09/03/2011

C'est ça la politique ?

Depuis que la campagne électorale a commencé à Genève - élections municipales obligent - les blogs sont hélas remplis de propos nauséeux envers les candidats de tous bords. A croire que la politique consiste non pas à dire ce que l'on pense pouvoir réaliser si l'on est élu, mais à détruire ses adversaires de toutes les manières possibles, et surtout les plus viles.

Bien sûr, il n'y aura pas de place pour tout le monde et il est logique que l'on essaie de se profiler. Mais la plupart du temps les candidats, plutôt que de vanter leurs mérites et leur programme, préfèrent "dégommer" ceux d'en face, ceux qui ne sont pas du bon bord, ceux qui n'ont rien compris, ceux qui se compromettent, on se demande même d'ailleurs pourquoi ils ont le droit de se présenter...

Ajouté à cela que les partis raisonnent en termes de pourcentage (le programme ? On verra plus tard) et nous avons tout ce qu'il faut pour qu'une grande partie de l'électorat se méfie de la politique - celle ce tous ces gens qui veulent une parcelle du pouvoir avec un grand P - puis évite les urnes.

Je me fais une autre idée de la politique et des politiciens.

Décidément, j'en ai assez de ces attaques personnelles, de ces propos haineux. Mme Roulet écrit - je crois - que l'appartenance à un parti n'est pas anodine ; rien n'est plus vrai. Elle permet d'attaquer son adversaire politique avec bonne conscience et si possible faire prendre des vessies pour des lanternes aux citoyens.

Heureusement, je ne voterai pas. Je n'habite pas le canton et je crains déjà de remplir mon devoir de citoyen suisse pour les élections fédérales. Je sais déjà que je ne voterai pour aucun parti. Je préfère établir une liste de personnes - il y en a encore quelques-unes - qui me semblent réellement comprendre ce qu'est la politique : Etre aux service des autres.

07/03/2011

Supposons, supposons juste une seconde...

Le peuple libyen se bat sous nos yeux afin de se libérer du joug d'un tyran. Le temps passe et déjà nous avons l'impression qu'une victoire des insurgés n'est pas aussi certaine que prévue, mais seulement possible. Et que fait la "communauté internationale" (qu'est-ce que c'est au juste ?) pendant ce temps ? Elle cause, elle s'interroge, elle cherche comment éviter des "flux migratoires", elle ne veut pas intervenir car on n'intervient pas dans un pays souverain. En Irak ? Il y avait des armes de destruction massive là-bas, ce n'est pas pareil et vous ne pouvez pas comparer des armes avec du pétrole...

Alors supposons, supposons une seule seconde que les forces du colonel parano, contre toute attente, arrivent à bout de la résistance et que tout redevienne "comme avant". Que fera la "communauté internationale" ? Passera l'éponge pour nettoyer tout le sang versé et s'empressera de renégocier des contrats pétroliers ? Protestera - mollement ? - au sein des Nations Unies en brandissant la traduction du colonel à la Cour Pénale Internationale comme une nécessité absolue, mais sans savoir quand...Réagira en se barricadant afin d'empêcher "d'accueillir toute la misère du monde" ? Organisera des collectes de fonds auprès des populations pour "aider tous ces pauvres gens" ? Quoi encore pour se donner bonne conscience ?

Protester et s'indigner, c'est bien, et ça ne bouffe pas de foin.

Supposons, supposons juste une seule seconde...

20/02/2011

Un authentique salaud

Le titre de ce billet est repris mot pour mot de l'éditorial de l'Hebdo de cette semaine et signé Alain Jeannet. Est-ce pour être dans l'air du temps, pour parler politiquement correctement, pour vendre un peu plus d'Hebdos que M. Jeannet s'en prend à un mort, un suicidé, un désespéré, un malade ?

Aucune réponse - policière ou autre - n'est actuellement donnée comme certaine dans cette horrible affaire des jumelles disparues et (probablement ?) mortes. Mais que le père - assassin potentiel et mort lui aussi - soit traité d'authentique salaud me choque profondément. Je ne connaît rien de l'histoire de ce couple qui est parti à la dérive. Je ne connais pas la mère qui doit passer des heures affreuses que je peine à imaginer. Je ne connaissais pas le père qui n'a pas supporté l'idée d'un divorce. Je ne connaissais pas les deux petites filles qui n'avaient rien à voir dans cette terrible histoire. Et quand je ne connais pas, j'évite de juger, j'évite d'utiliser des mots définitifs et j'évite surtout de tirer sur un mort.

