05/03/2014

Petit abécédaire. Aujourd'hui h comme hier

Je suis parfois traversé par un sentiment curieux. De très nombreuses personnes semblent se réfugier dans le passé afin de ne pas voir l'avenir à qui l'on attribue des noms comme chômage, Europe, étrangers, immigration, repli et bien d'autres. Serait-ce là une parade à la peur ? Cette peur qui amplifie tous les dangers. Celui de voir un criminel à tous les coins de rue ; celui de perdre son travail au profit d'un étranger ; celui de voir la Suisse adhérer à l'Europe ; celui de ne pas trouver d'appartement ; celui...

Mais voir l'avenir dans un rétroviseur ne pourra jamais constituer une bonne solution aux problèmes. Il et parfois utile de se référer au passé pour imaginer l'avenir. Et si l'on se réfère au passé, c'est que justement il est passé et qu'il est vain de vouloir y retourner. Se projeter dans l'avenir demande à la fois du courage et de l'humilité : du courage parce que tout n'est pas écrit par avance et de l'humilité au cas où l'on atteindrait pas les objectifs fixés.

Il importe de se dire que hier c'est demain par rapport à avant-hier et qu'aujourd'hui, c'est demain par rapport à hier ! Et demain c'est de l'aujourd'hui en préparation. Ceux qui aiment à parler du passé avec une nostalgie affirmée utilisent volontiers le conditionnel passé : le temps du regret ou du reproche. Un temps inutile en somme puisque aujourd'hui, c'est déjà demain en quelque sorte...

Commentaires

Je fais ici un commentaire plutôt destiné au post "lettre à mes amis étrangers" (où les commentaires sont fermés).

Personnellement, même en étant d'origine étrangère, j'ai toujours eu peur des invasions barbares. Et je trouve sincèrement qu'il y a trop d'étrangers en Suisse. Même si je suis consciente qu'ils sont aussi/surtout là parce qu'on en a besoin.

En effet, instinctivement, l'UDC est le seul parti qui me parle. Même si lorsque je raisonne, je me dis que non, c'est pas "comme ça" qu'il faut penser.

Il faut sans doute se poser la question suivante : pourquoi moi, qui suis mi-jaune, et qui ai grandi dans un environnement relativement intellectuel, je suis automatiquement d'accord avec les propos de l'UDC (avant bien sûr de me retourner contre eux lorsque j'y réfléchis suffisamment).

Peut-être parce qu'il n'y a pas assez de problème en Suisse. Qu'il n'y a aucune vraie cause en Suisse. Que tout marche parfaitement bien.

Écrit par : Minh Wang | 21/03/2014

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