10/12/2015

Une élection normale ?

P. Décaillet se félicite d'avoir assisté - depuis longtemps - à une élection normale au Conseil Fédéral. Ah, ça oui ! Elle a été normale. Non pas celle qui fait du Parlement un organe décideur et qui élit qui il veut. Non le Parlement nous a à nouveau donné l'image d'un organe d'enregistrement qui se plie - pour ne pas dire qui s’aplatit - devant les exigences de tel ou tel parti. Comment parler d'une élection quand l'UDC claironne haut et fort que tout membre du parti qui serait élu sans l’aval de ce dernier en serait automatiquement exclu. L'habileté de l'UDC a été de présenter trois candidats afin de donner au Parlement l'illusion du choix. Dans le fond, c'est l'UDC qui choisit ses Conseillers Fédéraux. Le Parlement n'a rien à voir la-dedans.

Bel exercice de démocratie molle !

Commentaires

Michel, n'est-ce pas la règle? N'est-il pas logique que le parlement élise selon les préférences des partis? S'ils ont droit à ces places, n'ont-ils pas aussi droit à donner une fourchette de candidats?

Par contre la menace préventive est désagréable. Mais l'UDC doit être échaudée...

Écrit par : hommelibre | 10/12/2015

John,

Je ne vais pas jouer sur les mots. En fait si !
S'il s'agissait d'une règle, elle serait alors impérative et il suffirait de nommer un Conseiller fédéral, l'élection étant superflue !

Les partis n'ont aucun droit qui serait prévu par le constitution à avoir des Conseillers fédéraux. Il s'agit donc tout au plus d'un usage qui n'a aucun caractère contraignant, d'autant plus que tout citoyen suisse remplissant les conditions est susceptible d'être élu !

Dans le termps il existait aussi divers usages : en principe pas deux Conseillers fédéraux du même cantons, ce qui a permis quelques contorsions (cf. élection de M. Graber) ou encore la présence quasi automatique d'un Conseiller fédéral vaudois, bernois et zurichois. Tous "droits" qui ont aujourd'hui disparu.

J'essayais d'imaginer le Parlement élisant un UDC non officiel juste pour le voir refuser son élection...ou être éjecté. La menace de l'UDC est plus que désagréable. Elle vise tout simplement à mettre le Parlement devant le fait accompli. Ce n'est pas l'idée que je me fais de la démocratie.

Helvétius disait : "les hommes sont tellement bêtes qu'une violence répétée finit pas leur paraître un droit". Prémonitoire des pratiques de l'UDC ?...

Écrit par : Michel Sommer | 11/12/2015

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