08/04/2011

B. Cantat : la haine !

Les médias m'informent que Bertrand Cantat, ex-star de l'ex-groupe Noir-Désir, a finalement renoncé à se présenter au festival d'Avignon ; peut-être (?) à cause de J.-L. Trintignant qui refuse d'être présent à Avignon si Cantat est sur place...

A dire vrai, je ne sais pas trop que penser de Trintignant - et surtout de Mme - qui refusent apparemment tous deux le pardon à Cantat qui a pourtant été jugé, condamné et emprisonné selon les lois en vigueur. Cette position des époux Trintignant rappellent fort à propos le billet de Jean-Noël Cuénod intitué "Pardonner est-il une marque de faiblesse ?" paru sur son blog il y a quelques semaines.

Que les Trintignant se détruisent à petit feu parce qu'il ne veulent pas ou ne savent pas pardonner me navre profondément. Mais c'est leur choix. Logique peut-être mais démesurément opposé à toute idée de rédemption à laquelle chacun devrait pouvoir accéder.

Cantat, comme on dit, a payé sa dette à la société. Mais cette dernière, avide de profit, en redemande. Cantat est pour elle (ou une partie d'entre elle) un assasin ; qu'il le reste, donc !

Hélas, pour beaucoup de citoyens, la seule devise possible reste "oeil pour oeil, dent pour dent". Cantat méritait donc la potence. Cette devise était aussi celle de la soeur du petit Hannibal Kadhafi embastillé à Genève. La potence pour son père ?

Tant que la prison restera une vengeance et non un moyen d'amener les condamnés à une introspection capable de les remettre en selle, nous n'aurons pas avancé. Mais, voulons-nous vraiment avancer ?

Commentaires

Je ne vois pas où se situe la haine de la part de la famille Trintignant.

Il serait même indécent que J.L. Trintignant participât à un festival accueillant aussi B. Cantat.

Accepteriez-vous, même après avoir pardonné et que justice soit faite, de publier un texte dans un ouvrage collectif à côté de celui de l'assassin de votre enfant ?

Ce que vous appelez haine se nomme en fait décence. Avoir pardonné ne signifie pas être contraint de s'associer.

Écrit par : Jean-Pierre Vaillant-Cordier | 08/04/2011

Je suis profondément dégoûtée de l'acharnement de la famille Trintignant à démolir cet homme. Si je comprends la haine de M. Trintignant, il n'est pas tolérable qu'il se permette de le traiter publiquement de "merde" comme il l'a fait. Cantat a droit comme tout le monde à la réinsertion, et ce n'est pas à la famille Trintignant ou à quiconque de décider de l'endroit où on voudra bien l'autoriser à la tenter. Il est clair d'ailleurs que cette réinsertion lui est refusée. C'est scandaleux. Il a purgé sa peine et pourtant son procès est éternellement recommencé. M. Trintignant, par des insultes odieuses, s'est chargé de remettre de l'huile sur le feu, dans un discours incitant clairement à la haine. Ce n'est pas tolérable. Mais il a gagné. Je suis dégoûtée. Courage, Bertrand, on fait tout pour vous pousser au suicide, de tout coeur avec vous.

Écrit par : Nicole | 08/04/2011

Pourquoi faudrait-il à tout prix pardonner? Surtout si le bourreau, fuyant ses responsabilité, a l'indécence de réclamer les applaudissements du public ? Faut-il applaudir un assassin ? J'ai de la peine à comprendre comment Cantat ose encore monter sur une scène?

Écrit par : jmo | 08/04/2011

A Monsieur Vaillant-Cordier,

"Accepteriez-vous, même après avoir pardonné et que justice soit faite, de publier un texte dans un ouvrage collectif à côté de celui de l'assassin de votre enfant ?"

Je ne sais pas, car je n'ai, Dieu merci, jamais été confronté à cette situation.
Mais imaginons que je réponde oui à votre question. Qu'en diriez-vous ?

A jmo,

"Pourquoi faudrait-il à tout prix pardonner? Surtout si le bourreau, fuyant ses responsabilité, a l'indécence de réclamer les applaudissements du public ? Faut-il applaudir un assassin ? J'ai de la peine à comprendre comment Cantat ose encore monter sur une scène?"

