26/04/2009

Exhumation

En cherchant un ouvrage dans ma bibliothèque, je tombe sur un ouvrage que je ne croyais même pas posséder : "A contre-courant" journal d'un écrivain non engagé, signé Henri Schubiger.(Editions Perret-Gentil) et dédicacé à mon intention.

Cet homme, j'ai eu le plaisir de le connaître lorsque mon camarade d'études - Michel Bättig - me proposa, avec l'accord de Georges Gros, des piges pour le Courrier de Genève. Je devins donc pigiste et je le restai pendant quelques années, le temps de terminer mes études. Je me souviens bien de la physionomie de M. Schubiger. Je me le rappelle comme d'une personne très discrète et d'une grande culture. Et la relecture de son journal allant de 1962 a 1964 fait apparaître très nettement le caractère tourmenté de ce réformé converti au catholicisme. Une figure revient très souvent dans ses propos : celle de Léon Bloy à laquelle Schubiger semblait porter une admiration sans limite. Ses coups de gueule à propos du journalisme sportif ont dû en froisser plus d'un ! Tout comme son incompréhension face aux dépenses engagées pour la conquête de l'espace, alors réservé aux Etats-Unis et à l'URSS. J'ai aimé cotoyer cet homme même si je n'ai pas été un proche. Je me rappelle enfin sa silouhette un peu voûtée et lente, comme si cette lenteur permettait à cet intellectuel de mieux cerner le monde dans lequel il vivait.

L'entrée au Courrier a aussi été pour moi les premiers pas dans le journalisme même si je n'ai pas perséveré dans cette voie pour des raisons personnelles. Je me souviens m'être fait engueulé par Georges Gros pour avoir oublié de mentionner - pour moi un détail ! - la fermeture de l'aéroport entre 22h. et 6h du matin. Mais le même G. Gros m'a aussi confié le suivi - aux Assises - du procès des protagonistes du "Gang à l'Ambulance", à moi qui n'avais jamais mis les pieds dans un prétoire. Quel décorum, quelle solennité. Lorsqu'a rententi le traditionnel "Messieurs la Cour", je me suis demandé si j'étais dans un livre ou si la réalité me frappait en pleine figure.

Et puisque je parle de journalisme, on me permettra de faire allusion à Jean-Claude Nicole et son journal La Suisse. Curieux personnage que l'éditeur de la Suisse. N'aimant pas toujours la contradiction, j'ai parfois le sentiment qu'il était entouré de courtisans plutôt que de conseillers. Jamais en panne de projets, ceux qu'il a essayé de monter ont souvent connu l'échec. En avance sur son temps ? Peut-être ! Ses ennemis ne se sont pas privés de lui mettre des peaux de banane ; Il a fini par mettre les pieds dessus, contre son gré sans doute !
Il n'empêche. J'ai revu J.-C. Nicole après la disparition de La Suisse alors qu'il occupait un poste de réviseur - je crois - dans une administration. C'est lui qui s'est approché de moi pour me saluer. Ca, c'est Jean-Claude Nicole : il pouvait être humble - il m'en a administré la preuve par son salut - et proche de la mégalomanie. Dans le milieu de la presse, il n'a laissé personne indifférent !

04/04/2009

G honte

La grande réunion des puissants est terminée. On ne sait pas trop ce qu'il adviendra de la nouvelle gouvernance du monde, mais on retiendra quand même que Mme Obama s'est permise - oh, crime de lèse-majesté - de toucher sa gracieuse majesté, que Nicolas Sarkozy continue de croire que la France est encore une grande puissance, que la Suisse est un immense coffre-fort où seuls les scélérats n'ont pas besoin de présenter leur passeport, que les Etats-Unis n'ont plus que 49 Etats depuis qu'ils ont oublié le Delaware, que les Iles anglo-normandes sont blanches comme neige et qu'on y skie toute l'année.

Maintenant ce sont les "experts" qui nous chantent leurs couplets et qui nous prédisent l'enfer ou le paradis, mais aussi un purgatoire assez long. Tout cela, ce sont les prévisions. Mais dans les faits que voit-on ? Des sommes faramineuses pour relancer l'économie, ou plutôt la consommation : consommez citoyens, consommez, il n'en restera probablement rien. Mais l'économie continuera à compter ses succès à l'aune des bénéfices réalisés, il n'y aura plus de parachutes dorés, des millions d'enfants continueront de mourir de faim (demander à J. Ziegler, il est bien plus compétent que moi sur le sujet), la forêt amazonienne ne sera plus qu'un souvenir. Je ne continue pas, c'est trop désolant. Et pourtant le génie humain à toutes les compétences pour éviter cela. Il ne lui faudrait qu'un tout petit plus le sens du partage, parfois d'un peu plus d'humilité et la volonté de s'entendre. L'enfer, c'est les autres, disait Sartre. Une "prophétie" ?

