Développement durable

  • En marge de la COP 24 : CO2 ? Foutaise...

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    Au détour d'une lecture de l'Echo Magazine, publié à Genève, je tombe sur un billet consacré à un certain Werner Munter. Inutile, probablement, d'expliquer à tous les écologistes et tenants de la COP21 et suivantes qui est ce personnage. La seule évocation de son nom suffit apparemment à faire sourdre une authentique colère contre celui qui traque avec allégresse les prophéties du GIEC. 

    Ce personnage haut en couleurs ne laisse pas indifférent. Après des études de philosophie et d'histoire à Berne, Munter s'intéresse, en autodidacte, à l'étude des avalanches. D'abord pris pour un aimable mais bougon amateur, il sera finalement considéré comme un des plus grands spécialistes mondiaux des avalanches. Même l'Institut de la neige et des avalanches à Davos lui ouvrira ses portes après pas mal de confrontation.

    Mais Werner Munter n'est pas seulement connu pour ses compétences en matière de neige. Il s'est attaqué également au réchauffement climatique et au passage se permet d'égratigner assez véhémentement les conclusions du GIEC. Il n'y va pas par quatre chemins et précise :"C'est de l'arrogance pure de croire qu'en 150 ans d'industrialisation, l'être humain aurait changé le climat. Les experts du GIEC répètent en boucle : 'c'est prouvé depuis longtemps', mais avance de preuves scientifiques, car il n'y en a pas. Ils le savent mais sont payés pour." On ne saurait le dire plus directement ! Plus loin :"Au cours des 10.000 dernières années, il y a eu cinq pics de température comparables à celui que nous vivons. Ces optima correspondent  à des cycles naturels. Il y a moins de 0,5 0/00 de CO2 dans l'atmosphère, et 5 % de cette quantité est imputable à l'homme. La thèse officielle contredit aussi la première loi de la thermodynamique. C'est de la foutaise ! J'ai des preuves mathématiques irréfutables que le CO2 est climatiquement neutre indépendamment de sa concentration. Mais personne ne veut les voir.On préfère se flageller...Le véritable problème, c'est la pollution. Si nous ne changeons pas nos modes de vie , nous crèverons dans notre propre merde!"Voilà qui est dit, en termes directs et sans circonlocutions inutiles.

    Indépendamment du fait que personne ne conteste que le réchauffement climatique est un fait avéré, son origine - attribuée dans une très large mesure aux activités humaines - semble faire encore débat. D'un côté la doxa qui accepte les conclusions du GIEC comme le saint évangile du climat et de l'autre quelques électrons libres qui crient au scandale, non pas avec des arrière-pensées économiques du style Trump, mais parce que convaincus que le GIEC fait fausse route.

    Il est vrai que la doxa ferait bien de se méfier des experts car leurs intentions ne sont pas toujours d'une grande clarté. Le domaine de la médecine et de la pharma en a fournis moult exemples au cours des dernières années. Mais c'est une autre histoire.

    La vraie question qui se pose avec le réchauffement climatique n'est pas de le contester - il est bien présent et mesurable - mais de savoir si l'on pourra le contenir par des comportements à la hauteur des enjeux fixés par les experts.

    Première constatation : les émissions de CO2 ne semblent pas diminuer en dépit de toutes les COP qui sont organisées.

    Deuxième constatation : les taxes sur le CO2, outre le fait qu’elles pénalisent les plus modestes - sont-elles réellement les seules à pouvoir venir à bout du CO2

    Et troisième constatation, plus provocatrice : les conclusions du GIEC sont-elles absolument irréfutables ou bien est-on autorisé à les contester, les mettre en doute sans passer immédiatement pour un irrécupérable fossoyeur du monde de demain.

    Heureusement, finalement, qu'il y ait des Munter. Les experts en ont aussi besoin !

     

    (Echo Magazine - no 48 - 29.11.2018, p.19-23))

     

  • 1 m2 par seconde

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    J'ai récemment entendu à la radio que la Suisse était bétonnée à raison de 1 mètre carré par seconde. Qu'est-ce que cela représenten au juste ?

    Livrons-nous à un petit calcul :

    Il y a 86400 secondes dans une journée, donc 86400 mètres carrés par jour.

    Par année, nous avons donc 86400 x 365 = 31536000 secondes et autant de m2.

    31536000 m2 représentent 31,536 km2 en un an

    en dix ans, la Suisse aura bétonné 315,36 km2

    En 2110, la Suisse aura bétonné 3153,6 km2 et en 3010, dans un millénaire, 31536 km2 seront bétonnés, à savoir, en gros, les 3/4 du territoire.

    Si l'on revient au début du calcul, on se rend compte que le canton de Genève est bétonnable en moins de 10 ans si tout se concentrait sur lui. Mais il est vrai qu'au rythme où vont les déclassements de terrains agricoles pour construire, les Genevois peuvent encore dormir sur leurs deux oreilles...

  • Hasard !

