27/03/2010

Illustre, mais pourtant inconnu

Semaine après semaine, je vous présente un bref portrait d'un savant qui a marqué son époque dans le domaine des sciences et plus particulièrement dans ceux de la physique, astronomie et astrophysique.
C'est aujourd'hui le tour d'un certain Urbain Le Verrier,  astronome et physicien français qui a associé son nom à la découverte d'une planète.

leverrier-photo-2.jpgUrbain LE VERRIER (1811 - 1877)

D'abord chimiste, c'est par hasard qu'il découvrit l'astronomie et plus particulièrement la mécanique céleste qui, avec lui, connut ses plus grands succès, avec la découverte de Neptune par le calcul. La publication de nouvelles tables d'Uranus en 1821 en désaccord avec les précédentes amenèrent Le Verrier à se poser la question de l'existence d'une planète inconnue. Il partit de l'idée que les perturbations d'Uranus étaient dues à l'action troublante d'une planète existant au-delà d'Uranus. Il prit comme inconnues de son problème la masse et les coordonnées elliptiques de cette planète hypothétique. Et après 12 mois de calcul, il parvint à déterminer sa position dans le ciel, sa masse et son diamètre apparent probable. Ce qui fit dire à Arago "qu'il (Le Verrier) avait vu le nouvel astre sans avoir besoin de jeter un seul regard vers le ciel ; il l'a vu au bout de sa plume. Il a déterminé par la seule puissance du calcul la place et la grandeur d'un corps situé bien au-delà des limites jusqu'alors connues de notre système planétaire." C'est finalement l'astronome allemand Galle qui en fit la découverte en 1846 sur la base des calculs de Le Verrier.

08:00 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

20/03/2010

Illustre, mais pourtant inconnu !

Notre voyage en zigzag à travers les grands esprits se poursuit aujourd'hui par un bref portrait d'un homme, qui, il y a 23 siècles, a déterminé d'une manière si précise qu'elle force l'admiration la longueur de la circonférence terrestre. Son nom ? Eratosthène, Un Grec d'Alexandrie.

E R A T O S T H E N E (v. 284 - v.192 av. J.-C.) 

eratosthene.jpgVoilà probablement un personnage dont le nom ne dit pas grand chose à pas grand monde ! Et pourtant, ce Grec érudit (n'était-il pas géographe, mathématicien, astronome, grammairien, philosophe et poète ?) ayant vécu à Alexandrie, possède une place de choix dans le monde de l'astronomie. Excellent mathématicien, Eratosthène se servit de la théorie des angles "alternes-internes" pour calculer le rayon de la Terre et il fut le premier à évaluer assez précisément la longueur de la circonférence de la Terre. Quand bien même son résultat extraordinairement précis pour l'époque est parfois considéré comme étant le fruit de circonstances heureuses, il fallait le faire ! Surtout au troisième siècle avant J.-C. Eratosthène dut se sentir bien seul avec son résultat. Qui, il y a vingt-trois siècles, se souciait de la rotondité de la Terre alors que tout le monde la croyait plate. Et qui d'ailleurs s'en soucie aujourd'hui à part quelques spécialistes. Il n'empêche. Eratosthène reste un exemple de ce que l'on appellera la curiosité scientifique, celle qui considère que rien n'est jamais définitif, qu'une découverte n'est pas une fin en soi mais un commencement.

Eratosthène s'est également illustré dans la recherche des nombres dits premiers, ceux qui ne se divisent que par un ou par eux-mêmes, On appelle cela le crible d'Eratosthène.

08:00 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

19/03/2010

Un mort à 460 volts

Je reviens quelques instants sur le "jeu de la mort" diffusé il y a quelques jours sur nos antennes suisse et française de télévision. Je ne sais pas ce que vous en avez retiré, mais en ce qui me concerne, j'en reste encore terrifié. D'abord par le nombre incroyable de candidats qui ont joué le "jeu" jusqu'au bout. Bien calé dans mon fauteuil, je me suis dit qu'il fallait être sacrément pervers pour infliger à son prochain des décharges électriques au fait qu'il ne répondait pas correctement à des questions sur un plateau de télévision. Non ce n'est pas possible, c'est une imposture, c'est une blague. Et puis j'ai été plus terrifié encore lorsque je me suis posé la question : "tu te serais arrêté à quelle décharge ? 20 volts, 120 volts, 460 volts ? Tu aurais tué un joueur pour une question futile ? Ma terreur est venue du fait que j'étais incapable de donner une réponse. Je ne sais pas ce que j'aurais fait à leur place. Alors bravo à tous ceux, quel qu'en fut le moment, qui ont dit "stop". S'opposer à "l'autorité" ne semble pas si aisé que cela.

