21/08/2014

21 août 1968...

Il y a 46 ans aujourd'hui que les troupes du Pacte de Varsovie envahissaient la Tchécoslovaquie. Cet événement faisait suite aux réformes engagées par Alexandre Dubcek qui s'éloignait dangereusement - selon Moscou - de la ligne imposée à tous les satellites de l'URSS.

Le printemps de Prague, commencé dans l'euphorie, était stoppé net.

Quelques mois plus tard, le 19 janvier 1969, un jeune étudiant, s'immole par le feu sur la place Wenceslas à Prague. Il s'appelait Jan Palach et il n'avait pas encore 21 ans.

Deux autres jeunes hommes suivirent son geste et à leur tour disparurent en février et en avril. Ils avaient pour noms Jan Zajic et Evzen Plocek.

Ce fut ensuite une longue période dite de "normalisation" qui obligea la Tchécoslovaquie à rentrer dans le rang surveillée par une équipe de séides fidèles aux ordres des caciques du Kremlin.

 

 

12/06/2014

L'encaveur encavé

Aucun commentaire particulier au sujet de cette triste affaire dont le Valais se serait bien passé.

Comme quoi personne n'est à l'abri d'un coup de moût...

25/02/2014

Peuple souverain ?

Depuis le vote du 9 février, on entend du côté des vainqueurs surtout que le résultat démontre toute l'intelligence politique du peuple tout comme il offre au monde la vision paradisiaque de la démocratie dite directe.

Ainsi donc le Conseil fédéral est-il chargé d'élaborer une loi d'application qui tiendra compte de la sanction populaire. On ne sait pas encore vraiment comment, mais enfin on verra bien...

Il n'y a pas si longtemps, le peuple suisse s'est prononcé, dans des proportions à peu près identiques, sur les résidences secondaires. Là aussi, triomphe de la démocratie directe. Sauf que les Valaisans - pas tous -, mauvais joueurs, se répandaient en propos quas injurieux suite à la décision souveraine du peuple.

Mais pour ce qui est de l'application, j'ai bien peur que l'on s'assoie allègrement sur le peuple souverain par une interprétation quasi scélérate de la décision populaire. Et curieusement, je n'ai pas entendu les partisans de l'initiative sur l'immigration dite massive (Je ne sais toujours pas à partir de combien de personnes on doit parler d'immigration massive) crier au scandale du non respect de la volonté populaire.

Il serait opportun, lorsque que l'on s'époumone à qualifier notre démocratie dite directe de géniale et unique au monde, d'en être aussi le gardien et de dénoncer les entorses à son fonctionnement, même quand on est Valaisan.

31/01/2014

Petit abécédaire. Aujourd'hui F comme futurologie

Je cherchais une définition à la lettre f et au hasard de mes pérégrinations dans les méandres du Petit Larousse, je tombe sur "futurologie" et je me dis que ce mot est aussi intéressant que l'adjectif "fracassant" qui pourrait être accolé aux substantifs victoire ou défaite - tout dépend du côté où l'on sera - le 9 février prochain.

Mais avant de savoir qui sera fracassé et comme personne n'est en mesure de nous prédire le résultat - pas même les astrologues, c'est dire ! - il faut bien s'essayer à autre chose. En politique, il paraît - comme l'a écrit une fois dans son blog P.Décaillet - que son vocabulaire s'apparente à celui de l'art de la guerre : il y a des campagnes, des attaques, des fronts, des victoires et des défaites. Mais en politique aussi, comme pour la guerre, il arrive un moment où il faut signer un armistice, s'entendre sur un traité de paix.

Mais en ce moment et pour le 9 février, on en n'est ni à l'armistice ni au traité de paix. Ca tire à boulets rouges de tous les côtés, tout le monde accusant ceux d'en face d'être des ignares, des traitres, des vendus. Et quand on ne trouve plus de mots précis, ce sont alors tous des cons...

Ainsi donc, et j'en viens à mon f comme futurologie, la Suisse, lors de ces périodes, devient un laboratoire de futurologues, à savoir ceux qui savent forcément ce qui va se produire si par malheur vous ne votiez pas comme eux. On se croirait dans la foret des Carnutes, chaque druide helvète cherchant à épater l'autre.

Mais comme disent les scientifiques et selon le principe de précaution, gardons-nous des effets de la potion magique helvétique. Ses effets ne sont que momentanés. Faudra bien retourner dans la foret des Carnutes pour trouver de nouvelles techniques. Et là-bas, tous les druides ne sont pas helvétiques.