25/03/2009

P.C. et les médecins

Pascal Couchepin a donc eu la très mauvaise idée de vouloir réduire le prix des prestations des laboratoires d'analyses médicales. Compte tenu de la situation dans le domaine de la santé, on ne peut que s'en féliciter ! Et voilà que les généralistes décident à Genève et dans le canton de Vaud de se mettre en grève pour protester : comment P.C. ose-t-il s'en prendre aux labos des médecins. Tout cela au détriment des patients ; d'ailleurs les médecins étrangers envient ce système, dites-vous.

Cette manière de se plaindre est habile : elle permet aux médecins de mettre leurs patients dans leur poche qui sont toujours plus prompts à se ranger du côté du corps médical plutôt que de celui de l'administration. Mais comme tout cela coûte très cher, on s'attaque aux caisses-maladies qui sont évidemment à l'origine de tout cela !

Non, Mesdames et Messieurs les médecins, votre grève est quelque peu inconvenante. N'essayez pas de vous faire passer pour des victimes que vous n'êtes pas. Que vous défendiez les avantages - pour ne pas dire les privilèges - de votre art, personne ne s'en étonnera. Que le "Tarmed" soit une sottise, on vous l'accorde encore (quoique la FMH en ait été la négociatrice, sauf erreur). Mais de grâce, gardez votre dignité en renonçant à la grève. Le moment est pour le moins mal choisi ; des milliers de personnes perdent leur emploi, beaucoup d'autres en cherchent un et vous, vous vous crispez sur le prix des analyses. C'est vraiment trop.

En choisissant de "faire médecine", vous saviez que vous alliez être au service des autres, que c'est en quelque sorte une vocation, que c'est une occupation exigeante et que les mots "humilité et désintéressement" devraient figurer sur votre porte.

Je vous en conjure, s'il vous reste une once d'honnêteté intellectuelle, portez votre débat sur le terrain de la médecine - votre art - et non sur celui de la (basse ?) finance. Bien sûr, vous dire qu'il y a d'innombrables personnes plus malheureuses que vous ne vous console pas. Ce n'est pas pace que vous n'auriez plus de laboratoire dans votre cabinet que vous seriez, du coup, de mauvais médecins.

P.S : j'avais publié cette note le 1er mars déjà. Les médecins ont fait grève. Et alors ?

P.S.: hier soir au téléjournal, la représentante des médecins parlait des charges du cabinet, de l'AVS, du 2ème pilier, etc. Mais , chère Madame, tous les indépendants sont à la même enseigne. Mauvais argument !

24/03/2009

Procédures...

J'apprends que le Credit Suisse voit les procédures engagées contre lui augmenter comme pollen au printemps. La misérable déconfiture de Lehman Brothers lui vaut des plaintes de tous côtés. Additionnées, elles représentent 32 millions de CHF.

J'apprends aussi que les pertes au quatrième trimestre du même Credit Suisse se sont élevées à 6 milliards de francs. Sans compter les trois autres !

Il suffit de mettre en relation d'un côté les 32 millions et de l'autres les quelques milliards pour arriver à la conclusion que la direction du CS ferait mieux de "passer à la caisse" : de nombreuses précédures contre quelques peanuts. A leur place je ne m'embarrasserais pas d'une armée d'avocats.

Et dire que lorsqu'on cherche 32 millions pour de l'aide d'urgence, la communauté internationale rechigne à en fournir la moitié ! Je vais encore me "faire ramasser" avec ce genre de propos. Comparaison n'est pas raison, bien sûr. Mais comparaison est, parfois, honte !

O tempora, o mores !

14/03/2009

Pascal le Grand

Si j'en crois la Tribune de Genève de ce jour - et j'ai envie de la croire - Pascal Décaillet n'aurait guère (c'est un euphémisme) apprécié d'être brocardé dans le revue des élus.

Il semblerait que seuls les journalistes aient le droit et le devoir de dénoncer ce qui va bien ou mal dans la république. Le sieur Décaillet ne s'en prive pas. Toujours d'ailleurs dans un bel emballage : langue élégante, vocabulaire recherché, style très académique. Peut-être aussi un tantinet prétentieux par la manière subtile dont il fait étalage de ses connaissances.

