11/05/2011

La comédie de Bertrand Cantat

Voilà que reviennent encore et encore la hargne et la vengeance contre Cantat. Au fond il a payé. mais pas assez cher. Et même si on l'avait guillotiné - avant que R. Badinter mette fin à ce triste simulâcre de justice - il y en aurait pour demander qu'on lui coupe le coup encore une fois.

Mais à quoi servirait donc la justice si elle n'était que le bras exterminateur d'une population vengeresse ? Je n'ai jamais été fan de B. Cantant, pas plus d'ailleurs que de M. Trintignant. Cette histoire d'amour passionnel qui finit dans le drame et le sang ne peut pas se résumer à un article du code pénal et un nombre d'années de détention pour le "qualifier". On doit avoir de la compassion pour les parents de Marie Trintignant et l'abominable sort qui a été réservé à leur fille. On peut tout aussi bien avoir de la compassion pour la famille de B. Cantat.

Quant à l'acteur de drame, pourquoi vouloir l'empêcher de faire son métier, probablement le seul qu'il sache faire correctement : écrire et jouer de la musique. Lorsqu'un mécanicien "trucide" sa maîtresse, a-t-on jamais eu l'idée de l'empêcher - à sa sortie de pénitencier - d'exercer son métier ?

Il est vrai qu'en s'acharnant sur un ou  une "repris(e) de justice" (le terme est éloquent !), la population vengeresse a le doux et réconfortant sentiment d'être du bon côté de la justice parce qu'elle ignore tout de son avenir...

Commentaires

J'apprécie votre analyse.

L'ennui c'est que la "mécanique" de ce monsieur était de s'élever contre toute forme d'injustice.

De bons sentiments en grandes leçons, il a fait rêver certains et en gênait d'autres. En donnant un sens critique à sa musique, il s'expose lui-même à la même critique.

Rien de pire, en effet, qu'un prêcheur qui pêche, tout l'espoir qu'il à pu susciter tombe à plat devant un crime aussi sordide.

Écrit par : Haer | 11/05/2011

@ Haer:

Aucun meurtre n'est gracieux. Il y a forcément du sordide dans le fait de tuer une personne. Certains crimes choquent plus que d'autres. Vous soulignez justement la collision entre ce crime et le discours de Cantat avant.

Mais vous illustrez aussi ce que souligne l'auteur de cet article: il y a une règle du jeu, le droit, et son application, la justice. Et il y a les sentiments et les émotions des humains. Que l'on soit choqué de la volonté de Cantat de reprendre son métier n'empêche pas qu'il peut légitimement le faire. Nos émotions ne peuvent le condamner plus que la justice.

Le droit estime que la peine appliquée a été proportionnelle au crime. Si la justice avait estimé que son crime était délibéré, sadique, il aurait eu la perpétuité. Là elle a reconnu la gravité mais a reconnu l'aspect exceptionnel de ce crime. Il a payé. Les familles ne pourront peut-être jamais se réparer, on peut imaginer combien le deuil doit être difficile. Mais si l'on estime que la justice a été rendue selon les lois des hommes, il doit pouvoir recommencer à vivre, comme tout ancien condamné.

Faudrait-il le punir indéfiniment? La question se pose d'ailleurs pour toute personne qui a été condamnée. La perpétuité, qu'elle soit morale ou matérielle, ne s'applique qu'à des crimes dont l'odieux dépasse l'entendement. Je pense par exemple au gang des Barbares en région parisienne. On ne peut assimiler l'acte de Cantat à cela.

A titre de comparaison, Aurore Brossard qui a tué volontairement M. Stern, a été aussi condamnée à 8 ans. Pourtant son acte était voulu, ce qui devrait ajouter à la gravité.

Je comprends que le pardon soit difficile. Il y a bien des cas où moi-même je n'y arrive pas. Mais que l'on puisse pardonner ou non à Cantat, il a le droit de reprendre son métier. Ce droit ne le met d'ailleurs pas à l'abri d'une autre sanction: que le public ne le suive plus.

Écrit par : hommelibre | 12/05/2011

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/303a60f6-7c0d-11e0-947e-0432e9d170ce/Le_droit_%C3%A0_la_sc%C3%A8ne

Dans une interview publiée ce jour sur 24Heures maître Bonnant se fend d’une attaque frontale, perfide et malicieuse envers Bertrand Cantat.

