10/08/2013

Plus égale que les autres ?

La phrase de La Fontaine "que vous soyez puissant ou misérable" résonne encore de nos jours comme un avertissement. Lorsqu'il s'agit de business - mais s'agit-il seulement de business ? - il convient de se demander si le refus de montrer un sac à une personne de couleur relève du racisme ou plus bêtement d'une peur - sans fondement ? - de se faire arnaquer.

Il y a quand même une chose qui me dérange dans cette affaire. Refuser de montrer un objet à une personne de couleur relève du racisme alors que si la personne avait été blanche c'eût été "simplement" une affront, une humiliation.

Sans vouloir minimiser le moins du monde les actes racistes, les délits de faciès et autres interdiction de piscine aux réquérants, il faut bien se rendre compte que cette malheureuse affaire de Zurich, parce que la protagoniste est une vedette des médias, fortunée et célèbre, prend des proportions surmédiatisées.

S'il s'était agi d'une requérante d'asile dans la même situation, j'entends d'ici le bon peuple crier au scandale que les réquérantes n'ont rien à faire dans les boutiques de luxe.

Le racisme ne se mesure pas à l'aune de la richesse de l'offensé(e).

 

Enfin, j'ai un certain respect envers la propriétaire de la boutique qui a pris le défense de son employée. Dans d'autres boutiques, il n'est pas inimaginable de penser que la "fautive" aurait été priée d'aller voir au bord de la Limmat s'il y avait du travail.

02/08/2013

Suisse accueillante ?

Je viens de lire le discours de M. Cerutti, maire de Vernier. Excepté le fait que la Suisse ne compte pas 26 cantons, mais 23 dont 3 divisés en 2 demi-cantons, M. Cerutti dit notamment : "En prêtant serment de se défendre mutuellement contre toute menace venant de l’extérieur, en se prêtant assistance contre le futur envahisseur, les Suisses de 1291 ont permis la création d’une démocratie remarquable et accueillante.(...)"

 

Accueillante, vraiment ? A voir le nombre d'initiatives visant à n'accueillir que le minimum d'étrangers, à voir le MCG s'acharner sur les frontaliers, à voir le peuple accepter un durcissement de la loi sur les demandeurs d'asile, je m'interroge sur le sens du mot "accueiillant".

 

En fait j'imagine que c'est un peu comme dans Astérix en Corse je crois : "J'aime les étrangers surtout quand ils restent chez eux."

 

C'est cela une des valeurs suisses dont on nous rebat les oreilles afin de nous faire croire que l'on est meilleur que les autres ?

09/05/2013

Yaka et Yfokon, les deux mamelles du MCG

Le dernier "opus" publié par le MCG, intitulé sobrement "Sortons Genève du bourbier" ne devait faire rire personne. Il faut au contraire s'inquiéter des propos malfaisants de cette formation qui, s'ingéniant à hurler qu'il importe de rendre Genève aux Genevois, y va de sa croisade anti-tout, et notamment les frontaliers qui sont aussi nocifs que les "dealers" et les mendiants, sans oublier les détenus, les clandestins, etc.etc.

Les belles promesses rendant les fous joyeux, il n'est pas étonnant qu'un certain nombre de personnes, ne sachant elles-mêmes donner de la voix, donnent la leur au MCG, croyant faire oeuvre d'utilité publique. Yaka et Yfokon sont les maîtres-mots de ce Mouvement. Ils sont les seuls à posséder les solutions ! Votez MCG et vous n'aurez plus de frontaliers, plus de mendiants, plus de clandestins, plus de dealers, plus rien quoi !

Mais malheureusement, aligner des arguments cohérents et cartésiens contre les "solutions" proposées par cette formation qui ne fait pas de politique mais essaie tout pour s'emparer du pouvoir, ne sert à rien. Le MCG mise sur des éléments émotionnels tels que la peur, la haine, le rejet et pourquoi pas le mensonge pour arriver à faire main basse sur Genève.

Yaka et Yfokon donc. Mais sans un mot sur les moyens financiers et humains pour y parvenir. Bien sûr les Genevois diront ce qu'ils veulent en automne prochain : l'Eden MCG ou le Bourbier.

