12/04/2015

Petit abécédaire. Aujourd'hui z comme zut...et je reste poli.

J'aurais bien utilisé un mot de cinq lettres, mais d'une part son emploi aurait été inconvenant et d'autre part le mot zut me permet de terminer - enfin - mon petit abécédaire.

Moi qui suis moyennement fan de football, je me dis que la disparition du Servette FC n'est sans doute pas une nouvelle réjouissante - il n'y a aucune raison de se réjouir du malheur des autres - mais ce ne serait pas la fin du monde non plus.

Depuis que le football s'est transformé en Société Anonyme et que les spectateurs paient une entrée sur un stade démesurément grand pour voir 11 salariés - probablement mieux payés qu'une caissière de supermarché - bosser pendant 90 minutes et avoir davantage de pouvoirs que le fusible qu'on appelle entraîneur, j'ai cessé de me rendre au stade.

C'est dire si je ne suis pas prêt à investir le moindre centime dans une société commerciale apparemment mal gérée. Et comme contribuable je ne souhaite pas non plus que mes impôts servent à renflouer une pompe à fric qui aspire dans le mauvais sens. En termes économiques et commerciaux, on cherche, dans ces cas-là, des repreneurs et de nouveaux sponsors. Depuis le temps que dure la comédie, je suggère d'ailleurs plutôt des mécènes que des sponsors...

Acta est fabula. Et il n'est pas nécessaire d'ajouter un acte à chaque nouveau naufrage.

03/12/2014

Banque nationale...

L'initiative sur l'or a été rejetée sèchement par le peuple.

Par un détournement assumé d'une phrase de Jacques Prévert - phrase qui peut oralement servir aux deux parties opposées - le résultat du vote se résume à ceci : "Merde à l'or."

20/12/2013

Savoir gérer...

Il existe des mots, dans notre langue française, qui tiennent le haut du pavé alors que d'autres, pour des raisons  que j'ignore, ont pratiquement disparu de notre communication quotidienne. Des exemples de "disparus" ? Tenir compte et prendre en considération devenus par un désir de concision discutable "prendre en compte" ! Faut-il aussi s'alarmer du "challenge" (avec un t initial dans la prononciation pour sonner plus british) qui a détrôné notre bon vieux défi. On ne s'étonnera pas non plus des "points" qui sont sensés remplacés les "pourcents" dans le discours de certains journalistes qui souhaitent sans doute nous montrer qu'ils ont des lettres ! C'est abusif ? Peu importe, c'est dans l'air du temps ! Dans la presse parlée, je retiendrai le délicieux "géole" (sic) prononcé par des commentateurs peu scrupuleux ou ignorants. Est-il en outre bien nécessaire de s'attarder sur la disparition quasi permanente du "ce que" dans certaines phrases "au profit" - si l'on ose dire - d'un regrettable mais fréquent qu'est-ce que" : "Je ne sais pas qu'est-ce qui s'est passé."

Francophone, ton français fout le camp ! Cela dit, je ne m'élève pas en parangon de vertu en la matière. J'essaie seulement d'utiliser la langue qui est la mienne en prenant soin de la maltraiter le moins possible tout en lui accordant le droit d'évoluer, en créant des néologismes, en empruntant des mots aux langues étrangères - comme elle l'a d'ailleurs toujours fait - ou encore en modifiant des prépositions jadis utilisés avec certains verbes : partir pour, remercier de (remercier pour était alors considéré comme un germanisme !)

Mais, au fond, tout cela me paraît presque secondaire quand j'entends à longueur de journée l'utilisation qui fait en quelque sorte fureur à l'époque de monde globalisé d'un mot devenu "incontournable" : gérer

A l'école, quand j'y usais encore mes culottes sur les bancs, il nous était enseigné de remplacer le verbe "faire" par un verbe plus précis, correspondant mieux é la situation. Pas toujours facile !

Aussi bien faut-il s'étonner que le verbe gérer occupe une telle place dans notre langage quotidien ? Gérer son temps, gérer la situation, gérer ses amours  (Si, si !), gérer ses vacances, gérer la crise, gérer sa sexualité, etc, etc. Il faut savoir tout gérer, peut-être à cause de la mainmise d'une économie toute puissante qui ne donne d'ailleurs - et de loin - pas toujours le bon exemple.

La seule chose que les gens - souvent - ne savent pas ou plus gérer, c'est leur budget. Avec les cartes de crédit en tous genres, trop de citoyens semblent avoir oublié qu'une signature ou qu'un code de carte épuise très vite l'avoir disponible et que l'on se retrouve dans le rouge sans y avoir pris garde.

Et ce n'est pas l'émission de ABE de cette semaine consacrée au surendettement qui va me faire changer d'avis : trop de jeunes (et moins jeunes) ont appris à tout gérer, sauf leur budget personnel.

