22/01/2011

La mort et le sexe

« Ceux qui ont tout fait pour que les cendres de Grisélidis Réal soient inhumées aux Rois, en raison de la dimension symbolique du lieu, doivent aussi admettre qu'il faut alors en respecter la règle du jeu : les personnalités de la République y sont ensevelies pour que le public puisse se recueillir sur leurs tombes dans la paix et la sérénité. Y importer un facteur de trouble violerait cette règle du jeu et porterait atteinte à cette dimension symbolique. »

 Il s'agit de la conclusion du billet de M. Soli Pardo consacré à la stèle contestée pour la tombe de Mme Réal.

Malheureusement, il n'y a que les bien-pensants qui établissent les règles du jeu.

La question qui se pose n'est pas de savoir si la stèle proposée a sa place au cimetière des Rois, mais simplement de savoir si elle a sa place dans un cimetière.

Si l'on s'en tient au seul cimetière des Rois, alors il faut en déduire qu'il y a des morts plus importants que d'autres qui continuent d'être humiliés après une vie d'humiliations permanentes.

J'aime bien la chanson de G. Brassens "la complainte des filles de joie" qui se termine sur ce vers : "Il s'en fallait de peu mon cher, que cette putain ne fût ta mère"...

 

Commentaires

Je crois que M. Pardo a raison. Les partisans de Mme Réal ont fait des pieds et des mains pour qu'elle soit enterrée aux Rois, et pas dans un autre cimetière.

C'est eux qui ont estimé que certains morts étaient plus importants que d'autres en insistant pour que sa dernière demeure se trouve dans la même enceinte que celle de Calvin.

Et il ne s'agit pas en fait de savoir si certains morts sont plus importants que d'autres. Les cimetières de Genève sont avant tout fait pour les familles et les proches des défunts.

À l'exception de celui des Rois, qui comporte un nombre important de tombes sur lesquelles vont se recueillir des personnes qui n'ont pas personnellement connu les défunts. C'est un cimetière avant tout fait pour le public, la collectivité, qui doit pouvoir venir s'y recueillir à l'abri des passions de la ville.

Y importer un élément passionnel viole la règle du jeu. Soit Mme Réal était inhumée dans un cimetière "pour familles", et la stèle y aurait été admise car elle y serait passée inaperçue. Soit elle est inhumée aux Rois, et il n'y a évidemment pas de stèle. Et c'est la famille qui a choisi les Rois, avec insistance.

Écrit par : Andrès Gomez | 22/01/2011

Bof! Finalement on s'en fou....

Écrit par : rose des sables | 22/01/2011

A Andrès Gomez

Et qui s'arroge le droit de décider qu'il y a ou qu'il n'y a pas de stèle ?
La stèle est-elle moins passionnelle dans un "cimetière pour familles", comme vous dites qu'au cimetière des Rois où elle pose problème. Je peine à saisir la nuance. Un cimetière est un cimetière et un monument funéraire n'y est pas plus choquant ici que là...ou il l'est autant. Croyez-vous sincèrement que cette stèle choque la morale publique ?
En transposant et en suivant votre raisonnement, on pourrait mettre une statue
"osée" aux Pâquis mais pas à Champel !

Écrit par : Anaxagore | 22/01/2011

Cher Monsieur,

La stèle fait débat, suscite des passions.

Pour cette seule raison, elle n'a pas sa place aux Rois.

Il n'y aurait aucun débat, aucune passion si la tombe de Mme Réal se trouvait dans un autre cimetière.

Quant à la statut "osée", elle aurait sa place tant à Champel qu'aux Pâquis, mais certainement pas dans la Cour de l'Hôtel de Ville...

Écrit par : Andrès Gomez | 22/01/2011

votre blog est remarquable tant pas les débats qu'il soulève que par le travail d'écriture!Bravo!

Écrit par : muondo | 25/01/2011

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