Mais si "sortir Genève du bourbier" nous conduit à nous mettre dans la me..., qu'aura t-on gagné ?

13/03/2013

Faut-il changer ou continuer ?

Ejecter ou réélire ? A chaque renouvellement de nos assemblées d'élus et des membres de nos gouvernments cantonaux nous revient comme les pommes en automne la question de savoir à qui donner sa voix ! Une chose est certaine : les nouveaux - ceux qui n'ont jamais exercé de fonctions législative et/ou exécutive ont évidemment l'avantage de n'avoir aucun bilan à traîner derrière eux ! Et tout le monde sait que les bilans ça s'interprète ! Les nouveaux, soutenus par des partis plus ou moins en odeur de sainteté selon les époques s'appuient sur des promesses que nombre de citoyens ont envie de croire. Ils oublient de prévenir que chez nous le pouvoir, ça se partage souvent.

Les anciens, ceux qui aimeraient se faire réélire, profitent d'un côté de l'inertie du citoyen qui vote pour un parti et qui ne regarde pas le nom des candidats inscrits sur les bulletins et de l'autre côté sont jugés sur ce qu'ils ont réalisés, ou plutôt sur ce qu'ils n'ont pas réalisés, autrement dit les promesses non tenues !

Le citoyen, qui n'est pas forcément un fin connaisseur de la politique, va devoir trancher en son âme et conscience. "A qui donner ma voix ?" A ceux qui disent qu'il leur faut encore du temps pour venir à bout des problèmes ou à ceux qui savent déjà qu'ils ne seront pas en mesure de tenir leurs promesses. Choix cornélien !

Et si la solution, c'était de voter pour des personnes, uniquement des personnes en faisant abstraction des partis. Personnellement je vote pour des personnes qui me paraissent à même de faire avancer le canton de Genève et qui me semblent avoir une vision. Des hommes et des femmes qui n'oublient pas qu'ils sont au service des citoyens et que leur tâche principale ne consiste pas simplement à se faire réélire.

Evidemment, me direz-vous, ma vision est un peu idyllique. Pour beaucoup, la simple présence au gouvernement ou au parlement prime sur le programme (pour autant qu'il y en ait un). Souvent ils nous offrent de magnifiques pantalonnades mais ne supportent pas les vestes...Ils se prennent au sérieux et méprisent les autres qui souvent font de même...

Aussi bien, lorsque viendra le moment de renouveler notre parlement et notre gouvenement, que chacun fasse de son mieux et choisisse les personnes qu'ils considèrent capables d'apporter quelque chose de constructif au canton et à ses habiants.

J'ai aussi envie de dire aux élus :"faites de votre mieux". Je ne suis cependant pas certain que ce soit leur première préoccupation. Dommage !

15/02/2013

75 millions pour la campagne de M. Minder !

J'apprends par la TdG qui rapporte les propos de 20 minutes que M. Vasella va toucher 75 millions de nos francs (forts au demeurant !) pour qu'il s'engage à ne pas passer à la concurrence.

Tous les chercheurs qui ont signé des contrats de travail avec leur société, dont une clause au  moins concernait la non-concurrence, doivent en être verts de rage. A moins qu'ils ne soient simplement adeptes d'une éthique bien comprise.

Je me demande comment il faut interpréter ce deal.

Mais quoi qu'il en soit, au moment où le peuple suisse va devoir s'exprimer sur l'initiative Minder les 75 millions accordés à M. Vasella seront les bienvenus - indirectement bien sûr - pour contrebalancer les quelques millions dépensés par EconomieSuisse pour faire échouer le texte soumis au peuple.

75 millions de pub pour une initiative sans avoir un sou à débourser. M. Minder doit y voir un signe du destin !

Merci qui ?

10/10/2012

Je penche plutôt pour un non

Je viens de terminer la lecture "in extenso" du projet de nouvelle constitution. Et bien, pour être franc, elle ne casse pas trois pattes à un canard. Prétendre qu'on entre de plain pied dans le 21ème siècle avec "ça" n'émane pratiquement que des constitutants, semble-t-il très satisfaits du texte proposé.

