13/10/2014

Petit abécédaire. Aujourd'hui S comme schmolitz

Qui, parmi les jeunes, sait encore ce que signifie "faire schmolitz" ? Ce terme au parfum germanique n'est semble-t-il pas connu de nos concitoyens alémaniques qui lui préfère apparemment "Duzis machen" (d'après le Duden).

Il y a bien longtemps que je n'ai pas fait schmolitz, à mon grand regret d'une certaine manière.  Ce rituel qui consistait à croiser les bras, un verre à la main, avec son vis-à-vis et décider de passer d'un vouvoiement poli à un tutoiement festif après avoir bu une gorgée, en général de vin, me ravissait.

Il ne faut certes pas sombrer dans la nostalgie. La jeunesse actuelle passe au tutoiement avec une facilité déconcertante et sans le moindre complexe...et sans le moindre rituel. Cela facilite les contacts et cela permet de faire tomber certaines barrières sociales : vous avez, le patron qui tutoyait son employé alors que celui-là répondait par un "Monsieur"...

Il ne convient pas de regretter la disparition du Schmolitz dans les échanges verbaux de la jeune génération. Je souhaiterais en revanche que les expressions et les rituels un peu désuets n'aillent pas se perdre dans l'impasse des souvenirs brumeux.

Il y a des personnes qui se rattachent à leurs ancêtres par la nationalité. Personnellement j'aime bien que la langue y participe aussi. Il faut que j'en parle à mes petits enfants... 

11/10/2014

Un beau spectacle !

En ce début d'automne - comme à n'importe quel moment d'ailleurs  - il est intéressant d'observer ce qui se passe dans la nature. Cela vaut la peine, parfois, de s'arrêter deux minutes au bord de la route et de regarder ce qui se passe autour de nous.

 Il y a deux jours, dans les prés longeant le canal de Crans, entre Divonne-les-Bains et Crassier, une dizaine de grandes aigrettes se trouvaient un peu dispersées dans la zone. A ne pas confondre avec l'aigrette garzette, la grande aigrette a failli disparaître car ses plumes étaient utilisées pour agrémenter la confection féminine.

Actuellement protégé, cet échassier a petit-à-petit regagné du terrain et il n'est pas rare de le voir dans la zone susmentionnée.

Aigrettes Divonne 2014.JPG

En regardant la photo - malheureusement prise de très loin, ces oiseaux sont vite dérangés - on apercevra aussi un héron cendré (à gauche) qui lui paraît parfaitement à son aise dans nos régions. Il n'est pas rare d'en voir au bord de la route à nous regarder passer comme des vaches les trains ! (photo Monique Sommer)

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04/10/2014

Bip bip...

Le 4 octobre 1957, les Soviétiques lançaient le premier satellite artificiel de l'histoire des hommes, faisant ainsi la nique aux Américains qui attendront pratiquement 12 ans pour montrer qu'ils pouvaient faire aussi bien sinon mieux en envoyant des astronautes sur la Lune. C'était le 21 juillet 1969.

Les jeunes ont probablement de la peine à imaginer ce que représentait ce "bip bip" du Spoutnik 1, d'autant que la télévision était loin d'être en mesure de relayer l'événement...

En novembre prochain, la sonde Rosetta, en orbite autour de la comète Churyumov-Gerasimenko va larguer un module sur une comète après avoir parcouru plus d'un milliard de km dans l'espace.

Si tout se passe comme prévu, ce sera un immense succès et une performance extraordinaire compte tenu de la très faible gravité de la comète. Si cela ne fonctionne pas, ce sera quand même une très belle performance. La sonde Rosetta a été lancée en mars 2004. Elle arrive à pied d'œuvre après dix ans de voyage.

 On se tient les pouces...

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26/09/2014

Petit abécédaire . Aujourd'hui r comme référendum

Pris dans l'acception du Petit Larousse, un référendum "est une procédure qui permet à tous les citoyens de manifester par un vote l'approbation ou le rejet d'une mesure proposée par les pouvoirs publics."

Et le référendum a plutôt le vent en poupe actuellement, qu'il s'agisse par exemple du vote des Ecossais sur une éventuelle indépendance, du souhait des Catalans d'organiser le même type de vote que les Ecossais ou encore le vote sur la Crimée, quand bien même la mesure n'était pas proposée par les pouvoirs publics.

