20/08/2010

Peine de mort ?

Un groupe de citoyens propose de rétablir la peine de mort pour certains crimes sexuels et pédophiles. A quoi servirait une telle mesure sinon à éloigner la Suisse encore un peu plus de l'Europe ? Bon restons sérieux quelques secondes même si la dérision permet parfois d'encaisser les coups à l'estomac avec plus de sérénité.

Comment imaginer dans un pays comme le nôtre que des citoyens dotés d'un cerveau aux capacités intactes puissent proposer le rétablissement de la peine de mort.

Certes un crime est un crime, mais le code pénal prévoit des peines pour punir les auteurs. Depuis 1942, sauf erreur, plus aucune exécution n'a eu lieu dans notre pays et l'on ne peut que s'en réjouir. Le châtiment suprême a été effacé du Code pénal. Ce fut une victoire de la justice sur la barbarie.

Une fois encore certains confondent la justice avec la vengeance. C'est un peu court comme argument pour exiger le rétablissement de la peine dite capitale.

Je n'ai pas beaucoup aimé François Mitterrand ; je lui suis néanmoins infiniment reconnaissant, ainsi qu'à son ministre Robert Badinter, d'avoir réussi à faire voter l'abolition. Une grande victoire de la justice. Une grande victoire des hommes.

Tous les nostalgiques de la peine de mort devraient lire ou relire les réflexions sur la guillotine d'Albert Camus.

14/08/2010

H.-R. Merz : la dernière boulette ?

Après M. M. Leuenberger, c'est au tour de M. Merz de "donner son sac" et de quitter la gouvernement d'une Suiise qui ne sait plus très bien où elle en est.

Et comme d'habitude, les grandes manoeuvres - largement relayées par les média - commencent avec toutes les hypothèses possibles : les successeurs de ces deux messieurs doivent être ceci et cela, avoir telles compétences, être de telle ou telle région, etc. etc. Tous les partis sont dans les "starting blocks" et tous se demandent à quel moment ils vont pouvoir glisser les peaux de banane sous les pieds de leurs collègues et néanmoins pas amis du tout. Comme l'a dit M. Darbellay, l'essentiel, au fond n'est pas de savoir qui va remplacer les deux "sortants", mais de gagner les élections. Un aveu qui montre à quel point une élection au Conseil fédéral ne cherche pas du tout à constituer un gouvernement fort, mais simplement à jouer au jeu des chaises musicales, en espérant, évdemment, que les autres partis s'assoient par terre ! Triste réalité qui fonde un gouvernement non pas sur un programme commun - fût-il minimum - mais sur les "nous y avons droit" des partis.

Ecoutez donc les représentants de nos partis qui ont des droits, mais pas beaucoup de devoirs, essayer de nous faire avaler des couleuvres grosses comme des boas ; souvenez-vous en outre que M. Merz a été élu parce qu'il avait les compétences, le bon parti, le bon canton, enfin tout ce qu'il fallait pour devenir Conseiller fédéral.

Je n'ai aucune raison de défendre particulièrement M. Merz, mais avec un peu d'imagination, on va encore lui reprocher une dernière boulette : celle de partir au mauvais moment, de mettre son parti en difficulté, que sais-je encore ? Disant cela, je pense qu'en fait les vrais responsables sont les parlementaires qui élisent les Conseillers fédéraux et qui n'envisagent aucunement l'avenir du pays. Pauvre pays qui se targue d'être une démocratie directe mais qui est actuellement incapable d'avoir une vision à long terme. Pauvre pays qui autorise ses ministres à jouer les divas et partir quand ils en ont envie. Pauvre parlement qui élit davantage les conseillers fédéraux sur la base des règles du jeu de la bataille navale que sur une vision cohérente de ce que devrait être un gouvernement. Pauvres populistes qui essaient de nous faire croire que seul les élections par le peuple sont le gage d'un choix raisonné. Pauvre pays qui a un peu trop tendance à croire au "il n'y en a point comme nous".

Suisse: cesse de te lamenter et réforme-toi.

19/07/2010

Cinq plus deux ?

Je vous le dis franchement : je ne vois pas pourquoi la Suisse ne pourrait pas être gouvernée par cinq conseillères fédérales et deux conseillers fédéraux. Sauf peut-être à mettre en péril la virilité d'un collège ! Mais pourquoi redoute-t-on, dans certains milieux, la venue de femmes au Conseil fédéral ? Qu'auraient-elles de moins que les hommes ? Pire, qu'auraient-elles que les hommes n'ont pas ?