Or, avec de pareils arguments Maître Bonnant oublie qu’au contraire il réveille chez beaucoup d’admirateurs du chanteur des sentiments de compassion.

Pour beaucoup Marie Trintignant n’était pas une sainte ; l’erreur de Bertrand fut de poursuivre une liaison avec une femme qu’il admirait mais qui avait un don tout particulier pour lui faire perdre la raison.

En outre, l’acharnement du clan Trintignant à vouloir lui interdire toute apparition sur une scène relève d’un esprit de revanche morbide qui automatiquement amènera à ce que des spectateurs voudront le soutenir dans son combat contre les médias hexagonaux en assistant à ses concerts.

Je remercie le nouveau directeur de la Comédie de Genève de ne pas avoir cédé aux cris d’orfraie hurlés par ses ennemis dont tout un chacun connait la motivation.

Écrit par : Hypolithe | 12/05/2011

@hommelibre En ce qui concerne Aurore Brossard il y a lieu de relever que cette femme a été muselée par la défense des parties civiles, c’est-à-dire par l’épouse et les enfants du sado-maso Edouard Stern. Elle aurait pu faire des révélations sur les démêlés financiers et autres de son amant ce qui aurait eu comme conséquences de jeter le discrédit sur cette famille qui aimerait tant s’en passer.
Peut-être qu’un jour après sa mise en liberté complète elle fera des révélations sulfureuses contre monnaies sonnantes et trébuchantes…

Écrit par : Hypolithe | 12/05/2011

"Mais vous illustrez aussi ce que souligne l'auteur de cet article: il y a une règle du jeu, le droit, et son application, la justice."

Tiens donc, vous voilà devenu plus... raisonnable!

J'avoue ne pas être retourné sur votre blog après mon dernier commentaire tellement j'ai été dégoutté par votre remarque sur une "décision" faisant fi de toute justice.

Écrit par : Johann | 12/05/2011

Un autre homme fort connu avait tué sa femme mais on ne s'en souvient pas. Il s'appelle Muybridge, C'est l'un des pionniers de la photographie du mouvement et du cinématographe. En 1878, il réussit à enregistrer par la photographie (sans retouches ultérieures) chaque phase des diverses allures du cheval. Ses travaux influencèrent des scientifiques comme Marey, mais aussi des peintres comme Degas Réf. Encyclopédie Larousse). Et si vous vous souvenez d'un petit film souvent passé avant la séance de cinéma comme publicité, montrant un homme en train de courir, c'est lui aussi....
....et si Cantat s'exilait?

Écrit par : NIN.À.MAH | 12/05/2011

@nin.à.mah : Euh en fait ce que vous préconisez, c'est le bannissement ? On a fermé Cayenne il me semble.

Quand bien même il en aurait envie, le pourrait-il ? Entre les pays dans lesquels il n'a plus le droit d'entrer du fait de son casier (Canada, on l'a vu récemment, mais aussi Etats-Unis, et sans doute d'autres), et les chasseurs d'image (paparazzis qui squattent devant chez lui ou à Moustey, surveillants de prison qui le photographient en douce en taule et vendent les clichés à VSD, internautes qui balancent une phrase sur Tweeter dès qu'il marche dans une rue, boit un café ou prend un train...)

Et pendant toutes ces années, il s'est volontairement montré à deux reprises :
A bègles à un concert d'Eiffel (trois chansons) et à Merignac pour une association chilienne avec trois groupes (9 chansons)...C'est dire l'exhibition médiatique !

Ah si, il a osé aussi assister aux funérailles d'un ami (Bashung en mars 2009), de sa mère (en juillet 2007- par autorisation de la Pénitentiaire) et de son épouse (en janvier 2010)...Vraiment quel abus !

Écrit par : charlotte | 12/05/2011

ª Johann: Les deux choses ne sont pas comparables.

Écrit par : hommelibre | 12/05/2011

moi je boycotte, un type qui a massacré à 17 coups mortels une femme et qui a fait en pendre une autre, me donne pas envie d'aller le voir.

Écrit par : Sandrine | 12/05/2011

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