19/03/2010

Un mort à 460 volts

Je reviens quelques instants sur le "jeu de la mort" diffusé il y a quelques jours sur nos antennes suisse et française de télévision. Je ne sais pas ce que vous en avez retiré, mais en ce qui me concerne, j'en reste encore terrifié. D'abord par le nombre incroyable de candidats qui ont joué le "jeu" jusqu'au bout. Bien calé dans mon fauteuil, je me suis dit qu'il fallait être sacrément pervers pour infliger à son prochain des décharges électriques au fait qu'il ne répondait pas correctement à des questions sur un plateau de télévision. Non ce n'est pas possible, c'est une imposture, c'est une blague. Et puis j'ai été plus terrifié encore lorsque je me suis posé la question : "tu te serais arrêté à quelle décharge ? 20 volts, 120 volts, 460 volts ? Tu aurais tué un joueur pour une question futile ? Ma terreur est venue du fait que j'étais incapable de donner une réponse. Je ne sais pas ce que j'aurais fait à leur place. Alors bravo à tous ceux, quel qu'en fut le moment, qui ont dit "stop". S'opposer à "l'autorité" ne semble pas si aisé que cela.

En fait j'avais déjà vu le sujet il y a de très nombreuses années et j'avais été très impressionné. En remettant une couche, la télévision a sans le savoir, renforcé ma détermination à dire non si une si scandaleuse occasion devait se présenter.

Que dire maintenant de toutes les "autorités" qui imposent à leur concitoyens de commetre toutes sortes de choses, au nom de la raison d'Etat, de la défense du territoire, de l'idéologie, de l'honneur national, du racisme, de l'antisémitisme, de la haine et j'en passe en leur "promettant" le pire s'ils n'obéissent pas. Comment réagir face à ceux qui vous disent "on m'a obligé" ? "Je ne voulais pas, mais on m'a obligé ?"

Décidément l'animal humain est bien complexe et il est souvent très facile de se mettre du bon côté "a posteriori"

J'aimerais être sûr de répondre non si d'aventure on me demandait de pousser le levier des 460 volts au nom d'une autorité quelconque, fut-elle légitime.

15/02/2010

Un coup dans l'aile !

Alinghi a donc perdu. Ils ont bu la coupe jusq'à la lie. Et maintenant ils ont un coup dans l'aile. J'ignore s'ils ont, tout de même, bu du champagne. lls y auraient peut-être découvert où se trouvait la bulle.

Maintenant que les joujoux à 100 millions sont rentrés au port, peut-être pourra-t-on, de nouveau, parler de sport. Pour le plaisir du plus grand nombre et non pour l'ego surdimensionné de quelques-uns.

Les marins n'ont pas besoin d'avocats pour naviguer et ceux-là n'ont pas besoin de marins pour mettre les voiles...

 

06/10/2009

La TG mal prise ?

Il n'y avait aucun doute : l'annonce de l'UDC allait provoquer. Elle a provoqué ! Il n'y avait même pas besoin de la lire : ouvrir le journal suffisait à prendre son haleine fétide en pleine figure. Et au fond - avouons-le - nous aurions tous été surpris que l'UDC exprimât un avis positif. Ce parti ne fait donc que confirmer ce que tout le monde sait déjà : un esprit étroit et des idées qui narguent certaines dispositions du code pénal. Il n'y a donc rien de surprenant dans la propagande électorale de l'UDC. Certaines voix s'élèvent au sein de ce même parti pour (se) demander si par hasard - ou non - "on" ne serait pas allé un peu trop fort et trop loin. Il sera intéressant de voir comment tout cela va finir à l'interne. Tout le monde a droit de se tirer une balle dans le pied. Ca fait généralement mal et ça peut se gangrener. Bref.

La suite a trait à l'attitude de la Tribune de Genève : avait-elle le droit de laisser paraître cette annonce ou devait-elle la refuser ? D'après la multitude de commentaires indignés, la TG devrait - semble-t-il - plaider coupable. Je ne suis pas sûr que le refus de faire paraître un texte soit une si bonne idée que cela.

Le refus de faire paraître porte un nom : la censure. La censure, c'est laisser un individu ou une poignée d'individus décider de ce que vous avez le droit de lire ou de na pas lire, de voir ou de ne pas voir. La censure, c'est l'arbitraire. La censure, c'est vous faire l'injure de vous considérer comme des imbéciles incapables de comprendre. La censure est indigne d'une démocratie. Je ne suis pas en train de défendre la TG et je n'y ai aucun intérêt financier ou autre. Ayant exercé dans la disttibution de la presse, j'ai été confronté de nombreuses fois à des choix tels que celui que la Tribune a dû faire : oui ou non. Le législateur demande de prendre les mesures nécessaires mais se garde bien de définir les limites. Résultat : ou vous violez la loi ou vous censurez. Dans le doute, il me semble que le "viol" de la loi me paraît "préférable". Il y a au moins un aspect positif, c'est que l'UDC ne pourra pas se déclarer victime de la censure. Elle a montré son vrai visage. Tant mieux.

Quant à croire que l'aspect purement financier a fait pencher la balance en faveur de la publication, c'est oublier l'indépendance de la rédaction. D'habitude, c'est l'annonceur qui fait pression sur une rédaction !

Je comprends les réactions outrées de la très grande majorité des lecteurs. Je partage pleinement ce sentiment d'incompréhension. Je rappelle néanmoins que le bulletin de vote est une arme redoutable : personne ne vous oblige à glisser un bulletin UDC dans l'urne. Il y a malheureusement encore trop de gens qui hurlent...mais qui ne votent pas. Mais il n'est pas trop tard pour exprimer vos choix et barrer la route à ceux qui dépassent les limites d'une campagne digne.