01/12/2013

Des immigrants pour nos retraites

Ainsi donc nous allons retourner aux urnes pour savoir si nous devons limiter ou non "l'afflux massif" d'étrangers selon l'idéologie de certains partis suisses qui souhaitent se protéger des étrangers comme on se protège du sida en mettant des préservatifs.  

Si le port de préservatifs est une évidence pour éviter la contamination par le VIH, il n'est de loin pas certain que la fermeture des frontières soit la solution aux problèmes que rencontrent notre pays, et en premier lieu le chômage. Et faire travailler encore plus de Suissesses pour stopper l'arrivée de migrants paraît à première vue une solution peu contestable parce qu'elle met le pays à l'abri d'une immigration non contrôlée.

Il est une question que les initiants n'ont pas vu ou pas voulu voir en lançant leur initiative. Le taux de renouvellement de la population est dans notre pays beaucoup trop bas pour assurer à terme des retraites raisonnables pour tous. En un mot comme en cent, les femmes suisses (et les hommes !) ne font pas assez d'enfants , ce qui pourrait bien mettre nos institutions sociales en danger à terme.

Il est incontestable que les immigrants font davantage d'enfants et qu'il s'agit là d'un critère à ne pas négliger si l'on ne veut pas que nos retraites et autres assurances sociales ne rétrécissent comme peau de chagrin.

M. Berset peut proposer n'importe quelle solution pour assurer aux Suisses des retraites qui ne devraient en aucun cas diminuer. Mais quelle que soit la solution choisie, il ne saurait être question de faire l'économie du réflexion approfondie de la natalité et de son taux qui a une tendance fâcheuse à baisser, signe évident que le financement de nos retraites est loin d'être assuré.

22/11/2013

Frontalier et prostitution

Il suffit dans les colonnes de la TG ou ailleurs d'écrire le mot "frontalier" pour qu'aussitôt les commentaires haineux et xénophobes enflamment les blogs. C'est regrettable, mais c'est ainsi. Il sert d'exutoire à tous ceux dont la seule "analyse" consiste à affirmer que le frontalier est un malfaisant.

Cela dit, j'aimerais bien voir publier, par tranche d'âge et par profession, le nombre de chômeurs inscrits à Genève. C'est sans doute très instructif pour constater s'il y a adéquation entre les postes à repourvoir et les compétences momentanément au chômage. Cela dit, je peux parfaitement admettre qu'il n'y a aucune raison de donner systématiquement la préférence à un frontalier. on parle beaucoup de dumping salarial. La faute à qui ? Il y a probablement beaucoup trop d'employeurs qui profitent du déséquilibre entre les deux pays pour "raboter" sur les salaires. Que font l'Etat et les syndicats pour lutter efficacement contre cette situation et qui permettrait déjà d'y voir un peu plus clair !

Avec un brin de provocation, je suis prêt à affirmer qu'une fois l'économie "reboostée" et la crise passée, le problème "frontalier" disparaîtra comme il était apparu.

Mais pourquoi "frontalier et prostitution" dans le titre ? Parce que je  me demande pourquoi le phénomène frontalier paraît si aigu alors que l'on se fout éperdument du sort de toutes les jeunes femmes venant de l'étranger et à qui l'on fait miroiter un travail en Suisse et à Genève, travail qui consistera à arpenter les rues des Pâquis pour assouvir des fantasmes inavoués.

Dira-t-on bientôt à Genève :"pute ou frontalier", il faut choisir ?

26/04/2011

I V G : La morale et les finances

L'initiative visant à refuser la prise en charge de l'interruption de grossesse par l'assurance de base est - semble-t-il - sur le point d'aboutir. Les citoyens de notre pays vont donc être contraints de donner leur avis. Il paraît qu'on appelle cela la démocratie directe.

Mais la question n'est pas là ; les initiants sont de l'avis qu'il n'appartient pas à la collectivité de prendre en charge un avortement, à quelques exceptions près. Et qu'une femme qui "veut" avorter doit prendre ses responsabilités. La communuaté l'a rien à voir là-dedans non point que la solidarité qui n'a pas à s'exercer dans un acte que leur morale n'admet pas.

Je suis personnellement contre l'avortement, non pas pour des raisons morales ou religieuses, mais qu'il s'agit d'un acte qui n'est jamais anodin. Il devrait toujours être l'ultime recours. Une femme n'avorte pas comme elle va chez le coiffeur ou au fitness. Il faut tout entreprendre pour améliorer encore la prévention. En termes de coûts les IVG en Suisse représentent des "peanuts" - pour reprendre une expression chère aux banquiers - dans le budget de la santé.

Alors que cherche-t-on à nous faire avaler avec cette initiative ? A criminaliser l'avortement, à reprendre le chemin des avortements clandestins, à tuer des femmes parce qu'elles n'ont pas les moyens de "s'offrir" cette douloureuse intervention.

Tout citoyen a le droit d'être contre l'avortement, en leur âme et conscience, sans pour autant être considérés comme de dangereux réactionnaires, tant que l'on reste sur le terrain de la morale. Mais notre constitution n'a pas pour mission de définir des principes moraux mais de permettre à tous les citoyens de vivre en bonne harmonie et de les protéger tous, surtout les plus faibles. Ainsi donc, si l'on s'en tient au seul critère financier, il faut rejeter cette initiative. Si l'on en vient sur les critères moraux, il faut également la rejeter.

 

 

22/01/2011

La mort et le sexe

« Ceux qui ont tout fait pour que les cendres de Grisélidis Réal soient inhumées aux Rois, en raison de la dimension symbolique du lieu, doivent aussi admettre qu'il faut alors en respecter la règle du jeu : les personnalités de la République y sont ensevelies pour que le public puisse se recueillir sur leurs tombes dans la paix et la sérénité. Y importer un facteur de trouble violerait cette règle du jeu et porterait atteinte à cette dimension symbolique. »

 Il s'agit de la conclusion du billet de M. Soli Pardo consacré à la stèle contestée pour la tombe de Mme Réal.

Malheureusement, il n'y a que les bien-pensants qui établissent les règles du jeu.

La question qui se pose n'est pas de savoir si la stèle proposée a sa place au cimetière des Rois, mais simplement de savoir si elle a sa place dans un cimetière.

Si l'on s'en tient au seul cimetière des Rois, alors il faut en déduire qu'il y a des morts plus importants que d'autres qui continuent d'être humiliés après une vie d'humiliations permanentes.

J'aime bien la chanson de G. Brassens "la complainte des filles de joie" qui se termine sur ce vers : "Il s'en fallait de peu mon cher, que cette putain ne fût ta mère"...

 

29/10/2010

Courez, courez, il en restera toujours quelque chose...

Ayant perdu ma première version à propos de Sarah Marquis suite à une fausse manipulation et ma colère étant à la mesure de ma maladresse, je me suis dit qu'il fallait aboslument revenir sur le sujet. Probablement sans intérêt pour de nombreux lecteurs, il n'est pas possible, cette fois, de laisser passer les dérapages de la Télévision romande.

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17/01/2010

un siècle sans identité ?

Je suis arrivé à un âge où je m'arrête aussi aux pages nécrologiques  quand je lis la TG ou un autre quotidien. Et là, récemment, au hasard de mes lectures, je découvre un avis mortuaire concernant Madame Pierre (...) décédée à l'âge de 100 ans.

Vous rendez-vous compte ? 100 ans sans que cette femme n'ait sa propre identité ! 100 ans sans que son prénom ne soit mentionné. L'inégalité jusque dans la tombe. Décidément la gent masculine est encore assez nettement plus égale que la féminine !

11:21 Publié dans Femmes | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |