02/05/2017

Limpide !

Je parlais, dans une note précédente du verbe décrypter que l'on nous sert à longueur de colonnes dans les journaux et magazines ainsi que dans la presse audio-visuelle. A croire d'ailleurs que tout ce qui est publié est crypté de façon à ce que personne n'y comprenne rien !

Mais il y a quelques exceptions où le décryptage n'est pas nécessaire. Par exemple, tenez (Non, je ne me prends pas pour Cyrano) : Pascal Décaillet dont je viens de lire le dernier billet à l'instant, est d'une limpidité extrême : il s'en prend à M. Emmanuel Macron, qu'il trouve sympathique, mais qu'il ne comprend pas. Et il encense littéralement Marine Le Pen dont le discours est, comme le sien, d'une limpidité extrême. 

Plus on lit Pascal Décaillet, plus on se rend compte qu'il n'y a pas que sa limpidité qui soit extrême. Gare à vous si vous n'êtes pas du côté de ses préférences, vous serez ravalé au rang de sous-secrétaire d'Etat au logement. La présidence, il semble la réserver à une candidate extrêmement droite dans ses bottes.

Commentaires

Michel:

"limpidité "extrême"... vous vous mettez aussi au langage insignifiant mais stigmatisant. Le jugement moral sur les préférences politiques, sans argumentation. Bientôt le langage d'intimidation?
Je vous trouve... extrême sur ce coup. D'autant que Pascal Décaillet a plutôt raison à mon avis. Il faut réécouter Macron sans se laisser hypnotiser.

PS: je n'ai pas vu MLP porter des bottes... ni physiques ni symboliques. C'est bien le discours d'intimidation.

Écrit par : hommelibre | 02/05/2017

John,

Chacun lit les textes et les interprète au travers de son propre prisme. Ce que vous considérez comme de la stigmatisation n'est pour moi qu'une évidence : PD se permet de...stigmatiser M. Macron en assénant des vérités qui ne sont que les siennes ! S'il est nécessaire de réécouter Macron, il me semble aussi judicieux de relire M. Décaillet...sans se laisser hypnotiser !

Quant aux bottes, être droit dans ses bottes, nous ne lui attribuons pas la même sens, semble-t-il. Vous auriez pu vous arrêter sur le "extrêmement", mais vous semblez avoir passé tout droit.

(...) D'autant que Pascal Décaillet a plutôt raison à mon avis. (...)
Justement, c'est votre avis, John, pas le mien. Et je n'ai pas encore entendu P. Décaillet nous dire ce qu'il pense de la reprise par MLP des phrases de François Fillon, sans citer la source, bien sûr. Peut-être va-t-il le faire ?

Que P. Décaillet veuille se faire le thuriféraire d'une certaine droite française et sa candidate en rabaissant son concurrent par des propos habiles mais violents montre à quel point la méchanceté se porte bien.

Cela dit, si je pouvais voter en France, E. Macron serait mon candidat. Cela, je pense que vous l'aviez déjà deviné !...

Bien cordialement, John.

Écrit par : Michel Sommer | 02/05/2017

Je l'ai relu, et je ne vois pas de stigmatisation dans son billet. Pour moi stigmatiser c'est faire référence à un jugement de valeur, à un "mal". C'est un moyen pour biaiser tout débat et renoncer à un argumentaire. On charge une personne de stigmates, de marques qui ont une charge émotionnelle mais qui ne lui appartiennent pas forcément.

Avoir une préférence n'est pas stigmatiser. Il fait un constat mais je ne trouve pas qu'il assène des vérités. Il ne va pas dans le contenu mais seulement dans la forme.

Par deux fois vous utilisez le mot extrême (ou extrêmement). Qui appelle la notion d'extrémisme, quand on parle de MLP, c'est assez habituel pour que ce mot d'ait pas d'autre connotation (sans quoi vous l'auriez explicité ou circonstancié). Extrémisme politique, bottes, extrêmement droite (posture martiale): si ce n'est pas de la stigmatisation, légèrement subliminale, alors je ne sais pas ce que c'est et e ne comprendrais pas l'usage de l'adverbe et de l'adjectif.

