03/10/2009

Lettre à un voisin musulman

Je n’ai sûrement pas besoin de t’informer que dans notre pays, un nombre important de citoyens et citoyennes ont signé une initiative pour vous interdire - à vous les musulmans - de construire des minarets. A la rigueur, on veut bien tolérer une mosquée, mais les minarets, niet !

 

A ce sujet d’ailleurs, un de mes amis footballeurs m’a dit : « c’est comme si on autorisait la construction de stades, mais sans les tribunes… ». Mais bon, ce n’est qu’une boutade, tu l’auras compris.

 

En revanche, l’initiative, soutenue par un important parti politique de Suisse (Important à mon avis par le pourcentage, mais pas pour les idées), n’est pas une boutade. Les initiants veulent réellement vous interdire de construire des minarets. Ils en ont fait une fixation. Et tous les (faux) arguments) y passent : vous voulez dominer le monde, les minarets ne sont que le signe extérieur de votre volonté de puissance, vous souhaitez « déchristianiser » notre beau pays, vous appelez à la guerre sainte, vous voulez obliger le Conseil fédéral à instaurer la charia, vous allez demander la démolition de toutes les églises (avec ou sans clochers). Bref, dans une cinquantaine d’années (pour certains ce sera beaucoup plus tôt) le muezzin, du haut de son minaret, nous appellera pour la prière. Bref, tous les Suisses devront disposer d’un tapis de prière et observeront le ramadan. Les curés et les pasteurs seront emprisonnés, probablement torturés et enfin exécutés parce qu’impies.

 

Voilà la vision cauchemardesque qu’essaient de nous faire avaler les tenants de ce texte méprisable.

 

Il ne nous reste donc peu de temps - à toi et à moi - pour faire comprendre à ceux qui vont voter qu’il ne suffit pas d’interdire les minarets pour régler le problème de l’islamisme, dont tu ne fais pas partie. L’islamisme est sans doute dangereux, comme le sont certains de ses serviteurs serviles. Le christianisme aussi a été - et est parfois encore - dangereux : souviens-toi de l’Inquisition. Moi qui suis passionné d’astronomie je pourrais te raconter les mésaventures de Galilée. Giordano Bruno a encore eu moins de chances : il a tristement fini sur un bûcher édifié au Campo dei Fiori.

 

Alors voilà ce que je te propose : il reste un peu moins de deux mois avant le vote. Et comme je te sais modéré et respectueux de tes concitoyens, tu vas leur expliquer ce qu’est ton islam. Un à un tu vas leur dire que tu n’a nulle intention de t’en prendre aux chrétiens. Tu veux simplement pouvoir pratiquer ta religion et que tu penses - tu me l’a dit - que les femmes musulmanes n’ont pas encore la place qu’elles méritent dans notre société. Par la même occasion tu demanderas aux chrétiens pourquoi ils ont tant peur de toi. Avec des mots simples tu leur expliqueras que tu souffres d’être assimilés à un terroriste, que tu ne souhaites pas de faire exploser dans la cathédrale St-Nicolas de Fribourg ni dans une synagogue de Genève. Tu leur diras toute la déréliction que provoque en toi le conflit du Proche Orient et que tu es très attaché à l’initiative de Genève. Je te sais capable de ces mots qui apaisent et qui permettent la discussion. Bref tu leur diras que tu es musulman et non islamiste ! Et si les gens t’écoutent avant de refermer leur porte, alors nous aurons une chance de barrer la route à ceux qui nous montrent un poing plutôt que de nous tendre la main. Les pauvres ! Ils sont encore plus intolérants que ceux qu’ils prétendent combattre.

 

De mon côté, je ferai de même avec les chrétiens auxquels « j’appartiens ». Je leur dirai qu’ils se trompent d’ennemi. Je leur demanderai d’écouter, peut-être de comprendre, avant de condamner. Je leur demanderai de réfléchir aux conséquences d’un rejet des minarets, des rancœurs qu’elles vont distiller. Je ne leur dirai probablement rien sur les possibles attentats que pourrait nous apporter une décision épidermique et incontrôlée.

 

J’aurais encore mille choses à te dire, mon cher voisin, mais il se fait tard et comme nous sommes d’accord sur l’essentiel, je préfère ne pas allonger. Mais quand même, dans ce beau pays, il faudra bien qu’un jour, nous soyons capables de cohabiter autrement qu’à coups de menaces, d’intolérance et d’irrespect. C’est à ce prix, à ce prix seulement, qu’on pourra parler de démocratie.

27/09/2009

Bière sans avec alcool !

Ainsi donc, les télespectateurs vont pouvoir s'abreuver de publicité pour l'alcool dans les lucarnes helvétiques. Il me semble qu'il s'agit "simplement" de ramasser un peu de manne publicitaire qui fait cruellement défaut en ces temps de crise. La santé publique ? Ben, on verra plus tard...Mais au nom de l'économie, on est capable, dans les parlements, de prendre les pires décisions.

