30/10/2009

Pathétique Miguel Stucki

Je comprends, Cher Monsieur, que vous cherchiez à faire libérer un otage. Vous n'êtes pas le seul. Mais pour vous ce n'est pas n'importe lequel. Un collaborateur proche ou un associé mérite bien quelques accomodements avec les faits. Je ne vous en blâme pas. Je trouve néanmoins surprenant que vous puissiez demander à un de nos magistrats de s'aplatir devant le tyran de Tripoli. Quelles que soient les circonstances, les responsabilités de la police de Genève, il serait bienséant de vous souvenir que la prise d'otages ne fait pas partie des pratiques du droit international sinon pour en condamner le côté particulièrement pervers.

J'essaie d'imaginer la police genevoise arrêtant M. Jean Sarkozy dans les mêmes circonstances que H.K. Le Président de la République aurait-il demander que l'on séquestre quelques Suisses de France, comme cela, juste comme représailles ? Ah, la France est un état de droit. Ce qui veut dire que la Libye ne l'est pas !

Non, les pratiques de Tripoli sont parfaitement méprisables. Seules, dès lors, des négociations discrètes sont susceptibles de faire avancer les choses avec, pourquoi pas, des bons offices ou une représentation de notre Etat par un autre. Laissons travailler la diplomatie. L'avocat qui a travaillé à la libération des infirmières bulgares a donné une très fine analyse dans la TG de la situation. Ce n'est malheureusement pas avec des gesticulations incongrues - il y en a déjà eu beaucoup trop - que nos compatriotes reviendront.

Alors de grâce, n'intervenez plus de cette manière. Vous nuisez à la cause.

 

 

29/10/2009

Métro et mouettes

Quand les Lausannois inaugureront leur deuxième métro, à Genève on votera certainement pour savoir si augmenter le nombre des mouettes de 4 à 8 pour traverser la rade n'est pas une dépense inutile...

Quand bien même le CEVA ne serait pas indispensable immédiatement, il le deviendra un jour ou l'autre. Alors osons un peu parier sur l'avenir.

Je voterai donc oui au CEVA.

25/10/2009

médicaments, médecins et assurances...

Alors que j'officiais dans le domaine de l'assurance-maladie, il y a plus de 30 ans, la propharmacie posait déjà problème ! On s'interrogeait déjà sur la nécessité d'autoriser certains médecins à distribuer - et facturer - des médicaments. De fait et sauf cas particulier - et ils sont rares - il n'y a aucune raison que les médecins soient en quelque sorte aussi pharmaciens. La Suisse romande a pratiquement été épargnée par ce phénomène qui reste - et de loin - l'apanage de la Suisse alémanique.

Cela précisé, pour contenir - et non pas réduire ! - les cotisations aux assurances-maladie, il faudra impérativement que l'on s'attaque aux vrais problèmes et que l'on arrête de taper sur les caisses-maladie que l'on a décidé de désigner comme boucs-émissaires. Certes, leur manière de communiquer est assez déplorable et la transparence n'est pas leur fort. Croire cependant que la réduction des réserves va suffire à faire baisser vos cotisations est d'une naïveté désarmante.

Comment voulons-nous  arriver à stabiliser les cotisations si nous n'arrivons pas à stabiliser les coûts ? La santé publique est un domaine affreusement difficile à gérer, et cela dans la plupart pour ne pas dire la totalité des pays. Pourquoi ferions-nous exception ? Et le jeu des chaises musicales qui consiste à changer de caisse chaque année n'est qu'un pis-aller. Le peuple n'a pas voulu - lui a-t-on fait peur ? - de caisse unique, se rendra compte un jour ou l'autre que la plus grande partie des caisses auront disparu ! Peut-être n'en restera-t-il qu'une seule, privée ! Qu'aurons-nous gagner ?

Alors, caisse unique ou pas caisse unique, c'est sur les coûts qu'il faudra agir. Et là, de toute évidence, il y aura des choix difficiles. Certes des économies sont possibles au sein des organismes de santé. On pourra compresser les coûts administratifs encore un peu. Et qu'on ne vienne pas dire que les dirigeants gagnent trop ! Non les choix difficiles ce sera, comme vient de le dire P. Couchepin - pour une fois que je suis d'accord avec lui - diminuer le nombre des hôpitaux, réfléchir à la rémunération des médecins, se pencher sérieusement sur le prix des médicaments. Mais dans nos sociétés "hypertechnologisées" il est difficile de faire comprendre aux patients que le dernier traitement vanté dans la presse n'est pas forcément adapté ni nécessaire à leur cas. Il faudra aussi leur faire comprendre qu'un hôpital n'est pas indispensable à chaque arrêt de bus ou de tram. Il faudra aussi faire admettre qu'un petit bobo peut parfois être traité en payant de sa poche, qu'un emballage de paracétamol est délivré sans ordonnance. Il y aurait encore mille exemples.

