12/04/2016

Le Pont de Grésin, vous connaissez ?

En aval du Fort l'Ecluse, sur la Commune de Léaz se trouve le hameau de Grésin - à ne pas confondre avec la commune de Grésin qui se situe en Savoie et dont le nom est intimement associé au mot "pont". Cette association n'est pas due au simple hasard ! Depuis le 15ème siècle - bien avant que l'idée du barrage de Génissiat germe dans la tête des ingénieurs et des politiques, le Rhône était franchi au bas du hameau de Grésin. 

A l'époque le Rhône n'était pas encore aussi sage qu'il paraît aujourd'hui et il existait une petite île au milieu du fleuve, ce qui facilitait le construction d'ouvrages. Il n'est pas inintéressant de savoir que le passage du Rhône n'a pas été imaginé pour le seul profit des habitants de la région ! Certes non. La véritable raison est d'ordre militaire : aux 16ème et 17ème siècles, le pont permettait aux troupes espagnoles de franchir le Rhône afin de se rendre en Franche Comté et rejoindre ensuite les Pays-Bas sans jamais mettre les pieds en France !

La dernière guerre a vu la destruction des ponts existants pour des raisons stratégiques et la construction du barrage de Génissiat, inauguré en 1948 a mis définitivement fin au franchissement du Rhône à Grésin. Définitivement ? Non, justement. Un nouveau pont, suspendu celui-là, a remplacé toutes les réalisations antérieures. D'une longueur de 137 mètres, entièrement métallique, ce pont d'une belle facture, semble néanmoins un peu au milieu de nulle part dans la mesure où il ne relie rien d'important et qu'à part un accès piétonnier - même si un bon 4x4 paraît en mesure de s'en approcher - il voit quelques VTT l'emprunter.

Sauf à relier le département de l'Ain à celui de la Haute-Savoie, le Pont de Grésin répond finalement assez bien à ce que dit parfois la sagesse populaire : "C'est tellement plus beau quand c'est inutile". Et pour être beauP4100055.JPGP4100058.JPG, il est très beau !...Allez vérifier par vous-mêmes.

27/03/2016

Basses eaux !

En promenade du côté de Préverenges, je constate ce qui me paraît être un niveau anormalement bas du Léman. De minuscules ports....sans eau, des bancs de sable qui s'étirent comme au bord de l'océan à marée basse. Que se passe-t-il ?

Renseignements pris sur la site de l'Etat de Genève, on y apprend que le niveau du Lac Léman est régulé par le barrage du Seujet. De juin à décembre, le niveau du lac est contenu entre 372,15 et 372,30 m. De mi-mars - mi-avril, il oscille entre 471,60 et 371,75 m. Enfin, toutes les années bissextiles le niveau descend encore de quelques centimètres pour s’établir entre 371,45 et 371,60 m. Mais pour quelles raisons ? Simplement pour permettre de réaliser les travaux nécessaires à l'entretien des installations riveraines.

Les niveaux actuels du Lac Léman résulte d'un accord international passé en 1884 déjà à la suite d'un long conflit entre le canton de Genève, accusé de faire monter le niveau du lac et les cantons de Vaud et du Valais régulièrement victimes de hautes eaux, provoquées notamment par la fonte des neiges. Au fil des décennies les inondations devinrent, semble-t-il, de plus en plus fréquentes. L'affaire fut portée devant le Tribunal fédéral dès 1877 pour finalement se terminer par l'accord de 1884 qui mit définitivement fin au problème.

Tout cela pour dire que selon les endroits, le Léman prend des airs d'océan, mais ses marées sont régulées non par la Lune mais par le barrage su Seujet. C'est moins poétique mais plus efficace !

(on trouve de nombreux sites, notamment Wikipédia, traitant de ce sujet)

 

P3260015.JPGP3260004.JPG

 

 

24/03/2016

Heureuse démocratie

cornes.jpg

Pendant que l'on disserte de tous côtés sur les causes de la violence islamiste qui s'abat sur l'Europe et sur les solutions que l'on peine à trouver à la question des réfugiés et des migrants (Au fait, je ne saisis pas toujours bien la subtile distinction qu'il convient de faire entre ces deux termes), il y a en Suisse un paysan qui vient de gagner un pari un peu fou : lancer et faire aboutir une initiative pour que les vaches à qui l'on n'aurait pas cruellement enlevé les cornes soient en quelque sorte subventionnées.