En fait j'avais déjà vu le sujet il y a de très nombreuses années et j'avais été très impressionné. En remettant une couche, la télévision a sans le savoir, renforcé ma détermination à dire non si une si scandaleuse occasion devait se présenter.

Que dire maintenant de toutes les "autorités" qui imposent à leur concitoyens de commetre toutes sortes de choses, au nom de la raison d'Etat, de la défense du territoire, de l'idéologie, de l'honneur national, du racisme, de l'antisémitisme, de la haine et j'en passe en leur "promettant" le pire s'ils n'obéissent pas. Comment réagir face à ceux qui vous disent "on m'a obligé" ? "Je ne voulais pas, mais on m'a obligé ?"

Décidément l'animal humain est bien complexe et il est souvent très facile de se mettre du bon côté "a posteriori"

J'aimerais être sûr de répondre non si d'aventure on me demandait de pousser le levier des 460 volts au nom d'une autorité quelconque, fut-elle légitime.

13/03/2010

Illustre, mais pourtant inconnu !

Aujourd'ui, je cède la plume à une proche voisine qui préfère se présenter soi-même. Il n'y avait aucune raison de ne pas accéder à son désir.

LA LUNE (-4,5 MILLIARDS D'ANNéES - ?)

lune.jpg

Pour une fois, ce n’est pas le rédacteur qui se chargera de ma biographie. Je me crois suffisamment adulte pour me présenter toute seule.
Donc, voilà : je suis née il y a environ 4,5 milliards d’années (on n’est pas très sûr car l’état civil de l’époque était encore assez rudimentaire). Depuis toujours - semble-t-il - je tourne autour de vous qui ne me croyez bonne qu’à vous éclairer la nuit, à provoquer des éclipses de Soleil et des marées. Après tout je pense que ce n’est pas si mal du tout. D’accord, quand vous regardez ma photo, vous imaginez tout de suite le pire et vous vous dites :”la Lune est malade”. Vous dites encore :”Elle a dû avoir la petite vérole”. En fait pas du tout. Il est vrai que je suis un peu pâle. Mais dans ma jeunesse et pratiquement durant toute ma vie, j’ai manqué un peu d’air. Et puis je n’ai pas eu la petite vérole. Mais là où je suis, il y a énormément de poussière et parfois des petits cailloux me sont arrivés en pleine figure. Et comme j’ai une peau délicate, ça a laissé des traces. Le chirurgien esthétique que j’ai consulté m’a dit qu’il ne pouvait rien faire ! Faut faire avec. Encore une chose : comme on doit passer encore pas mal de temps ensemble - vous et moi - je vous demande un peu de compréhension à mon égard. Et quand quelqu’un dira qu’il est dans la lune, n’en croyez pas un mot. Quand même je le saurais ! Certains de vos congénères me prétendent pudique car je vous cache une partie de mon anatomie. C’est vrai, mais après tout la pudeur n’est pas une tare. Et puis tout cela n’est pas tout à fait vrai : quand je vous montre ma face cachée, c’est vous qui ne regardez pas. Dernier détail technique : je mesure 3476 km de diamètre. Sur Terre vous dites comment ? Un petit 38 ? Lune ou pas, on a sa coquetterie...

Photo NASA

06/03/2010

Illustre, mais pourtant inconnu !

La semaine dernière je vous ai proposé une brève présentation d'un des plus grands mathématiciens connus : Euler. Aujourd'hui, je change à nouveau d'époque en revenant au 20 ème siècle.

Je vous livre quelques éléments concernant Fred Hoyle, un physicien anglais qui n'avait - semble-t-il -pas la langue dans sa poche !