En fait, il ne s'agit, à mon très humble avis, ni d'une question de compétence ni d'une ténébreuse affaire de représentation ou pire encore : de "concordance" (x femmes parlementaires donnent droit à x conseillères fédérales). Non, simplement les hommes n'arrivent pas à imaginer qu'un pays puisse fonctionner avec une majorité de femmes à sa tête. Et comme en plus ils n'osent pas le dire, ils trouvent toutes sortes d'arguments plus fallacieux les uns que les autres pour prétendre qu'avec des hommes, ça va quand même mieux. C'est sans doute aucun le premier aspect de leur incompétence et, bien entendu, de leur machisme légendaire !

 

10/07/2010

Plus ça change, plus...

Enfin, enfin ! Il part ; il va partir. Qui donc ? Mais Moritz Leuenberger, voyons. L'intellectuel du Conseil Fédéral (Ah ?, et les autres ?) va tirer sa révérence. Il n'est pas encore loin que déjà les partis songent aux champions qu'ils vont mettre dans les "starting-blocks". L'UDC revendique un deuxième Conseiller qui lui reviendrait de droit (divin ?). Les radicaux-libéraux vont rester tranquilles, ne voulant pas hypothéquer leurs chances de garder le siège de Hans-Rudolf Merz. Le PDC, par la voix de son président (on dirait qu'il est le seul dans ce parti à pouvoir parler) afirmera sans doute qu'on verra tout ça en temps utile. Les socialistes, connaissant le fonctionnement du parlement, savent déjà qu'ils n'ont pas beaucoup de souci à se faire. Restent les "Verts" qui aimeraient bien avoir l'air mais qui n'ont pour l'instant pas l'air du tout.

Bref, le grand "show" va commencer. Et comme l'élection aura lieu au mois de décembre, nous citoyens, allons avoir droit à tous les chapitres d'un mauvais roman sans cesse renouvelé : les partis et les parlementaires se donnent de grands frissons - à chaque élection d'un conseiller fédéral - en sachant bien entendu que tout est joué d'avance. Et comme tous les candidats papables seront naturellement les meilleurs possibles, il ne sera pas difficile d'élire le/la socialiste. En outre - je ne sais pas si vous avez remarqué - devenir Conseiller fédéral comporte des risques : ça vous transforme. Vos compétences s'évaporent et l'on se demande - surtout ceux qui vous ont élu - comment on a "bricolé" pour amener un(e) incompétent(e) pareil(le) dans le collège des sept Sages !

Je ne peux m'enlever de l'idée qu'il doit bien y avoir - ici et là - quelques rancoeurs de la part des parlementaires. Certains doivent se dire qu'incompétence pour incompétence, ils auraient très bien pu faire l'affaire...D'autres se disent secrètement - comme P. Couchepin l'a si bien exprimé "ce sont encore les chefs qui commandent". Et bien entendu, élire un Conseiller fédéral est une fonction de chef.

Bref, nos parlementaires, le siège vissé aux fesses de peur de se retrouver simplement sur leur c.. font tout pour nous montrer leur courage. En effet, ils ne manquent pas de courage. Ce qui leur manque, c'est la place pour le mettre.

15/06/2010

Merci M. Göldi

Après 695 jours de captivité en Lybie pour des crimes que vous n'avez pas commis, vous voilà rentré au pays. Très franchement et malgré toute la bonne volonté que je puis y mettre, je peine à imaginer ce que fut votre calvaire. C'est sans doute davantage l'incertitude que la durée qui a dû vous plomber le moral. Vous avez pourtant magnifiquement tenu le coup. A votre place il n'est pas certain que j'aurais eu le même courage.

Pendant tout ce temps, en Suisse, les citoyens, les politiciens, tout le monde s'est agité et avait le solution. Tous savaient ce qu'il fallait faire pour vous extraire des geôles du scélerat Khadafi. Que n'a-t-on entendu sur Merz, Calmy-Rey, les parlementaires de tous bords, la police genevoise...Tous ont été mauvais alors que personne, ou pesque, n'a fustigé la scélératesse du colonel qui s'est assis - avec un grand pied de nez à la communauté internationale - sur les principes fondamentaux du droit international : la prise d'otages est un crime. Alors parler de laver l'honneur, de se venger de l'humiliation d'un fiston plus que mal élevé par des agissements qui relèvent chez nous de la cour d'assises relève de la mauvaise foi la plus crasse.

Finalement ce qui m'a frappé le plus, c'est vous. Tout au long de cette sombre affaire qui vous a coûté injustement deux années de votre vie, vous avez gardé une dignité qu'il serait injuste de ne pas relever. Votre conduite a été irréprochable. Pour cela, c'est un grand merci que l'on doit vous adresser pour la leçon que vous venez de donner à votre pays.

Quant au clan K. il m'inspire une pensée d'Helvétius : "les hommes sont si bêtes qu'une violence répétée finit par leur paraître un droit".

30/04/2010

Parler français en Suisse ? inutile...

