29/10/2010

Courez, courez, il en restera toujours quelque chose...

Ayant perdu ma première version à propos de Sarah Marquis suite à une fausse manipulation et ma colère étant à la mesure de ma maladresse, je me suis dit qu'il fallait aboslument revenir sur le sujet. Probablement sans intérêt pour de nombreux lecteurs, il n'est pas possible, cette fois, de laisser passer les dérapages de la Télévision romande.

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28/10/2010

(D)élire aux dés ?

La visite des musées n'est pas toujours ce que l'on espère : parfois vous vous demandez pourquoi vous y êtes allés ; parfois aussi c'est le plaisir pur, le bonheur, l'extase.

Et bien figurez-vous qu'hier, en me promenant devant les vitrines du Musée suisse du jeu à la Tour-de-Peilz, je suis tombé en arrêt devant le jeu illustré ci-desous. Si Monsieur, ça ne s'invente pas. PA270224.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

16/10/2010

Lettre à Yvan

Mon Cher Yvan,

Je ne voudrais pas être à ta place. Toi qui a toujours été d'une rare discrétion, te voilà affiché, contre ton gré et à tes dépens, sur un document placardé par un parti politique plutôt malveillant à l'égard des étrangers. Ils les aiment les étrangers, mais seulement quand ils restent chez eux.

Si je me souviens bien, ta famille est originaire de Bélarus, mais toi tu es né ici, à Genève, où tu as fait tes études primaires, puis ton apprentissage d'ébéniste et enfin ta maîtrise. Tu n'a jamais pensé devenir suisse parce que tu as toujours pensé que tu l'étais : ton accent genevois te trahissait et la plupart de tes connaissances imaginaient que tu étais un bon citoyen helvétique. Bon d'accord, tu ne votes pas souvent, mais on met cela sur le compte de tes doutes sur la bonne foi des politiciens. Ce qui ne t'empêche pas d'avoir un bon job. La langue maternelle de tafamille est pour toi un souvenir assez vague ; certes tu la comprends mais tu peines à t'exprimer. Pour tes enfants, cette langue est une parfaite abstraction. Bref tu t'es fondu dans le paysage helvétique au point que certains de tes amis se demandent pourquoi tes parents t'ont donné un prénom aussi exotique !

Mais, Mon Cher Yvan, va falloir faire attention dorénavant : à la moindre incartade, tu risques le renvoi "chez toi", là où tu n'as jamais habité. Le juge te trouvera bien, néanmoins, un lointain cousin (on dit parfois à la mode de Bretagne !) pour marquer ton appartenance à un pays étranger, lointain et qui exporte, naturellement, ses plus mauvais éléments.

Et vois-tu, depuis qu'on a parlé de rétablir la peine de mort en Suisse, je me demande si les étrangers qui en seraient les malheureuses victimes seraient quand même renvoyés chez eux après leur exécution.

Donc pour résumer, tu ne violeras pas, tu n'assassineras pas, tu... parce que c'est bien connu, ces crimes sont beaucoup plus graves quand ils sont commis par des étrangers. Si par extraordinaire tu te recycles dans la banque, tu peux sans autre dormir sur tes deux oreilles ; les risques sont quasiment inexistants.

Alors c'est promis ? Tu te tiens peinard. Oui bien sûr, tu n'as jamais eu le moindre problème avec la justice, pas même une contravention pour stationnement interdit, Mais va savoir. Alors si la situation se dégrade trop, change de prénom, je ne sais pas, par exemple Christophe ou Oscar.

Les esprits les plus radicaux te diront de devenir suisse, de te naturaliser. Tu n'en serais pas moins étranger, et tu n'en serais pas plus suisse. Mais au moins tu serais sûr de rester à Genève si, dans un accès de folie, tu trucidais ton concierge portugais.

Allez, c'est assez pour aujourd'hui. Je te serre la main et j'attends le plaisir de te revoir prochainement.