Au moment aussi où le franc que l'on a décidé une fois pour toutes d'affubler de l'adjectif fort occupe l'esprit des économistes et de ceux qui croient l'être, au moment où les bonus accordés sans retenue aux capitaines d'industrie qui oublient les sous-officiers et les soldats prennent une fois encore l'ascenseur, au moment où le Président de la Confédération fait le "buzz" sur la toile et ailleurs lorsqu'il parle du rire, au moment où la réforme de la fiscalité des entreprises fait un tabac dans le canton de Vaud alors qu'à Genève on n'est pas encore sûr d'avoir bien compris de quoi il s'agissait, il est vraiment, mais vraiment réconfortant de savoir que plus de cent mille citoyens en pris la peine de signer une initiative afin que les vaches ne soient pas mutilées.

Je n'ai pas signé cette initiative parce que je n'en ai pas eu l'occasion, mais si j'avais été mieux informé, je l'aurais fait. Mais je l'accepterai, c'est sûr. D'abord parce que je n'aime pas les vaches qui n'ont plus de cornes. C'est moche. Ensuite parce que cette initiative aboutie montre et démontre que l'on peut être contre les minarets ou pour les cornes des bovidés - ou les deux à la fois - comme si c'était plus important que le choix d'un nouvel avion de combat.

Quel pays la Suisse, quand même ! Même que je m'étonne que Pascal Décaillet n'ait pas encore crié au génie de la démocratie directe en prenant connaissance de l'aboutissement de l'initiative.

On ne se félicitera jamais assez d'habiter dans un pays qui peut s'autoriser à mettre les attributs cornus des bovidés au même niveau que la surveillance des frontières selon St-Schengen.

Et avec un peu de malice, j'attends que les Français puissent enfin se prononcer sur la longueur de la baguette et les Belges sur la grosseur des frites...Ils auront alors enfin compris ce qu'est une véritable démocratie. Qu'on se le dise.

 

13/03/2016

Intelligence artificielle

"C'est donc fait l'homme... a trouvé son maître. Ce jour tant redouté est arrivé... l'intelligence artificielle nous dépasse...

Question: est-ce que la machine sera à notre service ou à l'inverse allons-nous en être tributaire ?

 Pas clair... car si la machine devient vraiment si intelligente que cela alors pourquoi elle s'encombrerait d'une créature finalement nuisible à son environnement et qui ne semble pas apprendre vraiment avec le temps ... comme l'homme?" (blog de M. X. Comtesse)

 

A moins que la machine soit capable, dans l'avenir, de se reproduire et finalement de faire de l'homme son esclave total, je me demande pourquoi cet homme ne serait pas en mesure, en dernière extrémité, de retirer la prise pour que la machine s'arrête...

Gagner une partie de go avec des algorithmes est une chose, présider les Etat-Unis en est une autre. Quoique !...En voyant Donald Trump, on est en droit de se demander si une machine ne ferait pas mieux l'affaire.

 

21/02/2016

Musée moderne ou ruine ?

Le choix est vite fait : ce sera un oui au MAH revu par la ville de Genève et Jean Nouvel. Un oui sans le moindre poids puisque je ne suis pas domicilié en ville de Genève ! Cela dit, difficile de comprendre l'argumentation des opposants qui apparaissent figés sur une construction qui est certes intéressante mais qui a tout de même besoin d'un coup de jeune. Parler d'atteinte à la conservation du patrimoine alors que le MAH pourrait attirer beaucoup plus de monde s'il était emballé de neuf est une mauvaise plaisanterie.

Il suffit de se pencher sur l'histoire de la cathédrale St-Pierre pour se rendre compte que de nombreuses modifications ont été apportés au bâtiment sans qu'aujourd'hui personne ne s'en émeuve. Notre cathédrale n'aurait probablement pas sa flèche si les "défenseurs du patrimoine" avaient sévi pour en empêcher sa construction.

