08/12/2009

Les bistrots en danger ?

Ainsi donc, j'apprends que les cafetiers-restaurateurs digèrent mal l'interdiction de fumer dans leurs établissements. A mon avis, il n'est pas du tout certain que la désaffection du chaland soit due à un air moins pollué. Ont-il songé une minute que la qualité de leur cuisine pouvait être en cause et que cette dernière, liée à la hauteur des prix pouvait être rédhibitoire sur la fréquentation ?

Alors que le sommet de Copenhague vient de s'ouvrir et que tout le monde souhaite faire baisser les émissions de gaz à effet de serre dans des proportions gigantesques, je m'interroge sur la manière dont on y parviendra alors que certains fumeurs ne sont pas foutus de s'abstenir de fumer pendant qu'ils refont le monde un verre de rouge à la main ou qu'ils dégustent leur plat du jour...

Pour les gaz à effet de serre, on a encore du souci à se faire.

01/12/2009

Et maintenant ?

On entend et lit à peu près tout et n'importe quoi après le séisme qui a fait tomber les minarets helvético-musulmans...avant même qu'on en ait posé la première pierre !

Le peuple a parlé, circulez il n'y a plus rien à voir ! Voire...

Je me sens bien incapable, aujourd'hui, d'analyser les résultats avec toute la sérénité voulue. Il importe de retirer le lait de la cuisinière sinon il va déborder ; certaines casseroles ont d'ailleurs déjà débordé...

Je me demande encore aujourd'hui comment le minaret - une possibilité architecturale mais non une obligation - a pu enflammer les esprits à ce point. Pour certains, cette "verrue islamique" ne serait que la matérialisation d'une religion conquérante et par nature intolérante. Il faut donc s'en protéger, et pourquoi pas attaquer. Tous ceux qui ont voté en faveur de l'initiative ont sans doute des raisons personnelles honorables qui les ont poussés à ce choix. Etait-il rationnel, ce choix ? La question n'est pas - n'est plus - là.

Lorsque l'on appartient à une démocratie comme la nôtre, on ne peut que déplorer certaines décisions populaires. La majorité a raison par le nombre, certes, mais le nombre ne signifie pas encore raison. Le Führer allemand a bien été installé au pouvoir par une majorité populaire... Comparaison n'est pas raison, je sais, mais quand même.

Je viens d'entendre à la radio M. Neirinck s'interroger sur ce qu'il adviendrait d'une initiative qui demanderait le rétablissement de la peine de mort en Suisse et qui serait acceptée par le peuple (qui a toujours raison dans une démocatie directe !)

Je suis loin d'être un admirateur béat de l'islam ; on m'a seulement appris à respecter les autres, tous les autres. Le respect, toutefois, n'empêche pas la critique et le questionnement : pourquoi la burqa, pourquoi lapider les femmes, pourquoi couper la main des voleurs, pourquoi exciser les fillettes entre autres ? Je n'ai toujours pas de réponse. Je continuerai de les poser aussi longtemps qu'il sera nécessaire. J'ai la faiblesse de croire que le dialogue - dans la fermeté - finira par être payant.

J'aimerais, en ce qui me concerne, laisser au moins une chance à tous les musulmans : montrons-leur que le vieil aphorisme "oeil pour oeil, dent pour dent" ne mène hélas à rien, ou plutôt si : à la confrontation stérile.

30/11/2009

Retard, problème technique ou...

Je vous demande pardon à toutes et à tous pour mon peuple, ce peuple Suisse qui n’a pas du tout réfléchi aujourd’hui.

Je suis Musulman d’origine Suisse et aujourd’hui, je suis blessé parce que ma nation m’a abandonné.

Mais je suis fier et heureux d’être Musulman car je sais qu’Allah, Lui, ne m’abandonnera jamais.

 

Ne soyez pas triste du résultat de cette votation ; cela n’en vaut pas la peine. Continuez à prier afin qu’Allah nous donne la victoire finale.

En réponse au texte ci-dessus de M. Mehdi Borgognon sur le blog de M. Ramadan, j'ai envoyé un commentaire qui n'a pas eu - semble-t-il - l'heur de plaire puisqu'il n'a pas été publié. Retard, problème technique ? Non, vous n'allez quand même pas me dire qu'il s'agit de ...

