Politique - Page 8

  • Lettre à Yvan

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    Mon Cher Yvan,

    Je ne voudrais pas être à ta place. Toi qui a toujours été d'une rare discrétion, te voilà affiché, contre ton gré et à tes dépens, sur un document placardé par un parti politique plutôt malveillant à l'égard des étrangers. Ils les aiment les étrangers, mais seulement quand ils restent chez eux.

    Si je me souviens bien, ta famille est originaire de Bélarus, mais toi tu es né ici, à Genève, où tu as fait tes études primaires, puis ton apprentissage d'ébéniste et enfin ta maîtrise. Tu n'a jamais pensé devenir suisse parce que tu as toujours pensé que tu l'étais : ton accent genevois te trahissait et la plupart de tes connaissances imaginaient que tu étais un bon citoyen helvétique. Bon d'accord, tu ne votes pas souvent, mais on met cela sur le compte de tes doutes sur la bonne foi des politiciens. Ce qui ne t'empêche pas d'avoir un bon job. La langue maternelle de tafamille est pour toi un souvenir assez vague ; certes tu la comprends mais tu peines à t'exprimer. Pour tes enfants, cette langue est une parfaite abstraction. Bref tu t'es fondu dans le paysage helvétique au point que certains de tes amis se demandent pourquoi tes parents t'ont donné un prénom aussi exotique !

    Mais, Mon Cher Yvan, va falloir faire attention dorénavant : à la moindre incartade, tu risques le renvoi "chez toi", là où tu n'as jamais habité. Le juge te trouvera bien, néanmoins, un lointain cousin (on dit parfois à la mode de Bretagne !) pour marquer ton appartenance à un pays étranger, lointain et qui exporte, naturellement, ses plus mauvais éléments.

    Et vois-tu, depuis qu'on a parlé de rétablir la peine de mort en Suisse, je me demande si les étrangers qui en seraient les malheureuses victimes seraient quand même renvoyés chez eux après leur exécution.

    Donc pour résumer, tu ne violeras pas, tu n'assassineras pas, tu... parce que c'est bien connu, ces crimes sont beaucoup plus graves quand ils sont commis par des étrangers. Si par extraordinaire tu te recycles dans la banque, tu peux sans autre dormir sur tes deux oreilles ; les risques sont quasiment inexistants.

    Alors c'est promis ? Tu te tiens peinard. Oui bien sûr, tu n'as jamais eu le moindre problème avec la justice, pas même une contravention pour stationnement interdit, Mais va savoir. Alors si la situation se dégrade trop, change de prénom, je ne sais pas, par exemple Christophe ou Oscar.

    Les esprits les plus radicaux te diront de devenir suisse, de te naturaliser. Tu n'en serais pas moins étranger, et tu n'en serais pas plus suisse. Mais au moins tu serais sûr de rester à Genève si, dans un accès de folie, tu trucidais ton concierge portugais.

    Allez, c'est assez pour aujourd'hui. Je te serre la main et j'attends le plaisir de te revoir prochainement.

     

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  • Réponse aux cacochymes...

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    Le titre de ma rubrique est empruntée au blog de M. Patrick Dimier, avocat et constituant. Je ne connais pas cette personne, mais j'ai déposé un commentaire sur son blog. A ma grande surprise, les commentaires sont tellement modérés qu'ils finissent probablement dans la poubelle de son  ordinateur. Dommage ! D'autant plus qu'il n'était pas attaqué personnellement. Juste un petit coup de griffe sur la Constituante et les constituants.

    A moins que Me Dimier n'ait pas eu le temps de valider mon commentaire ou qu'il soit en vacances, je ne peux que regretter cette manière d'agir. Il serait préférable que la mention "sans commentaires" soit inscrite au bas de son blog.

    Sans commentaire, en effet...

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  • Fazy, réveille-toi, ils sont devenus fous...

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    Il paraît que le Constituante va mal. A gauche, on s'indigne que la droite fasse passer des idées d'un autre âge. La droite s'assoit sur tout ce qui pourrait un tant soit peu doter la République d'une charte fondamentale hardie et audacieuse. Bref le spectacle est désolant. Faut-il la dissoudre cette assemblée constituante comme le demande Longet ? Doit-on se rallier à l'avis de Décaillet - le journaliste - qui pense que la constituante a bien le droit de vouloir une nouvelle constitution conservatrice. Tiens, mais alors pourquoi en écrire une nouvelle ?

