11/01/2014

Petit abécédaire. Aujourd'hui A comme apprenti

Je vais essayer, au fil des jours et de manière aussi régulière que possible, de donner un avis sur un mot que j'aurai choisi en fonction de mon humeur, de l'actualité ou de toute autre information susceptible de retenir mon attention. Ce sera peut-être important, peut-être futile, mais toujours personnel. 


A comme apprenti

Ainsi le groupe Benu, dans le canton de Fribourg, a décidé de renoncer à la formation d'apprentis. C'est assez fâcheux - restons dans la bienséance - mais après tout dans un pays qui se prévaut de la libre entreprise, on ne voit pas très bien comment remédier à une telle décision. La critiquer, certes, la déplorer, oui encore, la regretter évidemment, l'empêcher, non !

La Suisse possède depuis très longtemps un système d'apprentissage qui fonctionne à merveille, même si de (trop) nombreux apprentis ont été réduits au rôle de préparateurs-trices du café des chefs après avoir été cherché le courrier à la case postale. J'exagère ? A peine. En fait pas du tout.

Ca, c'était l'époque où les jeunes - quelle que soit leur niveau à la sortie de l'école obligatoire - trouvaient facilement une place d'arpète. On était apprenti électricien ou plombier (Les Polonais n'étaient pas encore là), on était apprenti employé de bureau ou libraire, bref, bon an mal an, tout le monde y trouvait son compte. On avait encore du respect pour tous ces jeunes (à part peut-être la préparation du café) et on les formait et ils finissaient avec un CFC en poche et trouvaient du travail.

Mais le monde a changé et les mentalités avec. Petit à petit les entreprises ont pensé que seuls les meilleurs avaient droit à une formation et qu'en conséquence il était souhaitable de faire passer des tests afin de- à choix - trouver les plus forts ou écarter les incompétents. On n'allait quand même pas perdre son temps à réviser un peu la grammaire ou quelques principes mathématiques de base.

Insidieusement ai-je envie de dire, on a visé l'excellence. Non pas après avoir formé un apprenti pendant trois ou quatre ans en acceptant comme un défi de combler ses éventuelles lacunes. Mais en sanctionnant les jeunes en fonction de leur livret scolaire comme si les notes étaient le seul critère acceptable de sélection. Plâtrier-peintre pour tous ceux qui sont brouillés avec Voltaire alors qu'on ne demandait pas forcément aux apprentis employés de banque qui était Bernoulli...

Doit-on alors s'étonner de constater une baisse générale du niveau ?

Aussi bien, attention danger. On ne joue pas avec la formation. On s'y investit à fond et on fait en sorte que tous les apprentis obtiennent leur CFC. Quel que soit le niveau de départ.

Benu, dans le canton de Fribourg, n'est sans doute pas le meilleur exemple. Raison de plus pour le citer.

 

 

 

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