Parce que le pardon, loin d'être un aveu de faiblesse, permet de surmonter un obstacle qui paraît insurmontable. Il a, en quelque sorte, un effet "thérapeutique".
Et paradoxalement, je plains davantage les Trintignant qui se détruisent, incapables qu'ils semblent être de prendre du recul que Cantat - dont la musique ne m'a jamais vraiment inspiré - qui, comme le dit Anaxagore, a payé sa dette à la société.
Quand vous êtes condamné pour excès de vitesse, restez-vous éternellement un chauffard ?

Écrit par : MIchel Sommer | 08/04/2011

Si le chauffard a tue, il restera toujours un assassin. Pour lui et pour les autres, non? Ce que Cantat ne supporte pas, c'est l'anonymat.

Écrit par : Jmo | 08/04/2011

Pardon, rédemption...C'est quoi ce prêche?
De quelle hauteur morale peut espérer d'un père le pardon envers l'assassin de sa fille?

Il ne s'agit pas d'une engueulade de famille...
On peut rappeler les conditions du meurtre de Marie Trintignant: tabassée, puis laissée à l'agonie pendant des heures, ce qui a provoqué l'impossibilité aux médecins de la sauver à temps.

Quand on a commis un meurtre aussi dégueulasse, on renonce à se produire publiquement par décence et il est odieux que quelque responsable de festival le promeuve sur scène. C'est du bon sens le plus élémentaire.

La simple comparaison faite par Monsieur Sommer du meurtre d'un femme avec un excès de vitesse est parfaitement répugnante.

Écrit par : am | 08/04/2011

Jmo, "laissée à l'agonie pendant des heures"... Vous semblez oublier ou ne savez pas que le propre frère de Marie était sur place durant des heures aussi, appelé par Cantat après le drame, et que tous deux pensaient qu'elle dormait. Accuseriez-vous aussi le frère de Marie de l'avoir 'laissée à l'agonie durant des heures" ?

Écrit par : Une femme | 08/04/2011

Merci pour cet article, qui résume parfaitement ma pensée.

Écrit par : Une femme | 08/04/2011

Pour son crime B. Cantat a été jugé et condamné. Il a purgé sa peine et ne doit en principe plus rien à la société. Dans quelques années, sa faute ne figurera plus dans son casier judiciaire français, on ne pourra plus rien lui reprocher. Il a droit à une autre vie. Pour l'heure, il est encore trop tôt pour la famille et le public d'oublier le forfait qu'il a commis. Pire, sa dernière compagne s'est donné la mort. Cet artiste semble maudit, il devrait se profiler et se reconstruire dans l'ombre sous pseudonyme jusqu'à ce qu'on l'oublie.

Écrit par : Punaise | 08/04/2011

à une femme (pseudo) qui ironise sur "laissée à l'agonie pendant des heures"

J'ai beaucoup bu, je frappe ma femme qui s'écroule inanimée. Je décide de l'emporter dans une chambre et la laisse une nuit entière seule car j'en déduis qu'elle ne fait que dormir. Le lendemain matin, elle ne se réveille toujours pas, j'appelle les secours puis elle meurt à l'hôpital des lésions cérébrales dues au coups que je lui ai portés. On peut conclure que oui j'ai laissé ma femme agoniser dans un coma pendant des heures même si je n'était pas conscient de son état à cause de mon état d'ébriété. J'avais la responsabilité d'appeler les secours, dès qu'elle était inconsciente comme lors de n'importe quel accident.

toujours à "une femme" qui me dit "Accuseriez-vous aussi le frère de Marie de l'avoir 'laissée à l'agonie durant des heures?"

Quand à la responsabilité du frére, si on lit les comptes rendus du procès de Vilnius, on comprend qu'il n'a pas compris la gravité de la situation, minimisée par Cantat au moment des faits.

Écrit par : am | 09/04/2011

Gavant de toujours relire des extraits d'infos et de rumeurs concernant la chambre d'hôtel à Vilnuis, ou la chambre conjugale. Dans vingt ans, certains se battront encore à grands coups de diatribes pour essayer d'en convaincre d'autres que leur version est la bonne...