 O tempora, o mores.

 

 

11/08/2013

Deux litres ou vingt litres ?

Il  y a quelques minutes je regardais l'émssion de la RTS - Mise au point - consacrée notamment au projet des douanes suisses d'autoriser en franchise l'importation de 20 litres de vin contre deux actuellement, soit 26 bouteilles contre 3 actuellement.

Les arguments de la douane ne manquent pas de logique : elle nous explique que les montants encaissés, en regard des travaux administratifs y relatifs sont très bas. Et mobiliser du personnel pour encaisser entre un et deux francs pour 3 ou 4 bouteilles supplémentaires relève presque de l'anecdocte.

Je ne sais pas ce qu'en pensent les vignerons suisses. Je peux imaginer sans peine qu'ils vont monter au créneau pour faire capoter cette proposition. Il y en a en tous les cas un, ce soir, qui est venu devant les caméras pour pleunicher sur la fin de la viticulture suisse en cas d'acceptation de cette proposition. Il s'appelle Luc Barthassat et il est viticulteur à Genève.

Les arguments, on les connaît : les vins étrangers importés sont de la piquette, ils sont produits par des vignerons peu scrupuleux qui ont des employés "au noir" et très mal payés, non soumis à des conventions collectives. Enfin, à entendre ce monsieur, j'en viens à me demander si le verre des bouteilles n'est pas aussi trafiqué.

Et l'on nous ressert, évidemment, le couplet sur le "consommer local" quand ce n'est pas le mot "protectionnisme" qui arrive dans la discours.

 

Alors je dis non. Assez d'entendre toujours les mêmes jérémiades. Les viticulteurs suisses ont pourtant des atouts à faire valoir. Il savent produire des vins de grande qualité...qui se vendent très bien alors que ce sont les rouges qui tachent et les blancs qui piquent qui peinent à s'écouler.

Alors si l'on veut vraiment parler de protectionnisme, gageons qu'il n'y aura plus de risque de trouver de l'alcool au volant. Soit parce que le consommateur ne boira plus de piquette, soit parce pour le porte-monnaie un verre ça va, deux verres, bonjour les dégâts. Avec ou sans vins étrangers.

 

 

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11/07/2011

Quand l'éthique chute avec l'euro



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04/07/2011

La valse des euros...

Il suffit parfois de déambuler dans les grands magasins pour découvrir combien le niveau de vie est élevé en Suisse. Tenez, chez Vögele, à Signy (C'est probablement la même chose dans les autres succursales) certaines étiquettes de prix sont libellées en francs suisses, en euros, en forint et encore en zlotys.

Jusque là, rien à redire, tout plaide pour une meilleure transparence des prix. Mais quand vous regardez d'un peu plus près, vous constaterez vite que l'article que vous convoitez vaut CHF 89,95 et...€ 49,95.

Questionné, le personnel de vente se retrouve vite emberlificoté dans des explications fumeuses.

Personne n'osera prétendre que la chaîne ci-dessus arnaque ses clients. En tous cas, puisque ça n'en est pas une, c'est vachement bien imité...

17:09 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23/06/2011

L'euro à la baisse : une aubaine ?

La baisse de l'euro n'est pas considérée par tout le monde de la même manière. Il y a d'un côté les consommateurs qui se réjouissent des prix français et qui remplissent leurs paniers à provision à qui mieux mieux. Qui leur en ferait le reproche ? Quand les salaires sont modestes, tous les moyens sont bons pour réduire les dépenses. Il est d'ailleurs assez surprenant que les consommateurs achetant en France voisine soient montrés du doigt alors que les entreprises qui délocalisent à qui mieux mieux également ne font que défendre leurs intérêts et ceux - lesquels ? - des collaborateurs qu'ils n'auront pas été obligés de licencier. Curieuse mathématique.

Et ce n'est pas tout. Maintenant que l'euro est au plus bas - vraiment ? - je crains avec effroi que certaines entreprises ne vont pas tarder à offrir des salaires suisses encore plus bas que d'habitude aux frontaliers - ceux qui traverseront les filets de la préférence nationale ! - sous prétexte que la faiblesse de l'euro compensera un salaire suisse exprimé dans un franc fort. Cqfd.

Quant à savoir ce que feront les mêmes patrons quand et si l'euro se relève...

29/01/2011

Il faut savoir encaisser

Hôte de la Radio Suisse Romande il y a deux jours je crois, Daniel Vasella, grand prêtre de Novartis, s'est évidemment vu demander si ses revenus mirobolants et les attaques qui en étaient la conséquence lui posaient un problème. Et M. Vasella de répondre : j'encaisse.