Quand un référendum relatif à l'éventuelle indépendance d'une région qui était plus ou moins autonome auparavant aboutit à un résultat positif, cela me réjouit et m'inquiète tout à la fois. Je m'explique. Il est toujours souhaitable que les citoyens puissent s'exprimer sur ce qui les concerne et cela en toute liberté. C'est un signe fort d'une démocratie qui fonctionne bien. Et bien sûr on ne peut que se réjouir d'un tel processus quand il respecte le droit interne et le droit international. La force de la démocratie est la fois de permettre aux gens de se déterminer et de leur laisser appliquer leur décision. La création du canton du Jura est à ce titre un bel exemple d'acceptation d'indépendance d'une région qui la souhaitait depuis longtemps !

Mais la crainte qui se cache derrière une multiplication de référendums visant l'indépendance est qu'ils aboutissent à la création de nombreux nouveaux Etats. Et qui dit nouveaux Etat et nouvelles frontières dit aussi nouvelles possibilités de tensions et de conflits.

Il est assez paradoxal que de nouveaux Etats aient accédé à l'indépendance en Europe pour aussitôt demander à intégrer l'Union européenne. Il est vrai qu'en Suisse, l'UE n'a pas bonne presse ni bonne opinion publique...ce qui est également paradoxal quand on considère sa propre organisation politique !

Mais la politique n'est-elle pas (aussi) l'art du paradoxe ?

20/09/2014

Etat, vraiment ?

Je suis toujours étonné de voir avec quelle ignorance coupable la plupart des journalistes nomment les choses. Comme si reprendre - sans les vérifier - les termes de leurs collègues étaient un gage d'exactitude. Il n'en est évidemment rien. Mais tels des moutons, de trop nombreux journalistes, prétextant sans doute un monde qui va trop vite pour eux, se jettent sur des mots ou des expressions sans en saisir le sens véritable. Mais qu'importe puisque tout le monde "dit comme ça."

On pourrait sourire évidemment d'une telle absence de professionnalisme lorsque les conséquences ne sont pas dramatiques. La confusion des points et des pourcents en est une bonne illustration. Le sourire devient nettement plus jaune quand les pseudo-scribouillards parlent depuis quelque temps de "l'Etat islamique". Quel abus de langage. D'abord parce qu'il pourrait laisser penser qu'il possède une légitimité puisque que précisément il est un Etat. Redoutable méprise. Et à force de répéter "Etat islamique", le lecteur va finir par imaginer que c'est vrai !

Si mes souvenirs sont exacts, un Etat est caractérisé par trois éléments fondamentaux : un peuple, un territoire et une puissance publique originaire. Et dans le cas qui nous intéresse, je ne vois pas bien qui est le peuple, où se situe précisément le territoire. Quant à la puissance publique...

Bref, il est parfaitement regrettable que les personnes qui sont en charge d'informer leurs concitoyens aient aussi peu de respect de la langue, de leurs lecteurs et finalement d'eux-mêmes. Le journalisme est un métier, pas une occupation.

31/08/2014

Censure ou laisser-aller coupable ?

A plusieurs reprises, je suis intervenu sur le Blog de Mme Hélène Richard-Favre pour donner des avis relatifs à ce qu'il faut appeler "le conflit ukrainien". Bien mal m'en pris. Non pas que Mme Richard-Favre, dont la rigueur intellectuelle ne semble pas devoir être remise ne cause, m'ait "agressé" d'aucune manière, même si son opinion ne rejoint pas la mienne sur le sujet, notamment quand on veut donner des leçons de neutralité à son propre pays. Mais peu importe. Là n'est pas le vrai problème. Après tout l'auteur du blog exprime sa pensée en toute liberté et cherche des arguments pour la faire valoir. Il n'y a rien à redire, même si l'on ne partage pas la pensée !

En revanche, je déplore que ce même blog publie des commentaires qui ne répondent à mon avis plus du tout aux critères fixés par le TdG : concision, courtoisie (!) et pertinence. Plutôt que d'argumenter, des "commentateurs" s'ingénient à démolir leurs opposants sans apporter la moindre idée personnelle, se contentant de mettre des liens qui vont dans le sens de leurs "analyses". C'est navrant de bêtise et d'intolérance. Sous pseudo dans la plupart des cas.