Je ne suis pas croyante. Les idées de rédemption et de pardon me sont assez distantes. Mais par conviction humaniste, je crois au droit et au devoir de réinsertion, à l'intérêt pour la société d'y souscrire et de la permettre. Je ne réduits pas quelqu'un à un adjectif, immuable, à un acte. Et je crois à la possibilité pour chacun de changer, s'amender, faire quelque chose de positif des années à venir.

Qu'il crée. Qu'on le laisse créer. Chacun a alors après son libre arbitre pour cautionner, rejeter, aimer ou pas ses créations.

Pour ma part mon choix est fait. J'aime l'artiste depuis 20 ans. Je n'ai rien à lui pardonner, ce n'est pas à moi qu'il a fait du tord. Je souhaite sa réinsertion. Et j'y prendrais part comme je pourrais (acheter ses futurs CD, le voir sur scène). Je n'oblige personne à faire de même. Mais personne n'a le droit de m'interdire de le faire.

Écrit par : lola | 09/04/2011

am, croyez-moi, je n'ironisais pas, je ne comprends pas ce qui a pu vous le faire croire. Ce serait ignoble.
Je suis d'accord avec vous concernant le frère, évidemment il n'a pas dû comprendre la gravité de la situation. Mais j'ajoute : "et Cantat non plus". Pourquoi ? Parce que dans le compte rendu du procès qu'on trouve sur Internet, j'ai lu les avis des experts, unanimes : "L'état de coma où se trouvait M.T. s'apparente au sommeil, et rien ne permet au profane de faire la distinction". Vous devriez facilement retrouver ces phrases vous-même sur Internet.

Ce que vous devriez trouver également sur Internet, toujours au compte rendu du procès, c'est ceci, dont on a très peu ou pas du tout parlé :

Quelques années plus tôt, suite à une violente dispute avec son mari d'alors, Marie Trintignant prend le volant en état d'ébriété très avancé et c'est l'accident, qui provoque de graves lésions au visage nécessitant une opération chirurgicale. On est obligé notamment de lui refaire entièrement le nez.

De l'avis des experts, toujours unanimes, c'est cette opération chirurgicale pratiquée quelques années avant le drame qui peut expliquer à la fois l'état de son visage après les gifles (oui, des gifles, c'est au procès aussi) de Cantat, et la gravité des lésions ayant entraîné la mort, le visage ayant évidemment gardé une grande fragilité suite à cette intervention chirurgicale.

Cette explication a aussitôt été violemment rejetée par l'avocat de la famille Trintignant, et surtout par la famille elle-même, comme injurieuse pour la mémoire de Marie, et infondée. Il s'agissait pourtant de l'avis d'experts, des médecins donc, et évidemment au fait de ce genre de choses.

Evoquer cet accident et l'ébriété de Marie n'a certainement rien d'injurieux pour sa mémoire, il s'agit de simples faits.
Mais ils sont à ranger au nombre de ceux qu'on a passés sous silence, volontairement, ou qui n'ont pas, ou très peu, été relayés par la presse, comme la présence du frère après le drame (bien évidemment je ne l'accuse de rien), et cette omerta m'a toujours dérangée, en ce sens qu'elle ne laisse la place qu'à une seule et unique explication : Cantat est un monstre d'une violence inouïe.
Passée sous silence aussi, l'extrême violence de Marie elle-même, dont plus d'un témoin au procès a fait part.
Ce n'est pas non plus faire injure à sa mémoire que d'en parler. Il s'agit là aussi d'un simple fait, qui n'excuse évidemment rien, mais dont il n'y a aucune raison qu'il ne soit pas mentionné.

Je ne cherche en rien à minimiser le fait, indéniable et inexcusable, que Cantat l'ait frappée.

J'attache simplement de l'importance à ce que les faits ne soient ni passés sous silence, ni déformés.

Pour conclure, je ne crois pas qu'on puisse dire simplement de cette histoire que Marie était un ange et Cantat le démon.
En état d'ébriété tous les deux, drogués peut-être tous les deux (c'est une certitude pour Marie, le doute subsiste pour Cantat, puisqu'après sa tentative de suicide il a été impossible de pratiquer les examens pour lever le doute), tous deux en sont venus aux mains (ce que bien sûr Cantat, en tant qu'homme, n'aurait jamais dû faire), puis le drame qu'on connaît.