 

 

22/01/2014

Petit abécédaire. Aujourd'hui D comme Davos

L'ouverture à Montreux de l'improbable conférence sur un cessez-le-feu plus ou moins immédiat des hostilités et avec le secret espoir, d'un côté, de se débarrasser de Assad, et de l'autre de tordre le cou à tous les terroristes qui veulent s'emparer du pouvoir à Damas, l'ouverture donc de cette conférence a passablement éclipsé l'ouverture du WEF, autrement dit le Forum économique de Davos.

Le président iranien, qui n'a pas été  invité à Montreux (Tout fout le camp, y compris la diplomatie !), a finalement décidé qu'il irait quand même en Suisse et a fait réserver une chambre ou une suite dans un palace davosien. Et notre brave Darius Rochebin - qui veut toujours qu'on le pardonne - s'est empressé d'aller à la rencontre de l'illustre président à la barbe remarquablement entretenue. On serait presque tenté de prendre les déclarations de Hassan Rohani pour argent comptant. Son côté posé et reposé, sa civilité, son calme face aux (im)pertinentes questions de Darius force le respect. Pour Hassan Rohani, la réouverture d'une ambassade américaine à Téhéran est du domaine du possible. Et d'ailleurs, il aime bien dire et répéter que tout était possible. Finalement je me demande si je ne l'aime pas un peu davantage que le précédent président. Mais en Iran, comment dire, il faut se méfier des édiles qui ont un discours modéré. Il n'est pas rare qu'ils finissent par avoir des ennuis avec le guide suprême Ali Khamenei. Je ne connais pas parfaitement l'organisation politique de l'Iran, mais ce guide suprême, comme son nom l'indique, est une espèce de représentant d'Allah ou du prophète et qu'il n'est guère sensé de contester ses avis éclairés. Alors évidemment, quand votre patron c'est le prophète, ça oblige la démocratie à un peu plus de modération : vous avez pas mal de droits et notamment celui d'être d'accord avec lui.

Ok - oui la transition est osée - mais le WEF ne se résume pas aux déclarations d'un président. Ils sont nombreux ceux qui se pressent aux portillons économiques. Tous ont leurs solutions aux problèmes du monde. Ils ont d'ailleurs tellement de solutions qu'ils en oublient les problèmes. Et c'est là qu'interviennent les économistes de tous poils venant au secours des politiques en déclarant doctement : avez-vous des solutions ou faites-vous partie du problème ? Et puis il y aura aussi d'innombrables discussions entre gens de bonne compagnie et de bons comptes en banque - ce n'est pas le tout d'avoir des choses à dire, encore faut-il avoir les moyens d'aller les dire - qui ne déboucheront que sur quelque déclaration fumeuse sans véritable portée.

Mais le pire - si, si - c'est le comportement des habitants du lieu. M. Klaus Schwab l'a dit et répété. Les Davosiens à qui le WEF fait une pub d'enfer - c'est le cas de le dire - doivent cesser de se plaindre, sinon on va dé-lo-ca-li-ser. Franchement se plaindre juste pour des policiers dans tous les coins, des interdictions en tous genres, les tiers-mondistes qui ne peuvent même pas venir manifester, le prix des chambres à faire exploser vos calculettes, des hélicoptères qui fait voltiger la neige, est un manque de goût qui frise l'indécence.

Moi, à la place de M. Schwab, je n'hésiterai pas à me mettre en relation avec V. Poutine. Au cas ou le déménagement se révélerait indispensable, il serait sans doute possible d'envisager le WEF à Sotchi. Dès après les jeux il y aura de la place. Et avec les infrastructures mises en place, ça ne devrait pas trop ternir l'image du WEF.

Quant à Davos elle redeviendrait ce qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être : une belle station de ski.

01/12/2013

Des immigrants pour nos retraites

Ainsi donc nous allons retourner aux urnes pour savoir si nous devons limiter ou non "l'afflux massif" d'étrangers selon l'idéologie de certains partis suisses qui souhaitent se protéger des étrangers comme on se protège du sida en mettant des préservatifs.  