Et puisqu'il convient de faire étalage de ses connaissances, permettez-moi de faire prononcer à Pascal Décaillet le mot de Cyrano (de Bergerac, donc) à propos des "folles plaisanteries" du vicomte : " Je me les sers moi-même, avec assez de verve, mais je ne permets pas qu'un autre me les serve." C’est ce qu’il a dû penser en entendant ou lisant le texte de la revue susmentionnée.

M. Décaillet possède un très riche vocabulaire et il en fait état dans chacun de ses papiers. Il lui manque cependant trois mots qu’il lui siérait d’intégrer dans ses chroniques : humour, modestie et dérision.

Je fais un pas de plus pour terminer. M. Décaillet me fait - parfois - penser à Talleyrand dont son illustre empereur aurait dit de lui : « c’est de la merde dans un bas de soie ». Là s’arrête toute comparaison. M. Décaillet n’est pas un bas de soie. Ce n’est pas de la mer.. non plus.

 

14/02/2009

Cher Roumain, Cher Bulgare

Depuis mon petit mot d'avant le vote décisif des Helvètes à vous permetttre de venir en Suisse, le peuple a tranché : c'est oui. Vous ne pouvez pas savoir à quel point ce résultat me réjouit quand bien même l'UDC parle de victoire en ce qui la concerne. Quant au mouvement citoyen genevois, le parti du mécontentement et des mécontents, il faudra qu'il révise ses notions de géographie puisqu'il vous a pris pour des frontaliers.

Cela dit, si et quand vous viendrez chez nous, méfiez-vous des contrats qu'on vous proposera. Même si la plupart seront honnêtes, quelques-uns seront pourris. Si vous n'êtes pas sûrs de vos droits - parce que vous en avez ! - adressez-vous aux autorités ou aux syndicats afin de ne pas vous faire "arnaquer". Ce serait navrant que vous repartiez chez vous avec le sentiment, sinon la certitude, que les Suisses veulent vous tondre la laine sur le dos.

Et si vous voulez faire plaisir à tout le monde, je vous suggère d'apprendre une de nos langues : d'abord cela facilitera vos relations avec votre environnement social et vous permettra de nouer des contact amicaux avec les gens du cru. Je suis convaincu que beaucoup de nos compatriotes sont curieux de savoir comment on vit chez vous. Vous leur donnerez - peut-être - l'envie d'aller voir eux-mêmes.

Mais en tout état de cause, je ne me fais pas trop d'illusions : ceux qui devraient sortir un peu de chez eux préféreront accuser les étrangers de "venir manger le pain des Suisses". Alors ne vous attendez pas forcément à être accueillis à bras ouverts. Quatre Suisses sur dix estiment que les étrangers sont mieux chez eux que chez nous ; ce qu'au vu de leur mentalité étroite et xénophobe, je comprends fort bien.

Voilà, Cher Roumain, Cher Bulgare, ce que j'avais envie de vous dire aujourd'hui. C'est à force de réaliser des expériences qu'on finira bien par la construire cette Europe des personnes. Je n'ai jamais été un admirateur béat des américains, mais je dois humblement reconnaître qu'ils ont une faculté assez extraordinaire à créer un esprit américain, alors que l'esprit européen peine encore à faire son chemin. Courage !

06/02/2009

Et la volonté populaire, bord.. ?

Ca y est ! Genève montre à nouveau son incapacité quasi pathologique à prendre des décisions cohérentes, acceptables et acceptées finalement par tous !

Les cafetiers ne veulent pas d'une loi qui les gêne alors même qu'elle a été "adoucie" par le parlement. Cela ne suffit pas ! Que 80 % du peuple qui a voté pour l'abolition de la fumée dans les lieux publics soient ainsi ignorés montre à quel point le système est grippé. Le peuple pense santé, les cafetiers pensent chiffre d'affaires. C'est ce qu'on appelle la démocratie participative ?

Cela dit on évitera de relever les gesticulations de l'UDC et du MCG qui espèrent secrètement profiter de ce remue-démocratie pour grapiller quelques voix. Il n'y a pas de petit profit !

O tempora, o mores !

02/12/2008

casques à boulons

Un casque à boulons au Conseil fédéral ?

Lors d'une brève interview après les votations de dimanche dernier, Oscar Freysinger soi-même, parlant des Alémaniques, les a traités de casques à boulons. Délicieuse façon de traiter ses concitoyens, donc ses coreligionnaires du même coup.