Que nos avis divergent n'est pas un problème. À partir de là il faudrait les écouter ensemble pour préciser nos avis. Est-ce rabaisser? Ce n'est pas mon sentiment. Mais il y a une notation des deux communications au profit de l'une et au détriment de l'autre. Si cette notation était délibérément faite pour rabaisser ce serait méchant. Mais si l'examinateur fait appel aux mêmes critères pour les deux candidats, ce n'est pas méchant. Un prof connaît ses élèves. On peut à la longue savoir qui est meilleur à ses yeux. Ici on connaît ses préférences, mais je n'ai pas d'éléments objectifs ou subjectifs qui me permettent de dire qu'il est délibérément partial dans sa notation.

En terme de clarté de la communication il utilise par exemple souvent des périphrases pour commencer ses réponses, ce qui déjà encombre le message plus que cela ne le prépare. Si les mots sont clairs, les idées sont parfois peu explicites et détaillées.

Sur les mots de Fillon, cela m'amuse. J'ai repensé à M. Trump reprenant un discours de M. Obama. Je suppose que c'est fait exprès, et dans le cas de M. Trump cela montrait que le même discours pouvait être tenu par elle avec autant de pertinence alors que pourtant elle faisait partie du camp que les médias accablaient moralement. Dans le cas de MLP je n'ai pas encore écouté.

J'avais cru comprendre en effet que Macron est votre candidat. Moi je m'abstiendrai pas. Je ne crois pas à Macron, même si j'en ai dit plutôt du bien il y a quelques temps. Je vois que cela n'a pas tenu la route et qu'il revient aux codes politiques classiques. Rien de neuf et pas de cohérence sensible entre son ton, ses mimiques, et son contenu. Quand le ton est forcé c'est que l'épaisseur intérieure, profonde, émotionnelle, n'y est pas. Je pense que c'est un problème et qu'il n'a pas la maturité – cela ne dépend pas que de son âge.

Bien à vous Michel.

Écrit par : hommelibre | 02/05/2017

Difficile de comprendre le mot "limpide" chez P. Decaillet.

Effectivement les populistes sont limpide avec les yaka, ce qui n'implique pas la cohérence. Donc "limpide" sur des propositions économiques incohérentes, ce n'est pas le bon mot.

Et lorsque l'on confronte le pragmatisme aux "yaka", c'est évident que le cerveau doit fonctionner un peu plus.

Ce qui fait la différence entre un parti conservateur et le FN, est qu'un parti conservateurs ne mélange pas la politique et patriotisme.
Lié le patriotisme à un parti, c'est comme relié une religion à un parti, c'est une source de danger.
Très vite, on a droit au bon et au mauvais patriotes avec comme conséquences des décisions arbitraires.

Avec cette élection et les soutiens au FN, on est dans la même lignée que Trump le pacifiste : Absence d'argument intelligents.

J'attends donc avec impatience les élections en Allemagne pour connaître les prochains arguments de soutiens à l'extrême droite ...

Écrit par : motus | 02/05/2017

Comment perçoit-on Marine, lorsqu'elle dit " Macron, c'est Marche ou Crève !"
Est-ce violent ou pas ?
Ça a le mérite d'être très limpide, en effet.

Personnellement, je dois être très bouchée, car je ne trouve pas les projets économiques de MLP très limpides, mais plutôt mouvants et bien trop théoriques.
Quel journaliste va expliquer aux votants, ce que Marine préconise vraiment, à 4-5 jours de l'élection ? Qui va souffrir de la sortie de l'euro et si cette sortie est refusée suite au référendum, va-t-elle vraiment démissionner et va-t-on recommencer toute la procédure électorale ?