Si le port de préservatifs est une évidence pour éviter la contamination par le VIH, il n'est de loin pas certain que la fermeture des frontières soit la solution aux problèmes que rencontrent notre pays, et en premier lieu le chômage. Et faire travailler encore plus de Suissesses pour stopper l'arrivée de migrants paraît à première vue une solution peu contestable parce qu'elle met le pays à l'abri d'une immigration non contrôlée.

Il est une question que les initiants n'ont pas vu ou pas voulu voir en lançant leur initiative. Le taux de renouvellement de la population est dans notre pays beaucoup trop bas pour assurer à terme des retraites raisonnables pour tous. En un mot comme en cent, les femmes suisses (et les hommes !) ne font pas assez d'enfants , ce qui pourrait bien mettre nos institutions sociales en danger à terme.

Il est incontestable que les immigrants font davantage d'enfants et qu'il s'agit là d'un critère à ne pas négliger si l'on ne veut pas que nos retraites et autres assurances sociales ne rétrécissent comme peau de chagrin.

M. Berset peut proposer n'importe quelle solution pour assurer aux Suisses des retraites qui ne devraient en aucun cas diminuer. Mais quelle que soit la solution choisie, il ne saurait être question de faire l'économie du réflexion approfondie de la natalité et de son taux qui a une tendance fâcheuse à baisser, signe évident que le financement de nos retraites est loin d'être assuré.

18/09/2013

Pourquoi il faut croire à l'Europe

Au hasard de la lecture d'une revue dans un cabinet médical, je tombe sur un éditorial intitulé "Pourquoi il faut croire à l'Europe". D'entrée je me dis qu'il faut une sacrée dose d'optimisme pour oser écrire une plaidoirie pour l'Europe !

L'éditorial en question est signé Eric Meyer, rédacteur en chef de Géo (France). Chaud partisan de la libre circulation des personnes - sans pour autant tomber dans l'angélisme - E. Meyer affirme :"La notion de frontière n'est pas seulement affaire de géographie, mais aussi de psychologie. Les barrières ont beau avoir disparu des routes, elles demeurent dans les esprits, et ce faisant, dans les comportements, les lois, les normes. Le mythe d'une "Europe sans frontières" a fait long feu. Et ce serait même une bonne chose ainsi, disent les voix qui s'élèvent pour dénoncer cet "espace de libre circulation" qui ferait disparaître les identités, cette Europe symbole avancé d'un espace mondialisé, ouvert à tous les vents.(...)""après tout, comme l'explique Régis Debray dans "Eloge des frontières" (Gallimard 2010), l'existence d'une limite est une marque de reconnaissance de l'autre."

Et Eric Meyer de poursuivre : "Mais là réside le danger. Nous traversons une époque où le mot Europe désole et agace (...)". Toujours selon l'auteur l'Europe serait une marque d'espoir pour 38 % des Français en février 2013 alors qu'ils étaient encore 61 % à y croire en 2003. "Quant à la libre circulation, il ne se passe pas un mois sans qu'un homme politique évoquant "les dangers aux frontières", la "porosité" de l'espace européen, y aille de sa diatribe contre "l'esprit de Schengen".

Eric Meyer, après avoir encore rappelé que depuis 1991, 28500 km de frontières nouvelles ont été tracées dans le monde et que de nouveaux murs ont été érigés, est cependant convaincu qu'il fut croire à l'esprit européen, à l'esprit de Schengen. Il termine ainsi son éditorial :"A Neuf-Brisach, pas loin du Rhin, là où chacun va et vient aujourd'hui comme il le veut, se dresse un fort Vauban. Très joli, classé au patrimoine mondial de l'Unesco, mais qui rappelle aussi que sous les rides de la vieille Europe, les barbelés, les tranchées, les barrières et les tourelles ont existé. Et que la conquête de la liberté de circulation a été payée au prix fort."

Il est clair qu'en Suisse et à Genève en particulier le plaidoyer de ce journaliste passe mal. Il suffit de voir les gesticulations de tous ceux qui sont opposés aux frontaliers, aux Rroms, entre autres, dans notre petit canton, pour mesurer le fossé qui nous sépare encore de l'Europe. A court terme, cette opposition massive et sans nuances peut faire illusion, parce que nous restons dans le domaine de l'émotionnel et que c'est bien pratique d'affirmer que les raisins d'à côté sont trop verts ! Il y a des partis qui ont fait du rejet de l'autre leur plateforme électorale et ne se gênent pas de faire des frontaliers, de Schengen, de l'Europe les sources de tous nos maux. Il est en effet plus facile de s'en prendre aux autres que de chercher les erreurs dans son propre camp lorsque cela se révèle nécessaire.

