10/03/2015

Prémonitoire ou lucide ?...

Relu un peu par hasard un ouvrage intitulé "Pas de quoi jubiler", publié en avril 1991, compilation de dessins de "La Suisse vue par des dessinateurs romands" (Editions AtoZ - 1226 Thônex).

J'en extrais un dessin de Devrient et un autre de Casal que j'apprécie tout particulièrement.desin Casal.JPGdessin Devrient.JPG

10/02/2015

Helvétix résiste encore et toujours...

La Suisse est déjà mal prise après l'acceptation de l'initiative dite de "l'immigration de masse" qui va bien au-delà de simples contingents de travailleurs puisqu'il y a dans la balance bon nombre de sujets qui ont fait l'objet d'accords bilatéraux que la Suisse a signés et qui pourraient tomber du jour au lendemain.

Du strict point de vue du fonctionnement démocratique, il est évident que le peuple suisse s'est prononcé pour une immigration contrôlée, même si la victoire de l'UDC est loin d'être un triomphe. Mais il se trouve que la démocratie se conjugue avec arithmétique...

D'un autre côté, on constate que ce même peuple suisse semble attaché aux accords bilatéraux et qu'il n'envisage pas, dans sa globalité, d'y mettre fin abruptement. L'embarras du Conseil fédéral est patent tout comme l'agacement de ceux qui aimeraient voir les frontières devenir moins perméables !

Il est d'ailleurs assez intéressant de constater avec quelle vigueur la mise en application de l'initiative est réclamée alors que l'initiative Weber est en voie d'être très joyeusement édulcorée sans que l'on y trouve vraiment à redire, sauf peut-être que le clan Weber est un mauvais gagnant...

Mais revenons à notre problème, que dis-je, à notre dilemme. L'application stricte de l'initiative ne peut pas être sans conséquence puisqu'elle est liée au principe de la libre circulation que nous avons accepté et que d'un coup nous voulons dénoncer. Juridiquement la Suisse est en droit de dénoncer un accord...mais doit concéder à l'UE le droit d'appliquer les clauses qui lient les deux parties.

Appliquer l'initiative revient à affirmer que la Suisse est prête à renoncer à tous les accords bilatéraux signés avec l'UE, un peu comme le renard et les raisins de La Fontaine. Mais le plus désolant est d'accuser l'UE de tous maux, de se comporter en ennemi de la Suisse alors que nous ne sommes pas prêts à payer le prix de notre démocratie directe. Nous sommes en train de dire à UE "ferme ta gueule" sans entendre qu'elle nous répond "cause toujours"...

Et les néfastes événements que nous vivons "grâce" à l'affaire HSBC ne sont pas de nature à redorer notre blason. La Suisse va encore passer pour le vilain petit canard et notre crédibilité en prendra un sacré coup.

Il va falloir toute l'habileté de nos diplomates et négociateurs pour nous sortir de cette impasse. Mais sortir d'une impasse, c'est revenir en arrière avec tout cela comporte de nécessaire modestie. La démocratie n'est pas incompatible avec la modestie.

03/02/2015

Se non è vero...

J'apprends - mais je n'ai pas pu vérifier - que les Grecs de l'étranger n'ont pas été autorisés à voter pour les récentes élections générales.

Il semble - mais là aussi il convient de vérifier - que ces mêmes Grecs de l'étranger ont, paraît-il tendance à voter plutôt à droite ce qui n'arrangeait pas, évidemment, M. Tsipras.

Si c'est vrai, l'information vaut son pesant de drachmes.

Ma se non è vero, è bene trovato !

Mesdames et Messieurs les exégètes de la politique grecque, merci de nous éclairer.

06/12/2014

Et vous. Monsieur ?

Monsieur Ramadan,

Vous vous en prenez très vertement, que dis-je rageusement, à M. Hollande. C'est évidemment votre droit. Nous vivons, vous et moi, dans des états démocratiques qui nous garantissent la liberté d'expression.

Et vous, M. Ramadan, avez-vous songé ne serait-ce qu'une seconde, aux gens que vous heurtez par vos propos. Les poubelles de l'histoire ne sont pas réservées qu'aux chefs d'Etat.

05/12/2014

Petit abécédaire. Aujourd'hui u comme utopiste

Il y a ceux de gauche voguant dans les nimbes du tout à l'état. Il y a ceux de droite vissés sur les ailes de la croissance. Tous voient dans les nimbes de la croissance des lendemains qui chantent comme Juan Diego Florez interprétant Bellini. Ils ? Oui ils ! Ceux qui ont définitivement abandonné tout dialogue avec l'autre pour ne se consacrer qu'aux délices de l'utopie. Mais elle les enveloppe, insidieuse, comme une discrète giclée radioactive autour d'une centrale nucléaire. Elle les extirpe - guidée par l'entropie - vers des extérieurs que les astrophysiciens eux-mêmes n'arrivent pas à définir. Mais qu'importe. Demain et ailleurs tout ne sera que nirvana. Il suffit d'en parler pour y être. Regardez-les dans les travées des parlements, ils sont là mais ailleurs, loin, très loin, nombreux.

Mais un beau dimanche. un bulletin de vote plus raturé que d'habitude, par un douloureux effet centripète, les aspire vers le bas et les projette au sol mais à l'extérieur. C'est la veste.

