10/02/2015

Helvétix résiste encore et toujours...

La Suisse est déjà mal prise après l'acceptation de l'initiative dite de "l'immigration de masse" qui va bien au-delà de simples contingents de travailleurs puisqu'il y a dans la balance bon nombre de sujets qui ont fait l'objet d'accords bilatéraux que la Suisse a signés et qui pourraient tomber du jour au lendemain.

Du strict point de vue du fonctionnement démocratique, il est évident que le peuple suisse s'est prononcé pour une immigration contrôlée, même si la victoire de l'UDC est loin d'être un triomphe. Mais il se trouve que la démocratie se conjugue avec arithmétique...

D'un autre côté, on constate que ce même peuple suisse semble attaché aux accords bilatéraux et qu'il n'envisage pas, dans sa globalité, d'y mettre fin abruptement. L'embarras du Conseil fédéral est patent tout comme l'agacement de ceux qui aimeraient voir les frontières devenir moins perméables !

Il est d'ailleurs assez intéressant de constater avec quelle vigueur la mise en application de l'initiative est réclamée alors que l'initiative Weber est en voie d'être très joyeusement édulcorée sans que l'on y trouve vraiment à redire, sauf peut-être que le clan Weber est un mauvais gagnant...

Mais revenons à notre problème, que dis-je, à notre dilemme. L'application stricte de l'initiative ne peut pas être sans conséquence puisqu'elle est liée au principe de la libre circulation que nous avons accepté et que d'un coup nous voulons dénoncer. Juridiquement la Suisse est en droit de dénoncer un accord...mais doit concéder à l'UE le droit d'appliquer les clauses qui lient les deux parties.

Appliquer l'initiative revient à affirmer que la Suisse est prête à renoncer à tous les accords bilatéraux signés avec l'UE, un peu comme le renard et les raisins de La Fontaine. Mais le plus désolant est d'accuser l'UE de tous maux, de se comporter en ennemi de la Suisse alors que nous ne sommes pas prêts à payer le prix de notre démocratie directe. Nous sommes en train de dire à UE "ferme ta gueule" sans entendre qu'elle nous répond "cause toujours"...

Et les néfastes événements que nous vivons "grâce" à l'affaire HSBC ne sont pas de nature à redorer notre blason. La Suisse va encore passer pour le vilain petit canard et notre crédibilité en prendra un sacré coup.

Il va falloir toute l'habileté de nos diplomates et négociateurs pour nous sortir de cette impasse. Mais sortir d'une impasse, c'est revenir en arrière avec tout cela comporte de nécessaire modestie. La démocratie n'est pas incompatible avec la modestie.

Commentaires

"Les accords bilatéraux pourraient tomber du jour au lendemain"
Vous avez au moins la réserve de le mentionner au conditionnel.
Dans les faits, vous devez savoir que la plupart de ces 140 accords sont plus favorables à l'EU qu'à la Suisse.
La clause guillotine que vous ne mentionnez pas avec ces termes en dit long sur l'arrogance du gros devant le petit. La résistance est louable.
Mais surtout, le monde change. Vite. Très vite. Nos autorités n'ont pas attendu sur ce scrutin pour mettre leurs oeufs dans divers paniers.
L'EU risque de payer un prix beaucoup plus élevé en insistant avec son intransigeance et ses menaces à peine voilées. C'est sa cohésion qui est menacée. Une attitude trop dure envers la Suisse ferait le lit de la troisième force, les populistes et les eurosceptiques, appuyés par la Russie.
Enfin, en prétendant que le peuple n'a pas compris les enjeux, les partis gouvernementaux et l'économie se tirent une balle dans le pied. Comme le dit bien Pascal Hollenweg, c'est pas le meilleur moyen de s'assurer ses faveurs.

Oui, le monde s'est rapidement globalisé depuis l'avènement d'internet. Le web 3.0 va encore accélérer ce changement de paradigme. Selon l'économiste Jeremy Rifkin, nous assistons au crépuscule du capitalisme. Ce sont des mots forts. Même à droite on dénonce les abus du capitalisme financier et la fuite en avant de l'utralibéralisme très bien illustrés ces jours avec Swissleaks. Ce sont pourtant ces modèles que vous défendez en bêlant avec le troupeau des mauvais perdants.

Écrit par : Pierre Jenni | 11/02/2015

A M. P. Jenni

"Ce sont pourtant ces modèles que vous défendez en bêlant avec le troupeau des mauvais perdants."

J'aurais souhaité que vous étayiez davantage votre propos. Mauvais perdant ? Mais qui est mauvais perdant ? Lorsque quelqu'un quitte votre taxi sans payer, lui dites-vous merci ? La Suisse voudrait dénoncer des accords pourtant acceptés par le peuple bien qu'ils aient été, selon vous, mal négociés, sans que l'autre partie aux accords rappelle le "règlement" ? C'est cela que j'appelle de l'arrogance. Si notre pays veut dénoncer les accords bilatéraux, qu'au moins il n'accuse pas les autres d'être à l'origine de sa décision.

