12/06/2014

L'encaveur encavé

Aucun commentaire particulier au sujet de cette triste affaire dont le Valais se serait bien passé.

Comme quoi personne n'est à l'abri d'un coup de moût...

09/06/2014

Petit abécédaire. Aujourd'hui l comme langue

Je le confesse : j'aime suivre les rencontre de tennis. A la télévision car, me semble-t-il - c'est de là que la vision du terrain est la meilleure. L'ambiance, évidemment, n'y est pas complète. Mais il faut savoir choisir. Remarquez qu'il doit bien y avoir quelques privilégiés qui peuvent s'offrir les deux, mais avec l'inconvénient de se retrouver - peut-être - avec un petit torticolis  selon la durée de la partie.

Les plus critiques diront qu'on pourrait, bien sûr, se passer des commentaires des journalistes car il n'apportent rien sinon du bruit supplémentaire que certaines et certains tenniswomen/men provoquent avec leur ahanements. Avez-vous entendu Maria Sharapova ou Rafael Nadal. Non ? Alors vous aviez déjà coupé le son de votre téléviseur.

Mais il y a plus fort ! Depuis quelque temps, le vocabulaire tennistique s'est enrichi d'au moins deux nouveaux vocables utilisés à qui mieux mieux (l'attrait de la nouveauté ?) par les commentateurs sportifs spécialisés dans le tennis, l'anglais et les néologismes. Comme moi, vous aurez remarqué les mots très révélateurs du nouveau français : Breaker et son dérivé et contraire débreaker. Personnellement je proposerais volontiers bréquer et débréquer, mais pour le second sa proximité avec débloquer pourrait paraître suspecte...

En fin de compte, je pense aller rétablir le son de mon téléviseur et me laisser bercer, voire séduire par les doux ahans de Sharapova. Et en plus avec l'accent russe, c'est tellement plus beau que les "debreaker" de Marc Rosset quand il se lâche avec son accent du bout du lac. Mais après tout respect lui soit rendu : il est champion olympique et nous avons tous un accent quelque part.

Ahan !

Jeu, set et match

09/05/2014

Petit abécédaire. Aujourd'hui k comme kilofranc

Quatre petits kilofrancs pour chaque salarié ou salariée de ce pays, c'est ce que revendique les syndicats. Et comme d'habitude, dans notre démocratie directe, le peuple tranchera : il dira oui ou non à un salaire minimum de quatre kilofrancs par mois.

Je ne saurais dire si le seuil proposé est le bon ou non. En revanche, ce que je sais, ce que je vois, ce sont des gens qui n'arrivent pas à vivre avec le fruit de leur travail. Je ne suis pas certain que les analyses économiques prétendant qu'il s'agit d'une fausse bonne idée leur mette ne serait-ce qu'un soupçon de baume au cœur !

Car comme l'écrivait Prévert dans un de ses poèmes, quand "on a le pain quotidien relativement hebdomadaire", on est forcément moins sensible au discours macroéconomique et assez prompt à faire ses courses "en territoire étranger". Normal. Optimiser l'emploi de son revenu médiocre est une nécessité. Optimiser les résultats d'une entreprise aussi. Mais j'ai parfois l'impression que l'optimisation est souhaitable dans certains cas et coupable dans d'autres.

Pour être tout-à-fait franc, je pense que l'initiative sera rejetée et je suis convaincu que les "initiants" le savent mais continuent d'y croire. Mais quel que soit le résultat, il faudra bien, un jour, se préoccuper, s'occuper des 300.000 working poors que compte notre pays et apporter des solutions dignes du nom/non.

Car comme disait Boris Vian, "ce qui m'intéresse, ce n'est pas le bonheur de tous les hommes, c'est celui de chacun".

Allez voter !

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21/04/2014

Petit abécédaire. Aujourd'hui j comme jésuite

Cette période pascale m'inspire un billet très personnel. Il y a vingt-cinq ans environ j'ai connu le père Albert Longchamp, jésuite et excellent rédacteur en chef de l'Echo Magazine à Genève. Ses éditoriaux constituaient des paroles fortes dans lesquelles chacun, croyant ou non-croyant, pouvait se retrouver. Une belle époque. Je me rappelle d'un éditorial consacré à l'avortement qui a dû faire grincer des dents toute la "bienpensance" des catholiques romands.