Comme je n'avais pas sauvegardé le texte, j'ai tenté de le reconstituer. Je vous le livre ci-dessous, après l'avoir envoyé encore une fois en guise de commentaire à M. Borgognon. Il n'engage que moi, évidemment !

 

Je remarque en outre que mon premier billet n'a pas été publié. Est-ce un simple retard ou était-il trop dérangeant ?

 

Je demandais à M. Mehdi Borgognon quel sens sens il donnait à la "victoire finale" et contre qui ?

 

Je disais aussi  qu'il était pratique de s'en référer à Allah, ce qui permettait d'escamoter toute discussion puisqu'Il avait toujours raison...

 

J'affirmais encore qu'en d'autres temps, l'Inquisition se prévalait du Dieu des Chrétiens pour qu'il lui donne - aussi - la victoire finale.

 

Je questionnais enfin M. Borgognon pour savoir s'il souhaitait rallumer les bûchers ?

 

Au préalable, moi qui ai voté contre l'initiative, je disais à Mehdi que par ses propos, il alllait presque me faire regretter mon vote.

 

Comme il s'agissait pour moi simplement de donner un avis, avis qu'apparemment on refuse de publier, et bien je vais le publier sur mon propre blog.

 

Bien cordialement à tous.

 

P.S.: Il eût été tellement facile de dire - pour faire écho à Allah - "Continuez à prier afin que Dieu nous donne la victoire finale."

Où nous mène ce genre de propos calamiteux ?

 

30/10/2009

Pathétique Miguel Stucki

Je comprends, Cher Monsieur, que vous cherchiez à faire libérer un otage. Vous n'êtes pas le seul. Mais pour vous ce n'est pas n'importe lequel. Un collaborateur proche ou un associé mérite bien quelques accomodements avec les faits. Je ne vous en blâme pas. Je trouve néanmoins surprenant que vous puissiez demander à un de nos magistrats de s'aplatir devant le tyran de Tripoli. Quelles que soient les circonstances, les responsabilités de la police de Genève, il serait bienséant de vous souvenir que la prise d'otages ne fait pas partie des pratiques du droit international sinon pour en condamner le côté particulièrement pervers.

J'essaie d'imaginer la police genevoise arrêtant M. Jean Sarkozy dans les mêmes circonstances que H.K. Le Président de la République aurait-il demander que l'on séquestre quelques Suisses de France, comme cela, juste comme représailles ? Ah, la France est un état de droit. Ce qui veut dire que la Libye ne l'est pas !

Non, les pratiques de Tripoli sont parfaitement méprisables. Seules, dès lors, des négociations discrètes sont susceptibles de faire avancer les choses avec, pourquoi pas, des bons offices ou une représentation de notre Etat par un autre. Laissons travailler la diplomatie. L'avocat qui a travaillé à la libération des infirmières bulgares a donné une très fine analyse dans la TG de la situation. Ce n'est malheureusement pas avec des gesticulations incongrues - il y en a déjà eu beaucoup trop - que nos compatriotes reviendront.

Alors de grâce, n'intervenez plus de cette manière. Vous nuisez à la cause.

 

 

25/10/2009

médicaments, médecins et assurances...

Alors que j'officiais dans le domaine de l'assurance-maladie, il y a plus de 30 ans, la propharmacie posait déjà problème ! On s'interrogeait déjà sur la nécessité d'autoriser certains médecins à distribuer - et facturer - des médicaments. De fait et sauf cas particulier - et ils sont rares - il n'y a aucune raison que les médecins soient en quelque sorte aussi pharmaciens. La Suisse romande a pratiquement été épargnée par ce phénomène qui reste - et de loin - l'apanage de la Suisse alémanique.

Cela précisé, pour contenir - et non pas réduire ! - les cotisations aux assurances-maladie, il faudra impérativement que l'on s'attaque aux vrais problèmes et que l'on arrête de taper sur les caisses-maladie que l'on a décidé de désigner comme boucs-émissaires. Certes, leur manière de communiquer est assez déplorable et la transparence n'est pas leur fort. Croire cependant que la réduction des réserves va suffire à faire baisser vos cotisations est d'une naïveté désarmante.