Cela constaté, j'ai décidé de ne plus intervenir sur ce blog, me réservant le droit de publier sur le mien, ce que je fais aujourd'hui.

Alors ? Faut-il carrément censurer ce qui ne plaît pas ? Il n'est jamais bon d'empêcher les gens de s'exprimer mais il n'est nullement interdit d'exiger des commentateurs - connus ou sous pseudo - de rester dans des limites acceptables lorsqu'ils s'opposent à des lignes qui les défrisent !

Alors ? Laisser passer n'importe quoi sur son blog constitue-t-il un laisser-aller coupable ? Dans la mesure où les propos sont insultants, il n'a pas de raison de ne pas informer que le texte incriminé relève davantage du code pénal que de l'analyse politique.

Evidemment, vous me direz que chacun a sa propre interprétation de ce qui est acceptable de ce qui ne l'est pas. Et la difficulté réside, justement, dans l'interprétation ! A mon avis, on devrait pouvoir tout dire, mais pas n'importe comment...

18:48 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27/08/2014

Petit abécédaire. Aujourd'hui q comme qwert(y)

Pourquoi, bon sang, s'arrêter à cet adjectif invariable (Si, si, en tous les cas dans mon Petit-Robert) ? Ben d'abord parce que c'est le dernier qui figure à la lettre "q". Aucune possibilité d'aller plus loin dans les "q". Ensuite parce que chaque fois que m'éloignant  de mon fidèle qwerty pour tomber sur un inconnu du nom d'azerty, je me plante dans le grandes largeurs et me retrouve avec des orthographes assez improbables. Dans ce genre de situations, plusieurs solutions possibles : la première et la plus radicale consiste à fermer l'ordinateur devant lequel vous vous trouvez et à ajourner sine die votre commentaire que vous vouliez publier sur les blogs de la TdG. La deuxième possibilité commande d'arrêter net tous vos automatismes et de vous concentrer. Au bout de deux heures environ, vous aurez compris que le Z est un W. Relativement peu important parce que moins utilisés que le E. Mais quand même. Vous ratez déjà tous les impératifs. Et l'un des premiers impératifs, c'est justement de ne pas se tromper. Ensuite vous cherchew, pardon cherchez à mettre en forme le mot adrénaline et vous tombez, si l'on ose dire, suite à votre redoutable efficacité à "taper à l'aveugle", sur votre Q. Dans ce cas rassurez-vous immédiatement, (de) Montaigne (Michel de son prénom) avait déjà pensé à tout, l'avait prédit : "Sur le plus beau trône du monde, on n'est jamais assis que sur son cul."

Finalement, cette redoutable confusion de claviers a - peut-être - quand même un avantage. Nous continuerons tous, de temps en temps à écrire quelques conne...s. Avec ce foutu clavier Azerty, il nous faudra simplement un peu plus de temps pour les écrire. C'est toujours cela de gagné... pour les autres.

 

23/08/2014

Petit abécédaire. Aujourd'hui p comme paradoxe

Oui, paradoxe ! Pourquoi ? Parce que je peine à comprendre pourquoi les Suisses sont, apparemment, contre la mise en place d'une caisse dite unique, dans le domaine de la santé. C'est en tous les cas ce qui ressort du premier sondage que nous délivré l'institut Gfk sur demande de la SSR. Plus de la moitié des Suisses seraient contre le changement du système d'assurance-maladie, bien qu'il soit régulièrement l'objet de critiques virulentes laissant à penser que les caisses-maladie sont les petits moutons noirs qu'il convient de mettre au pas. En omettant de préciser que si les cotisations augmentent régulièrement, le "mérite" en revient pour la plus grosse partie aux coûts de la santé qui n'en finissent pas d'augmenter. J'admets bien volontiers que la transparence ne soit pas la qualité principale des caisses-maladie de ce pays qui se (com)plaisent dans un flou qui n'est cependant pas très artistique. Que les salaires de certains dirigeants de caisses soient un peu surévalués est probablement vrai. Cela représente néanmoins une goutte d'eau dans les total des coûts.

