14/08/2010

H.-R. Merz : la dernière boulette ?

Après M. M. Leuenberger, c'est au tour de M. Merz de "donner son sac" et de quitter la gouvernement d'une Suiise qui ne sait plus très bien où elle en est.

Et comme d'habitude, les grandes manoeuvres - largement relayées par les média - commencent avec toutes les hypothèses possibles : les successeurs de ces deux messieurs doivent être ceci et cela, avoir telles compétences, être de telle ou telle région, etc. etc. Tous les partis sont dans les "starting blocks" et tous se demandent à quel moment ils vont pouvoir glisser les peaux de banane sous les pieds de leurs collègues et néanmoins pas amis du tout. Comme l'a dit M. Darbellay, l'essentiel, au fond n'est pas de savoir qui va remplacer les deux "sortants", mais de gagner les élections. Un aveu qui montre à quel point une élection au Conseil fédéral ne cherche pas du tout à constituer un gouvernement fort, mais simplement à jouer au jeu des chaises musicales, en espérant, évdemment, que les autres partis s'assoient par terre ! Triste réalité qui fonde un gouvernement non pas sur un programme commun - fût-il minimum - mais sur les "nous y avons droit" des partis.

Ecoutez donc les représentants de nos partis qui ont des droits, mais pas beaucoup de devoirs, essayer de nous faire avaler des couleuvres grosses comme des boas ; souvenez-vous en outre que M. Merz a été élu parce qu'il avait les compétences, le bon parti, le bon canton, enfin tout ce qu'il fallait pour devenir Conseiller fédéral.

Je n'ai aucune raison de défendre particulièrement M. Merz, mais avec un peu d'imagination, on va encore lui reprocher une dernière boulette : celle de partir au mauvais moment, de mettre son parti en difficulté, que sais-je encore ? Disant cela, je pense qu'en fait les vrais responsables sont les parlementaires qui élisent les Conseillers fédéraux et qui n'envisagent aucunement l'avenir du pays. Pauvre pays qui se targue d'être une démocratie directe mais qui est actuellement incapable d'avoir une vision à long terme. Pauvre pays qui autorise ses ministres à jouer les divas et partir quand ils en ont envie. Pauvre parlement qui élit davantage les conseillers fédéraux sur la base des règles du jeu de la bataille navale que sur une vision cohérente de ce que devrait être un gouvernement. Pauvres populistes qui essaient de nous faire croire que seul les élections par le peuple sont le gage d'un choix raisonné. Pauvre pays qui a un peu trop tendance à croire au "il n'y en a point comme nous".

Suisse: cesse de te lamenter et réforme-toi.

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