15/08/2014

English vs Français

 

Ils sont osé. Oui je répète, ils ont osé. Mais qui et quoi ?

Le Grand Conseil argovien a décidé de faire passer l'anglais avant le français qui est une langue, comme chacun le sait, absolument inutile dans nos sociétés globalisées. L'anglais, quant à lui, doit être, aux yeux de députés, instillé aux enfants dès leur plus jeune âge au détriment, bien sûr de la langue de ses voisins immédiats.

Personne, sauf peut-être quelques nostalgiques académiciens, et encore ! ne s'oppose à l'apprentissage de l'anglais que la plupart des gens croient maîtriser alors qu'en fait il ne font que la balbutier en se prenant pour Shakespeare ou Marlowe.

Il convient de rappeler qu'il est toujours préférable de connaître et de pratiquer la langue de son voisin immédiat avant n'importe quelle autre. Je regrette pour ma part que l'on veuille absolument enseigner l'anglais à tout va parce que c'est la langue des affaires et de l'économie. Mais bon sang, il n'y a pas que l'économie dans la vie d'un homme. A quand l'obligation pour les cinéastes suisses de produire des films en v.o. anglaise ? A quand l'obligation pour les auteurs alémaniques de publier leurs textes en anglais. Et pendant qu'on y est pourquoi ne pas introduire l'anglais au Parlement fédéral, ce qui économiserait les frais de traduction devenus inutiles.

Je n'ose même pas parler des italophones et des locuteurs romanches qui vont bientôt se retrouver dans une autre galaxie.

Mais heureusement, le fronde s'organise. Les instances romandes réagissent et Mme Lyon, à la RTS ce jour n'a pas vraiment mâché ses mots sur ce qu'il faut bien considérer comme un coup de poignard dans le dos des Romands.

Je répète souvent qu'il est malhabile de sous-estimer les minorités qui finissent toujours par se rebeller un jour ou l'autre. C'est justement ce que les Argoviens viennent de faire : nous sous-estimer voire de nous mésestimer.

Décider, dans notre pays, que l'anglais est plus important que l'une des autres langues nationales relève de la provocation quand bien même l'instruction publique relève des compétences cantonales. Mais tout est loin d'être joué et il n'est pas encore certain que le gouvernement central ne soit pas obligé d'intervenir dans un débat qui paraissait anodin au départ mais qui en fait relève de la cohésion nationale. Il n'a pas fallu attendre les réactions très longtemps. Les initiateurs de ce que j'appellerais une "bourde démocratique" seraient bien inspirés de réfléchir sur l'une des valeurs qui ont fondé - et qui continuent - notre état fédéral : la coexistence de plusieurs langues et plusieurs cultures.

 Une citation de Jean Renoir - à méditer par les Argoviens : "En démocratie, quand les minorités revendiquent des droits qui ne retirent rien aux droits de la majorité, il est difficile qu'à terme elles n'aient pas gain de cause."

Alémaniques rebelles, vous êtes prévenus...

 

 

 


12/08/2014

argent dilapidé

"Pour rappel, cette campagne abominable nous coûte la bagatelle de 2 millions! Oui, c'est cette somme gigantesque qui est dépensée chaque année pour à peine plus de 500 cas de contamination en Suisse, soit à peine plus de 10 décès par année!"


Voilà une partie du texte relatif à la campagne de prévention contre le SIDA engagée par l'OFSP publié par M. Vuagnat sur son blog auquel j'ai ajouté un simple commentaire :

"Quel cynisme, Monsieur"

commentaire qui n'a apparemment pas plu ni n'a été publié par l'auteur des lignes ci-dessus, à moins qu'il ne l'ait pas reçu, ce qui reste une éventualité.


Blogs ? Sans commentaires...

11/08/2014

Un blog ? Sans commentaires...

Quiconque souhaitant ouvrir un blog peut le faire avec la bénédiction de la TdG, dans la mesure où certaines règles sont respectées.

Mais au fond, un blog, à quoi cela sert-il ? A donner son point de vue sur à peu près n'importe quel sujet  en laissant la possibilité aux approbateurs de vous approuver et aux contradicteurs de vous contredire, le tout emballé dans une once de concision, de courtoisie et de pertinence.

Le problème, parce que problème il y a, ce sont les blogueurs qui aiment bien la pommade que leurs approbateurs leur passent dans les cheveux mais qui rechignent à publier les lignes qui osent les contredire et qui nécessiterait une réponse.