A y regarder de plus près on se rend compte que les Romands sont eux plutôt favorables à cette "caisse unique", probablement parce qu'ils ont été beaucoup plus concernés par les augmentations de cotisations que les Alémaniques. Aussi bien va-t-on assister à nouveau à une fracture entre Romands et Alémaniques, les seconds nommés imposant - une fois encore ! - leur vue à la Suisse francophone, voire latine ? On peut raisonnablement avoir quelques craintes à ce sujet.

C'est aussi le moment qu'à choisi le Conseil Fédéral pour aller dans le sens d'un contrôle plus rigoureux des caisses-maladie, ce qui pourrait avoir pour effet de renforcer le camp du "non" à la caisse unique. Si le contrôle devient effectivement plus efficace, on est en droit de penser que ce sont davantage les autorités qui n'ont guère surveillé ce qu'il devait alors que les caisses n'ont fait qu'appliquer la loi...Finalement ne se serait-on pas trompé de cible en prenant les caisses comme boucs-émissaires.

Pour terminer, caisse unique ou pas caisse unique, il est fort à parier que les cotisations vont continuer à augmenter davantage que le coût de la vie parce que les coûts de la santé vont continuer de grimper dans des proportions qui n'ont rien à voir avec l'indice des prix.

Quel que soit le résultat du vote, il faudra bien se décider sinon se résoudre, dans ce pays, à introduire une véritable assurance sociale du même type que l'AVS par exemple, qui à ma connaissance, ne provoque aucun tollé : chacun contribue selon ses revenus. On ne peut certes pas transposer le système tel quel, mais c'est probablement la seule piste qui devrait permettre, à terme, de mettre fin aux inégalités criantes dans le domaine de l'assurance-maladie. C'est  bien le moins que l'on puisse faire dans un pays qui se targue d'avoir le meilleur système de santé du monde. En ce qui concerne la capacité contributive de chacun des assurés, on est vraiment loin du compte...

21/08/2014

21 août 1968...

Il y a 46 ans aujourd'hui que les troupes du Pacte de Varsovie envahissaient la Tchécoslovaquie. Cet événement faisait suite aux réformes engagées par Alexandre Dubcek qui s'éloignait dangereusement - selon Moscou - de la ligne imposée à tous les satellites de l'URSS.

Le printemps de Prague, commencé dans l'euphorie, était stoppé net.

Quelques mois plus tard, le 19 janvier 1969, un jeune étudiant, s'immole par le feu sur la place Wenceslas à Prague. Il s'appelait Jan Palach et il n'avait pas encore 21 ans.

Deux autres jeunes hommes suivirent son geste et à leur tour disparurent en février et en avril. Ils avaient pour noms Jan Zajic et Evzen Plocek.

Ce fut ensuite une longue période dite de "normalisation" qui obligea la Tchécoslovaquie à rentrer dans le rang surveillée par une équipe de séides fidèles aux ordres des caciques du Kremlin.

 

 

17/08/2014

Petit abécédaire. Aujourd'hui o comme occis

Il manqué trois cent nonante sept mètres à l'équipe féminine suisse du relais 4 x 100m. pour - éventuellement - offrir une autre médaille à la nation et tous ceux qui croyaient en elles, à savoir les quatre athlètes.

Prêtes ? Coup de pistolet. Miss Kambundji s'élance et trois mètres plus loin on assiste au premier lancer de témoin de l'histoire des championnats d'Europe. Pour elle la course s'arrête là. Pour les trois autres relayeuses aussi. Immense déception pour une équipe qui espérait une place sur le podium et, pourquoi pas, la plus haute.

Mais le plus important ne me paraît pas être le témoin qui se fait la malle sans prévenir. Non. Juste une désillusion à surmonter et que l'équipe surmontera. Le plus important a été de voir une équipe restée soudée qui à aucun moment n'a accablé la "fautive". C'est aussi cela que j'aime dans le sport quand il reste un sport : la dignité dans la défaite. Occises debout, mais debout !

On peut être ivre de joie en cas de victoire. On peut aussi être grand dans la défaite.

Merci, Mesdames. Vous nous avez montré aujourd'hui que votre grandeur vous mènera à la victoire un jour ou l'autre.