 

27/09/2010

1 m2 par seconde

J'ai récemment entendu à la radio que la Suisse était bétonnée à raison de 1 mètre carré par seconde. Qu'est-ce que cela représenten au juste ?

Livrons-nous à un petit calcul :

Il y a 86400 secondes dans une journée, donc 86400 mètres carrés par jour.

Par année, nous avons donc 86400 x 365 = 31536000 secondes et autant de m2.

31536000 m2 représentent 31,536 km2 en un an

en dix ans, la Suisse aura bétonné 315,36 km2

En 2110, la Suisse aura bétonné 3153,6 km2 et en 3010, dans un millénaire, 31536 km2 seront bétonnés, à savoir, en gros, les 3/4 du territoire.

Si l'on revient au début du calcul, on se rend compte que le canton de Genève est bétonnable en moins de 10 ans si tout se concentrait sur lui. Mais il est vrai qu'au rythme où vont les déclassements de terrains agricoles pour construire, les Genevois peuvent encore dormir sur leurs deux oreilles...

La cassure

Ainsi donc la nouvelle loi sur l'assurance-chômage devrait entrer en vigueur en 1er janvier. Par décision du peuple suisse. En réalité par décision du peuple suisse alémanique. La présidente de la Confédération peut se réjouir du succès ; elle peut bien affirmer qu'on tiendra compte du refus des Welsches, tout ceci n'est que langue de bois. Quant aux parlementaires romands qui affirment qu'il s'agit du jeu démocratique et qu'il n'y a pas lieu de se plaindre de quoi que ce soit, ils peinent à comprendre qu'il n'est jamais bon de se moquer des minorités. Il est indécent de prétendre qu'il n'y a pas de fracture en les deux Suisses : la Latine d'un côté, minoritaire qui n'a rien compris au problème et l'Alémanique, majoritaire, qui a fait preuve d'une grande maturité politique.

Il n'empêche. Alémaniques et Romands ne sont pas sur la même longueur d'onde. Oser affirmer que la majorité a raison par le simple fait qu'elle a la majorité n'est pas vraiment honnête. Il s'agit juste d'une valeur arithmétique.

Penser enfin que l'on peut se moquer des minorités peut se révéler dangereux. Lorsque l'on provoque une minorité, elle est bien capable à un moment ou un autre de se rebeller et de commettre des excès. C'est regrettable mais c'est assez logique.

Pour terminer j'ai la secrète pensée que les Alémaniques prennent les Romands pour des fainéants et qu'en fin de compte il n'y a aucune raison de les arroser de prestations de chômage indues...

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14/09/2010

Merci Monsieur le Guide...

 

2010_09_02 - ANNIVERSAIRE MARIAGE 2010 014.jpgEn excursion récente dans le canton de Berne germanophone et plus précisément dans la région du lac de Thoune, nous faisons une halte aux grottes de St-Beat - St-Beatushöhlen. Jusque là, rien de très original sinon que la visite du lieu mérite le détour. Un kilomètre et demi de marche sous la montagne et une rivière souterraine qui joue à cache-cache. Un éclairage bien fait et une température de l'ordre de 10 degrés.

Biens chers compatriotes francophones, si votre chemin passe par là-bas, n'oubliez pas votre dictionnaire allemand-français. Le guide demande avec beaucoup d'aplomb si des visiteurs sont anglophones, auquel cas il aurait consenti à s'exprimer dans la langue de Shakespeare. Pour les francophones, rien. Même pas un regret ou une excuse. Quant à l'allemand, il s'est réduit à quelques phrases d'explication pour ceux qui avaient le bon goût de le comprendre. Tout le reste a été asséné en bärntütsch.

Merci Monsieur le Guide de l'intérêt que vous portez à la minorité francophone, d'abord de votre canton et ensuite de tous les Welsches. Et bravo d'avoir fait l'effort d'apprendre l'anglais. Au cas où, j'ai une école de langues et nous avons des profs de français très motivés... 