Du point de vue des encaissements, on peut lui faire confiance...

27/11/2010

Un beau texte de Pascal Décaillet

Il m'est arrivé d'égratigner Pascal Décaillet parce qu'un de ses billets ne m'avait pas plu. J'ai souvent aussi souligné la qualité de la plume de ce forçat du journalisme, mitraillant sur tous les fronts ! Il donne, en quelque sorte, raison à Albert Einstein qui a dit que "plus on va vite, plus le temps est court"...Mais comment fait-il, cet homme ? A-t-il une plume dans chaque main ? Mais comment tient-il alors son micro à Léman Bleu ? Sans compter la famille ! Bref.

Losrque Pascal Décaillet s'en est pris assez violemment au Mammouth, alias la RSR de laquelle il avait été éjecté, j'avais demandé s'il ne crachait pas dans la soupe puisqu'il était bien impliqué dans le Mammouth... J'ajoutais que je voulais bien faire amende honorable si je me trompais. En lisant le texte ci-dessous, vous constaterez que Pascal Décaillet a une idée bien précise des apparatchiks, idée qu'en l'occurrence je partage pleinement. Il ne me reste donc qu'à faire amende honorable dans le cas présent.

Le texte ci-dessous a paru dans la revue "CHOISIR" en janvier 2005

Ils sont là depuis l'aube des temps, l'Egypte ancienne, Byzance la complexe, la Russie tsariste, la Suisse de la culture: ils sont assis, sûrs d'eux, conscients de leur éternité, ils ont l'arrogante tranquillité des espèces qui auraient précédé l'humanité et seraient pénétrées par la génétique certitude, le jour venu, post-apocalyptique, de lui survivre. Pour les désigner, il faut rendre hommage à la langue russe, sonore et métalliquement charnelle, qui a su leur inventer un nom: les apparatchiks.

Ils existent évidemment partout, dans toutes les sociétés, toutes les entreprises, les grands corps de l'Etat, les médias, les réseaux associatifs, les syndicats d'enseignants, les suppôts professionnels du patronat, les Offices fédéraux, et tout autant dans le privé, ce qui est encore plus surréaliste, comme si tout groupement humain sécrétait  son quota, peut-être invariant d'ailleurs, d'Abyssinie à la Prusse orientale, d'apparatchiks. 

Un apparatchik n'est pas nécessairement un inutile. Il doit bien avoir une fonction, puisqu'il existe, jusque dans les firmes les plus sélectives, et qui ne sont pas spécialement enclines, en ces périodes difficiles, à faire des cadeaux. L'apparatchik, généralement, ne s'intéresse que très peu, et de très loin, au produit fabriqué par l'entreprise. Il n'est pas un créatif, encore moins un imaginatif, son enthousiasme est gris comme un stratus d'automne, et pourtant il est là, comme un meuble. L'entreprise le garde.

Car la fonction première de l'apparatchik, et nul n'est besoin d'être spécialiste de Pouchkine pour le saisir, c'est la conservation, l'entretien jaloux, opiniâtre, de l'appareil. Chez Fiat, côtoyant sans les voir les meilleurs dessinateurs de prototypes, l'apparatchik s'occuperait sans doute du journal d'entreprise, ou du cahier de doléances des mécontents, ou du rayon végétarien de la cafétéria, ou de la collecte pour la baignade de bureau sur les bords du Pô, toutes choses éminemment respectables, mais d'un rapport assez lointain, vous en conviendrez, avec la fabrication de voitures. Laquelle me semble tout de même, pour Fiat, une activité assez importante.

Les apparatchiks sont souvent sociables, attachent de l'importance à la bonne ambiance de l'entreprise, n'oublient pas les anniversaires de leurs collègues, les pressent de rester au lit et de ne surtout pas venir travailler au-delà de 37,5 de température corporelle. Comme ils sont là pour l'éternité, ils prennent le temps. Les apparatchiks marchent lentement. Certains d'entre eux fument la pipe, qu'ils ont soin, d'ailleurs, de bourrer avec application et minutie, car, un être humain n'étant jamais totalement imparfait, un apparatchik peut s'avérer d'un rare et appréciable perfectionnisme. Les apparatchiks sont des horlogers, avec juste un point un peu gênant: ils ne produisent jamais la moindre montre. D'ailleurs qu'importe de savoir l'heure, quand on est soi-même éternel?