(...) mais qu'est-ce qu'on peut bien lui trouver à la constitution actuelle, pour refuser d'un revers de main le projet de nouvelle constitution ? (...) se demande M. Murat Julian Alder. On y trouve davantage d'audace en 1847 qu'il en manque à celle qui nous est présentée aujourd'hui. Et si l'on se permet de comparer deux textes séparés par plus de 150 ans, c'est sans doute que le plus récent, compte tenu de l'évolution de la société et du monde dans laquelle elle se débat, manque singulièrement de consistance.

Il ne suffit pas de nous proposer une législature de 5 ans, une formation obligatoire jsuqu'à 18 ans et un encouragement à construire des logements pour faire illusion. En n'entre pas dans le 21ème siècle, on reste tout juste dans le 20ème !

Il y a, parmi les 237 articles contenus dans le projet, de nombreux points qui n'intéresseront jamais le législateur. De nombreux articles resteront lettre morte. Parmi ceux-ci, l'art. 166 consacré à  l'accès aux rives du lac et des cours d'eau :

"L'Etat assure un libre accès aux rives du lac et des cours d'eau dans le respect de l'environnement et des intérêts publics et privés prépondérants."

Avec cela, on n'est pas près de se promener à pied de l'OMC à Versoix en longeant les rives du lac ! (Qui définira les intérêts privés prépondérants ? Il eût été utile de mettre " l'Etat assure un libre accès en continu aux rives du lac...)

C'est un point mineur, me direz-vous. Peut-être. Les citoyens aimeraient néanmoins pouvoir se balader le long du lac et se demander pourquoi, à Genève, la politique partisane étroite, l'emporte trop souvent sur l'intérêt général.

Le dogmatisme contre l'arrogance, à moins que cela ne soit le contraire.

 

 

08/10/2012

Quand le dédain risque de vous exploser en pleine figure ou la bêtise des présidents français

Cela fait déjà deux législatures que les présidents français dédaignent la Suisse sous des prétextes futiles. Mme Eveline Widmer-Schlumpf vient d'en faire la douloureuse expérience avec M. François Hollande qui a poliment (?) éconduit la présidente de la Confédération : il ne viendra pas en Suisse. Il est évident que la Suisse n'est pas le centre de la Terre (Même si elle en rêve parfois...). Il aurait été néanmoins convenable que M. Hollande accepte l'invitation de son voisin, ne serait-ce que pour améliorer ou restaurer des relations de bon voisinage que son prédécesseur avait mis tant de hargne à malmener. Prenons-en acte.

Il est vrai que pour les médias français, voir Nicolas Sarkozy pavaner avec son "ami" Barack devant les caméras avait une toute autre allure que de serrer la main à Mme Calmy-Rey qui a dû se contenter de voir son interlocuteur tapoter sur son téléphone mobile. En plus du mépris, de l'impolitesse. Nicolas Sarkozy possède des qualités que l'on ne soupçonnait pas !

Quant à François Hollande, qui dégringole (déjà) dans les sondages, il ne fait guère mieux. En fait pas mieux du tout ! Il snobe la présidente de la Confédération. Bon, elle s'en remettra, à n'en point douter. En fait ce doit être d'une certaine jouissance que d'être ignorée par des ignorants !

Mais par delà les effets de manches, le mépris, le dédain de certains parlementaires français qui n'ont pas encore réalisé que Paris n'était pas le centre du monde et qu'il ne suffit pas d'accuser la Suisse de tous les maux (n'est-ce pas M. Montebourg ?) pour que l'Hexagone soit soudainement plus grand !

M. François Mitterrand avait eu l'intelligence de nous rendre visite sans qu'il en sorte diminué  politiquement.

Attention, M. Hollande, sur ce coup, vous avez allumé un pétard avec une mèche certes assez longue. Il finira néanmoins par vous sauter à la figure. Il sera alors trop tard pour vous plaindre. Ce n'est pas une erreur de vous venez de commettre, c'est une faute.

