situation financière est meilleure. Avec les années, la fatigue commence à se faire sentir et Herschel élabore des théories astronomiques qualifiées souvent de farfelues, comme l'existence d'êtres vivants et intelligents dans le Soleil !

Il est fait chevalier par la reine Ann alors que son fils devient son assistant. Herschel, célèbre, mourra en 1822 à Slough où il s'était établi quelques années auparavant. Commencer sa vie en musique et la finir par l'astronomie, c'est un peu comme une espèce de symphonie fantastique...

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