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    Perdu dans mon grenier depuis quelques heures pour y mettre un peu d'ordre, je tombe par hasard sur une coupure de presse : elle est issue du Journal de Genève des 24, 25 et 26 décembre 1986. Jusque là, rien que de très normal. Un grenier n'est-il pas conçu pour recevoir tout ce qu'on croit nécessaire de conserver. Bref. A la page 12 - Dernière heure - je tombe sur un "papier" intitulé "La libellule a bouclé son tour du monde." J'y lit en "chapeau" que "l'avion expérimental américain Voyager s'est posé  mardi matin sur la base aérienne d'Edwards en Californie, bouclant le premier tour du monde aérien sans escale ni ravitaillement." Un périple historique de neuf jours et de 43000km. Les deux pilotes se nomment Dick Rutan et Yeana Yeager. L'article se termine ainsi : "L'exploit de Voyager, qui entre dans les annales de l'histoire de l'aviation, est intervenu six jours après le 83ème anniversaire du premier vol d'un avion motorisé réalisé en 1903 par les frères Wright à Kitty Hawk (Caroline du Nord).

    L'information ci-dessus n'aurait aucun intérêt particulier à être rappelée 24 ans après la réalisation de l'exploit si - par le plus grand des hasards - je ne la mettais en relation avec une autre information, de ce jour cette fois : "Solar Impulse" a réalisé son premier vol depuis Payerne. Cette avion solaire ambitionne lui aussi de réaliser un exploit en 2012, sauf erreur : faire le tour du monde avec comme seul "carburant" l'énergie solaire. Sans escale ni ravitaillement non plus !

    Il y a un quart de siècle, ce qui importait c'était l'exploit en tant que tel, peu importait les moyens. Pour B. Piccard, l'exploit ce n'est pas tant de faire le tour du monde que de le faire à "l'énergie solaire", soit sans pollution, sans bruit et avec beaucoup de médiatisation !

    Après tout, "sol lucet omnibus" disent les latinistes. Pourquoi s'en priver ?

     

  • Le réchauffement plus important que la faim ?

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    J’ai beau me répéter que le réchauffement climatique est une affaire qui concerne tout le monde, je n’arrive pas vraiment à m’expliquer pourquoi - et surtout comment - le climat éclipse la misère du monde ! Dans quelques jours - à Copenhague - on saura si le miracle s’est produit ou si la catastrophe planétaire annoncée aura lieu dans vingt-cinq, cinquante ou cent ans.

     

    Je comprends qu’il faille s’efforcer d’inculquer la « fibre écolo » à tout le monde. Je trie mes déchets, j’ai changé mes ampoules, j’économise l’eau autant que faire se peut, je me chauffe au bois, j’ai une petite voiture. Bref, je crois me comporter en citoyen le plus responsable possible.

     

    Ce que je ne comprends pas en revanche, c’est l’espèce d’acharnement de certains milieux écologistes à culpabiliser la population en lui faisant croire qu’elle est la cause de son propre malheur. Je ne comprends pas non plus qu’on agite systématiquement le mot « taxe » dès qu’il s’agit d’écologie. On va revenir au temps de la taille et de la gabelle !

     

    Je ne sais pas si j’ose le mot ; mais cette quasi hystérie qui s’empare du monde à propos du réchauffement climatique m’inquiète. Non pas parce que la cause n’est pas digne d’intérêt, mais simplement parce toutes les autres sont reléguées au rang d’épiphénomène.

     

    Il est dès lors « normal » que la conférence sur la faim dans le monde qui s’est tenue récemment sous les auspices de la FAO soit quasiment passée inaperçue ! L’accès à l’eau potable relève également d’un scandale planétaire. Alors pourquoi cet engouement - cette crainte ? - pour le climat alors que la faim - qui touche rappelons-le - un milliard d’êtres humains n’intéresse pas grand monde ?

     

    La dignité de notre planète et de ses habitants ne peut pas se résumer à deux degrés de plus ou de moins. Pour la température, c’est dès maintenant, pour la faim, c’est tout de suite.

     

    J’ai reçu par courriel un petit conte métaphorique que je me permets de reproduire ci-dessous. Il a été adressé par le …professeur biceps, qui anime un blog sur l’orthographe. Lisez plutôt :

     

    Alors qu'il marchait à l'aube sur la plage, le vieux vit devant lui un jeune homme qui ramassait des étoiles de mer et les jetait à l'eau. Il finit par le rejoindre et lui demanda pourquoi il agissait ainsi.
    Le jeune homme lui répondit que les étoiles de mer mourraient s'il les laissait là jusqu'au lever du soleil.
    « Mais la plage s'étend sur des kilomètres et il y a des millions d'étoiles de mer, répliqua-t-il. Quelle différence cela va-t-il faire ? »
    Le jeune homme regarda l'étoile de mer qu'il tenait dans sa main et la lança dans l'écume. Il répondit : « Cela fera une différence pour celle-ci. »

     

  • Home : pontifiant

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    On allait voir ce qu'on allait voir...et on n'a pas vu grand chose. Le film "home" - grâce à une promotion bien orchestrée - a permis à Yann-Arthus Bertrand - du haut de quelques milliers d'heures d'hélicoptère - de culpabiliser toute la planète ! Malgré la beauté indéniable des images, j'ai eu envie de dormir après 30 minutes. Rien de nouveau, que des poncifs. Dommage que cet homme aussi talentueux ait commis ce film sans relief. Et même s'il est "trop tard pour être pessimiste" entend-on à la fin des 90 interminables minutes de projection, il est quand même clair que notre bonne vieille Terre méritait mieux.

    YAB a voulu prendre tout le monde de haut avec Home, raison sans doute pour laquelle le film est tellement sentencieux.

    Je continuerai néanmoins à prendre un plaisir sans mélange à regarder les images de ce photographe dans le domaine où il excelle : la photographie aérienne.

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