Comment voulons-nous  arriver à stabiliser les cotisations si nous n'arrivons pas à stabiliser les coûts ? La santé publique est un domaine affreusement difficile à gérer, et cela dans la plupart pour ne pas dire la totalité des pays. Pourquoi ferions-nous exception ? Et le jeu des chaises musicales qui consiste à changer de caisse chaque année n'est qu'un pis-aller. Le peuple n'a pas voulu - lui a-t-on fait peur ? - de caisse unique, se rendra compte un jour ou l'autre que la plus grande partie des caisses auront disparu ! Peut-être n'en restera-t-il qu'une seule, privée ! Qu'aurons-nous gagner ?

Alors, caisse unique ou pas caisse unique, c'est sur les coûts qu'il faudra agir. Et là, de toute évidence, il y aura des choix difficiles. Certes des économies sont possibles au sein des organismes de santé. On pourra compresser les coûts administratifs encore un peu. Et qu'on ne vienne pas dire que les dirigeants gagnent trop ! Non les choix difficiles ce sera, comme vient de le dire P. Couchepin - pour une fois que je suis d'accord avec lui - diminuer le nombre des hôpitaux, réfléchir à la rémunération des médecins, se pencher sérieusement sur le prix des médicaments. Mais dans nos sociétés "hypertechnologisées" il est difficile de faire comprendre aux patients que le dernier traitement vanté dans la presse n'est pas forcément adapté ni nécessaire à leur cas. Il faudra aussi leur faire comprendre qu'un hôpital n'est pas indispensable à chaque arrêt de bus ou de tram. Il faudra aussi faire admettre qu'un petit bobo peut parfois être traité en payant de sa poche, qu'un emballage de paracétamol est délivré sans ordonnance. Il y aurait encore mille exemples.

Les conseillers fédéraux en charge du dossier - P. Couchepin y compris - se sont pratiquement tous cassé les dents. Non par incompétence, mais simplement parce que s'attaquer aux lobbies n'est guère chose aisée et électoralement peu payant !

La santé n'a pas de prix, mais elle a un budget, surtout pour nombre de familles à petits revenus.

Alors, ou bien on poursuit les sempiternelles discussions sur la responsablité supposée des caisses-maladie, ou bien les autorités empoignent le problème comme il aurait dû le faire depuis longtemps : avec détermination et probité intelllectuelle.

Les boucs-émissaires, c'est peut-être intellectuellement satisfaisant, mais ça ne fait pas baisser les primes d'assurances. On ne peut pas s'offrir une Rolls pour le prix d'une Fiat 600.

Définition...

Le dictionnaire de l'Académie Française définit comme suit le mot otage :

2. Personne, choisie en général arbitrairement, que des individus détiennent de force et menacent de tuer, pour contraindre une collectivité, un État à céder à leurs exigences.

Question

Les deux Suisses retenus en Libye répondent-ils à la définition ci-dessus ?

a) La réponse est oui ; alors oui, ce sont bien des otages. Laissons travailler nos édiles.

b) La réponse est non ; alors, il faut inviter le colonel à planter sa tente sur la prairie du Grütli le 1er août prochain. Ca nous changera des skins.

 

 

19/10/2009

Cauchemar...

La nuit dernière, j'ai fait un horrible cauchemar. Certes un cauchemar horrible est sans doute un poil pléonastique, je vous l'accorde. Mais la situation étant ce qu'elle était, je n'ai pu faire autrement que d'accoler cauchemar avec horrible !

J'en viens à l'essentiel. Dans un communiqué laconique, la Commission européenne informe de sa décision d'interdire, dès le 1er janvier prochain, aux citoyens européens non résidents en Suisse, le droit d'y exercer une activité lucrative.

Les xénophobes sont ravis : ils aiment les étrangers quand ils restent chez eux. Certains habitants de communes limitrophes de la France sont ravis : le trafic pendulaire va disparaître. Certain parti politique sera ravi : cela va résorber le chômage, complètement ; enfin on le pense. Et comme on vient d'interdire la construction des minarets, tout va bien, la Suisse maîtrise la situation. Enfin presque.

