14/03/2015

Petit abécédaire. Aujourd'hui v comme vocabulaire

Je ne parlerai pas aujourd'hui du vocabulaire ordurier que l'on rencontre assez fréquemment sur certains blogs et qui, évidemment ne sert aucunement à exprimer des idées ou présenter des arguments, non, juste l'insulte gratuit qui n'apporte rien au débat. On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a. Et comme on n'a pas grand chose, on le cache derrière un pseudonyme.

J'ai déjà dit tout le mal que je pensais de l'usage du pseudonyme sur les blogs, largement répandus alors que la version papier de la TG - dans le courrier des lecteurs - ne les autorise pas à ma connaissance. Sauf peut-être dans des cas exceptionnels et dûment motivés.

Pas plus je ne m'étendrai sur les scripteurs non francophones qui font l'effort d'exprimer leurs opinions dans la langue de Voltaire et qu'on absout bien volontiers en cas d'erreurs de leur part.

On me dira aussi qu'il y a une cohorte de francophones qui maltraitent leur langue et qu'il faudrait des litres d'encre rouge pour corriger toutes les fautes rencontrées à longueur de blogs. C'est probablement vrai. Mais c'est un peu injuste dans la mesure où les nuls en mathématiques ne sont jamais montrés du doigt. Certains sont même fiers de leur nullité dans le maniement des nombres...

Il ne reste finalement que les journalistes à qui l'on devrait pouvoir faire confiance. Je ne parle pas du contenu, non, juste de la manière d'écrire. Et là, force est de constater que la maltraitance de la langue est quasiment érigée en système. Il est évidemment dangereux de généraliser - il y a d'heureuses exceptions - trop souvent cependant la profession (Mais est-ce vraiment encore une profession ?) use bêtement de toutes les erreurs qu'il conviendrait de bannir. Quelques exemples ?  La confusion entre points et pourcents, Les prochaines 24 heures au lieu des 24 prochaines heures (Je n'ai jamais entendu les prochaines deux heures. Je me pose dès lors la question de savoir à partir de combien d'heures on peut se permettre l'inversion précitée. 10 heures, 17 heures, 22 heures...?). J'aime bien aussi le "paradigme" utilisé à tort et à travers mais qui doit faire penser à l'utilisateur qu'il est intelligent. Depuis quelques temps, on rencontre aussi le "basé", qu'il s'agisse d'une multinationale ou d'un cordonnier de la rue des Eaux-vives, qui semble avoir séduit même les antimilitaristes ! Le désormais classique "prendre en compte" qui est malheureusement la "mise en commun" de deux expressions : tenir compte et prendre en considération. Mais le pire, pour autant que l'on  veuille graduer les exemples, le très contestable "Je n'ai pas compris qu'est-ce qu'il a dit"  ou "il a demandé qu'est-ce qu'il se passe".

A quand le concours du journaliste qui aura, au cours d'un an, maltraité le plus sa propre langue ?

Loin de moi l'idée de vouloir donner des leçons. Non juste envie de rappeler aux journalistes qu'ils devraient être des références. En fait, souvent ils en sont, mais pas forcément de celles que l'on souhaite imiter.

Commentaires

En tant que non-francophone, je suis souvent crispée à l'idée de faire des erreurs et de commettre des barbarismes, dans la lignée des exemples que vous apportez.
Le français est une langue très normative et le non-francophone comprend rapidement que le changement ou la fantaisie ne sont pas souhaitables.
Dans le domaine d'autres langues que je pratique, les néologismes ne sont pas toujours vus comme des envahisseurs. Ils peuvent être en quelque sorte acclimatés ou phagocytés, pour s'adapter à la langue d'accueil.
C'est ainsi que l'anglais à assimilé le français, il y a des centaines d'années de cela.
Une langue vivante devrait avoir une marge d'évolution et à notre époque, où on communique tant, il me semble inévitable qu'il y ait contamination, glissement, métamorphose.
Si même des francophones commencent à modifier le vocabulaire et à y introduire des barbarismes, c'est probablement parce que désormais, ils apprennent davantage les langues étrangères: on ne fait pas d'omelettes sans casser des oeufs !
A ce propos : la traduction des expressions idiomatiques est un domaine désopilant.( "Sky, my husband !")

Si le français veut rester une langue de communication de rang mondial, il va devoir évoluer, par la force des choses. Mais on espère bien sûr que cela ne se fera pas plus vite que la musique ;-))

Écrit par : Calendula | 15/03/2015

A Calendula,

Il est vrai que le français et les francophones sont assez intolérants vis-à-vis des allophones qui s'entendent souvent dire et répéter : "Ce n'est pas français..."
Vous avez en outre raison de dire qu'une langue doit évoluer et qu'il est normal que le vocabulaire s'enrichisse de néologismes, parfois heureux, parfois moins !
Je constate malheureusement que le français, tout en s'appropriant de nouveaux mots - par ex. comme logiciel ou encore courriel - régresse en quelque sorte en utilisant des termes standards, comme "basé" plutôt que d'utiliser des mots correspondants à la situation. C'est dommage.
Il est enfin paradoxal de constater que parfois les non francophones fassent remarquer que telle ou telle tournure ou orthographe "ne sont pas françaises !"
Les quotidiens foisonnent de tournures plus ou moins "pittoresques", comme par exemple hier samedi dans la Tribune de Genève dans laquelle je lis, à la page 22, un article consacré à la marée du siècle qui contient la phrase suivante :"(...) les locaux possèdent leurs lieux favoris d'observation,(...)". Lorsque j'était jeune pigiste au Journal de Nyon, les correspondants régionaux, qui ne sortaient pas tous d'une école de journalisme, étaient informés que les locaux n'étaient pas l'équipe qui recevait les "visiteurs" mais bien l'endroit où l'on entreposait le matériel...L'auteur de l'article susmentionné n'a probablement pas eu la chance d'être pigiste ou correspondant régional du Journal de Nyon !...

Écrit par : Michel Sommer | 15/03/2015

Et vous oubliez les conjugaisons. Au mieux : plus de subjonctif. "Il faut que je fais" ou toute version similaire. Et pire "J'ai manger une tartine". Et les accords oubliés ou erronés. Et les fautes d'orthographe et de syntaxe. Et les phrases alambiquées.
A tel point que souvent il faut lire plusieurs fois une phrase pour en comprendre le sens ... si elle en a !
Et l'expression qui fâche (moi en tout cas) : "A chaque fois" au lieu de "Chaque fois".
A l'époque des téléphones portables où les jeunes et les moins jeunes ne communiquent plus que par SMS, cette évolution est peut-être normale. Mais à ce rythme, dans quelques années, les gens risquent d'être perdus devant un livre bien écrit et ils s'écrieront "Mè kès ksé ksa veu dir ?

Écrit par : Lambert | 15/03/2015

Moi, Lambert, ce qui me fâche (notamment) ce sont les pléonasmes du genre : douze pays différents !

Écrit par : Michel Sommer | 15/03/2015

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