21/04/2014

Petit abécédaire. Aujourd'hui j comme jésuite

Cette période pascale m'inspire un billet très personnel. Il y a vingt-cinq ans environ j'ai connu le père Albert Longchamp, jésuite et excellent rédacteur en chef de l'Echo Magazine à Genève. Ses éditoriaux constituaient des paroles fortes dans lesquelles chacun, croyant ou non-croyant, pouvait se retrouver. Une belle époque. Je me rappelle d'un éditorial consacré à l'avortement qui a dû faire grincer des dents toute la "bienpensance" des catholiques romands.

Et puis ce fut le départ de la rédaction en chef. Appelé comme provincial des Jésuites de Suisse. Jusque là, tout va bien, sauf que je regrette ses éditoriaux bien sentis et plein d'humanité. Et puis, pour des raisons multiples, aussi bien personnelles que liées à son activité "professionnelle", c'est petit à petit la lente et très douloureuse descente aux enfers. "J'étais arrivé au troisième sous-sol de l'enfer" dit-il dans un petit ouvrage qui a paru récemment. L'enfer, d'accord, mais quel enfer ? L'alcool.

Son comportement commençant à poser problème, ses confrères l'envoie à Montréal pour se refaire une santé qui en a un gigantesque besoin. Pourquoi l'alcool ? Peut-être le poids des responsabilités et peut-être une charge de travail trop harassante pour un seul homme.

Il s'en est sorti après une période immensément difficile. Il est de retour à la vie, la vraie. Il a pu mesurer la fragilité humaine et s'appuyer sur d'autres personnes.

Je n'ai pas revu le père Longchamp depuis très longtemps. Mais le fait de le savoir aujourd'hui tiré d'affaires me fait chaud au cœur, lui qui a été si souvent réchauffé, par le passé, par les mots courageux et apaisants d'un homme de la Compagnie de Jésus.

Ces fêtes de Pâques m'ont paru être une période toute trouvée pour célébrer sa "renaissance".

Renaissance. L'alcool ou la vie, Ed. Ouverture, 79 pages

Un deuxième tome en préparation : "l'espérance au cœur de la fragilité - Frères et sœurs en humanité", même éditeur.

 

 

 

 

 

Commentaires

Les raisons de la "descente aux enfers" du père Longchamp, hélas! ne sont que trop connues en tel milieu catholique strict.

Est-il excessif de préciser que cette descente aux enfers peut être commune, avec réciprocité? Fidèles en aucun cas forcément non concernés.

Jusqu'à quand?!

Écrit par : Alix | 22/04/2014

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