Fred HOYLE 1915 - 2001

hoyle2.jpgSans Fred Hoyle, pas de "big bang" ! En effet, c'est lui "l'inventeur" de cette expression que tout le monde connaît maintenant...Fred Hoyle s'était opposé à cette nouvelle théorie du big bang, lui qui pensait que nous vivions dans un univers stationnaire, à savoir que l'univers est bien en expansion, mais que sa densité demeure constante car de la matière se crée en permanence au coeur des étoiles. C'était en 1948. Né dans une famille modeste du Yorkshire, le jeune Fred a de la peine à se couler dans le moule d'une éducation britannique traditionnelle. Plutôt précoce, il fait des multiplications et à 4 ans il sait lire l'heure ! "Séchant" les cours Fred Hoyle va au cinéma et apprend à lire en regardant les textes au bas des films muets ! Mais c'est à 12 ans que sa vocation se dessine : au cours d'une sortie nocturne, il découvre les étoiles : il est, dit-il, davantage en contact avec le ciel qu'avec la Terre. Il entre à l'Emmanuel College de Cambridge. Il y rencontrera les plus grands de son époque : Eddington, Heisenberg, Bohr ; et puis il travaille avec Dirac. Hoyle est un homme qui n'a jamais hésité à sortir des sentiers battus. Il critique le comité Nobel qui attribue son prix de physique à Hewish pour la découverte des pulsars, alors que c'est son étudiante Jocelyn Bell qui a fait l'essentiel du travail. Enfin, tenté par l'aventure américaine, Hoyle séjournera 10 ans à l'observatoire Hale. Il reviendra à Cambridge, sera fait Lord par la reine d'Angleterre et prendra fait et cause pour la théorie de la panspermie. Mais aucun prix Nobel ne viendra jamais couronner cet esprit brillant, probablement trop turbulent pour en recevoir un...

(Photo archives Caltech)

08:00 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27/02/2010

Illustre et pourtant inconnu !...

Cette semaine, je vous propose un savant suisse, inconnu comme son nombre (non ce n'est pas une faute de fappe !). Comme le grand collectionneur Beyeler, le savant dont je vous brosse un (très) bref portrait est aussi bâlois. C'est sans doute le seul point commun entre ces deux hommes.

Victor Hugo aurait dit : « ce siècle avait 7 ans » quand Leonhard vint au monde. Qui aurait pu prédire que le monde tenait alors l’un de ses plus grands mathématiciens ! Né à Bâle (Suisse) fils d’un euler.jpgpasteur, il était destiné à devenir pasteur lui aussi. Mais très vite la passion des mathématiques sera plus forte et il ne deviendra pas l’ecclésiastique que son père espérait en faire. Élève et ami de Bernouilli - autre mathématicien célèbre - il exercera ses talents en Russie, à St-Petersbourg, à l’académie des sciences. Devenu aveugle à la suite de problèmes de santé, Euler n’en continua pas moins à étonner son entourage grâce à une mémoire semble-t-il prodigieuse. Rares sont les auteurs aussi prolixes que lui : il a écrit pas moins de 800 articles et ouvrages.
Dans le domaine de la physique, il est l’un des rares de son époque à avoir soutenu la théorie ondulatoire de la lumière et étudia les mouvements de la Lune avec Clairaut. Si le génie devait porter un nom, assurément pourrait-on lui donner celui d’Euler qui s’éteignit à St-Petersbourg en 1783.

Leonhard EULER (1707 - 1783)

08:00 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24/02/2010

Illustre mais pourtant inconnu !

Désolé, je vous ai posé un lapin la semaine dernière, mais un deuil dans ma famille très proche m'a empêché de vous rendre la petite visite hebdomadaire que je m'étais promis de réaliser.

Mais dès samedi, tout rentrera dans l'ordre et vous pourrez découvrir à nouveau le portrait d'un "célèbre inconnu".

A bientôt donc et merci de votre patience.

18:22 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

13/02/2010

Illustre, mais pourtant inconnu !

Après vous avoir présenté brièvement l'Abbé Lemaître la semaine dernière, nous allons changer de pays et d'époque ! Dirigeons-nous vers le nord et arrêtons-nous en Suède.

 

Celsius-Head copie.jpgAnders CELSIUS - 1701 - 1744

Né à Uppsala (Suède) en 1701, le jeune Anders appartient à une famille de savants ! Il deviendra professeur d’astronomie à l’université de sa ville, à la suite de ses deux grands pères et de son père. En 1732, il entreprend un voyage qui durera 4 ans et le mènera dans la plupart des grands observatoires européens. Grand connaisseur des aurores boréales il publiera un recueil de plus de 300 observations. Il sera le premier à établir une relation entre les aurores boréales et des causes magnétiques.

En 1737, il participe à un voyage en Laponie avec Maupertuis pour mesurer la longueur d’un degré de méridien. La thèse de Newton selon laquelle la Terre serait aplatie aux pôles sera ainsi confirmée ! Grâce à cette expédition et la notoriété qu’elle lui confère, Celsius pourra récolter les fonds nécessaires à la construction de l’observatoire d’Uppsala dont il deviendra directeur.