Au sujet de la bière, je me demande si Feldschlösschen qui nous matraque depuis quelques semaines avec la "bière fraîche sans alcool" n'a pas percé le défaut de la cuirasse : en assénant le nom de Feldschlösschen - prononcé à la romande Felschlossen - les consommateurs qui n'aiment pas la bière sans alcool finiront bien par consommer aussi de la "Felschlossen" avec alcool. Je ne peux m'empêcher de voir dans cette "pub" une arrière-pensée marketing plutôt bien imaginée. Mais comme le spot ne mentionne que la bière sans alcool, la morale est sauve. Cqfd.

24/09/2009

dépit !

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais depuis que le colonel de Tripoli (pour être honnête ?) est monté à la Tribune de l'ONU et n'a pas demandé le démantèlement de la Suisse, j'ai cru percevoir chez certains commentateurs comme un soupçon de dépit : Le guide n'a pas parlé de notre pays. Quelle faute de goût...

04/09/2009

point contre pourcent

Depuis pas mal de temps les journalistes, ils ne sont pas les seuls, ont pris la fâcheuse habitude de parler de "points" quand il s'agit tout bonnement de "pourcent". Cette confusion coupable n'apporte strictement rien au discours. J'ai toujours pensé que le point était réservé aux indices - par exemple, le SMI, le Dow Jones, etc - alors que le pourcent s'appliquait plus précisément aux taux d'intérêt et d'une manière plus générale aux calculs dont la base était cent.

Même l'administration fédérale s'y est mise : dans le petit opuscule remis aux citoyens pour voter sur l'augmentation du taux de la TVA en faveur du redressement des comptes de l'AI, on trouve que le Conseil fédéral relève les taux (...) de 0,4 point (...). J'ai demandé à l'administration fédérale comment elle pouvait additionner des pourcents avec des points. Le fonctionnaire qui m'a téléphoné, d'une manière fort civile, a essayé de me faire comprendre que pourcent c'était comme point mais qu'en fait ce n'était pas tout à fait la même chose, mais qu'en définitive ça revenait à peu près au même.

En fin de compte je ne comprends toujours pas pourquoi la TVA actuellement à 7,6 % arrivera à 8 % si on l'augmente de 0,4 point (Combien vaut un point ?). Si je suis ce raisonnement, lorsque le SMI monte de 5 ou 6 ou 9 points, cela signifie que l'augmentation du jour est de 5 ou 6 ou 9 % ? Il doit y avoir un truc là-dedans.

Décidément il me semble que le français fédéral n'est pas très au ...point.

 

AI = TVA ?

Nous allons donc voter sur une augmentation de la TVA pour financer l'AI au bord du gouffre avant qu'elle ne fasse en grand pas en avant...Chacun de nous se déterminera en fonction de sa vision personnelle de la proposition qui nous est faite.

J'entends souvent que la Suise est très compétitive parce que son taux de TVA est très bas. C'est actuellemenmnbt le cas. Mais il est absolument clair que le taux de TVA n'en restera pas à 8 %. Je suis convaincu que la technique du salami va s'appliquer à l'avenir et qu'à (petites) tranches de zéro virgule quelque chose, on atteindra les taux européens. Quant à me faire croire que le relèvement de 0,4 % pour l'AI est d'une durée limitée - c'est effectivement écrit sur le papier - je n'en crois personnellement pas un mot. Il y aura de toute évidence d'autres trous à boucher d'ici là.

Souvenez-vous, il y a eu l'impôt de défense nationale qui a finalement disparu ...pour devenir l'impôt fédéral direct.

La TVA est et restera l'instrument idéal - pour les parlementaires en panne d'idées novatrices - pour lever des fonds.

Il est dommage qu'une imposition supplémentaire sur les salaires n'ait pas trouvé grâce aux yeux de nos gouvernants. Il est vrai que si c'était acceptable pour les salariés, l'Economie (avec un grand E) n'était pas en mesure de supporter un quelconque relèvement...

O tempora, o mores !

 

 

29/08/2009

Comedia dell'arte et grand guignol !

La première partie grand-guignolesque de la rentrée politique de cet automne vient de se jouer avec la désignation d'un "ticket" radical-libéral pour reprendre le siège de Pascal Couchepin. Je croyais avoir compris qu'il s'agisssait de désigner les meilleurs. En fait comme tous les candidats à la candidature sont les meilleurs, le choix devient plus difficile ! Il ne reste donc plus que la tactique politicienne. MM. Burkahlter et Lüscher sont aussi meilleurs que les trois autres malheureux(ses), mais en plus ils savent séduire ! Qui donc ? Ceux que l'on ne trouve pas très convenables du point de vue idées politiques, mais qui, faute de mieux, se résoudront à voter soit pour Burkhalter le Tranquille ou pour Lüscher l'Agité.

