décryptage...

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Je ne sais pas vous, mais moi, je suis horripilé par tous ces journalistes qui prétendent décrypter l'actualité comme si tous les faits qu'elle produit relevaient du cryptage, soit d'une intention manifeste de nous en cacher la compréhension. 

Franchement si tous les journalistes étaient déjà capables de nous expliquer le monde qui nous entourent suffirait à mon bonheur ! Mais peut-être que "décrypter" donne l'illusion d'une plus grande intelligence...ou de l'intelligence tout court !

Mais ma parole, ils se prennent tous pour Alan Turing.  Mais lui, au moins aura réussi son décryptage.

 

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Commentaires

  • Ce sont le plus souvent les annonces des journalistes qu'il faut décrypter. Ces annonceurs sont devenus au fil du temps les portes voix de la pensée unique mais avec un peu d'entraînement et de logique on arrive à les décrypter. En matière d'actualité leurs sujets de destruction massive sont Trump, Poutine, Le RN. Bolsonaro ou l'UDC , toute entité qui comme vous l'aurez remarqué sont soutenues par une majorité de personnes. On garde espoir.

  • Je suis en partie d'accord avec vous. Certains journalistes abusent du terme même quand ce n'est pas pertinent.

    Par exemple, en commentant une actualité, on peut mettre en lumière des liens entre cette actu et d'autres événements ou personnes, ou la placer dans une perspective historique. Ce n'est pas du décryptage. Comme vous l'écrivez, ce terme suppose une intention initiale, et qu'un message a été encrypté dans un autre aux fins de le rendre illisible pour ceux qui n'ont pas la clé.

    On peut prêter à un événement un sens non encore visible, ou chercher la motivation d'un dirigeant politique, mais cela ne signifie pas que quelque chose a été encrypté.

    Le plus souvent le terme pertinent est "analyse" et non décryptage. Mais l"analyse" est attachée à la personne qui la produit, alors que le décryptage suggère que l'on va révéler une évidence, une vérité impersonnelle, ce qui peut conférer au "décrypteur" une aura de savoir et d'autorité, et qui a l'avantage (avantage pour lui, inconvénient pour les autres) de le préserver d'une éventuelle critique qui minimiserait sa capacité d'analyse.

    Un décrypteur qui se trompe n'est pas en cause personnellement puisqu'il est supposé établir un fait indiscutable, presque objectivable, il lui manque seulement la bonne clé de décryptage. Mais si un analyste se trompe, c'est sa compétence personnelle qui est en cause. On risque moins à "décrypter" qu'à analyser. Enfin c'est mon avis.

    Il y a aussi un effet novlangue dans l'utilisation de ce terme:

    - avant, les aveugles analysaient,
    - aujourd'hui les non-voyants décryptent.

    C'est le progrès... ou un simple ravalement de façade. Pas sûr qu'on y voie plus clair!
    :-))


    Cependant il peut arriver qu'un discours politique contienne un message visible et un autre subliminal (encrypté?). Dans ce cas précis l'idée d'un décryptage est envisageable. Mais cela me semble rare.

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