24/03/2016

Heureuse démocratie

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Pendant que l'on disserte de tous côtés sur les causes de la violence islamiste qui s'abat sur l'Europe et sur les solutions que l'on peine à trouver à la question des réfugiés et des migrants (Au fait, je ne saisis pas toujours bien la subtile distinction qu'il convient de faire entre ces deux termes), il y a en Suisse un paysan qui vient de gagner un pari un peu fou : lancer et faire aboutir une initiative pour que les vaches à qui l'on n'aurait pas cruellement enlevé les cornes soient en quelque sorte subventionnées.

Au moment aussi où le franc que l'on a décidé une fois pour toutes d'affubler de l'adjectif fort occupe l'esprit des économistes et de ceux qui croient l'être, au moment où les bonus accordés sans retenue aux capitaines d'industrie qui oublient les sous-officiers et les soldats prennent une fois encore l'ascenseur, au moment où le Président de la Confédération fait le "buzz" sur la toile et ailleurs lorsqu'il parle du rire, au moment où la réforme de la fiscalité des entreprises fait un tabac dans le canton de Vaud alors qu'à Genève on n'est pas encore sûr d'avoir bien compris de quoi il s'agissait, il est vraiment, mais vraiment réconfortant de savoir que plus de cent mille citoyens en pris la peine de signer une initiative afin que les vaches ne soient pas mutilées.

Je n'ai pas signé cette initiative parce que je n'en ai pas eu l'occasion, mais si j'avais été mieux informé, je l'aurais fait. Mais je l'accepterai, c'est sûr. D'abord parce que je n'aime pas les vaches qui n'ont plus de cornes. C'est moche. Ensuite parce que cette initiative aboutie montre et démontre que l'on peut être contre les minarets ou pour les cornes des bovidés - ou les deux à la fois - comme si c'était plus important que le choix d'un nouvel avion de combat.

Quel pays la Suisse, quand même ! Même que je m'étonne que Pascal Décaillet n'ait pas encore crié au génie de la démocratie directe en prenant connaissance de l'aboutissement de l'initiative.

On ne se félicitera jamais assez d'habiter dans un pays qui peut s'autoriser à mettre les attributs cornus des bovidés au même niveau que la surveillance des frontières selon St-Schengen.

Et avec un peu de malice, j'attends que les Français puissent enfin se prononcer sur la longueur de la baguette et les Belges sur la grosseur des frites...Ils auront alors enfin compris ce qu'est une véritable démocratie. Qu'on se le dise.

 

Commentaires

Vos propos sont bien arrogants. Vous prenez un sujet, qui pour vous est important, pour en dénigrer un autre. C'est bien essayé, mais ce que vous faites ça s'appelle du mépris et de l'arrogance reflétant un complexe de supériorité intellectuelle.
Chacun (ouvriers ou pseudo intellectuel bobos) a le droit de s'exprimer sans être méprisé et dénigré.

Maintenant si pour vous "St-Schengen" est plus important que tout, rien ne vous empêche de lancer une initiative ou d'exprimer vos arguments. Si bien sur, vous en avez la capacité et que vous arrivez à les développer et à les expliciter.

Écrit par : Boccard | 25/03/2016

A Boccard

Une relecture de mon propos devrait vous amener à une interprétation moins tranchée.
Il n'y a aucune arrogance dans mon propos. Un peu d'ironie peut-être mais surtout de l'amusement à constater que les citoyens de ce pays puissent se prononcer à la fois sur les cornes des bovidés et l'acquisition, par exemple, d'un nouvel avion de combat.

Au fait, qu'est-ce qui vous porte à croire que Schengen est plus important que tout pour moi ?

Écrit par : Michel Sommer | 25/03/2016

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