    En fait, ce n'est pas une assemblée de constituants ; nous avons une assemblée de représentants de partis politiques qui n'ont apparemment aucune idée de ce que signifie écrire une constitution. Ce qui devrait être un rassemblement de citoyens appelés à discuter ensemble de la façon dont ils envisagent leur relations avec les Autorités et entre eux tourne à la mauvaise farce. On campe sur des positions partisanes, pas une seconde on place le citoyen au centre des discussions.

    Les positions prises ne me plaisent guère. Et si cela continue, je refuserai le texte qui sera proposé. Fazy, qu'as-tu fait à Genève pour que les constituants t'oublient aussi facilement ?

    Même le village d'Astérix est capable, sous la houlette de son chef Abraracourcix, de trouver des solutions à ses problèmes. A Genève, selon le parti auquel vous appartenez, c'est "ferme ta gueule" ou "cause toujours..."

    O tempora, o mores.

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  • Aux abonnés absents ?

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    Je viens de recevoir mon enveloppe pour les votations du 26 septembre prochain. La réorganisation de la justice n'a pas l'air d'intéresser grand monde et surtout pas les députés ; le contrôle du secrétariat général de la constituante par la cour des comptes passionne également le Grand Conseil.

    La loi sur le contrôle du secrétariat de la constituante a été adoptée par 49 oui, 1 non et 16 abstentions, soit 66 bulletins. Et les 34 autres ? Planqués à la caféteria ? Cherché belle-maman à la gare ? Grippés ? Devant la télevision pour regarder les débats du grand Conseil sur Léman Bleu ? Ah oui, j'oubliais , en commissions. Ces satanées séances de commissions qui ont toujours lieu alors que les députés doivent voter des modifications constitutionnelles.

    L'organisation judiciaire fait mieux puisque "seulement" 17 députés n'ont pas pris part au vote.

    La loi sur l'organisation judiciaire - qui comporte 60 pages d'explications et d'articles à lire - a été votée par 73 députés.

    Dès lors, comment faire comprende au bon peuple qu'il faut aller voter alors que les députés sont payés (qui a dit "mal" ?) pour siéger, délibérer et voter les lois qui nous régissent et qu'ils sont trop souvent aux abonnés absents.

    Je ne ferai aucun commentaire sur la Constitutante dont les travaux me paraissent aussi tristes que la rade sans le jet d'eau.

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  • Peine de mort ?

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    Un groupe de citoyens propose de rétablir la peine de mort pour certains crimes sexuels et pédophiles. A quoi servirait une telle mesure sinon à éloigner la Suisse encore un peu plus de l'Europe ? Bon restons sérieux quelques secondes même si la dérision permet parfois d'encaisser les coups à l'estomac avec plus de sérénité.

    Comment imaginer dans un pays comme le nôtre que des citoyens dotés d'un cerveau aux capacités intactes puissent proposer le rétablissement de la peine de mort.

    Certes un crime est un crime, mais le code pénal prévoit des peines pour punir les auteurs. Depuis 1942, sauf erreur, plus aucune exécution n'a eu lieu dans notre pays et l'on ne peut que s'en réjouir. Le châtiment suprême a été effacé du Code pénal. Ce fut une victoire de la justice sur la barbarie.

    Une fois encore certains confondent la justice avec la vengeance. C'est un peu court comme argument pour exiger le rétablissement de la peine dite capitale.

    Je n'ai pas beaucoup aimé François Mitterrand ; je lui suis néanmoins infiniment reconnaissant, ainsi qu'à son ministre Robert Badinter, d'avoir réussi à faire voter l'abolition. Une grande victoire de la justice. Une grande victoire des hommes.

    Tous les nostalgiques de la peine de mort devraient lire ou relire les réflexions sur la guillotine d'Albert Camus.

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  • H.-R. Merz : la dernière boulette ?

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    Après M. M. Leuenberger, c'est au tour de M. Merz de "donner son sac" et de quitter la gouvernement d'une Suiise qui ne sait plus très bien où elle en est.

    Et comme d'habitude, les grandes manoeuvres - largement relayées par les média - commencent avec toutes les hypothèses possibles : les successeurs de ces deux messieurs doivent être ceci et cela, avoir telles compétences, être de telle ou telle région, etc. etc. Tous les partis sont dans les "starting blocks" et tous se demandent à quel moment ils vont pouvoir glisser les peaux de banane sous les pieds de leurs collègues et néanmoins pas amis du tout. Comme l'a dit M. Darbellay, l'essentiel, au fond n'est pas de savoir qui va remplacer les deux "sortants", mais de gagner les élections. Un aveu qui montre à quel point une élection au Conseil fédéral ne cherche pas du tout à constituer un gouvernement fort, mais simplement à jouer au jeu des chaises musicales, en espérant, évdemment, que les autres partis s'assoient par terre ! Triste réalité qui fonde un gouvernement non pas sur un programme commun - fût-il minimum - mais sur les "nous y avons droit" des partis.