Une chose est sûre pour moi : Cantat ayant purgé sa peine, personne n'a le droit de lui interdire de reprendre son métier, sur scène. Je ne cherche à convaincre personne. Mais je serai là pour l'applaudir, essentiellement parce que je trouve la haine et l'acharnement des Trintignant inadmissibles. Je peux évidemment comprendre leurs sentiments, mais ils n'ont en aucun cas le droit de lui interdire la réinsertion, ni de l'insulter grossièrement via la presse comme ils le font.
Et d'autant moins que le public de Cantat est très nombreux à l'attendre.
Et que les voix de ceux qui veulent son retour doivent aussi être entendues.
Personne, pas même les Trintignant et les Cluzet, n'a le droit de refaire éternellement le procès d'un homme qui a purgé sa peine.
Chacun est libre de le boycotter.
Mais le discours très clair d'incitation à la haine que les Trintignant, et maintenant M. Cluzet, se permettent via la presse m'incite moi, qui ne suis pourtant pas une fan hystérique de Cantat, à le soutenir.
Et c'est ce que je ferai.
En espérant que les Trintignant et M. Cluzet auront dans l'avenir la "décence" de s'abstenir de déverser leur haine et leurs insultes et de respecter une décision judiciaire et le droit qu'a tout homme de reprendre son métier là où il doit l'exercer. En l'occurence pour Cantat, ce lieu c'est la scène. Et non pas une cave ou une oubliette avec pour seule compagnie un boulet de bagnard éternellement enchaîné au pied.

Écrit par : Une femme | 09/04/2011

Waouhhhh..... Fichez la Paix à B. Cantat,
Que de Régressions culturelles, Que D'esprits Moyenageux,
Ces Mots aux échos fort religieux,
Font Froid dans le Dos....
Cantat a bien payé, au de-delà des Murs, Peine Sempiternelle...
Artiste Magnifique, Ô Valeurs Bien Ancrées,
N'a T-il pas Droit à sa réinsertion Comme Vous,Un Jour, en 1 sec... ?
Et déjà De l'Autre Côté... Drame très Privé, Involontaire,
Il existe Bien Pis Chez des Gens Lambda,
Alors, Salut à Toi, Cher Bertrand,
Sois Prudent.
Et Tous mes Sublimes souvenirs,
De Scène,
Et d'Ailleurs....

Écrit par : Natalie | 09/04/2011

Bonjour,
Je partage pleinement votre article.
Je trouve que Monsieur Trintignant n'est pas très fin dans ses déclarations,
ce qui m'étonne. Perdre un enfant est la pire des chose,
nous le comprenons, et nous partageons son grand
chagrin, mais il arrive un moment ou il faut
faire la paix avec soi même et savoir pardonner.

Écrit par : josette | 10/04/2011

Pourquoi nourrir la haine? Pardonner est d'autant plus noble que c'est difficile. Cantat a été jugé. Il a subi la peine infligé.
Dans ce conflit d'amour-haine, il y avait 2 personnes. Ce n'était pas la haine qui a tué la victime, c'est un coup de folie des deux côtés. La drogue agissait.
Cantat aime toujours et lui permettre de chanter un amour nouveau. C'est juste.
claire-marie

Écrit par : cmj | 16/04/2011

Tout en respectant une douleur qui n'appartient qu'à eux (Bernard, Marie et leurs familles), je ressens ce drame comme un accident qui touche le monde des artistes; un monde qui comporte des risques démesurés par rapport au monde "courant" qui en comporte tout autant mais différents; que chacun se reconstruise du mieux qu'il le peut en respectant la mémoire d'une belle artiste et le talent d'un chanteur tous deux aimés de leur public.

Écrit par : Pébré | 21/04/2011

Tout en respectant une douleur qui n'appartient qu'à eux (Bertrand, Marie et leurs familles), je ressens ce drame comme un accident qui touche le monde des artistes; un monde qui comporte des risques démesurés par rapport au monde "courant" qui en comporte tout autant mais différents; que chacun se reconstruise du mieux qu'il le peut en respectant la mémoire d'une belle artiste et le talent d'un chanteur tous deux aimés de leur public.

Écrit par : Pébré | 22/04/2011

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