Celsius pratique aussi des observations météorologiques. En 1742, il élabore un nouveau type de thermomètre à mercure à échelle centésimale : le point zéro représente le degré d’ébulition de l’eau et le point 100, le point de congélation de l’eau. Après la disparition de Celcius, l’échelle sera inversée.

Celsius mourra en 1744 déjà des suites de la tuberculose.

06/02/2010

Illustre et pourtant inconnu

Nous étions la semaine dernière en compagnie d'un certain Tycho Brahe qui collabora avec Kepler. Cette semaine, je vous emmène à la rencontre de Georges Lemaître, l'un des plus éminents physiciens du 20ème siècle

Georges LEMAÎTRE 1894 - 1966

lemaitre.jpgOn ne saurait dire si Georges Lemaître, prêtre, astrophysicien et mathématicien belge était avant tout prêtre ou astrophysicien. En tous les cas, il a toujours su concilier sa foi avec les théories d'astrophysique qu'il explorait. Né à Charleroi en 1894, c'est à Louvain qu'il étudie les mathématiques et la physique. Ordonné prêtre en 1923, il deviendra professeur à l'université de Louvain en 1927.
S'appuyant principalement sur les recherches d'Einstein, de Friedmann et de Hubble, il est le premier à émettre l'idée que l'univers est en expansion, cette même année 1927. Invité à Londres au début des années trente, il développe alors sa théorie de "l'atome primitif". Plus on remonte dans le temps et plus les systèmes stellaires se rapprochent. A un moment donné l'univers se condense en un seul atome qui va finir par éclater : c'est la théorie du Big Bang (Notons au passage que c'est Fred Hoyle, astrophysicien britannique, très sceptique quant à cette nouvelle théorie, qui est a l'origine de l'expression de Big Bang. La théorie de l'expansion est maintenant reconnue par la quasi totalité du monde scientifique, mais l'expression de Hoyle, décédé en août 2001, est demeurée !...).
L'abbé Lemaître est alors reconnu comme le précurseur de la théorie de l'expansion de l'univers. Elu membre de l'académie pontificale des Sciences lors de sa création en 1936, il en deviendra le Président en 1960 et le restera jusqu'à sa mort en 1966.
On doit à Georges Lemaître la "discussion sur l'évolution de l'univers" en 1933 et "l'hypothèse de l'atome primitif" en 1946. Son parcours à la fois composé de raison scientifique et de foi n'a pas manqué de marquer les esprits de son temps. Il n'est donc pas surprenant non plus qu'un institut porte son nom à l'université de Louvain-la-Neuve.

30/01/2010

Illustre et pourtant inconnu

Comme chaque samedi, je poursuis la publication de portraits célèbres mais inconnus. Il n'y a aucune logique dans le choix. Juste des coups de coeur. Juste des personnages qui ont frappé mon imagination et qui, je l'espère, frapperont la vôtre !

Allons, cette semaine, au Danemark et occupons-nous d'un certain Tycho Brahe

Tycho BRAHE 1546 - 1601

Tycho_Brahe copie.jpgGénie précoce - il entra à l'université de Copenhague à 13 ans ! - Tycho Brahe s'intéressa d'abord à la philosophie et à la rhétorique. C'est un peu plus tard, en 1560, alors qu'il contemplait une éclipse partielle de Soleil que Tycho Brahe décida de consacrer sa vie à l'astronomie. A 17 ans, en 1563, il observa scrupuleusement une conjonction entre Saturne et Jupiter. Il s'aperçut alors qu'elle était prédite par les tables de l'époque, avec une erreur de près d'un mois ! Tycho s'efforcera donc d'améliorer la précision des observations astronomiques. Ses mesures et annotations très précises sur des supernovae (Qu'on qualifiait à l'époque d'étoiles nouvelles) et des comètes contribuèrent à réfuter la cosmologie d'Aristote, selon laquelle l'univers est immuable et constitué de sphères solides, les orbes. En 1588 eut lieu une des plus importantes rencontres de l'histoire de l'astronomie entre Tycho Brahe et Johannes Kepler, à Prague. Kepler était venu auprès de son homologue danois pour obtenir les mesures des excentricités de l'orbite de Mars, afin de montrer la validité du système héliocentrique - les planètes tournant autour du Soleil. (Tycho Brahe, lui, croyait alors au système géocentrique.). Après les avoir obtenues, ces mesures - ainsi que les observations de Mars - permirent à Kepler d'établir les trois fameuses lois sur les orbites planétaires qui serviront plus tard de base à un certain Newton pour ses travaux sur la gravitation.