    Ecoutez donc les représentants de nos partis qui ont des droits, mais pas beaucoup de devoirs, essayer de nous faire avaler des couleuvres grosses comme des boas ; souvenez-vous en outre que M. Merz a été élu parce qu'il avait les compétences, le bon parti, le bon canton, enfin tout ce qu'il fallait pour devenir Conseiller fédéral.

    Je n'ai aucune raison de défendre particulièrement M. Merz, mais avec un peu d'imagination, on va encore lui reprocher une dernière boulette : celle de partir au mauvais moment, de mettre son parti en difficulté, que sais-je encore ? Disant cela, je pense qu'en fait les vrais responsables sont les parlementaires qui élisent les Conseillers fédéraux et qui n'envisagent aucunement l'avenir du pays. Pauvre pays qui se targue d'être une démocratie directe mais qui est actuellement incapable d'avoir une vision à long terme. Pauvre pays qui autorise ses ministres à jouer les divas et partir quand ils en ont envie. Pauvre parlement qui élit davantage les conseillers fédéraux sur la base des règles du jeu de la bataille navale que sur une vision cohérente de ce que devrait être un gouvernement. Pauvres populistes qui essaient de nous faire croire que seul les élections par le peuple sont le gage d'un choix raisonné. Pauvre pays qui a un peu trop tendance à croire au "il n'y en a point comme nous".

    Suisse: cesse de te lamenter et réforme-toi.

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  • Cinq plus deux ?

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    Je vous le dis franchement : je ne vois pas pourquoi la Suisse ne pourrait pas être gouvernée par cinq conseillères fédérales et deux conseillers fédéraux. Sauf peut-être à mettre en péril la virilité d'un collège ! Mais pourquoi redoute-t-on, dans certains milieux, la venue de femmes au Conseil fédéral ? Qu'auraient-elles de moins que les hommes ? Pire, qu'auraient-elles que les hommes n'ont pas ?

    En fait, il ne s'agit, à mon très humble avis, ni d'une question de compétence ni d'une ténébreuse affaire de représentation ou pire encore : de "concordance" (x femmes parlementaires donnent droit à x conseillères fédérales). Non, simplement les hommes n'arrivent pas à imaginer qu'un pays puisse fonctionner avec une majorité de femmes à sa tête. Et comme en plus ils n'osent pas le dire, ils trouvent toutes sortes d'arguments plus fallacieux les uns que les autres pour prétendre qu'avec des hommes, ça va quand même mieux. C'est sans doute aucun le premier aspect de leur incompétence et, bien entendu, de leur machisme légendaire !

     

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  • Plus ça change, plus...

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    Enfin, enfin ! Il part ; il va partir. Qui donc ? Mais Moritz Leuenberger, voyons. L'intellectuel du Conseil Fédéral (Ah ?, et les autres ?) va tirer sa révérence. Il n'est pas encore loin que déjà les partis songent aux champions qu'ils vont mettre dans les "starting-blocks". L'UDC revendique un deuxième Conseiller qui lui reviendrait de droit (divin ?). Les radicaux-libéraux vont rester tranquilles, ne voulant pas hypothéquer leurs chances de garder le siège de Hans-Rudolf Merz. Le PDC, par la voix de son président (on dirait qu'il est le seul dans ce parti à pouvoir parler) afirmera sans doute qu'on verra tout ça en temps utile. Les socialistes, connaissant le fonctionnement du parlement, savent déjà qu'ils n'ont pas beaucoup de souci à se faire. Restent les "Verts" qui aimeraient bien avoir l'air mais qui n'ont pour l'instant pas l'air du tout.

    Bref, le grand "show" va commencer. Et comme l'élection aura lieu au mois de décembre, nous citoyens, allons avoir droit à tous les chapitres d'un mauvais roman sans cesse renouvelé : les partis et les parlementaires se donnent de grands frissons - à chaque élection d'un conseiller fédéral - en sachant bien entendu que tout est joué d'avance. Et comme tous les candidats papables seront naturellement les meilleurs possibles, il ne sera pas difficile d'élire le/la socialiste. En outre - je ne sais pas si vous avez remarqué - devenir Conseiller fédéral comporte des risques : ça vous transforme. Vos compétences s'évaporent et l'on se demande - surtout ceux qui vous ont élu - comment on a "bricolé" pour amener un(e) incompétent(e) pareil(le) dans le collège des sept Sages !