Ce qu'il y a de navrant chez les contempteurs de l'Europe, c'est d'affirmer à longueur de temps qu'elle est déjà morte, qu'elle n'a aucun intérêt, que c'est un poison pour la Suisse et qu'on ferait mieux de retourner au vieux principe "chacun chez soi et les vaches seront bien gardées."
Je n'ai jamais prétendu que l'Europe était parfaite, mais vouloir la démanteler n'est pas une option que j'envisage. Au contraire travaillons à son raffermissement, à sa transformation, à son rééquilibrage. Faisons-en un outil de prospérité, social et culturel mais aussi économique. Il est quand même curieux de constater qu'en Suisse le principe de la péréquation financière soit généralement admis comme principe de fonctionnement démocratique et que notre pays, vis-à-vis de l'Europe, ne soit prêt à rien partager avec elle...sinon des avantages supplémentaires.

Je m'arrêterai là pour aujourd'hui, même s'il y aurait encore beaucoup à dire. Me cataloguer enfin dans le camp des (mauvais) perdants ne repose que sur votre appréciation subjective ! Et comme mauvais perdant, je puis vous dire que j'habite dans l'UE depuis plus de trente ans, que je touche des rentes en francs suisses et qu'en fait, je suis plutôt gagnant que perdant, en tout cas dans l'immédiat !

Finalement, puisque la démocratie directe donne au peuple la possibilité de choisir son destin, que ce peuple nous dise exactement ce qu'il veut et surtout qu'il soit capable d'en assumer les conséquences, quelles qu'elles soient, sans accuser les autres de vouloir lui pourrir la vie. Il est assez grand pour le faire lui-même !...

Écrit par : Michel Sommer | 11/02/2015

VOTATIONS (suggestion)



Acceptez-vous les Diktats de Bruxelles OUI NON

Que quoi que ce soit d'"imposé"
par Bruxelles ou d'autres
soit déclaré "non négociable" OUI NON

Écrit par : Myriam Belakovsky | 11/02/2015

A Mme Belakovski

Vision européenne de votre message...
Bien cordialement
Revenez quand vous voulez.

Acceptez-vous les Diktats de Berne OUI NON

Que quoi que ce soit d'"imposé"
par Berne ou d'autres
soit déclaré "non négociable" OUI NON

Écrit par : Michel Sommer | 11/02/2015

"Alors ? .... Il n'est jamais bon d'empêcher les gens de s'exprimer ... des lignes qui les défrisent !"

En fermant les commentaires vous ne faites pas mieux M. Sommer!

Écrit par : Patoucha | 11/02/2015

A Patoucha

Voulez-vous, s'il vous plaît, m'expliquer le sens de votre intervention que vous seul(e) êtes en mesure de comprendre.

Qui empêche qui de s'exprimer ?
Des lignes qui les défrisent ? Qui sont "les" ?
Les commentaires n'étant pas fermés, je ne comprends pas votre phrase.

Par avance, merci d'éclairer ma lanterne.
Cordialement

Écrit par : Michel Sommer | 11/02/2015

je reste encore l'un des rares suisses non binationaux du coin
je reste encore l'un des rares suisses à s'exprimer dans le coin de la TdG
et non seulement je fus l'un des rares suisses de souche SZ + GE à voter pour

mais je vais continuer, n'en déplaise à ces incrutes toxiques si mal embouchés tels ces Patoucha

Écrit par : genevois déshérité | 11/02/2015

"Appliquer l'initiative revient à affirmer que la Suisse est prête à renoncer à tous les accords bilatéraux signés avec l'UE, un peu comme le renard et les raisins de La Fontaine. "

NO WAY!

Si l'Europe a accepté de conserver le UK hors zone UE en son sein,
LA EST LE COEUR DU SUJET

entres autres
Car d'autre part l'UE préserve la souveraineté de tous pays, qu'elle soit fiscale ou politique

POUR RAISONS DE POLITIQUE REPUBLICAINE OU FISCALE

car sinon, va falloir m'expliquer, à moi citoyen CH taxé de potentiable évadeur fiscal car citoyen helvétique comme à tous,

comment l'UE face à qui la Suisse avec cette ministre helvétique déléguée face à tous fiscs, Evelyne WS s'est inclinée,

héberge le UK qui hors zone UE continue de favoriser l'évasion fiscale et tout le business qui va avec, grâce aux possessions territoriales de la reine ex UE
ou la Hollande qui grâce aux possessions territoriales ex UE peut aussi continuer de le faire
tout comme la France, le Portugal, l'Espagne ou et etc etc etc

Écrit par : genevois déshérité | 11/02/2015

définition d'un crute: un incrute est un produit issus de l'incruste inculte.

Écrit par : genevois déshérité | 12/02/2015

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