 

05/10/2012

Bip...bip

Souvenez-vous. Hier 4 octobre on a célébré le lancement du premier satellite artificiel de l'histoire humaine : Spoutnik 1. Il y a exactement 55 ans les Soviétiques lançaient donc le premier objet mis en orbite autour de la Terre en même temps qu'ils lançaient un formidable défi aux Américains qui se sont laissé surprendre.

Le modeste "bip bip" que l'on pouvait entendre alors à la radio suffisait à nous faire rêver et nous entraîner dans des voyages interstellaires dont on ne mesurait pas forcément les difficultés. N'importe, le match était commencé et il faudra 12 ans aux Américains pour, en quelque sorte, reprendre la main ... et mettre le pied sur la Lune. C'était le 21 juillet 1969. Et l'astronaute Neil Armstrong, décédé le 25 août dernier, en aura été le héros malgré lui, lui qui ne cherchait visiblement ni honneurs ni célébrité.

Quand je vois les enfants de maintenant regarder d'un oeil distrait le départ d'une fusée, je pense avoir été, d'une certaine manière, privilégié de vivre ces événements uniques. Mais la roue tourne, la vie continue et je suis sûr que les enfants d'aujourd'hui auront le privilège de vivre les leurs !

Bip...bip

30/09/2012

Une Constitution ? Pourquoi faire ?

Nous allons voter pour accepter ou refuser une nouvelle constitution pour Genève. Le matériel de vote et le texte complet nous sont parvenus.

Je ne sais pas encore si j'aurai le courage de lire les 237 articles pour me forger ma propre opinion. Les opposants et les partisans déclarent avec une égale conviction qu'il faut dire non, qu'il faut dire oui ! Allez vous y retrouver.

Ce que je sais, en revanche, c'est d'avoir assisté aux travaux d'une assemblée constituante dont la principale vertu n'a pas été l'échange serein d'idées, mais au contraire une guerre de tranchées partisane dont l'avenir de Genève n'était pas la principale préoccupation. Traurige Genferei.

Le taux de participation à ce vote donnera une bonne indication - quel qu'en sera le résultat - de l'intérêt que les citoyens de Genève portent à un texte que l'on dit pourtant fondamental.

La seule chose dont je suis sûr : je voterai.

08/08/2012

M. Varone en mauvaise posture ?

Ainsi donc M. Varone, commandant de la police valaisanne, est de retour en Suisse, après une bien gênante mésaventure. Mais pour lui, se retrouver au milieu des siens est certainement le principal. On croit volontiers que M. Varone n'a jamais contrevenu aux lois suisses (Le contraire serait d'ailleurs un comble pour un commandant de la police). On est en revanche complètement surpris d'entendre le serviteur de l'Etat valaisans, affirmer - avec un brin de naîveté ? - qu'il ignorait la loi turque sur les biens culturels. On peut lui laisser le bénéfice du doute.

Cela dit, M. Varone est donc libre mais non (encore ?) acquitté. Il risque des années de prison. Sans vouloir juger de la sévérité ou non du code pénal turc en pareille occurrence, on se demandera à juste titre quelle sera la position du candidat potentiel au conseil d'Etat valaisan s'il devait faire l'objet d'une condamnation en Turquie. En cas d'acquittement, l'affaire en reste là. Ne resteraient que le mauvais souvenir et quelques cauchemars. Mais s'il devait écoper d'une peine quelconque, sa position en Suisse pourrait singulièrement se compliquer.

Il faudra d'abord que M. Varone prenne une décision importante : se rendra-il à un procès où il risque de se voir embastillé pour une ou deux "législatures". S'il ne s'y rend pas (ce que personnellement je comprendrais très bien) et qu'il est condamné, il pourrait perdre une chance de siéger au Conseil d'Etat, ce qui n'est au fond pas dramatique. Mais en ce qui concerne sa fonction de commandant de la police, la situation me paraît plus ambiguë : peut-on continuer à occuper une telle fonction avec un casier judiciaire, fût-il turc ? Je n'ai pas la réponse à cette question. M. Varone a certainement quelques ennemis politiques qui se chargeront d'exploiter la situation.

Ramasser des pierres dans la nature n'est jamais anodin.