Et puis ce fut le départ de la rédaction en chef. Appelé comme provincial des Jésuites de Suisse. Jusque là, tout va bien, sauf que je regrette ses éditoriaux bien sentis et plein d'humanité. Et puis, pour des raisons multiples, aussi bien personnelles que liées à son activité "professionnelle", c'est petit à petit la lente et très douloureuse descente aux enfers. "J'étais arrivé au troisième sous-sol de l'enfer" dit-il dans un petit ouvrage qui a paru récemment. L'enfer, d'accord, mais quel enfer ? L'alcool.

Son comportement commençant à poser problème, ses confrères l'envoie à Montréal pour se refaire une santé qui en a un gigantesque besoin. Pourquoi l'alcool ? Peut-être le poids des responsabilités et peut-être une charge de travail trop harassante pour un seul homme.

Il s'en est sorti après une période immensément difficile. Il est de retour à la vie, la vraie. Il a pu mesurer la fragilité humaine et s'appuyer sur d'autres personnes.

Je n'ai pas revu le père Longchamp depuis très longtemps. Mais le fait de le savoir aujourd'hui tiré d'affaires me fait chaud au cœur, lui qui a été si souvent réchauffé, par le passé, par les mots courageux et apaisants d'un homme de la Compagnie de Jésus.

Ces fêtes de Pâques m'ont paru être une période toute trouvée pour célébrer sa "renaissance".

Renaissance. L'alcool ou la vie, Ed. Ouverture, 79 pages

Un deuxième tome en préparation : "l'espérance au cœur de la fragilité - Frères et sœurs en humanité", même éditeur.

 

 

 

 

 

28/03/2014

Petit abécédaire. Aujourd'hui i comme illégalité.

Temps présent de jeudi soir nous a emmené de l'autre côté de la frontière, dans certaines communes françaises où de nombreux Suisses ont décidé de s'installer avec femmes, enfants et bagages. Ils y ont trouvé de très belles demeures à des prix défiant toute concurrence par rapport à ceux pratiqués sur notre territoire genevois. Ils y envoient leurs enfants à l'école et apprécient de "magasiner" dans les grandes surfaces françaises aux prix très attractifs. Oui décidément, on est bien en France voisine. Et si on n'est pas trop coincé, on peut même se faire quelques amis, participer à la vie culturelle locale. Bref, en un mot, s'in-té-grer !

Mais, parce qu'il y a un mais, l'histoire devient rapidement moins sympathique. Parmi tous ces Suisses exilés en terre étrangère, il y en a beaucoup qui mangent le beurre français, qui fricotent avec la crémière, mais qui veulent quand même l'argent du beurre. Résultat : ils conservent leur domicile "légal" en Suisse, très souvent sous forme de boîte aux lettres - dans laquelle il est quand même difficile de mettre toute une famille - tout en affirmant être en "résidence secondaire" en France. Sauf que lorsqu'on se penche sur la consommation annuelle d'eau, les maires constatent que les Suisses sont d'une rare propreté : ils doivent probablement prendre un nombre incalculable de douches chaque jour et arroser le jardin en continu pour consommer autant d'eau en si peu de temps.

Mais le plus extraordinaire peut-être, c'est l'extrême tolérance affichée par les maires français qui se sont exprimés envers ces Suisses qui trichent mais n'encourent, au fond, quasiment aucune sanction. Ces Suisses sont en outre assez exigeants : ils veulent des écoles pour leurs enfants, des accès à leur lotissement, des mesures de déneigement en hiver, bref tout ce qui coûte bonbon aux communes mais nullement compensé par des impôts qu'ils paient...en Suisse. Belle mentalité.

mettre un frein à l'immigration dite massive (tout comme les frontaliers qui curieusement sont considérés comme des immigrants), il faudra faire comprendre à nos voisins cette mentalité qui consiste à mettre les autres devant le fait accompli. Ce n'est pas gagné d'avance. Et lorsqu'on sait qu'il y a aussi des fonctionnaires suisses qui habitent en France dans la plus parfaite illégalité, il siérait sans doute aux anti-frontaliers de la "ramener"  un peu moins et un peu moins fort.

Il serait sans doute aussi agréable de savoir que nos autorités se penchent sur ce problème et tentent de mettre un terme à ce qu'il faut appeler "i comme illégalité et i comme incivilité".