Il y a des situations qui me donnent à penser que les citoyens ne sont pas tous égaux. Ou alors il y en a qui sont plus égaux que les autres. On n'arrête pas de demander à tous ceux qui vivent dans notre pays d'apprendre au moins une langue nationale, que c'est le minimum pour pouvoir s'intégrer, surtout si l'on est considéré comme appartenant "au bas de l'échelle sociale".

Je partage pleinement cet avis et j'applaudis au travail réalisé par des associations comme l'Université populaire du Canton de Genève qui dispense des cours de français à des prix sans concurrence parce que tous les enseignants sont bénévoles. Il conviendrait de parler davantage de tout ce qui se fait dans le domaine des langues - et du français en particulier - avant de hurler sur-les-étrangers-qui-ne-font-aucun-effort-pour-apprendre-le-français. Et il y en a qui ont même l'outrecuidance de demander leur naturalisation...

Mais qu'observe-t-on dans les faits. On analysant la situation d'un peu plus près on se rend compte que plus les non francophones occupent des postes dits importants et...moins ils parlent notre langue. Pas le temps, inutile (tout le monde parle anglais). C'est extraordinaire d'entendre le silence assourdissant de nos autorités à ce sujet.

Comparaison n'est évidemment pas raison, mais quand j'entends le patron de Credit Suisse (sans accent aigu, une autre concession) s'exprimer en anglais comme représentant d'une banque suisse, quand j'apprends que M. McSorley, après presque 10 ans à Genève, n'est pas capable - semble-t-il - d'aligner une phrase dans la langue de Rousseau, je ne peux m'empêcher de penser que ces gens-là font bien peu de cas de leurs hôtes.

Quand on gagne presque 100 millions de francs par an et qu'on ne parle pas une seule des langues nationales, quand on ne réussit pas à mener un club de hockey sur la plus haute marche et qu'on ne parle pas le français, il ne s'agit plus d'erreurs. Non, ce sont des fautes...Les mêmes d'ailleurs qu'on ne pardonne pas aux sans-grade. Selon que vous serez puissant ou misérable...

24/04/2010

Un Kosovar ? Pourquoi le garder ?

J'ai appris comme tout le monde qu'un Kosovar devait être renvoyé chez lui - enfin au Kosovo, car chez lui, c'est ici à Genève - parce que les politiciens et les fonctionnaires  sont dans l'incapacité mentale de trouver une solution humaine à un problème humain.

Comme d'habitude, les décisionnaires vont se réfugier - pour une fois qu'ils sauraient ce que ce verbe signifie - derrière un juridisme étroit afin de faire avaler des couleuvres au (petit ?) peuple qui raisonne avec le coeur. Comment ne pas s'émouvoir devant la détresse de cette famille kosovare, comment ne pas s'insurger contre cette décision irresponsable, toute juridiquement correct qu'elle soit ! Il y a des cas où le coeur doit l'emporter, il y a des cas où l'entêtement d'un politicien doit cesser de lui servir d'alibi, il y a des cas où la lettre doit céder la place au bon sens, celui de l'empathie et non celui des alinéas d'une loi.

Alors, Mesdames et Messieurs qui voulez - vous dites sans doute : nous devons - renvoyer un honnête homme et sa famille dans un pays inconnu, réfléchissez bien avant d'apposer votre "Stempel" définitif sur une lettre à en-tête de la Confédération. Vous avez encore la possibilité de montrer à vos concitoyens que la Suisse n'est pas un recueil de lois scélérates mais qu'elle peut aussi être être une terre où le coeur fait la loi.

 

20/04/2010

Génial !

Le directeur des CFF souhaite que les tarifs augmentent encore, les fins de mois des trains en Suisse étant trop difficiles. Mais rien qu'à prendre connaissance des prix des billets, vous êtes cloués sur place et vous renoncez à monter dans le wagon qui devrait vous amener dans votre lieu favori avec la conscience tranquille de l'écolo non pollueur.

Vertigineux les prix ! Pour des grands parents qui veulent emmener leurs petits enfants à Bâle visiter le zoo, en comptant tout ce qu'il faut pour passer une journée agréable, mais sans excès, il faut bien compter cinq cents francs...(En deuxième classe bien entendu). Difficile, dès lors, d'empêcher les gens d'utiliser leur véhicule privé, même si, en fin de compte, le voyage en voiture coûte aussi, voire plus cher que le train. Sur le moment, il est indéniable que les gens dépenseront moins !

C'est là qu'intervient tout le génie du directeur des CFF. Pour compenser la différence entre les tarifs démentiels des trains suisses et les autres modes de transport, il suffit d'augmenter les prix de ces derniers pour réduire la différence. Génial non ?

Je me demande ce qu'en pensent tous les travailleurs qui doivent habiter de plus en plus loin de leur lieu de travail par suite de manque de logements à proximité raisonnable de leur lieu de travail.