Ainsi donc le "ticket" UDC est composé de deux casques à boulons : l'un a été, à juste titre, éjecté du Conseil fédéral pour mauvaise conduite et l'autre qui s'apprête - hélas - à y entrer n'a pas hésité à comparer Samuel S., le demi Conseiller fédéral à un appendice sans lequel on peut vivre quand même.

Merci Messieurs de l'UDC d'enrichir notre vocabulaire.

Personnellement, et comme vous l'aurez compris, je suis plutôt du côté des rebelles : les deux casques à boulons d'Oscar le Habsbourg n'ont rien à faire à Berne.

28/11/2008

Le psychodrame continue

Le cadavre politique de Samuel S. n'est pas encore froid que déjà la guerre de succession est ouverte. Il y a ceux qui disent que B. est grillé et que M. est son clone ou clown (à choix). B. sait bien qu'il n'a aucune chance (ou alors les parlementaires sont encore plus incompétents que je ne le pensais) mais puisque les partis demandent au moins deux noms, il faut bien leur donner le choix : B. ou M., M. ou B.

Cela précisé, j'aimerais bien que les partis m'expliquent à quoi va servir le parlement. Va-t-il gober le "choix" qu'on lui propose (impose ?) ou bien va-t-il élire un ultra ou un demi conseiller fédéral ? A moins qu'il n'élise un traître vert ou catholique.

Ce qui m'amuse, si j'ose dire, c'est que l'on nous assène à longueur de débats politiques le mot de concordance. Sûrement pas au sein du collège gouvernemental.

Mais au fond, pourquoi ne pas élire deux demi-conseillers. On pourrait cloner Samuel S. et repartir pour un tour...

Il reste un problème à régler : qui va-t-on nommer à la tête de notre armée ? Un demi commandant de corps ? Mais peut-être finira-t-on par en trouver un de très entier.

Les répétitions sont en cours ; la première de ce spectacle qui me paraît d'ores et déjà minable est fixée au 10 décembre.

Un citoyen me disait récemment "ils font de toutes façons ce qu'ils veulent". Je pense qu'ils font ce qu'ils peuvent, en l'occurrence pas grand chose.

23/11/2008

OBAMA ET L'ASTROLOGIE !

Il y a 3 ou 4 semaines, je lisais une note relative au thème astral du président élu des Etats-Unis. L'auteur lui prédisait un avenir plutôt sombre dans la course à la Maison blanche. Ainsi donc même les astrologues se trompent. Ce qui, d'une certaine manière, est plutôt rassurant. Inutile de vous dire que je n'appartient pas à cette chapelle, à cette religion serais-je même tenté de dire. On a beau essayer d'expliquer aux astrologues que leurs calculs ne peuvent pas être justes parce que leur base de calcul n'est plus d'actualité : ils s'entêtent.

Alors plutôt que de vouloir prouver que le zodiaque n'est pas divisé en 12 signes d'égale durée - ce qui, du point de vue astronomique est une aberration - je vais me contenter de donner ci-après les 13 signes (et non douze) et leur durée respective. Après cela vous pourrez vous amuser à savoir de quel signe vous êtes réellement. Oui, j'ai bien dit 13 signes, car le Soleil, le nôtre, traverse 13 constellations au cours de l'année.

Une fois encore, je ne cherche pas à convaincre qui que ce soit, mais simplement à informer !

Alors pour tous eux qui sont davantage astronomes qu'astrologues, prenez note de votre nouveau signe.

Si vous êtes nés entre...
le 18 décembre et le 18 janvier.............vous êtes Sagittaire (32 jours)
le 19 janvier et le 16 février.................. vous êtes Capricorne (29 jours)
le 17 février et le 11 mars......................vous êtes Verseau (23 jours)
le 12 mars et le 18 avril..........................vous êtes Poissons (38 jours)
le19 avril et 13 mai................................ vous êtes Bélier (25 jours)
le 14 mai et le 20 juin.............................vous êtes Taureau (38 jours)
le 21 juin et le 19 juillet...........................vous êtes Gémeaux (29 jours)
le 20 juillet et le 9 août............................vous êtes Cancer (21 jours)
le 10 août et le 15 septembre..................vous êtes Lion (37 jours)
le 16 septembre et le 30 octobre.............vous êtes Vierge (45 jours)
le 31 octobre et le 22 novembre..............vous êtes Balance (23 jours)
le 23 novembre et le 29 novembre..........vous êtes Scorpion (7 jours)
le 30 novembre et le 17 décembre..........vous êtes Ophiucus (18 jours)
Encore un mot : le Soleil ne "traverse" pas 12 mais 13 constellations, Ophiucus étant la treizième.