La Ville de Genève a une occasion de redonner à son MAH la place qu'il mérite et de présenter de nouvelles collections, notamment celles entassées dans les sous-sols. Ce serait vraiment dommage de la rater !

A moins que la risible question relative à la cour intérieure dont la plupart des citoyens se foutent éperdument fasse pencher la balance vers le non. Ce qui permettrait sans doute d'admirer la fameuse "cours intérieure" pendant les vingt prochaines années au moins !

09/01/2016

Julien Lepers

Question pour un Champion :

Pourquoi êtes-vous hors-jeu, Julien ?

Parce qu'on m'a mis sur la touche.

13/12/2015

Contraignant ?

La Cop21 a terminé ses travaux sur une note plutôt positive puisque les participants ont adopté un texte "juridiquement contraignant", mais apparemment sans qu'aucune sanction ne vienne troubler une violation des termes de l'accord.

Doit-on, dès lors considérer le "juridiquement contraignant" comme vide de sens ou simplement une formule qui veut faire passer un accord planétaire au mieux pour minimaliste.

Je demande donc à tous les juristes comment l'on s'y prendra si par malheur un ou des Etat ne respectent pas les clauses de cet accord que l'on dit historique.

Je me demande comment on ferait si le code pénal considérait le meurtre comme hors la loi mais sans qu'on l'a assortisse de quelque sanction si hélas il s'en produisait quelque-uns. Mais la question est sans doute naïve à moins qu'elle ne soit juste un peu provocatrice.

10/12/2015

Une élection normale ?

P. Décaillet se félicite d'avoir assisté - depuis longtemps - à une élection normale au Conseil Fédéral. Ah, ça oui ! Elle a été normale. Non pas celle qui fait du Parlement un organe décideur et qui élit qui il veut. Non le Parlement nous a à nouveau donné l'image d'un organe d'enregistrement qui se plie - pour ne pas dire qui s’aplatit - devant les exigences de tel ou tel parti. Comment parler d'une élection quand l'UDC claironne haut et fort que tout membre du parti qui serait élu sans l’aval de ce dernier en serait automatiquement exclu. L'habileté de l'UDC a été de présenter trois candidats afin de donner au Parlement l'illusion du choix. Dans le fond, c'est l'UDC qui choisit ses Conseillers Fédéraux. Le Parlement n'a rien à voir la-dedans.

Bel exercice de démocratie molle !

23/11/2015

Doublement dosé ?

La publicité à la télévision a ceci d'intéressant qu'elle permet d'analyser le vocabulaire utilisé et le message transmis. Le message, on s'en doute, consiste à nous faire consommer, autant que nos finances et notre intelligence nous le permettent, souvent au-delà...Le vocabulaire, lui, use de tous les subterfuges pour vous faire prendre des vessies pour des lanternes.

Un exemple ? N'ayons pas peur des marques. Voltaren Dolo. La pub nous précise droit dans le petit écran qu'il est doublement dosé ? Ca c'est une information intelligente d'autant qu'on ne sait évidemment pas ce qu'est un Voltaren Dolo simplement dosé.

La force du publicitaire est de faire croire aux consommateurs qu'en étant "doublement dosé" le produit est doublement efficace !

Connaissant l'industrie pharmaceutique, il est à craindre que le prix de vente du produit en question soit, lui aussi, doublement dosé...

09/11/2015

9 novembre 1932 : plus jamais ça...

J'ai eu la naïveté de croire qu'en ce jour anniversaire, la presse se ferait l'écho, même modestement, des événements qui ont secoué Genève en 1932. On dirait que l'armée qui tire sur les civils et tue 13 civils n'est qu'un épisode dont l'intérêt est limité. Même, semble-t-il, le GSSA ne réagit pas à la fusillade ! C'est dire si la tragique boucherie du 9.11.1932 n'intéresse plus grand monde. Enseigne-t-on dans les écoles genevoises ce qui s'est passé ce jour-là ?

En érigeant un mini-mémorial sur la plaine de Plainpalais, on a probablement cru que cela suffisait à s'affranchir de la nécessité de se souvenir justement. 

Plus jamais ça ? Franchement, j'aimerais bien y croire. Je reste néanmoins avec mes doutes et mes interrogations.