Matthias Schepp, un authentique salaud ?

Alain Jeannet, un authentique journaliste ?

31/01/2011

La vengeance, ça se mange froid, mais la mauvaise foi ?...

Tout le monde n'a sans doute pas eu l'occasion de lire les textes édifiants de l'Union des Sociétés Militaires de Genève relatifs à l'initiative sur les armes.

Que des militaires soient opposés à cette initiative, on peut à la rigueur le comprendre. ils défendent leurs opinions et leur fusils planqués dans les galetas. On ne sait pas très bien à quoi ça peut bien servir, mais enfin, que voulez-vous mon bon monsieur, les traditions c'est sacré.

Alors pour combattre cette initiative qui sape la confiance que l'Etat met dans le citoyen soldat, l'USMG a commis un petit texte aussi plaisant qu'un ratelier plein de fusils d'assaut.

Ce n'est pas une arme que l'USMG a sortie, c'est une batterie d'artillerie. Lisez et faites-vous votre opinion. En ce qui me concerne, j'ai déjà fait mon choix : j'accepte l'initiative.

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Deux citations pour terminer

Admettre la justice des armes, c'est encourir la destruction (A.J. Cronin)

La croyance que rien ne change provient soit d'une mauvaise vue, soit d'une mauvaise foi. La première se corrige, la seconde se combat.

(Niestche)

29/01/2011

Vive la pub !

Y a-t-il encore des publicitaires dans les agences ? Je me pose la question car deux "pubs" télévisées on retenu récemment mon attention : la première émane de Swisscom qui matraque le télespectateur pour leur vendre "les milliers de films sur pression d'une touche". Le texte final dit en substance à la fin de la présentation : "Tout y est, et plus encore...". Depuis je n'arrête pas de m'interroger sur ce que peut bien contenir le "plus encore" dès lors que tout y est déjà...

Changeons de registre et arrêtons-nous aux "arts ménagers". La respectable société Schulthess, bien connue dans le secteur des machines à laver le linge nous abreuve depuis quelques temps avec un spot ou une jeune femme - téléphone à la main - passe devant un bébé qui lève les yeux vers elle. tout en disant : "je pourrais la regarder pendant des heures". Bien sûr elle parle de son bébé ! Et bien vous avez tout faux ! Il s'agit simplement de sa machine à laver Schulthess, bien sûr. Schulthess parce que vous lavez bien...Quant au bébé. on ne sait pas comment il l'avale. De travers, sans doute.

Il faut savoir encaisser

Hôte de la Radio Suisse Romande il y a deux jours je crois, Daniel Vasella, grand prêtre de Novartis, s'est évidemment vu demander si ses revenus mirobolants et les attaques qui en étaient la conséquence lui posaient un problème. Et M. Vasella de répondre : j'encaisse.

Du point de vue des encaissements, on peut lui faire confiance...

08/01/2011

Aux armes citoyens...

Le peuple suisse - souverain - va une fois encore se déplacer aux urnes (enfin un sur deux probablement) pour dire cette fois si les armes - et par conséquent les gens - sont plus en sécurité dans les arsenaux que dans le galetas du citoyen-soldat.

Tous les opposants à l'initiative juge le texte inopportun et souhaitent évidemment son rejet. Personnellement j'accepterai cette initiative jugeant que les armes sont effectivement mieux gardées dans les arsenaux que n'importe où ailleurs ! Les opposants jugent encore que l'on déresponsabilise les citoyens et qu'en fin de compte on les empêche de tirer et de trucider en rond. Certes tous les porteurs d'armes ne sont pas des assasins ou des meurtriers. D'accord encore pour dire que les accrocs du tir en stand connaissent parfaitement le maniement de leur arme. J'oubliais encore les collectionneurs privés de collections pour des raisons de sécurité publique.

Il me semble pourtant que les initiants ont prévu des exceptions et que ce n'est pas la fin des tirs militaires, la fin des collectionneurs et la fin des tirs en campagne.

Et puisqu'on ressasse toujours les mêmes slogans visant - si j'ose dire - à faire appel à la responsabilité individuelle, j'aimerais que l'on m'explique pourquoi dans ce pays, on a dû limiter la vitesse en ville et sur les routes pour réduire le nombre de morts alors que la "responsabilité individuelle" n'y parvenait évidemment pas !