J'avance dans mon cauchemar ; Vers le 10 janvier, plusieurs décès dans les EMS sont annoncés : manque de soins, personnel très nettement insuffisant. Le 21 janvier, 137 entreprises ont déjà été mises en faillite : pas assez de personnel. Les chômeurs, spécialement à Genève - tous compétents bien sûr - ne « cadrent » pas avec ce que cherchent les entreprises. Même l’administration est touchée : des guichets ont été fermés et les files d’administrés s’allongent. La colère gronde.

On rapporte - c’est la seule lueur dans mon cauchemar - que de nombreuses entreprises étrangères ont décidé de quitter Genève. Des appartements se libèrent en masse.

Les Roms sont partis ; pas de chance, ils ont été remplacés par des Genevois et on ne peut pas « les nettoyer au Kärcher ».

Le Conseil d’Etat vient d’annoncer que vu la situation, la construction du CEVA était inutile. On abandonne…Conséquence : deux gros entrepreneurs vont déposer leur bilan.

Je suis en train de lire dans le journal que…lorsque le coq de mon voisin me tire d’un sommeil dévastateur.

J’allume la radio qui m’informe immédiatement que les sondages sont très serrés et que les minarets sont en danger. De même pour le CEVA. M. Stauffer a été élu au Conseil d’Etat - les mendiants sont inquiets, les frontaliers aussi. C’en est trop. Je retourne me coucher. Après tout, mon cauchemar n’était pas si terrible.

 

07/10/2009

La racaille est vaudoise...

Dans mon journal préféré, je lis ce matin qu'un cyberproxénète a été arrêté...à Annemasse. selon le journal, il est vaudois. Ce qui me laisse à penser que la racaille est un produit qui s'exporte et qu'elle n'est pas là où on voudrait nous faire croire qu'elle se trouve !...

Mais surtout ne me faites pas dire ce que je ne dis pas :  Je ne parle pas de la racaille du canton de Vaud, mais seulement d'un seul de ses "représentants".

Il n'y a que l'amalgame du dentiste qui est bienfaisant. Tous les autres sont dangereux.

06/10/2009

Quand les Gessiens boivent l'eau des Suisses...

Samedi dernier a eu lieu à Founex l'inauguration d'une nouvelle installation de traitement de l'eau potable. Cette réalisation aurait probablement passé inaperçue si elle n'avait été le fait conjoint de la Suisse et de la France. A la suite de divers problèmes techniques, la Commune de Divonne s'était retrouvée avec de vilaines petites bêtes dans ses conduites d'eau potable. Certains habitants avaient dûs être hospitalisés.

A la suite de cet accident, la commune a été sommée de trouver d'autres solutions pour approvisionner la ville en eau potable, certaine souces n'étant plus exploitables.

Ce qui fut dit fut fait. Après une longue concertation et des négociations, la communauté de communes du pays de Gex et le SITSE (Services Industriels de Terre-Sainte et Environs) ont réalisé une installation qui permettra, notamment, de fournir de l'eau potable, pompée dans le lac Léman (à moins qu'il ne soit encore de Genève à cet endroit-là !), aux habitants de Divonne. Les sources divonnaises "sérieuses" continueront quant à elles d'être exploitées.

Quand on voit ce qui se passe à Genève avec les frontaliers - à l'origine de tous les maux de la République selon certains partis - il est heureux de constater qu'une concertation bien comprise permet de trouver des solutions profitables à toute une région.

On pourrait dire, en somme, que cette réalisation est un juste retour des choses. Quand Nyon s'appelait encore Noviodunum, il existait un aqueduc - donc certains tronçons sont connus - qui amenait de l'eau depuis Divonne jusqu'à Nyon,...ou quand les Romains buvaient l'eau des Gaulois !

 

03/10/2009

Lettre à un voisin musulman

Je n’ai sûrement pas besoin de t’informer que dans notre pays, un nombre important de citoyens et citoyennes ont signé une initiative pour vous interdire - à vous les musulmans - de construire des minarets. A la rigueur, on veut bien tolérer une mosquée, mais les minarets, niet !