On peut avoir la fibre écolo mais franchement les CFF ne font pas grand chose pour la développer davantage.

 

 

05/04/2010

Annecy, le flop...

L'éditorail (Ce n'est pas un jeu de mots, c'est juste une faute de frappe...) de la TG du samedi 3.4.2010 s'intitule : "Le CEVA fait un flop". J'aimerais d'abord relever que pour qu'il y ait flop, il faut que le public soit au courant. Or pour admettre que le CEVA fasse un bide (un four, un flop) à Annecy, il faudrait que l'ensemble de la population et des élus locaux le rejettent ou s'en désintéressent. Or tel ne semble pas être le cas. Les gens d'Annecy ne semblent simplement ne pas être au courant. Pour l'instant les Annéciens ne profiteront pas du CEVA et la liaison ferroviaire Annecy-Genève restera une aimable plaisanterie.

J'ajoute que si la population locale n'a pas connaissance du projet, la presse en est probablement responsable : c'est à elle qu'appartient le rôle d'informer. Et que font les médias de Genève et des environs pour expliquer les enjeux (et la nécessité ?) d'une nouvelle entité économico-politique ? Il y a des mentalités à faire évoluer aussi bien d'un côté que de l'autre. C'est bien de vouloir créer une région franco-valdo-genevoise ! Encore faut-il que ses habitants y trouvent quelques avantages : habitat, travail, transports et fiscalité notamment. S'il ne s'agit que de permettre à l'économie d'étendre ses tentacules en saignant celles et ceux qu'elle croit être à son service, ce n'est pas demain que nous verrons la grande région voir le jour.

Enfin les liens de l'histoire et du nationalisme (osons le mot !) pourraient bien avoir raison d'un développement certes souhaitable de la région, mais qui n'offre guère de garantie d'harmonie et de bien-être partagés. A voir des gens comme le MCG freiner des quatre fers chaque fois que l'on prononce le mot "frontalier" et à entendre certains Savoyards (Savoisiens ?) s'accrocher à une illusion d'indépendance grâce à un gouvernement provisoire, on se dit que ceux qui vivent d'espoir finiront peut-être par mourir de désespoir...

 

 

30/03/2010

Yaka, Monsieur Barraud...

"Et à cet égard, il ne faut pas trop compter sur l’Union européenne, qui a choisi son camp. En somme, heureusement que nous n’en faisons pas partie! Seule et désormais libre de ses mouvements, la Suisse doit maintenant passer la vitesse supérieure, et cesser d’assumer le rôle de coupable que l’UE et la Libye lui ont assigné. Le Conseil fédéral doit relever la tête, s’il en a une, et ne pas hésiter à se faire menaçant, puisque c’est le seul langage qu’entendent nos ennemis. Il peut très bien réactiver sa liste noire, et s’en prendre aux intérêts libyens en Suisse. Par exemple, en fermant la raffinerie Tamoil, et en demandant aux Suisses du boycotter cette société, ­ s’ils ne le font déjà."

Ce paragraphe repris d'un article de M. Philippe Barraud publié de son blog sur lequel - par ailleurs - il ne semble pas possible de déposer des commentaires, illustre à merveille cette Suisse fière d'être en dehors de l'Europe, cette Suisse bien capable de se débrouiller toute seule, cette Suisse qui doit "passer la vitesse supérieure", bref cette Suisse qui doit devenir, comme le clan kadhafi , un état voyou, en oubliant que l'Etat de droit s'accomode mal des "conseils" de M. Barraud.

M. Barraud veut faire fermer la raffinerie Tamoil et boycotter cette société. Il se trouve que j'y fait le plein régulièrement et qu'il y a certainement quelques Suisses qui y travaillent et qui n'envisagent probablement pas de démissioner. Il y a également toutes les sociétés suisses actives en Libye qui n'ont certainement pas l'intention de s'en aller, l'argent n'ayant pas d'odeur ! Bref la politique à géométrie variable.

Quant à dire "En somme (l'Europe) heureusement que nous n'en faisons pas partie" relève, je l'espère, du mouvement d'humeur. Et pourquoi pas envoyer une escadrille de Pilatus bombarder Tripoli ?

M. Barraud oublie que la Suisse est un pays qui défend également ses intérêts quand il le juge utile et nécessaire. Il fut un temps pas si lointain ou la Suisse commerçait avec l'Afrique du Sud de l'apartheid sans états d'âme particuliers. Elle commerce également - comme beaucoup d'autres - avec la Chine qui n'est pas un modèle de démocratie.

Et franchement M. Barraud, pourquoi voudriez-vous que l'Europe nous vienne en aide alors que nous cessons de répéter que nous ne voulons pas en faire partie. Pour vous c'est "yaka". A Bruxelles c'est probablement, en parlant de la Suisse, "yzonka" se debrouiller...