On pense ce que l'on veut de l'Europe, mais elle existe depuis 1957. On pense ce que l'on veut du traité de l'espace Schengen, mais il existe. On pense ce que l'on veut de la monnaie unique, mais elle existe.

Certes l'Europe est loin d'être parfaite mais rien n'est immuable. Elle peut changer et même pour ses pires ennemis, elle est amendable. Mais il faut y croire et vouloir participer. N'y a -t-il pas un peu d'arrogance à dire à l'Europe :"Si et quand cela ira mieux avec votre machin, faites-le nous savoir, on pourra toujours en rediscuter...

Mais hélas les frontières ont la vie dure ! Il est vrai que lorsque l'on voit la difficulté qu'il y a à opérer des fusions de communes pour des raisons généralement égoïstes, on ne peut s'empêcher d'imaginer que le Grand Genève n'est pas encore pour demain. Peut-être même pas encore pour après-demain. Ce qui n'empêche nullement d'y travailler avec acharnement, de tous côtés. Avoir un horizon plus large ne pourra qu'être bénéfique à tous.

Voilà pourquoi il faut croire à l'Europe. J'y crois. Sans naïveté mais avec ferveur.

 

 

01/09/2013

Visionnaire, je vous dis...

Pascal Décaillet parlait récemment dans un de ses billets de "révolution conservatrice" et de sa possible, voire probable émergence après les élections genevoises du mois d'octobre. On partage ou non l'analyse de Pascal Décaillet, mais là n'est pas l'essentiel.

En feuilletant puis en lisant attentivement l'opus "tous ménages" du MCG, qui déverse, une fois de plus son fiel sur la République, je me dis que la révolution conservatrice a de très beaux jours devant elle ! Bien sût il appartiendra aux citoyens de se déterminer et de suivre le Prince du MCG, souvent machiavélique, le génie en moins.

Inutile de dire qu'aucun candidat du MCG ne figurera sur mon bulletin pour le Grand Conseil pas plus d'ailleurs que pour le Conseil d'Etat. Ce qui est loin de signifier que je voterai compact pour l'un des autres partis.

Inutile aussi d'essayer de trouver des arguments probants pour contrer le discours du MCG. : il ne se place pas sur le terrain des arguments, mais sur celui de l'émotion et de la croyance. "Avec nous, tout ira mieux" nous dit le MCG. Plus de problèmes de circulation à Genève, des caisses-maladie pratiquement gratuites, des Conseillers d'Etat et des députés la hauteur (de quoi au juste ?), plus de frontaliers, sécurité publique garantie, plus de Roms, plus de dealers (venus en bus), Genève aux Genevois quoi !

Nonante-neuf candidats pour le Grand Conseil. Je me demande qui sera le malheureux centième élu.

Et avec leurs cousins de l'UDC, on n'est pas sortis de l'auberge. En réalité on ferait mieux de ne pas y entrer.

 

 

31/08/2013

Chèvre-émissaire...

Il ne fait pas toujours bon être Conseiller fédéral ! Et ce n'est pas Mme Evelin Widmer-Schlumpf qui me démentira aujourd'hui. De tous côtés, ou presque on l'accuse d'avoir vendu la Suisse aux Etats-Unis parce que l'accord "négocié" avec Washington est très nettement à l'avantage des Etats-Unis. Un contrat léonin, diront certains : tout pour l'un, rien pour l'autre !

Il n'est pas inutile de rappeler que si la situation est à ce point désespérée pour la Suisse, l'erreur - que dis-je, la faute - en revient d'abord à certaines banques suisses qui ont cru avec l'arrogance qu'on leur connaît qu'on pouvait - sous couvert de secret bancaire - s'asseoir sur les lois, surtout celles d'autres pays.

Mais les pires délits ont une fin. Les banques coupables sont démasquées et il faudrait que le Conseil fédéral volent (le terme n'est peut-être pas bien choisi !) à leur secours. Franchement, est-il vraiment des compétences du Conseil fédéral de couvrir ce que le droit international reprouve. Bien sûr, on peut se draper du mythe des Habsbourg en hurlant à tout va que l'étranger n'a rien à imposer chez nous, que nous sommes souverains et que nous n'avons de leçons à recevoir de personne. Bien sûr, bien sûr ! Mais ce ne sont pas des leçons que nous recevons, mais des baffes. Et elles font d'autant plus mal qu'elles sont méritées.