    Je ne peux m'enlever de l'idée qu'il doit bien y avoir - ici et là - quelques rancoeurs de la part des parlementaires. Certains doivent se dire qu'incompétence pour incompétence, ils auraient très bien pu faire l'affaire...D'autres se disent secrètement - comme P. Couchepin l'a si bien exprimé "ce sont encore les chefs qui commandent". Et bien entendu, élire un Conseiller fédéral est une fonction de chef.

    Bref, nos parlementaires, le siège vissé aux fesses de peur de se retrouver simplement sur leur c.. font tout pour nous montrer leur courage. En effet, ils ne manquent pas de courage. Ce qui leur manque, c'est la place pour le mettre.

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  • Merci M. Göldi

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    Après 695 jours de captivité en Lybie pour des crimes que vous n'avez pas commis, vous voilà rentré au pays. Très franchement et malgré toute la bonne volonté que je puis y mettre, je peine à imaginer ce que fut votre calvaire. C'est sans doute davantage l'incertitude que la durée qui a dû vous plomber le moral. Vous avez pourtant magnifiquement tenu le coup. A votre place il n'est pas certain que j'aurais eu le même courage.

    Pendant tout ce temps, en Suisse, les citoyens, les politiciens, tout le monde s'est agité et avait le solution. Tous savaient ce qu'il fallait faire pour vous extraire des geôles du scélerat Khadafi. Que n'a-t-on entendu sur Merz, Calmy-Rey, les parlementaires de tous bords, la police genevoise...Tous ont été mauvais alors que personne, ou pesque, n'a fustigé la scélératesse du colonel qui s'est assis - avec un grand pied de nez à la communauté internationale - sur les principes fondamentaux du droit international : la prise d'otages est un crime. Alors parler de laver l'honneur, de se venger de l'humiliation d'un fiston plus que mal élevé par des agissements qui relèvent chez nous de la cour d'assises relève de la mauvaise foi la plus crasse.

    Finalement ce qui m'a frappé le plus, c'est vous. Tout au long de cette sombre affaire qui vous a coûté injustement deux années de votre vie, vous avez gardé une dignité qu'il serait injuste de ne pas relever. Votre conduite a été irréprochable. Pour cela, c'est un grand merci que l'on doit vous adresser pour la leçon que vous venez de donner à votre pays.

    Quant au clan K. il m'inspire une pensée d'Helvétius : "les hommes sont si bêtes qu'une violence répétée finit par leur paraître un droit".

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  • Parler français en Suisse ? inutile...

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    Il y a des situations qui me donnent à penser que les citoyens ne sont pas tous égaux. Ou alors il y en a qui sont plus égaux que les autres. On n'arrête pas de demander à tous ceux qui vivent dans notre pays d'apprendre au moins une langue nationale, que c'est le minimum pour pouvoir s'intégrer, surtout si l'on est considéré comme appartenant "au bas de l'échelle sociale".

    Je partage pleinement cet avis et j'applaudis au travail réalisé par des associations comme l'Université populaire du Canton de Genève qui dispense des cours de français à des prix sans concurrence parce que tous les enseignants sont bénévoles. Il conviendrait de parler davantage de tout ce qui se fait dans le domaine des langues - et du français en particulier - avant de hurler sur-les-étrangers-qui-ne-font-aucun-effort-pour-apprendre-le-français. Et il y en a qui ont même l'outrecuidance de demander leur naturalisation...

    Mais qu'observe-t-on dans les faits. On analysant la situation d'un peu plus près on se rend compte que plus les non francophones occupent des postes dits importants et...moins ils parlent notre langue. Pas le temps, inutile (tout le monde parle anglais). C'est extraordinaire d'entendre le silence assourdissant de nos autorités à ce sujet.

    Comparaison n'est évidemment pas raison, mais quand j'entends le patron de Credit Suisse (sans accent aigu, une autre concession) s'exprimer en anglais comme représentant d'une banque suisse, quand j'apprends que M. McSorley, après presque 10 ans à Genève, n'est pas capable - semble-t-il - d'aligner une phrase dans la langue de Rousseau, je ne peux m'empêcher de penser que ces gens-là font bien peu de cas de leurs hôtes.

    Quand on gagne presque 100 millions de francs par an et qu'on ne parle pas une seule des langues nationales, quand on ne réussit pas à mener un club de hockey sur la plus haute marche et qu'on ne parle pas le français, il ne s'agit plus d'erreurs. Non, ce sont des fautes...Les mêmes d'ailleurs qu'on ne pardonne pas aux sans-grade. Selon que vous serez puissant ou misérable...

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