Selon les pays et les cultures, la perception du rôle de la presse et du décryptage des enjeux politiques peut énormément varier. Nous ne connaissons pas les tabloïds, tels qu'il existent en Grande-Bretagne. La violence verbale et le ton affirmatif sont étonnants.
Je viens de lire un long article à ce sujet dans le New York Times.
Une journaliste est allée rencontrer le rédacteur en chef d'un des ces tabloïds, The Sun,et elle reprend un peu l'historique de la campagne pro-Brexit de ces journaux et elle part du postulat que cette presse-là a beaucoup pesé dans le débat politique au Royaume-Uni, une position qui peut se défendre.
Elle rappelle quelques "fake news" répandus par Boris Johnson, qui a utilisé sa notoriété et sa popularité pour aussi peser sur la campagne.Boris J. est ex-correspondant d'un journal britannique à Bruxelles et cela lui donne une sorte de crédibilité. Mais il en a abusé.

https://www.nytimes.com/2017/05/02/world/europe/london-tabloids-brexit.html

La manipulation de la réalité, sa mise en scène, son préformatage sont une grande responsabilité. Le rédacteur en chef se défend d'avoir voulu formater la pensée de son lectorat et se voit plutôt comme un miroir reflétant ses préoccupations.
Mais la classe politique britannique craint cette presse et très récemment, T. May a reculé sur un dossier, parce que les tabloïds s'y sont opposés à leur façon tonitruante.

https://www.nytimes.com/2017/03/15/world/europe/uk-hammond-national-insurance.html

A mon humble avis, on n'en est pas encore là dans le domaine francophone.

Écrit par : Calendula | 03/05/2017

Calendula, le propos de MLP est violent mais il appelle à l'idée que ceux qui ne pourront pas marcher dans la mondialisation continueront à être perdants. Le paradigme entre France gagnante et France perdante semble prendre corps et être pourvu de réalité.

Par ailleurs le volume comparé de violence d'un camp ou de l'autre fait presque passer Marine Le Pen pour une douce...

Sur les projets économiques elle donne des indications générales compréhensibles, même si je ne suis pas sûr que cela marche (sortie de l'euro par exemple). Je trouve Macron beaucoup plus théorique et moins précis, sauf sur la loi travail qui sera son cheval de bataille, mais dont on ne sait s'il peut renverser la courbe du chômage.

Si elle démissionne en cas de refus d'un référendum je serais choqué. Elle est élue aussi pour accepter les défaites, comme tous les élus.


@ Motus: le mot populisme est un de ces mots-écrans qui ne disent pas clairement ce qu'ils désignent. Un mot de facilité intellectuelle qui permet d'éviter de se pencher sur la situation qu'ils désignent. Faire émerger la parole d'une partie de citoyens qui se sentent déclassés n'est pas du populisme. Reste à savoir si les solutions d'un populiste comme Mélenchon sont meilleures que celle d'une MLP.

Sur Trump, il n'y avait pas de raison de douter de son engagement à ne plus faire le gendarme du monde. La critique de la politique étrangère américaine est largement partagée de droite à gauche, et la guerre de Syrie en est une des causes. Il fait le contraire, rien n'a changé. Il semble ne pas pouvoir faire le contrepoids des faucons républicains et démocrates. C'est sa faiblesse: le manque de soutien par son attitude trop personnelle et la guerre idéologique qui lui est faite, en vue bien sûr des prochaines élections.

Je suis en partie d'accord avec ce que vous dites du patriotisme. C'est un mot imprégné des mouvances du passé aux connotations repoussantes, comme Pétain. Pourtant ce mot peut avoir d'autres connotations. Mais il est délicat d'en faire une religion d'État.

Je ne sais pas de quoi vous parlez à propos d'extrême-droite. Encore un mot-écran. Je ne connais d'extrême-droite que les skinheads qui font le salut nazi au Grütli, le pendant des antifas qui menacent les policiers et font de la casse impunément. Les souverainistes sont-ils l'extrême-droite? Pas pour moi. C'est un mot intimidant pour éviter de parler de questions régaliennes comme la régulation des flux migratoires. Dommage que vous donniez encore une fois dans le raccourci non argumenté et dans la facilité.