05/03/2014

Petit abécédaire. Aujourd'hui h comme hier

Je suis parfois traversé par un sentiment curieux. De très nombreuses personnes semblent se réfugier dans le passé afin de ne pas voir l'avenir à qui l'on attribue des noms comme chômage, Europe, étrangers, immigration, repli et bien d'autres. Serait-ce là une parade à la peur ? Cette peur qui amplifie tous les dangers. Celui de voir un criminel à tous les coins de rue ; celui de perdre son travail au profit d'un étranger ; celui de voir la Suisse adhérer à l'Europe ; celui de ne pas trouver d'appartement ; celui...

Mais voir l'avenir dans un rétroviseur ne pourra jamais constituer une bonne solution aux problèmes. Il et parfois utile de se référer au passé pour imaginer l'avenir. Et si l'on se réfère au passé, c'est que justement il est passé et qu'il est vain de vouloir y retourner. Se projeter dans l'avenir demande à la fois du courage et de l'humilité : du courage parce que tout n'est pas écrit par avance et de l'humilité au cas où l'on atteindrait pas les objectifs fixés.

Il importe de se dire que hier c'est demain par rapport à avant-hier et qu'aujourd'hui, c'est demain par rapport à hier ! Et demain c'est de l'aujourd'hui en préparation. Ceux qui aiment à parler du passé avec une nostalgie affirmée utilisent volontiers le conditionnel passé : le temps du regret ou du reproche. Un temps inutile en somme puisque aujourd'hui, c'est déjà demain en quelque sorte...

27/02/2014

A qui la faute ?

Quand la Cour européenne des droits de l'homme fustige et condamne la Suisse, c'est souvent une levée boucliers. Qui sont donc ces juges étrangers qui veulent venir faire la loi chez nous. Vade retro, satanas...

Le problème, c'est que dans le cas de Champ Dollon, ce n'est pas la Cour européenne qui est intervenue, mais le Tribunal fédéral, instance suprême de la Confédération. Il devient dès lors difficile de s'en prendre à nos propres juges à moins d'être habité par un petit sentiment anar...

Savoir si l'on doit indemniser des détenus n'est finalement que la conséquence d'une situation qui devrait interpeller aussi bien les autorités que le peuple. Si la population carcérale est trop nombreuse par rapport aux places disponibles, c'est probablement parce que les politiques n'ont pas su ou voulu se projeter dans l'avenir. La construction des prisons n'est pas très rentable, ni en termes financiers ni en termes électoraux.

La population, quant à elle, est toujours d'accord que l'on construise des prisons, mais ailleurs. Il existe toujours de bonnes raisons pour que des recours soient déposés et qui vont prolonger les délais de construction d'un nouvel établissement quand ils n'est pas tout simplement reporté aux calendes grecques. Il faut bien admettre en outre que le citoyen lambda ne se sent généralement pas concerné par le monde carcéral ; ce n'est pas le sien. Il n'a rien à voir avec lui jusqu'au jour où...

Avant de savoir si l'on doit indemniser des détenus pour manquement aux droits de l'homme, il importe justement qu'il n'y ait pas de manquements. Penser, comme le font de nombreux citoyens, qu'on peut traiter un détenu n'importe comment sous prétexte qu'il a commis un crime ou un forfait, relève d'une mentalité critiquable et critiquée.

On a les prisons qu'on mérite. Avec ou sans indemnisation.

25/02/2014

Peuple souverain ?

Depuis le vote du 9 février, on entend du côté des vainqueurs surtout que le résultat démontre toute l'intelligence politique du peuple tout comme il offre au monde la vision paradisiaque de la démocratie dite directe.

Ainsi donc le Conseil fédéral est-il chargé d'élaborer une loi d'application qui tiendra compte de la sanction populaire. On ne sait pas encore vraiment comment, mais enfin on verra bien...

Il n'y a pas si longtemps, le peuple suisse s'est prononcé, dans des proportions à peu près identiques, sur les résidences secondaires. Là aussi, triomphe de la démocratie directe. Sauf que les Valaisans - pas tous -, mauvais joueurs, se répandaient en propos quas injurieux suite à la décision souveraine du peuple.

Mais pour ce qui est de l'application, j'ai bien peur que l'on s'assoie allègrement sur le peuple souverain par une interprétation quasi scélérate de la décision populaire. Et curieusement, je n'ai pas entendu les partisans de l'initiative sur l'immigration dite massive (Je ne sais toujours pas à partir de combien de personnes on doit parler d'immigration massive) crier au scandale du non respect de la volonté populaire.

