11/08/2013

Deux litres ou vingt litres ?

Il  y a quelques minutes je regardais l'émssion de la RTS - Mise au point - consacrée notamment au projet des douanes suisses d'autoriser en franchise l'importation de 20 litres de vin contre deux actuellement, soit 26 bouteilles contre 3 actuellement.

Les arguments de la douane ne manquent pas de logique : elle nous explique que les montants encaissés, en regard des travaux administratifs y relatifs sont très bas. Et mobiliser du personnel pour encaisser entre un et deux francs pour 3 ou 4 bouteilles supplémentaires relève presque de l'anecdocte.

Je ne sais pas ce qu'en pensent les vignerons suisses. Je peux imaginer sans peine qu'ils vont monter au créneau pour faire capoter cette proposition. Il y en a en tous les cas un, ce soir, qui est venu devant les caméras pour pleunicher sur la fin de la viticulture suisse en cas d'acceptation de cette proposition. Il s'appelle Luc Barthassat et il est viticulteur à Genève.

Les arguments, on les connaît : les vins étrangers importés sont de la piquette, ils sont produits par des vignerons peu scrupuleux qui ont des employés "au noir" et très mal payés, non soumis à des conventions collectives. Enfin, à entendre ce monsieur, j'en viens à me demander si le verre des bouteilles n'est pas aussi trafiqué.

Et l'on nous ressert, évidemment, le couplet sur le "consommer local" quand ce n'est pas le mot "protectionnisme" qui arrive dans la discours.

 

Alors je dis non. Assez d'entendre toujours les mêmes jérémiades. Les viticulteurs suisses ont pourtant des atouts à faire valoir. Il savent produire des vins de grande qualité...qui se vendent très bien alors que ce sont les rouges qui tachent et les blancs qui piquent qui peinent à s'écouler.

Alors si l'on veut vraiment parler de protectionnisme, gageons qu'il n'y aura plus de risque de trouver de l'alcool au volant. Soit parce que le consommateur ne boira plus de piquette, soit parce pour le porte-monnaie un verre ça va, deux verres, bonjour les dégâts. Avec ou sans vins étrangers.

 

 

21:30 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Bonsoir,

"Je ne sais pas ce qu'en pensent les vignerons suisses."

Je n'ai pas regardé l'émission, mais M. Willy Cretegny, vigneron à Satigny, s'est exprimé à ce sujet dans une interview publiée dans le journal "Le Temps" de ce samedi 10 août. Il relève notamment qu'une délégation genevoise conduite par deux Conseillers d'Etat (MM. Maudet et Unger) sera reçue à Berne par Mme Eveline Widmer-Schlumpf en octobre prochain. Le thème ne concerne pas seulement la viticulture, mais le "tourisme d'achat" qui représenterait un manque à gagner de quelques 9 milliards de CHF par année pour le commerce suisse. Ce qui n'est pas négligeable.

Pour en revenir à la viticulture, un viticulteur de ma commune qui s'est exprimé récemment sur RTS, demandait quant à lui de pouvoir exporter ses vins en France.
Les avis semblent donc être partagés dans la branche entre les tenants d'un certain protectionnisme et ceux qui souhaitent une plus grande libéralisation.

Quant à M. Luc Barthassat, je le trouve un peu incohérent dans ses déclarations concernant le commerce extérieur notamment. Il critiquait récemment sur RTS l'accord de libre échange avec la Chine, tout en revendiquant une attitude plus conciliante de la Suisse avec la France, parce que géographiquement plus proche, en regrettant que la commande d'avions de chasse n'ait pas été passée à Dassault. Une position totalement opposée à celle de son président de parti Christophe Darbellay sur ce point là.
Il me semble quant à moi que si l'on achète des avions, c'est que :

1° On en a besoin (pour ma part je n'en sais rien ...)
2° Ces avions répondent à un cahier des charges précis
3° Leur prix s'inscrit dans le plan budgétaire prévu à cet effet.

On n'achète pas des avions simplement pour complaire à un pays voisin !

Que l'on veuille bien m'excuser pour cette "digression aérienne" ...

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 11/08/2013

Monsieur d'Hôtaux,

Attention!
Les avions sont devenus un vrai sujet bateau. Un sujet qui n'arrête pas de faire des vagues.
Je ne vais donc pas pousser également à la roue de peur de faire bouchon. Ni ne jetterai 3 ou 26 bouteilles à la mer, celles-ci ne joueraient qu'à être des touristes arpentant les océans... Le même genre de touristes flottant entre deux eaux dans la Salle des Pas Perdus de notre Navire Amiral amaré à Berne. Des touristes politiques complètement bouchés et vides que l'opinion ballote de gauche à droite sans relâche.

Écrit par : Baptiste Kapp | 12/08/2013

"On n'achète pas des avions simplement pour complaire à un pays voisin !"

1° On n'achète pas des avions à un Etat voisin qui ne cesse de nous enquiquiner... à la limite un Etat ennemi.

2° On n'achète pas des avions à un Etat qui planque des mouchards à l'intérieur et qui les rendent inopérationnelsau cas où...


«les vins étrangers importés sont de la piquette»

De loin, pas tous...

Seules dérogations que je ferais à nos voisins "ennemis":

Leurs succulents fromages, leurs volailles de Bresse, leurs foies gras, leurs grands Bordeaux et Bourgogne. Si tant est que ce n'est pas l'Etat français qui vend cette marchandise, mais de braves producteurs très scrupuleux, proches de nos valeurs...

Pour le reste, leurs bagnoles notamment, ils peuvent se les garder !

Écrit par : petard | 13/08/2013

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