Dès que le poste sera repourvu, que dis-je, dès que le nouveau Conseiller fédéral aura posé sont auguste fondement sur le siège vide, commenceront alors les critiques : il est trop ceci, pas assez cela, trop à gauche, pas assez au centre, trop à droite. Et les critiques viennent évidemment de ceux qui ont élus les meilleurs. Et si l'on fait le compte des 7 sages actuels, on se rend compte qu'il y a plein de mauvais meilleurs : Leueunberger, Merz, Calmy-Rey, Evelyn Widmer-Schlumpf. P. Couchepin s'en allant, on ne va quand même pas lui tirer dans le dos, Leuthard, l'éternelle optimiste, un poil transparente à mon gré, Maurer-qui-s'est-bien-coulé-dans-le-moule.

De tous ces très bons qui ont été élus, il faudra bien se résoudre à attendre leur démission puisque le parlement n'a pas le courage de les renvoyer, quand bien même ils sont devenus si mauvais qu'ils font le déshonneur de la Suisse. Bref du spectacle, mauvais mais immense.

Ne pas vouloir se rendre compte que des réformes s'imposent à l'exécutif et ne pas demander aux parlementaires de prendre leurs responsabilités quand ils renouvellent le CF nous conduira, un jour ou l'autre dans le mur. On peut évidemment freiner des quatre fers. Il n'empêche, le mur est plus près qu'on ne pense...

O tempora, o mores !

23/08/2009

Au moins deux Airbus

On voit bien que M. Merz ne lit pas la Tribune de Genève et moins encore ses blogs. L'eût-il fait qu'il se fût épargné un voyage à Tripoli - déshonorant ou non - car il aurait pu envoyer au moins deux Airbus de négociateurs plus habiles les uns que les autres pour ramener les otages en Suisse. Mais dans quel état ?

Il y a deux vies en jeu ; tout le reste n'est que garniture.

"Quand la justice n'est pas juste, l'injustice est exacte." (Pierre Dac)

20/08/2009

Quand le droit est bafoué

Peu m'importe finalement que M. Merz ait dû "baisser sa culotte" et présenter des excuses à la Libye. Ce qui m'importe c'est que deux otages (et les commentateurs politiques seraient bien inspirés de se souvenir de la signification du mot "otage") soient libres de leurs mouvements.

Il me semble que l'on a complètement renversé les rôles : le fils Khadafi se conduit comme un délinquant à Genève (et pas seulement à Genève). Son père retient des hommes en otage et c'est la Suisse qui doit s'excuser. Un comble ! Une très mauvaise farce.

Dans les Etats de droit, les preneurs d'otages sont très sévèrement punis. Il faudra bien qu'un jour - sans doute encore lointain ! - les chefs d'Etat sanguinaires mais riches soient traduits devants des tribunaux.

Le fiston du tyran maltraite ses domestiques et M. Merz parle d'une arrestation injustifiée.

Bref si les excuses n'ont servi qu'à libérer les otages, alors bravo et merci. Si les excuses servent à relancer des relations commerciales, c'est déjà netement plus douteux.

S'il n'y avait pas eu d'otages, M. Merz se serait-il aussi excuser, serait-il allé à Canossa - à Tripoli pour s'excuser ?

Quoi qu'il en soit, il est urgent de déclarer Hannibal "persona non grata". N'en déplaise à M. Nydegger, qui, voyant déjà se profiler les élections cantonales, tire à boulets rouges sur la police, M. Moutinot et tout ce qui visiblement pourrait nuire à son avancement ! C'est petit. J'avais en outre la naïveté de croire qu'à Genève comme à Berne, il y avait un collège de "ministres" et que les décisions étaient collégiales.

Je ne sais pas encore pour qui je voterai bientôt, mais je sais d'ores et déjà pour qui je ne voterai pas !

Excuses ou pas d'excuses, n'oublions pas que c'est le régime libyen qui est détestable. Ce n'est pas le gouvernement suisse qui est coupable. C'est le "guide" de la révolution libyenne qui se conduit pour ce qu'il est : un dictateur

10/08/2009

DERNIER ACTE

Fulvio Pelli n'est pas candidat, mais il est prêt à se sacrifier.

Le dernier masque est tombé, le rideau le peut aussi. La farce est terminée.

Le 16 septembre, 246 députés écriront l'épilogue et nous feront croire - qu'ils croient - qu'ils vont élire le/la meilleur(e).

Circulez, il n'y a vraiment plus rien à voir.

La première faute  en politique, c'est d'y entrer (Benjamin Franklin)

12/07/2009

Je préfère encore un Vaudois...

Le premier coup à l'estomac, ce fut la candidature Lüscher au CF - candidature genevoise comme le nom ne l'indique pas - puis ce soir même, ne voilà-t-il pas que Mme Martine Brunschwig-Graf - tirée à quatre épingles devant les caméras du TJ m'envoie - forcément elle ne le sait pas - un deuxième coup à l'estomac : elle est candidate (à la candidature..)

Si ces deux personnes sont les seules susceptibles de représenter le canton de Genève - moi, citoyen genevois, comme le nom ne l'indique pas non plus - je préfère encore encore qu'on envoie un Vaudois à Berne...