Les conseillers fédéraux en charge du dossier - P. Couchepin y compris - se sont pratiquement tous cassé les dents. Non par incompétence, mais simplement parce que s'attaquer aux lobbies n'est guère chose aisée et électoralement peu payant !

La santé n'a pas de prix, mais elle a un budget, surtout pour nombre de familles à petits revenus.

Alors, ou bien on poursuit les sempiternelles discussions sur la responsablité supposée des caisses-maladie, ou bien les autorités empoignent le problème comme il aurait dû le faire depuis longtemps : avec détermination et probité intelllectuelle.

Les boucs-émissaires, c'est peut-être intellectuellement satisfaisant, mais ça ne fait pas baisser les primes d'assurances. On ne peut pas s'offrir une Rolls pour le prix d'une Fiat 600.

Définition...

Le dictionnaire de l'Académie Française définit comme suit le mot otage :

2. Personne, choisie en général arbitrairement, que des individus détiennent de force et menacent de tuer, pour contraindre une collectivité, un État à céder à leurs exigences.

Question

Les deux Suisses retenus en Libye répondent-ils à la définition ci-dessus ?

a) La réponse est oui ; alors oui, ce sont bien des otages. Laissons travailler nos édiles.

b) La réponse est non ; alors, il faut inviter le colonel à planter sa tente sur la prairie du Grütli le 1er août prochain. Ca nous changera des skins.

 

 

19/10/2009

Cauchemar...

La nuit dernière, j'ai fait un horrible cauchemar. Certes un cauchemar horrible est sans doute un poil pléonastique, je vous l'accorde. Mais la situation étant ce qu'elle était, je n'ai pu faire autrement que d'accoler cauchemar avec horrible !

J'en viens à l'essentiel. Dans un communiqué laconique, la Commission européenne informe de sa décision d'interdire, dès le 1er janvier prochain, aux citoyens européens non résidents en Suisse, le droit d'y exercer une activité lucrative.

Les xénophobes sont ravis : ils aiment les étrangers quand ils restent chez eux. Certains habitants de communes limitrophes de la France sont ravis : le trafic pendulaire va disparaître. Certain parti politique sera ravi : cela va résorber le chômage, complètement ; enfin on le pense. Et comme on vient d'interdire la construction des minarets, tout va bien, la Suisse maîtrise la situation. Enfin presque.

J'avance dans mon cauchemar ; Vers le 10 janvier, plusieurs décès dans les EMS sont annoncés : manque de soins, personnel très nettement insuffisant. Le 21 janvier, 137 entreprises ont déjà été mises en faillite : pas assez de personnel. Les chômeurs, spécialement à Genève - tous compétents bien sûr - ne « cadrent » pas avec ce que cherchent les entreprises. Même l’administration est touchée : des guichets ont été fermés et les files d’administrés s’allongent. La colère gronde.

On rapporte - c’est la seule lueur dans mon cauchemar - que de nombreuses entreprises étrangères ont décidé de quitter Genève. Des appartements se libèrent en masse.

Les Roms sont partis ; pas de chance, ils ont été remplacés par des Genevois et on ne peut pas « les nettoyer au Kärcher ».

Le Conseil d’Etat vient d’annoncer que vu la situation, la construction du CEVA était inutile. On abandonne…Conséquence : deux gros entrepreneurs vont déposer leur bilan.

Je suis en train de lire dans le journal que…lorsque le coq de mon voisin me tire d’un sommeil dévastateur.

J’allume la radio qui m’informe immédiatement que les sondages sont très serrés et que les minarets sont en danger. De même pour le CEVA. M. Stauffer a été élu au Conseil d’Etat - les mendiants sont inquiets, les frontaliers aussi. C’en est trop. Je retourne me coucher. Après tout, mon cauchemar n’était pas si terrible.

 

12/10/2009

Six sur dix...

Près de 6 "électeurs" sur dix sont restés chez eux disait-on autrefois quand le vote s'exprimait directement au bureau de son quartier. A l'heure actuelle ils sont de nouveau 6 sur 10 à être chez eux, leur enveloppe de vote planquée dans la pile des vieux papiers entre une pub de E-Phone et un exemplaire de 20 minutes dont ils se servent pour allumer la cheminée. L'enveloppe de vote, ils ne l'ont même pas ouverte.

