22/11/2009

La faim sans fin ?

19/11/2009

Un enfant toutes les six secondes...

Je viens d'entendre ce matin à la RSR M. Zermatten affirmant que la "déclaration des droits de l'enfant" - après 20 ans d'existence - progressait. On ne peut que s'en réjouir. Je ne sais pas si nos enfants reçoivent moins de fessées qu'auparavant, je constate en revanche que la faim dans le monde progresse aussi. Un enfant meurt toutes les 6 secondes - de faim - parce que la FAO n'a pas encore réussi à convaincre ses membres que le droit à l'alimentation constituait une priorité.

Evidemment, il est facile de critiquer cette situation lorsqu'on mange trois fois par jour et que l'on ne soucie guère du lendemain puisque, à nouveau, on mangera trois fois...Il faut - comme disait Jacques Prévert dans un de ses poèmes "avoir le pain quotidien relativement hebdomadaire" - pour savoir ce que représente un ventre vide. Que des enfants crèvent de faim sans que le monde lève le petit doigt est un véritable scandale.

Bien sûr aussi, je vais être accusé de tout mélanger. Peut-être ! Quand je vois néanmoins le combat écologiste visant à réduire les gaz à effet de serre, je me dis qu'en menant le même combat contre la faim, on aurait déjà bien avancé.

On entend et lit partout qu'il faut arriver à une "société à 2000 watts". Je réclame aussi - pour tous - une "société à 2000 calories."

 

25/10/2009

médicaments, médecins et assurances...

Alors que j'officiais dans le domaine de l'assurance-maladie, il y a plus de 30 ans, la propharmacie posait déjà problème ! On s'interrogeait déjà sur la nécessité d'autoriser certains médecins à distribuer - et facturer - des médicaments. De fait et sauf cas particulier - et ils sont rares - il n'y a aucune raison que les médecins soient en quelque sorte aussi pharmaciens. La Suisse romande a pratiquement été épargnée par ce phénomène qui reste - et de loin - l'apanage de la Suisse alémanique.

Cela précisé, pour contenir - et non pas réduire ! - les cotisations aux assurances-maladie, il faudra impérativement que l'on s'attaque aux vrais problèmes et que l'on arrête de taper sur les caisses-maladie que l'on a décidé de désigner comme boucs-émissaires. Certes, leur manière de communiquer est assez déplorable et la transparence n'est pas leur fort. Croire cependant que la réduction des réserves va suffire à faire baisser vos cotisations est d'une naïveté désarmante.

Comment voulons-nous  arriver à stabiliser les cotisations si nous n'arrivons pas à stabiliser les coûts ? La santé publique est un domaine affreusement difficile à gérer, et cela dans la plupart pour ne pas dire la totalité des pays. Pourquoi ferions-nous exception ? Et le jeu des chaises musicales qui consiste à changer de caisse chaque année n'est qu'un pis-aller. Le peuple n'a pas voulu - lui a-t-on fait peur ? - de caisse unique, se rendra compte un jour ou l'autre que la plus grande partie des caisses auront disparu ! Peut-être n'en restera-t-il qu'une seule, privée ! Qu'aurons-nous gagner ?

Alors, caisse unique ou pas caisse unique, c'est sur les coûts qu'il faudra agir. Et là, de toute évidence, il y aura des choix difficiles. Certes des économies sont possibles au sein des organismes de santé. On pourra compresser les coûts administratifs encore un peu. Et qu'on ne vienne pas dire que les dirigeants gagnent trop ! Non les choix difficiles ce sera, comme vient de le dire P. Couchepin - pour une fois que je suis d'accord avec lui - diminuer le nombre des hôpitaux, réfléchir à la rémunération des médecins, se pencher sérieusement sur le prix des médicaments. Mais dans nos sociétés "hypertechnologisées" il est difficile de faire comprendre aux patients que le dernier traitement vanté dans la presse n'est pas forcément adapté ni nécessaire à leur cas. Il faudra aussi leur faire comprendre qu'un hôpital n'est pas indispensable à chaque arrêt de bus ou de tram. Il faudra aussi faire admettre qu'un petit bobo peut parfois être traité en payant de sa poche, qu'un emballage de paracétamol est délivré sans ordonnance. Il y aurait encore mille exemples.

Les conseillers fédéraux en charge du dossier - P. Couchepin y compris - se sont pratiquement tous cassé les dents. Non par incompétence, mais simplement parce que s'attaquer aux lobbies n'est guère chose aisée et électoralement peu payant !

La santé n'a pas de prix, mais elle a un budget, surtout pour nombre de familles à petits revenus.

Alors, ou bien on poursuit les sempiternelles discussions sur la responsablité supposée des caisses-maladie, ou bien les autorités empoignent le problème comme il aurait dû le faire depuis longtemps : avec détermination et probité intelllectuelle.

Les boucs-émissaires, c'est peut-être intellectuellement satisfaisant, mais ça ne fait pas baisser les primes d'assurances. On ne peut pas s'offrir une Rolls pour le prix d'une Fiat 600.

26/08/2009

Bien solitaires, je trouve...

Depuis  que l'affaire Kadhafi occupe la une de la presse, je me dis qu'il y a des Suisses dont on devrait parler un peu plus. Bien sûr, la résonance médiatique de leur action est bien modeste en regard des gesticulations que le monde politique helvétique provoque depuis quelque temps.