20/08/2010

Peine de mort ?

Un groupe de citoyens propose de rétablir la peine de mort pour certains crimes sexuels et pédophiles. A quoi servirait une telle mesure sinon à éloigner la Suisse encore un peu plus de l'Europe ? Bon restons sérieux quelques secondes même si la dérision permet parfois d'encaisser les coups à l'estomac avec plus de sérénité.

Comment imaginer dans un pays comme le nôtre que des citoyens dotés d'un cerveau aux capacités intactes puissent proposer le rétablissement de la peine de mort.

Certes un crime est un crime, mais le code pénal prévoit des peines pour punir les auteurs. Depuis 1942, sauf erreur, plus aucune exécution n'a eu lieu dans notre pays et l'on ne peut que s'en réjouir. Le châtiment suprême a été effacé du Code pénal. Ce fut une victoire de la justice sur la barbarie.

Une fois encore certains confondent la justice avec la vengeance. C'est un peu court comme argument pour exiger le rétablissement de la peine dite capitale.

Je n'ai pas beaucoup aimé François Mitterrand ; je lui suis néanmoins infiniment reconnaissant, ainsi qu'à son ministre Robert Badinter, d'avoir réussi à faire voter l'abolition. Une grande victoire de la justice. Une grande victoire des hommes.

Tous les nostalgiques de la peine de mort devraient lire ou relire les réflexions sur la guillotine d'Albert Camus.

14/08/2010

H.-R. Merz : la dernière boulette ?

Après M. M. Leuenberger, c'est au tour de M. Merz de "donner son sac" et de quitter la gouvernement d'une Suiise qui ne sait plus très bien où elle en est.

Et comme d'habitude, les grandes manoeuvres - largement relayées par les média - commencent avec toutes les hypothèses possibles : les successeurs de ces deux messieurs doivent être ceci et cela, avoir telles compétences, être de telle ou telle région, etc. etc. Tous les partis sont dans les "starting blocks" et tous se demandent à quel moment ils vont pouvoir glisser les peaux de banane sous les pieds de leurs collègues et néanmoins pas amis du tout. Comme l'a dit M. Darbellay, l'essentiel, au fond n'est pas de savoir qui va remplacer les deux "sortants", mais de gagner les élections. Un aveu qui montre à quel point une élection au Conseil fédéral ne cherche pas du tout à constituer un gouvernement fort, mais simplement à jouer au jeu des chaises musicales, en espérant, évdemment, que les autres partis s'assoient par terre ! Triste réalité qui fonde un gouvernement non pas sur un programme commun - fût-il minimum - mais sur les "nous y avons droit" des partis.

Ecoutez donc les représentants de nos partis qui ont des droits, mais pas beaucoup de devoirs, essayer de nous faire avaler des couleuvres grosses comme des boas ; souvenez-vous en outre que M. Merz a été élu parce qu'il avait les compétences, le bon parti, le bon canton, enfin tout ce qu'il fallait pour devenir Conseiller fédéral.

Je n'ai aucune raison de défendre particulièrement M. Merz, mais avec un peu d'imagination, on va encore lui reprocher une dernière boulette : celle de partir au mauvais moment, de mettre son parti en difficulté, que sais-je encore ? Disant cela, je pense qu'en fait les vrais responsables sont les parlementaires qui élisent les Conseillers fédéraux et qui n'envisagent aucunement l'avenir du pays. Pauvre pays qui se targue d'être une démocratie directe mais qui est actuellement incapable d'avoir une vision à long terme. Pauvre pays qui autorise ses ministres à jouer les divas et partir quand ils en ont envie. Pauvre parlement qui élit davantage les conseillers fédéraux sur la base des règles du jeu de la bataille navale que sur une vision cohérente de ce que devrait être un gouvernement. Pauvres populistes qui essaient de nous faire croire que seul les élections par le peuple sont le gage d'un choix raisonné. Pauvre pays qui a un peu trop tendance à croire au "il n'y en a point comme nous".