Je croyais que les politiciens étaient élus pour faire de la politique, qu'ils devaient légiférer et gouverner. Et bien pas du tout. A Genève, ils s'écoutent respirer, ou, comme le chantait Jacques Brel, ils écoutent leurs cheveux pousser. Quel triste spectacle ! L'avancée du MCG n'arrangera probablement rien. On ne légifère pas avec des slogans outranciers tout comme on ne fait pas avancer la situation de la République en s'opposant aux propositions des autres simplement parce que ce sont les autres.

Bien sûr me dira-t-on, l'abstention n'a aucune excuse. Et puisque dans nos démocraties on peut donner son avis, donnons-le ! Je persiste néanmoins à m'interroger sur la véritable légitimité (aritmétique) du vote. Il n'y a vraiment pas de quoi pavoiser - même au MCG - quand tant de citoyens - lassés probablement par un égocentrisme partisan stérile - en viennent à bouder les urnes.

Tous les élus devraient se pencher sur le problème avant de claironner, comme le fait M. Stauffer, que l'on va "nettoyer" la ville de ses mandiants en 45 jours.

Finalement nous avons les politiciens que nous méritons...

 

07/10/2009

La racaille est vaudoise...

Dans mon journal préféré, je lis ce matin qu'un cyberproxénète a été arrêté...à Annemasse. selon le journal, il est vaudois. Ce qui me laisse à penser que la racaille est un produit qui s'exporte et qu'elle n'est pas là où on voudrait nous faire croire qu'elle se trouve !...

Mais surtout ne me faites pas dire ce que je ne dis pas :  Je ne parle pas de la racaille du canton de Vaud, mais seulement d'un seul de ses "représentants".

Il n'y a que l'amalgame du dentiste qui est bienfaisant. Tous les autres sont dangereux.

06/10/2009

La TG mal prise ?

Il n'y avait aucun doute : l'annonce de l'UDC allait provoquer. Elle a provoqué ! Il n'y avait même pas besoin de la lire : ouvrir le journal suffisait à prendre son haleine fétide en pleine figure. Et au fond - avouons-le - nous aurions tous été surpris que l'UDC exprimât un avis positif. Ce parti ne fait donc que confirmer ce que tout le monde sait déjà : un esprit étroit et des idées qui narguent certaines dispositions du code pénal. Il n'y a donc rien de surprenant dans la propagande électorale de l'UDC. Certaines voix s'élèvent au sein de ce même parti pour (se) demander si par hasard - ou non - "on" ne serait pas allé un peu trop fort et trop loin. Il sera intéressant de voir comment tout cela va finir à l'interne. Tout le monde a droit de se tirer une balle dans le pied. Ca fait généralement mal et ça peut se gangrener. Bref.

La suite a trait à l'attitude de la Tribune de Genève : avait-elle le droit de laisser paraître cette annonce ou devait-elle la refuser ? D'après la multitude de commentaires indignés, la TG devrait - semble-t-il - plaider coupable. Je ne suis pas sûr que le refus de faire paraître un texte soit une si bonne idée que cela.

Le refus de faire paraître porte un nom : la censure. La censure, c'est laisser un individu ou une poignée d'individus décider de ce que vous avez le droit de lire ou de na pas lire, de voir ou de ne pas voir. La censure, c'est l'arbitraire. La censure, c'est vous faire l'injure de vous considérer comme des imbéciles incapables de comprendre. La censure est indigne d'une démocratie. Je ne suis pas en train de défendre la TG et je n'y ai aucun intérêt financier ou autre. Ayant exercé dans la disttibution de la presse, j'ai été confronté de nombreuses fois à des choix tels que celui que la Tribune a dû faire : oui ou non. Le législateur demande de prendre les mesures nécessaires mais se garde bien de définir les limites. Résultat : ou vous violez la loi ou vous censurez. Dans le doute, il me semble que le "viol" de la loi me paraît "préférable". Il y a au moins un aspect positif, c'est que l'UDC ne pourra pas se déclarer victime de la censure. Elle a montré son vrai visage. Tant mieux.

Quant à croire que l'aspect purement financier a fait pencher la balance en faveur de la publication, c'est oublier l'indépendance de la rédaction. D'habitude, c'est l'annonceur qui fait pression sur une rédaction !

Je comprends les réactions outrées de la très grande majorité des lecteurs. Je partage pleinement ce sentiment d'incompréhension. Je rappelle néanmoins que le bulletin de vote est une arme redoutable : personne ne vous oblige à glisser un bulletin UDC dans l'urne. Il y a malheureusement encore trop de gens qui hurlent...mais qui ne votent pas. Mais il n'est pas trop tard pour exprimer vos choix et barrer la route à ceux qui dépassent les limites d'une campagne digne.

 

 

05/10/2009

Pub UDC : une sale blague

On m'a demandé ce matin ce que je pensais de la publicité électorale de l'UDC parue dans mon quotidien préféré.