03/12/2014

Banque nationale...

L'initiative sur l'or a été rejetée sèchement par le peuple.

Par un détournement assumé d'une phrase de Jacques Prévert - phrase qui peut oralement servir aux deux parties opposées - le résultat du vote se résume à ceci : "Merde à l'or."

22/11/2014

Juste un (triste) souvenir

Il y a cinquante-et-un ans, soit le 22 novembre 1963, le président John Kennedy était assassiné à Dallas.

L'assassin présumé. Lee Harvey Oswald n'aura jamais la possibilité de répondre de ses actes puisqu'il y été lui-même assassiné par Jack Ruby.

Aujourd'hui encore, ces deux meurtres alimentent la chronique et personne n'est en mesure d'affirmer qu'Oswald était seul responsable de son acte pas plus qu'il n'a été vraiment possible, à ce jour, d'écarter complètement une quelconque conspiration.

John Kennedy, lui qui avait fait naître certains espoirs aux Etats-Unis, était vraiment mort.

31/10/2014

La colère est mauvaise conseillère...

Ainsi donc le ministre israélien des affaires étrangères a cru bon d'affirmer haut et fort à sa collègue suédoise que les relations entre Israël et les Palestiniens sont beaucoup plus compliquées que le montage d'un meuble Ikea.

 Je ne suis pas un spécialiste des affaires du Proche Orient, mais je crois pouvoir affirmer que le ministre israélien n'a probablement jamais été aux prises avec les instructions de montage d'un meuble Ikea... 

Ira furor brevis est !

26/09/2014

Petit abécédaire . Aujourd'hui r comme référendum

Pris dans l'acception du Petit Larousse, un référendum "est une procédure qui permet à tous les citoyens de manifester par un vote l'approbation ou le rejet d'une mesure proposée par les pouvoirs publics."

Et le référendum a plutôt le vent en poupe actuellement, qu'il s'agisse par exemple du vote des Ecossais sur une éventuelle indépendance, du souhait des Catalans d'organiser le même type de vote que les Ecossais ou encore le vote sur la Crimée, quand bien même la mesure n'était pas proposée par les pouvoirs publics.

Quand un référendum relatif à l'éventuelle indépendance d'une région qui était plus ou moins autonome auparavant aboutit à un résultat positif, cela me réjouit et m'inquiète tout à la fois. Je m'explique. Il est toujours souhaitable que les citoyens puissent s'exprimer sur ce qui les concerne et cela en toute liberté. C'est un signe fort d'une démocratie qui fonctionne bien. Et bien sûr on ne peut que se réjouir d'un tel processus quand il respecte le droit interne et le droit international. La force de la démocratie est la fois de permettre aux gens de se déterminer et de leur laisser appliquer leur décision. La création du canton du Jura est à ce titre un bel exemple d'acceptation d'indépendance d'une région qui la souhaitait depuis longtemps !

Mais la crainte qui se cache derrière une multiplication de référendums visant l'indépendance est qu'ils aboutissent à la création de nombreux nouveaux Etats. Et qui dit nouveaux Etat et nouvelles frontières dit aussi nouvelles possibilités de tensions et de conflits.

Il est assez paradoxal que de nouveaux Etats aient accédé à l'indépendance en Europe pour aussitôt demander à intégrer l'Union européenne. Il est vrai qu'en Suisse, l'UE n'a pas bonne presse ni bonne opinion publique...ce qui est également paradoxal quand on considère sa propre organisation politique !

Mais la politique n'est-elle pas (aussi) l'art du paradoxe ?

20/09/2014

Etat, vraiment ?

Je suis toujours étonné de voir avec quelle ignorance coupable la plupart des journalistes nomment les choses. Comme si reprendre - sans les vérifier - les termes de leurs collègues étaient un gage d'exactitude. Il n'en est évidemment rien. Mais tels des moutons, de trop nombreux journalistes, prétextant sans doute un monde qui va trop vite pour eux, se jettent sur des mots ou des expressions sans en saisir le sens véritable. Mais qu'importe puisque tout le monde "dit comme ça."

On pourrait sourire évidemment d'une telle absence de professionnalisme lorsque les conséquences ne sont pas dramatiques. La confusion des points et des pourcents en est une bonne illustration. Le sourire devient nettement plus jaune quand les pseudo-scribouillards parlent depuis quelque temps de "l'Etat islamique". Quel abus de langage. D'abord parce qu'il pourrait laisser penser qu'il possède une légitimité puisque que précisément il est un Etat. Redoutable méprise. Et à force de répéter "Etat islamique", le lecteur va finir par imaginer que c'est vrai !

Si mes souvenirs sont exacts, un Etat est caractérisé par trois éléments fondamentaux : un peuple, un territoire et une puissance publique originaire. Et dans le cas qui nous intéresse, je ne vois pas bien qui est le peuple, où se situe précisément le territoire. Quant à la puissance publique...

Bref, il est parfaitement regrettable que les personnes qui sont en charge d'informer leurs concitoyens aient aussi peu de respect de la langue, de leurs lecteurs et finalement d'eux-mêmes. Le journalisme est un métier, pas une occupation.