Il serait opportun, lorsque que l'on s'époumone à qualifier notre démocratie dite directe de géniale et unique au monde, d'en être aussi le gardien et de dénoncer les entorses à son fonctionnement, même quand on est Valaisan.

14/02/2014

Le franc-tireur est resté muet

Depuis qu'il a , en quelque sorte, fait son "coming out" en se déclarant favorable à l'initiative dite du 9 février 2014 et depuis que le peuple a tranché, Pascal Décaillet n'en finit pas de tirer à vue sur tous ceux - journalistes et politiciens principalement - qui n'accepteraient pas, selon lui, l'issue du scrutin. Cramponné à une vision quasi obsessionnelle de la souveraineté nationale, le journaliste fustige tous ceux qui ne seraient pas dans la ligne des vainqueurs. Seul le peuple ne s'y est pas laissé tromper, dit-il (Je me demande d'ailleurs comment le peuple a pu élire d'aussi mauvais représentants au Parlement qui a pu élire d'aussi mauvais Conseillers fédéraux.) A se demander pourquoi on a un parlement.

Et puis, tout d'un coup, silence radio. Le grand gourou de l'UDC, victime d'un "pronunciamiento" (sic P.D.) qui l'a empêché d'aller semer la zizanie au C.F. durant quatre années supplémentaires, a pourtant prononcé des paroles que nous Romands avons apprécié à leur injuste mesure.

Aussi bien, j'attendais une réaction, un coup de griffe, une soupçon d'indignation, un commentaire éclairé, une remise à l'ordre, que sais-je encore, une approbation ou une justification. Non rien. A la place un silence assourdissant.

Je suis déçu, Monsieur Décaillet. D'habitude, vous êtes beaucoup plus prompt à vous offusquer lorsqu'on touche aux cheveux du peuple souverain.

05/02/2014

Les blogs : terrain d'affrontement ou de défoulement ?

La politique rendrait-elle les blogueurs impolis, voire hargneux quand ce n'est pas imbuvables ? On est en droit de se poser la question depuis que le vote sur l'initiative sur "l'immigration massive" échauffe les esprits et les plumes.

Pour s'en convaincre, il suffit d'aller lire les échanges entre MM. Jenni et Souaille, aidés par des tiers "intellos" ou non. Franchement pas joli, joli. Le différend tient à ce que le même Souaille a refusé de publier une réponse du sieur Jenni pour des raisons qui sont propres au premier nommé, notamment parce qu'il s'agit de son blog et qu'il lui appartient - et à lui seul - de déterminer ce qui est publiable ou non, apparemment sans référence aux textes soumis. En quelque sorte par un droit discrétionnaire que lui confère la propriété de son blog. C'est un point de vue qui visiblement passe mal ! Cette passe d'armes est parfaitement regrettable dans le mesure où l'on s'écarte complètement du sujet initial pour finir par une espèce de pugilat verbal qui n'apporte rien. Il est vrai en outre que l'anonymat désinhibe certains "commentateurs" qui se lâchent et utilisent un vocabulaire qu'ils maîtrisent mal. Personnellement je me demande pourquoi, la TdG papier exige le nom des auteurs de lettres de lecteurs alors qu'ils n'en est rien pour les blogs. La question est récurrente sans que quiconque y ait encore apporté une réponse, la réponse ! Je pencherais assez volontiers pour la solution "Duval" qui demande aux auteurs à pseudo de s'identifier clairement à lui tout en leur assurant l'anonymat du commentaire. C'est une piste intéressante.

Pour illustrer - si je puis dire - la dérive verbale de certains, je mentionnerai le commentaire lu récemment à propos de M. Poutine dans lequel Mme Schick d'Amnesty International est traitée de "pétasse" et de "pute". Je veux bien que la liberté d'opinion  soit un droit fondamental, celui de penser avant d'écrire est un devoir. Il est dès lors curieux que sur la totalité des blogs, on demande que les gens soient courtois, concis et pertinents, toutes qualités trop souvent absentes des commentaires.

Ultime possibilité : se retirer des blogs. Mais est-ce vraiment la solution à adopter et laisser ainsi le champ libre à tous les excités du clavier ?