 

A ce sujet d’ailleurs, un de mes amis footballeurs m’a dit : « c’est comme si on autorisait la construction de stades, mais sans les tribunes… ». Mais bon, ce n’est qu’une boutade, tu l’auras compris.

 

En revanche, l’initiative, soutenue par un important parti politique de Suisse (Important à mon avis par le pourcentage, mais pas pour les idées), n’est pas une boutade. Les initiants veulent réellement vous interdire de construire des minarets. Ils en ont fait une fixation. Et tous les (faux) arguments) y passent : vous voulez dominer le monde, les minarets ne sont que le signe extérieur de votre volonté de puissance, vous souhaitez « déchristianiser » notre beau pays, vous appelez à la guerre sainte, vous voulez obliger le Conseil fédéral à instaurer la charia, vous allez demander la démolition de toutes les églises (avec ou sans clochers). Bref, dans une cinquantaine d’années (pour certains ce sera beaucoup plus tôt) le muezzin, du haut de son minaret, nous appellera pour la prière. Bref, tous les Suisses devront disposer d’un tapis de prière et observeront le ramadan. Les curés et les pasteurs seront emprisonnés, probablement torturés et enfin exécutés parce qu’impies.

 

Voilà la vision cauchemardesque qu’essaient de nous faire avaler les tenants de ce texte méprisable.

 

Il ne nous reste donc peu de temps - à toi et à moi - pour faire comprendre à ceux qui vont voter qu’il ne suffit pas d’interdire les minarets pour régler le problème de l’islamisme, dont tu ne fais pas partie. L’islamisme est sans doute dangereux, comme le sont certains de ses serviteurs serviles. Le christianisme aussi a été - et est parfois encore - dangereux : souviens-toi de l’Inquisition. Moi qui suis passionné d’astronomie je pourrais te raconter les mésaventures de Galilée. Giordano Bruno a encore eu moins de chances : il a tristement fini sur un bûcher édifié au Campo dei Fiori.

 

Alors voilà ce que je te propose : il reste un peu moins de deux mois avant le vote. Et comme je te sais modéré et respectueux de tes concitoyens, tu vas leur expliquer ce qu’est ton islam. Un à un tu vas leur dire que tu n’a nulle intention de t’en prendre aux chrétiens. Tu veux simplement pouvoir pratiquer ta religion et que tu penses - tu me l’a dit - que les femmes musulmanes n’ont pas encore la place qu’elles méritent dans notre société. Par la même occasion tu demanderas aux chrétiens pourquoi ils ont tant peur de toi. Avec des mots simples tu leur expliqueras que tu souffres d’être assimilés à un terroriste, que tu ne souhaites pas de faire exploser dans la cathédrale St-Nicolas de Fribourg ni dans une synagogue de Genève. Tu leur diras toute la déréliction que provoque en toi le conflit du Proche Orient et que tu es très attaché à l’initiative de Genève. Je te sais capable de ces mots qui apaisent et qui permettent la discussion. Bref tu leur diras que tu es musulman et non islamiste ! Et si les gens t’écoutent avant de refermer leur porte, alors nous aurons une chance de barrer la route à ceux qui nous montrent un poing plutôt que de nous tendre la main. Les pauvres ! Ils sont encore plus intolérants que ceux qu’ils prétendent combattre.

 

De mon côté, je ferai de même avec les chrétiens auxquels « j’appartiens ». Je leur dirai qu’ils se trompent d’ennemi. Je leur demanderai d’écouter, peut-être de comprendre, avant de condamner. Je leur demanderai de réfléchir aux conséquences d’un rejet des minarets, des rancœurs qu’elles vont distiller. Je ne leur dirai probablement rien sur les possibles attentats que pourrait nous apporter une décision épidermique et incontrôlée.

 

J’aurais encore mille choses à te dire, mon cher voisin, mais il se fait tard et comme nous sommes d’accord sur l’essentiel, je préfère ne pas allonger. Mais quand même, dans ce beau pays, il faudra bien qu’un jour, nous soyons capables de cohabiter autrement qu’à coups de menaces, d’intolérance et d’irrespect. C’est à ce prix, à ce prix seulement, qu’on pourra parler de démocratie.