Suisse: cesse de te lamenter et réforme-toi.

19/07/2010

Cinq plus deux ?

Je vous le dis franchement : je ne vois pas pourquoi la Suisse ne pourrait pas être gouvernée par cinq conseillères fédérales et deux conseillers fédéraux. Sauf peut-être à mettre en péril la virilité d'un collège ! Mais pourquoi redoute-t-on, dans certains milieux, la venue de femmes au Conseil fédéral ? Qu'auraient-elles de moins que les hommes ? Pire, qu'auraient-elles que les hommes n'ont pas ?

En fait, il ne s'agit, à mon très humble avis, ni d'une question de compétence ni d'une ténébreuse affaire de représentation ou pire encore : de "concordance" (x femmes parlementaires donnent droit à x conseillères fédérales). Non, simplement les hommes n'arrivent pas à imaginer qu'un pays puisse fonctionner avec une majorité de femmes à sa tête. Et comme en plus ils n'osent pas le dire, ils trouvent toutes sortes d'arguments plus fallacieux les uns que les autres pour prétendre qu'avec des hommes, ça va quand même mieux. C'est sans doute aucun le premier aspect de leur incompétence et, bien entendu, de leur machisme légendaire !

 

10/07/2010

Plus ça change, plus...

Enfin, enfin ! Il part ; il va partir. Qui donc ? Mais Moritz Leuenberger, voyons. L'intellectuel du Conseil Fédéral (Ah ?, et les autres ?) va tirer sa révérence. Il n'est pas encore loin que déjà les partis songent aux champions qu'ils vont mettre dans les "starting-blocks". L'UDC revendique un deuxième Conseiller qui lui reviendrait de droit (divin ?). Les radicaux-libéraux vont rester tranquilles, ne voulant pas hypothéquer leurs chances de garder le siège de Hans-Rudolf Merz. Le PDC, par la voix de son président (on dirait qu'il est le seul dans ce parti à pouvoir parler) afirmera sans doute qu'on verra tout ça en temps utile. Les socialistes, connaissant le fonctionnement du parlement, savent déjà qu'ils n'ont pas beaucoup de souci à se faire. Restent les "Verts" qui aimeraient bien avoir l'air mais qui n'ont pour l'instant pas l'air du tout.

Bref, le grand "show" va commencer. Et comme l'élection aura lieu au mois de décembre, nous citoyens, allons avoir droit à tous les chapitres d'un mauvais roman sans cesse renouvelé : les partis et les parlementaires se donnent de grands frissons - à chaque élection d'un conseiller fédéral - en sachant bien entendu que tout est joué d'avance. Et comme tous les candidats papables seront naturellement les meilleurs possibles, il ne sera pas difficile d'élire le/la socialiste. En outre - je ne sais pas si vous avez remarqué - devenir Conseiller fédéral comporte des risques : ça vous transforme. Vos compétences s'évaporent et l'on se demande - surtout ceux qui vous ont élu - comment on a "bricolé" pour amener un(e) incompétent(e) pareil(le) dans le collège des sept Sages !

Je ne peux m'enlever de l'idée qu'il doit bien y avoir - ici et là - quelques rancoeurs de la part des parlementaires. Certains doivent se dire qu'incompétence pour incompétence, ils auraient très bien pu faire l'affaire...D'autres se disent secrètement - comme P. Couchepin l'a si bien exprimé "ce sont encore les chefs qui commandent". Et bien entendu, élire un Conseiller fédéral est une fonction de chef.

Bref, nos parlementaires, le siège vissé aux fesses de peur de se retrouver simplement sur leur c.. font tout pour nous montrer leur courage. En effet, ils ne manquent pas de courage. Ce qui leur manque, c'est la place pour le mettre.