26/04/2011

I V G : La morale et les finances

L'initiative visant à refuser la prise en charge de l'interruption de grossesse par l'assurance de base est - semble-t-il - sur le point d'aboutir. Les citoyens de notre pays vont donc être contraints de donner leur avis. Il paraît qu'on appelle cela la démocratie directe.

Mais la question n'est pas là ; les initiants sont de l'avis qu'il n'appartient pas à la collectivité de prendre en charge un avortement, à quelques exceptions près. Et qu'une femme qui "veut" avorter doit prendre ses responsabilités. La communuaté l'a rien à voir là-dedans non point que la solidarité qui n'a pas à s'exercer dans un acte que leur morale n'admet pas.

Je suis personnellement contre l'avortement, non pas pour des raisons morales ou religieuses, mais qu'il s'agit d'un acte qui n'est jamais anodin. Il devrait toujours être l'ultime recours. Une femme n'avorte pas comme elle va chez le coiffeur ou au fitness. Il faut tout entreprendre pour améliorer encore la prévention. En termes de coûts les IVG en Suisse représentent des "peanuts" - pour reprendre une expression chère aux banquiers - dans le budget de la santé.

Alors que cherche-t-on à nous faire avaler avec cette initiative ? A criminaliser l'avortement, à reprendre le chemin des avortements clandestins, à tuer des femmes parce qu'elles n'ont pas les moyens de "s'offrir" cette douloureuse intervention.

Tout citoyen a le droit d'être contre l'avortement, en leur âme et conscience, sans pour autant être considérés comme de dangereux réactionnaires, tant que l'on reste sur le terrain de la morale. Mais notre constitution n'a pas pour mission de définir des principes moraux mais de permettre à tous les citoyens de vivre en bonne harmonie et de les protéger tous, surtout les plus faibles. Ainsi donc, si l'on s'en tient au seul critère financier, il faut rejeter cette initiative. Si l'on en vient sur les critères moraux, il faut également la rejeter.

 

 

Commentaires

Et si, au lieu de fustiger les avortements on remboursait la pilule contraceptive?
Les femmes responsables qui prennent ce "médicament" ne sont pas remboursées par l'assurance de base pour l'instant. Est-ce logique? Certainement non... Mais je suis tout de même d'accord avec ce qui est écrit ci-dessus. Pourtant on pourrait faire mieux!

J'en entends déjà dire que même avec la polule... Oui, mais combien?

Écrit par : Baptiste Kapp | 26/04/2011

Cet égoïsme revanchard m'agaçe. Au lieu de s'assumer soi-même, il faut toujours que les autres payent : a) je veux du cul, mais c'est aux autres de payer mes contraceptifs; b) je fais une grève de faim, c'est les autres qui paient mon hospitalisation; c) je roule comme un imbécile en vélo ou moto, c'est à l'automobiliste qui me renverse à payer la facture (ou la collectivité pour les pistes cyclables); d) je n'accepte pas n'importe quel poste de travail, c'est aux autres de me payer les indemnités chômage; e) je suis licencié, alors je me fais délivrer un certificat médical de complaisance et ... laisse payer les autres mon délai de congé prolongé...etc...etc.

Écrit par : PR | 26/04/2011

PS: je viens d'apprendre que le Viagra est également remboursé par la collectivité via l'assurance maladie. Je vais dorénavant demander à ce que l'on me rembourse le vin, les putes etc.... C'est bien plus important que le remboursement des lunettes pour nos enfants, n'est-ce pas ?

Écrit par : PR | 26/04/2011

Monsieur PR,

... Et pour l'UBS étiez-vous d'accord que les autres (nous tous) payent?

Votre réponse, si elle est sincère, nous indiquera la qualité de votre agassement!

Écrit par : Baptiste kapp | 26/04/2011

Pour M Kapp: contrairement à ce que la gauche a dit jusqu'à présent, la Confédération a encaissé des intérêts de 12% sur les montants prêtés. Les papiers toxiques sont simplement garantis. NB: la crise des "subprimes" provient du fait que l'Etat américain avait incité les institutions financières à accorder des prêts hypothécaires à des acheteurs qui n'avaient pas les ressources nécessaires. Puisque nous parlons des banques, je pense que vous êtes d'accord avec moi de constater que la crise financière en Europe de ces deux années n'est pas le fruit de la spéculation, mais d'une politique de dépense criminelle de la part de certains parlements et gouvernements (p.ex. par la corruption, le népotisme, l'inflation des fonctionnaires, etc etc). Pour revenir à votre question: oui, je suis de l'avis que l'Etat ne doit pas intervenir pour soutenir des banques défaillantes.

Écrit par : PR | 26/04/2011

@ Baptiste kapp sachez que la pilule est remboursée par les pharmacies appartenant au groupe Sun Store. Pour cela il faut devenir membre du club privilège appartenant à ce groupe. La cotisation annuelle est de Fr.20. Un rabais de 10 % sur tous les produits cosmétiques est accordé tout au long du mois. Le 10 de chaque mois ce rabais passe à 20 % pour deux articles 20 % y compris pour les pilules contraceptives.

Ainsi les filles peuvent se payer des pilules au rabais, mais certaines sont tellement bouchées à l'émeri qu'elles sont incapables de se débrouiller préférant hurler telles des orfraies du peu de cas que la société fait de la très sainte cause féminine.

Écrit par : Hypolithe | 26/04/2011

@Hypolithe vous faites bien de dire bouchées à l' émeri,mais ou donc est passé notre féminisme à nous qui n'a strictement plus rien à voir avec celui d'aujourd'hui,la différence résiderait-elle dans le fait qu'il fallait travailler pour avoir de l'argent et rencontrer des garçons et qu'il fallut affronter les regards outrés de beaucoup de paroissiens de l'époque ,ce fut un challenge mais peut-être ceci explique t'il cela,nous devions bousculer des siècles d'acquis religieux et quel grand bonheur ce fut,enfin on pouvait discuter entre hommes et femmes ce qui était le but,devoir se libérer des normes sociales beaucoup trop rigides que reste-t'il maintenant à ces jeunes pour progresser comme d'autres l'ont fait avant!le puritanisme n'arrangera rien,car les expériences du passé sont là pour le prouver

Écrit par : lovsmeralda | 26/04/2011

Refuser la prise en charge de l'IVG par l'assurance de base peut aussi être vu comme une (maladroite) tentative de responsabiliser (mauvais d'une vulgarité crasse de nos jours malheureusement) les femmes (et en particulier les plus jeunes) à ce niveau là
(on ne tombe pas enceinte, si on fait le nécessaire pour s'en prévenir et sauf rarissime "accidents" (vu que le "risque 0%" n'exsite pas)

Pour l'aspect "financier". Refuser une telle prise en charge est un non-sens. Une IVG remboursée coutera toujours moins chère à la société qu'une jeune mère qu'on devra (probablement) "arroser" de subsides, aides familiales et autres allocations.

Tant qu'on est dans le sujet de la prise en charge par l'assurance de base, il me semblerait normale que la pilule contraceptives, ainsi que... les préservatifs (sur le meme modèle que pour le remboursement des lunettes... enfin... avant que ce cher M- Burkhalter ne nous en ait privé sur l'assurance de base). cela couterait à n'en pas douter moins cher de rembourser ces moyens de préventions plutot que les conséquences de leur non (ou mauvaise) utilisations (sans parler des drames humains que cela permettrait parfois d'éviter).

Écrit par : mouais | 30/04/2011

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