9 milliards vus depuis Hubble !

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Sauf à considérer que M. Claude Nicollier travaille bénévolement pour la Confédération lorsqu'il donne ses avis et propositions pour l'achat de nouveaux avions de combat, le travail de notre astrophysicien-astronaute a un coût, probablement dérisoire en regard du coût astronomique que pourraient susciter l'adoption de ses propositions. Inutile donc de nous attarder sur le coût du rapport puisque tout travail mérite salaire !

Le coup médiatique de Mme Viola Amherd est en revanche nettement plus habile dans la mesure où Claude Nicollier, dont les compétences - amplement démontrées - de mécanicien-plombier à l'extérieur du télescope spatial Hubble font de lui un nom connu de tous les Suisses. Et comme toutes ses missions dans l'espace ont été des succès, Mme Amherd s'est probablement dit qu'il en irait probablement de même quant à l'avis de Claude Nicollier au sujet de la défense aérienne helvétique.

Restera tout de même à déterminer si l'aura dont jouit notre astronaute national sera capable de faire avaler au peuple suisse une dépense de 9 milliards. Vue de Berne ou de Hubble, la dépense n'a pas la même résonance. 

Répétons-le encore, Claude Nicollier a très largement démontré ses compétences techniques dans les vols habités et personne ne les lui conteste. On est néanmoins autorisé à s’interroger sur le lien que fait Mme Amherd entre la célébrité de Claude Nicollier et sa capacité à s'exprimer - lui pilote militaire - sur la nécessité de nous doter d'avions de combat. Il n'est pas illégitime d'avoir quelques doutes sur l'objectivité de la démarche.

Lien permanent Catégories : Suisse 5 commentaires

Commentaires

  • Voilà qui est envoyé ! Merci pour ce billet qui me réjouit.
    http://www.pierrejenni.ch/blog/35-gripen

  • Chacun aura son opinion sur la question.

    Pour ma part, je suis bien incapable de décider quel avion fera l'affaire pour remplacer notre flotte vieillissante. Claude Nicollier est sûrement bien plus qualifié que la majorité d'entre-nous.

    Par contre, s'agissant du principe, je suis capable de décider que je ne souhaite pas abandonner la souveraineté de notre ciel à d'autres et qu'il faudra fatalement remplacer les avions existants. Nous ne sommes pas à 1 milliard près, alors je laisse le débat technique à des spécialistes, dont je ne fait pas partie.
    On nous compare volontiers à la Belgique, alors prenons exemple sur eux...et arrêtons de parler....

  • Bien d'accord avec jacphil, sauf que cela me déplairait très fortement qu'ils choisissent le Rafale. Oui, parce qu'il est français.
    Et ne parlons pas du F-35...

  • Monsieur Nicollier préfère que le peuple suisse se prononce sur l'achat d'avions de combat uniquement et non sur le système de défense suisse per se, concept qu'il juge trop complexe pour le citoyen lambda à comprendre, concept, par ailleurs basé sur la logique de la guerre froide, terminée depuis quelque temps, ainsi que sur la raison d'être de l'OTAN, fortement questionnée ces temps-ci. La tactique de l'arbre qui cache la forêt, en quelque sorte.

  • En fait, pour des raisons politiques, la seule question importante est évitée.

    On va vers plus de tensions mondiales, donc, le rôle d'une armée n'est pas en doute.
    Par contre, contrairement au passé, le danger ne vient pas de nos voisins.

    Ne serait-ce donc pas plus intelligent pour tout le monde, que la Suisse se donne une vision européenne, notamment dans l'achat d'armements et des développement d'armes?

    Les USA ne sont plus de vrais alliés depuis Trump, et il n'est pas certain que les présidents suivant corrigeront cette politique.
    Cette transe anti-européenne d'une partie de la droite nous fait oublier l'essentiel, nos voisins sont nos amis, pas les USA.

    Sachant que le ciel est plus rempli de drones et de missiles que d'avions :
    Est-ce que dans un contexte d'alliés européens, la Suisse a vraiment besoin d'avions ? Si militairement oui, combien ?

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