Vous parlez comme d'évidence alors que ce que vous dites n'est qu'options discutables, comme tout le reste. Il faut commencer à vous habituer au débat, Motus... Rien ne va de soi, tout est choix politique pensé. Ou devrait l'être.

Écrit par : hommelibre | 03/05/2017

Si MLP devenait présidente, ce qui est fort improbable, la droite traditionnelle LR ou UMP, selon que vous soyez sarkolâtre ou pas, va jouer de tout son poids suite aux législatives.
Si Macron passe, ce qui est très probable, il va devoir s'affronter à sa gauche et à sa droite. Et cela va être très, très chaud.
Bonnes vacances en France...

Écrit par : Géo | 03/05/2017

Intéressant propos Michel Sommer, d’autant que visiblement sur ces blogs nous ne sommes pas très nombreux à soutenir que, même par défaut, la victoire de Macron est hautement souhaitable.

Visiblement et étrangement tous les (pseudos ?) intellos qui donnent leur avis sur ces blogs sont des supporter plus ou moins acharnés de la fille Le Pen. On peut imaginer que c’est d’abord leur détestation du surdoué Macron qui les irrite. En effet le parcours stratosphérique de ce monsieur qui est arrivé en trois ans là ou certains n’arriveront jamais même après plus de 30 ans de politiques a de quoi susciter diverses jalousies.

Personnellement, c’est plutôt par rapport à ceux (députés et mêmes ministres) avec lesquelles il pourrait gouverner la France que j’ai des soucis. D’autant que ce candidat n’a même pas de parti.

Quant à Marine Le Pen, je me suis exprimé sur mes craintes dans mon blog.

http://leblogdevincentstrohbach.blog.tdg.ch/archive/2017/04/30/9-la-memoire-283712.html

et je persiste donc à penser qu’advenant qu’elle soit élue, des émeutes débuteront dès la nuit de dimanche à lundi dans les quartiers sensibles pour se terminer soit avec la fin de son mandat, soit par cette fameuse guerre civile souhaitée autant par les islamistes que les identitaires islamophobes (supporters acharnés de MLP).

Et ça c’est que pour la pointe visible de l’iceberg, avant la nomination d’un ministre de l’information pour contrôler les médias et autres mesures délirantes et irresponsables contre les étrangers en général et les musulmans en particulier.

Quant au reste, le débat d’hier a été édifiant ; en cherchant à démontrer par tous les moyens que son adversaire ne l’était pas, MLP a oublié de se montrer présidentiable. Elle n’a pas compris que le but du débat du deuxième tour ce n’est pas de convaincre les convaincus mais d’aller chercher des électeurs autres que les siens en prônant un certain rassemblement. Apparemment, c’est beaucoup trop lui demander…. et sa prestation d’hier soir a juste été pathétique, n’en déplaise à Homme Libre dont les « analyses » me surprendront toujours…..

Écrit par : Vincent | 04/05/2017

John,

J'ai oublié de vous poser une question : en quoi le mot "limpidité" serait-il, ainsi le dites-vous, insignifiant ? En quoi le mot "extrême" serait-il, lui aussi, insignifiant ?

J'ai considéré que les propos de P. Décaillet étaient dérisoires et inconvenants. Souvenez-vous de sa phrase : "(...)je le (E. Macron) trouve sympathique, mais je n'ai réussi à retenir, pour l'heure, qu'une vague affaire de taxe d'habitation, qui me semble relever davantage d'un sous-secrétariat d’Etat au Logement que du chef de l'Etat.(...)"

Même pas de la détestation, juste de la bêtise !

Quant au titre de son billet - Quelque chose contre rien - on a pu vérifier hier soir lors du "débat" qui personnifiait le "quelque chose" et qui représentait le "rien".

Écrit par : Michel Sommer | 04/05/2017

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