Il y a d'abord Tony El Suizo qui a construit de nombreux ponts - quel magnifique symbole - dans des régions deshéritées d'Amérique du Sud et d'Asie. Il n'a rien demandé. Il a agi. Il s'est débrouillé pour trouver ce qu'il lui fallait. Chapeau bas, Tony. C'est beau, c'est grand, c'est utile. Vous avez tout mon respect.

Récemment je suis tombé sur un reportage qui parlait d'un avocat. Un certain Alain Werner. Ce juriste a décidé de représenter les victimes du génocide cambodgien. Il semble ne le faire ni pour la gloire ni pour l'argent. Non simplement pour que les victimes aient une voix dans le procès qui s'est ouvert ou qui va s'ouvrir.

Voilà juste deux noms que je voulais mentionner ce soir, au moment où les passions se déchaînent contre certains politiciens suisses.

Comme dirait le petit Calimero : "c'est trop injuste."

02/05/2009

Les meilleurs du monde ?

Il suffit de parcourir les blogs de la TG pour se rendre compte que nous, Suisses, sommes les meilleurs du monde. La meilleure armée, quoique...Le meilleur système de santé, quoique...Le meilleur enseignement primaire et secondaire, quoique...la meilleure police, quoique... les meilleurs "dealers", quoique, le meilleur parti de la droite extrême, quoique...Bref, c'est tellement génial dans ce pays que tous les étrangers rêvent d'y venir, et d'ailleurs y viennent - et beaucoup trop selon le parti ci-dessus - et qu'encore ceux qui arrivent à Lampedusa ont probablement été mal informés. ignorant qu'on n'arrive pas en bateau chez nous, mais parfois quand même on nous y mène.

On se demande en fin de compte comment des retraités peuvent avoir l'outrecuidance d'aller passer le reste de leurs jours à l'étranger.

Alors le 17 mai prochain, il va falloir viser juste : voulons-nous ajouter à nos géniales qualités et institutions un passeport à empreintes digitales susceptibles de nous rendre complètement transparents !

Ce même jour, il va falloir aussi se prononcer sur l'assurance-maladie et la réintroduction des médecines dites parallèles.

Je ne suis pas devin, mais tout de même je m'interroge déjà sur le taux de participation à ce scrutin. Et tout d'un coup de sérieux doutes m'envahissent : sommes-nous vraiment si bons que cela ?

Demandez donc aux familles modestes ce qui leur reste après avoir payé leurs cotisations maladie et leur loyer ? Et comme cela ne suffit pas, on nous concocte une taxe pour aller chez le médecin. Autrement dit, vous allez payer pour que vos cotisations n'augmentent pas... Il ne faut pas se leurrer. Les frais de santé ne diminueront pas. Ceux qui font de telles promesses sont soit simplement des menteurs ou des inconscients, peut-être les deux à la fois.

Une notion a - malheureusement - disparu complètement des discours aussi bien officiels que de ceux des citoyens lambda : le côté mutualiste de l'assurance-santé. Il n'y a pas si longtemps, ceux qui étaient aisés et en bonne santé payaient pour les moins bien lotis et malades. L'aspect mutualiste a été remplacé par "je paie (cher) donc j'y ai droit. Et les caisses-maladie ont remplacé les sociétés de secours mutuels !

Dire que la Suisse à la meilleure médecine du monde n'a pas beaucoup de sens dans la mesure où elle sera bientôt réservée qu'à ceux qui auront les moyens de se l'offrir. Pour les autres, en reviendra-t-on au dispensaire pour de vulgaires soins de base ?

Les éternels replâtrages auxquels nous assistons ne viendront naturellement pas au bout du problème. Pendant longtemps encore il faudra se serrer la ceinture. L'assurance-maladie ne coûtera pas moins cher, c'est une très méchante illusion entretenue par bon nombre de politiciens ignorants de la problématique.

L'avenir est donc sombre. Et pour longtemps. Nous n'avons pas voulu d'une caisse unique et le peuple est souverain. Mais quel est la souveraineté d'un peuple "asservi" à des cotisations exhorbitantes qu'il ne sera bientôt plus en mesure de payer ? Il faudra bien, une fois ou l'autre faire en sorte que l'on tienne compte de la capacité contributive de chacun. Sinon nous irons dans le mur ; il est tous les jours un peu plus haut...

 

24/03/2009

Procédures...

J'apprends que le Credit Suisse voit les procédures engagées contre lui augmenter comme pollen au printemps. La misérable déconfiture de Lehman Brothers lui vaut des plaintes de tous côtés. Additionnées, elles représentent 32 millions de CHF.

J'apprends aussi que les pertes au quatrième trimestre du même Credit Suisse se sont élevées à 6 milliards de francs. Sans compter les trois autres !

Il suffit de mettre en relation d'un côté les 32 millions et de l'autres les quelques milliards pour arriver à la conclusion que la direction du CS ferait mieux de "passer à la caisse" : de nombreuses précédures contre quelques peanuts. A leur place je ne m'embarrasserais pas d'une armée d'avocats.

Et dire que lorsqu'on cherche 32 millions pour de l'aide d'urgence, la communauté internationale rechigne à en fournir la moitié ! Je vais encore me "faire ramasser" avec ce genre de propos. Comparaison n'est pas raison, bien sûr. Mais comparaison est, parfois, honte !

O tempora, o mores !