"Il y a des gens qui ne me font pas penser" ai-je été obligé de répondre franchement.

03/10/2009

Lettre à un voisin musulman

Je n’ai sûrement pas besoin de t’informer que dans notre pays, un nombre important de citoyens et citoyennes ont signé une initiative pour vous interdire - à vous les musulmans - de construire des minarets. A la rigueur, on veut bien tolérer une mosquée, mais les minarets, niet !

 

A ce sujet d’ailleurs, un de mes amis footballeurs m’a dit : « c’est comme si on autorisait la construction de stades, mais sans les tribunes… ». Mais bon, ce n’est qu’une boutade, tu l’auras compris.

 

En revanche, l’initiative, soutenue par un important parti politique de Suisse (Important à mon avis par le pourcentage, mais pas pour les idées), n’est pas une boutade. Les initiants veulent réellement vous interdire de construire des minarets. Ils en ont fait une fixation. Et tous les (faux) arguments) y passent : vous voulez dominer le monde, les minarets ne sont que le signe extérieur de votre volonté de puissance, vous souhaitez « déchristianiser » notre beau pays, vous appelez à la guerre sainte, vous voulez obliger le Conseil fédéral à instaurer la charia, vous allez demander la démolition de toutes les églises (avec ou sans clochers). Bref, dans une cinquantaine d’années (pour certains ce sera beaucoup plus tôt) le muezzin, du haut de son minaret, nous appellera pour la prière. Bref, tous les Suisses devront disposer d’un tapis de prière et observeront le ramadan. Les curés et les pasteurs seront emprisonnés, probablement torturés et enfin exécutés parce qu’impies.

 

Voilà la vision cauchemardesque qu’essaient de nous faire avaler les tenants de ce texte méprisable.

 

Il ne nous reste donc peu de temps - à toi et à moi - pour faire comprendre à ceux qui vont voter qu’il ne suffit pas d’interdire les minarets pour régler le problème de l’islamisme, dont tu ne fais pas partie. L’islamisme est sans doute dangereux, comme le sont certains de ses serviteurs serviles. Le christianisme aussi a été - et est parfois encore - dangereux : souviens-toi de l’Inquisition. Moi qui suis passionné d’astronomie je pourrais te raconter les mésaventures de Galilée. Giordano Bruno a encore eu moins de chances : il a tristement fini sur un bûcher édifié au Campo dei Fiori.

 

Alors voilà ce que je te propose : il reste un peu moins de deux mois avant le vote. Et comme je te sais modéré et respectueux de tes concitoyens, tu vas leur expliquer ce qu’est ton islam. Un à un tu vas leur dire que tu n’a nulle intention de t’en prendre aux chrétiens. Tu veux simplement pouvoir pratiquer ta religion et que tu penses - tu me l’a dit - que les femmes musulmanes n’ont pas encore la place qu’elles méritent dans notre société. Par la même occasion tu demanderas aux chrétiens pourquoi ils ont tant peur de toi. Avec des mots simples tu leur expliqueras que tu souffres d’être assimilés à un terroriste, que tu ne souhaites pas de faire exploser dans la cathédrale St-Nicolas de Fribourg ni dans une synagogue de Genève. Tu leur diras toute la déréliction que provoque en toi le conflit du Proche Orient et que tu es très attaché à l’initiative de Genève. Je te sais capable de ces mots qui apaisent et qui permettent la discussion. Bref tu leur diras que tu es musulman et non islamiste ! Et si les gens t’écoutent avant de refermer leur porte, alors nous aurons une chance de barrer la route à ceux qui nous montrent un poing plutôt que de nous tendre la main. Les pauvres ! Ils sont encore plus intolérants que ceux qu’ils prétendent combattre.

 

De mon côté, je ferai de même avec les chrétiens auxquels « j’appartiens ». Je leur dirai qu’ils se trompent d’ennemi. Je leur demanderai d’écouter, peut-être de comprendre, avant de condamner. Je leur demanderai de réfléchir aux conséquences d’un rejet des minarets, des rancœurs qu’elles vont distiller. Je ne leur dirai probablement rien sur les possibles attentats que pourrait nous apporter une décision épidermique et incontrôlée.

 

J’aurais encore mille choses à te dire, mon cher voisin, mais il se fait tard et comme nous sommes d’accord sur l’essentiel, je préfère ne pas allonger. Mais quand même, dans ce beau pays, il faudra bien qu’un jour, nous soyons capables de cohabiter autrement qu’à coups de menaces, d’intolérance et d’irrespect. C’est à ce prix, à ce prix seulement, qu’on pourra parler de démocratie.