Les apparatchiks s'associent et s'assemblent. Ils aiment évoquer leurs problèmes, ensemble, devant une tisane, si possible pas trop chaude. Chez Fiat, à Turin, ils ne parleraient jamais du tout dernier modèle, le dernier cri, la voiture de rêve pour tous les Italiens et toute la planète, celle qui partirait à la conquête du monde et ferait exploser les parts de marché. Non. Ils auraient des soucis plus intérieurs: le prochain repas du comité d'entreprise, par exemple. Ou la demande d'un meilleur équilibre nutritif dans les menus de la cantine. Car un apparatchik est très soucieux, toujours, du rapport chiffré entre protéines et glucides, et, si les lipides s'y mettent aussi, il sort immédiatement sa calculette. Dans la poche extérieure gauche. A côté du tabac pour pipe. On est éternel, mais on se conserve, tout de même.

Un apparatchik, prenons toujours notre Turinois de chez Fiat, déteste généralement le cambouis des chaînes de montage. C'est vrai, ces ateliers salissants et bruyants, ces milliers de voitures en devenir, toujours désespérément les mêmes, le bleu de travail de ces prolétaires piémontais, tout cela, se demande l'apparatchik, est-il bien nécessaire à l'entreprise? Car notre apparatchik de chez Fiat a ceci de particulier qu'il n'aime guère les voitures. Il se déplace d'ailleurs toujours en tram, ce qui lui permet d'apprécier plus sereinement les richesses architecturales de Turin. Il éprouve, de plus, un souverain mépris pour la légendaire fascination exercée par la bagnole sur ses compatriotes italiens. Au fond de lui, il en veut à la Fiat de fabriquer des voitures, de caresser, dans le sens du poil, l'égoïsme automobile de la Péninsule.

Car l'apparatchik n'est pas une brute. Il aimerait bien, du haut de ses sandales, une humanité changée. Plus douce. Voluptueuse comme peut l'être la dernière volute de la dernière pipe d'une journée d'été. Le soir, sur les rives du Pô. Loin de ces brutes épaisses, pleines de cambouis, qui s'obstinent, allez savoir pourquoi, à construire des voitures.

Pascal Décaillet

10/12/2009

Le réchauffement plus important que la faim ?

J’ai beau me répéter que le réchauffement climatique est une affaire qui concerne tout le monde, je n’arrive pas vraiment à m’expliquer pourquoi - et surtout comment - le climat éclipse la misère du monde ! Dans quelques jours - à Copenhague - on saura si le miracle s’est produit ou si la catastrophe planétaire annoncée aura lieu dans vingt-cinq, cinquante ou cent ans.

 

Je comprends qu’il faille s’efforcer d’inculquer la « fibre écolo » à tout le monde. Je trie mes déchets, j’ai changé mes ampoules, j’économise l’eau autant que faire se peut, je me chauffe au bois, j’ai une petite voiture. Bref, je crois me comporter en citoyen le plus responsable possible.

 

Ce que je ne comprends pas en revanche, c’est l’espèce d’acharnement de certains milieux écologistes à culpabiliser la population en lui faisant croire qu’elle est la cause de son propre malheur. Je ne comprends pas non plus qu’on agite systématiquement le mot « taxe » dès qu’il s’agit d’écologie. On va revenir au temps de la taille et de la gabelle !

 

Je ne sais pas si j’ose le mot ; mais cette quasi hystérie qui s’empare du monde à propos du réchauffement climatique m’inquiète. Non pas parce que la cause n’est pas digne d’intérêt, mais simplement parce toutes les autres sont reléguées au rang d’épiphénomène.

 

Il est dès lors « normal » que la conférence sur la faim dans le monde qui s’est tenue récemment sous les auspices de la FAO soit quasiment passée inaperçue ! L’accès à l’eau potable relève également d’un scandale planétaire. Alors pourquoi cet engouement - cette crainte ? - pour le climat alors que la faim - qui touche rappelons-le - un milliard d’êtres humains n’intéresse pas grand monde ?

 

La dignité de notre planète et de ses habitants ne peut pas se résumer à deux degrés de plus ou de moins. Pour la température, c’est dès maintenant, pour la faim, c’est tout de suite.

 

J’ai reçu par courriel un petit conte métaphorique que je me permets de reproduire ci-dessous. Il a été adressé par le …professeur biceps, qui anime un blog sur l’orthographe. Lisez plutôt :

 

Alors qu'il marchait à l'aube sur la plage, le vieux vit devant lui un jeune homme qui ramassait des étoiles de mer et les jetait à l'eau. Il finit par le rejoindre et lui demanda pourquoi il agissait ainsi.
Le jeune homme lui répondit que les étoiles de mer mourraient s'il les laissait là jusqu'au lever du soleil.
« Mais la plage s'étend sur des kilomètres et il y a des millions d'étoiles de mer, répliqua-t-il. Quelle différence cela va-t-il faire ? »
Le jeune homme regarda l'étoile de mer qu'il tenait dans sa main et la lança dans l'écume. Il répondit : « Cela fera une différence pour celle-ci. »