Je me demande d'ailleurs si les opposants ne sont pas les mêmes en fin de compte qui demandent aussi que l'on interdise la vente d'armes factices dans les commerces de jouets. Au nom de la responsabilité individuelle ?

Aux arsenaux les armes, pas aux citoyens.

17/12/2010

Fromage et/ou dessert ?

On reparle ces temps des médecines dites douces et alternatives. Il y a ceux qui s'en font les chantres et il y a de l'autre coté les adversaires à qui le terme même d"alternatif" donne des boutons ! On s'interroge, on étudie, on calcule, on discute, on argumente et j'en passe pour savoir si ces médecines doivent être inscrites dans la liste des prestations de base, oui on non. Le peuple, lui a déjà choisi : c'est oui.

Le problème - car problème il y a - ce n'est pas tellement de savoir si l'efficacité de ces médecines est "scientifiquement prouvée". Il y a de nombreuses personnes qui s'en trouvent bien et beaucoup d'autres qui s'en trouvent mieux ! En se plaçant uniquement sur le terrain de l'efficacité thérapeutique, il faut admettre ces médecines : elles soulagent des patients lâchés par les traitements allopathiques.

Alors où est le problème ? Simple. Une question de gros sous ! Les médecines dites alternatives ne coûtent pas plus cher que les autres ! Ce qui coûte cher, en revanche, c'est l'addition de toutes les possibilités de soin. On commence souvent par la consultation chez le généraliste, qui vous envoie chez le spécialiste, qui peut-être vous envoie chez un confrère pour valider son propre diagnostic avec en fin de course un patient qui constate l'échec du traitement proposé. Et c'est très souvent là que les choses commencent à se gâter. Déçu  de son traitement - probablement fort coûteux - le patient se tourne vers "autre chose" qui peut s'appeler homéopathie, médecine chinoise, anthroposophie, etc. Et là, ça marche ou ça ne marche pas et le patient est tenté - dans son désespoir - de tout essayer. Avec les conséquences financières que cela implique.

On me dira que ma démonstration est bien caricaturale et qu'il est faux de prétendre que les patients font du "*tourisme médical". J'attends volontiers qu'on me le démontre !

Au niveau actuel des cotisations d'assurance-maladie, il n'est pas inutile de se demander si au grand banquet de la santé on peut s'offrir un menu avec fromage et dessert ou être plus modéré avec seulement la formule "fromage ou dessert".

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12/11/2010

Haïti sombre dans l'indifférence

Après le tremblement de terre, le choléra. Des appels au secours à la communauté internationale qui semble s'en f... comme de sa première chaussette. Haïti se meurt dans l'indifférence.

Dans un accès de dérision je m'autorise à paraphraser - enfin un peu - Guillaumet évoquant sa galère andine : "Ce qu'ils font, vois-tu, aucun animal ne le ferait."

Ce matin, la grand-messe genevoise de la consommation a ouvert ses portes...

03/11/2010

J'irai cracher dans votre soupe

Le facécieux Pascal Décaillet a encore frappé ! L'ancien de la RSR, celui qui a ameuté toute la Suisse romande lorsque la dite SSR a fait le ménage et qui s'est retrouvé faisant partie de la poussière, appartenait pourtant bien  aux apparatchiks. Indéboulonnable. Dans cette circonstance particulière,  il a trempé sa plume pourtant élégante, oh, juste le bout, dans une mauvaise encre dont les éclaboussures ont touché pas mal de gens. Qu'il ait conçu de la rancoeur à quitter la RSR, c'est une évidence. Qu'il garde une rogne certaine vis-à-vis de ses anciens employeurs, c'est une autre évidence. On a presque envie de ne pas lui en tenir rigueur.

Mais cracher dans la soupe après en avoir mangé, c'est une faute de goût, si l'on peut dire. La redevance est un impôt déguisé ? P. Décaillet l'a-t-il déploré quand il officiait sur les ondes de nos chaînes "étatiques" ? Si oui, je veux bien faire amende honorable.

Je l'ai déjà dit, la plume est belle mais l'âme est grise. Les coups sont souvent méchants et gare à ceux qui auraient l'outrecuidance d'oser la moindre critique à son égard. L'homme ne l'aime pas. Et comme l'entêtement imite souvent très bien l'intelligence, je crains que Pascal Décaillet continue - longtemps encore - à se regarder dans le miroir de ses certitudes.