Comment un petit pays comme la Suisse - certes indépendant, comme n'importe quel autre - a-t-il pu croire qu'il pourrait défier les grands, surtout à une époque où l'argent est rare. Comment a-t-il pu imaginer que le secret bancaire n'était "pas négociable". Comment peut-il imaginer que l'Europe va lui faire des courbettes et accepter ses desiderata pour des ordres. Comment rester "scotchés" sur des valeurs d'un temps révolu en accusant les autres de ne rien comprendre à notre pays. Il y aurait encore mille comment à se poser. Mais il semble qu'en Suisse, la "révolution conservatrice" comme l'a joliment décrite Pascal Décaillet dans l'un des ses billets, soit en marche ! En marche vers quoi, vers quelle destination ? Le repli sur soi et le dénigrement des autres sauf quand cela sert ses intérêts.

Aura-t-on une fois le courage dans ce pays d'affronter les vrais problèmes, de les discuter ouvertement, sans tabous et avec détermination plutôt que de chercher des faux-fuyants et des boucs-émissaires qui sont des proies faciles. Continuons à nous conduire comme des gamins capricieux. Nous allons dans le mur. Celui que nous nous construisons nous-mêmes. Et quand nous serons dedans personne ne viendra nous dégager. La Suisse n'est qu'un minuscule point sur la carte du globe.

P.S.: je viens de recevoir le dernier opus du MCG dans ma boîte aux lettres. Ca ne me rend pas très optimiste quant à l'ouverture de notre pays. Je n'ose même pas parler de Genève...

19/08/2013

lettre à un ami égyptien que je ne connais pas encore

Cher Ami,

 

Je ne suis jamais allé en Egypte. Et pourtant je brûle d'envie de te connaître. Peu m'importe que tu sois musulman (j'insiste sur ce terme), copte ou simplement issu de la société civile sans appartenance religieuse rigoureusement définie.

Depuis que votre président a été destitué pour des raisons que certains trouvent justes alors que d'autres les considèrent iniques, j'ai peur. Oh, certes pas pour moi qui habite dans un pays démocratique que certains s'ingénient à placer trop à droite ou trop à gauche de l'échiquier politique. Les critiques fusent dans tous les sens et les pseudo-parangons de démocratie hurlent - c'est un comble - à la captation du pouvoir.

Vous êtes des millions d'Egyptiens à vouloir la démocratie. Qui vous en blâmerait ? Vous avez chassé Hosni Moubarak, vous avez voté, élu un président dans de bonnes conditions et c'est justement à partir de ce moment que cela commence à "coincer". Avez-vous bien compris que la démocratie ne consiste pas à s'approprier le pouvoir comme cela semble avoir été le cas. Non la démocratie est un jeu subtile dans lequel les minorités ont leur mot à dire et dont la majorité peut tenir compte. Et souvent elle y consent. Par jeu politique ou par nécessité.

Ami, je ne te connais pas encore, mais je t'encourage à tendre la main. Non pas pour manifester ton hostilité envers les "autres", mais pour les amener à discuter de ce que vous pourriez faire ensemble dans le respect de tous. C'est-à-dire accepter que ceux qui ne pensent pas comme toi ne sont pas des ennemis mais "simplement" des adversaires qui cherchent aussi à faire évoluer le pays. A ce sujet, n'oublie jamais cette phrase d'Helvétius : "Les hommes sont si bêtes qu'une violence répétée finit par leur paraître un droit."

Oui, je sais, mon discours est plein d'une immense naïveté. Et le méchant ce n'est pas toi. Et les autres disent la même chose. Alors s'il n'y a pas de méchants, comment se fait-il qu'il y ait autant de violence dans votre pays ? J'imagine que l'armée sera citée et que c'est elle le bouc-émissaire.

J'ai hâte de te connaître, peu importe que tu représentes les frères musulmans, les coptes ou n'importe qui d'autre et si tu es élu dans une assemblée démocratique, j'aurai plaisir à suivre ta politique que tu négocieras avec celle des députés qui ne partageront pas forcément tes idées. Mais vous vous respecterez. C'est la sagesse même...et le début de la démocratie, celle qui se nourrit aussi de son opposition parlementaire.

 

A très bientôt et bonne chance