Je ne conteste bien sûr à personne le droit de refuser un commentaire qui se révélerait outrancier, grossier, xénophobe, antisémite et tout ce que vous pourriez imaginer comme lignes, disons, impubliables.

Cependant, quand le seul critère de refus concerne la contradiction, il serait à tout le moins poli de signaler à l'auteur du commentaire les raisons qui ont conduit à refuser le texte. Il est loisible de le lui signaler par la voie publique ou par un "mail" privé. Cela s'appelle justement la courtoisie ou encore la politesse. Il y a des blogueurs qui ont ce courage. Et la cohorte des autres...

Je ne connais pas toute la cohorte. Mais parmi eux, il y a quelques spécialistes que je vais me permettre, pour une fois de mettre en exergue : M. F. Velen, à qui je demandais de me préciser le sens d'une de ses phrases - la voici - "Nous ne pouvons pas jouer les St-Bernard et brandir le spectre de la cuisse hospitalière(...)". Mes origines bernoises m'empêchent peut-être de saisir rapidement le sens caché de certaines formulations. Mais là, franchement, même avec toute ma bonne volonté...Malheureusement mon appel est resté sans réponse. Je ne saurai jamais ce qu'est une cuisse hospitalière.

Plus étonnant le refus - jusqu'à ce jour - du blogueur "vu de la place Victor-Hugo" qui semble ne pas goûter les commentaires tel que celui laissé sur son espace par mes soins : "En quoi un président américain critique à l'égard d'Israël serait-il un président médiocre ?", question qui faisait suite à l'affirmation suivante :"(...)M. Obama restera la président US le plus critique à l'égard de l'Etat juif (...)".

De deux choses l'une : ou bien les blogs sont un lieu d'échange quand ils sont intelligemment utilisés et permettent à chacun d'affirmer et d'affiner ses propos, ou bien ils sont détournés de leur objectif principal, à savoir l'échange justement, et ne permettent alors à leurs auteurs de n'utiliser leurs approbateurs que comme des faire-valoir et considérer leurs contradicteurs comme étant indignes ou incapables de fournir un avis éclairé.

Si l'on filtre les commentaires en fonction de contenu qui plaît ou qui déplaît, mieux vaut alors, carrément, fermer les commentaires aux contenus "qui fâchent". Mais alors, s'agit-il encore de blogs ? Chaque lecteur apportera la réponse qui lui conviendra !

 

 

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09/08/2014

Petit abécédaire. Aujourd'hui n comme navrant

L'anticyclone des Açores n'a pris (encore) pris ses vacances et par conséquent reste chez lui. Conséquence immédiate chez nous : pluie, froid, nuages, moral en baisse...

Voyant le temps qu'il fait dehors, on se dit que la télévision pourrait sans doute nous distraire un peu. Las. Entre les séries américaines, les films français réchauffés pour la dix-huitième fois et autres reprises en tous genres, on se demande bien pourquoi on nous force à payer une redevance.

Un physicien dont j'ai oublié le nom a dit quelque chose comme :"le vide, c'est ce qui reste quand on a tout enlevé". C'est une définition qui s'applique - aussi - à la télévision en été.

Reste la radio qui nous offre un choix beaucoup moins désolant. Et si la radio ne vous inspire pas, vous pouvez bien entendu lire un livre. Et si vous n'aimez pas lire, faites une balade. Entre deux averses...

Navrant, tout ça.

11:30 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

27/07/2014

Etourderie ou incompétence ?

Depuis que les correcteurs ont quasiment disparu des rédactions, les journaux nous offrent à journée faite des exemples de ce que l'urgence alliée à l'étourderie ou l'incompétence (?) de certains journalistes fait écrire !

La meilleure du week-end se trouve dans la Tribune de Genève. A la page 24, rubrique "A rebrousse-poil" je tombe sur une interview d'Alain Morisod - idolâtre de Melchior (sic) - qui répond ceci à la question : "Comment êtes-vous tombé dans la marmite ?" "J'avais 3 ou 4 ans. Durant le période de Noël je jouais avec les centons lorsque j'ai cassé la tronche de Melchior.(...)"

Un peu intrigué par cette orthographe un tantinet inhabituelle, je vérifie quand même dans le Petit Robert dans lequel je trouve néanmoins le terme de centon:"Pièce littéraire ou musicale, faite de morceaux empruntés." Wikipédia en donne la définition suivante :"Un centon est une œuvre littéraire constituée d'éléments repris à une ou plusieurs autres, et réarrangés de manière à former un texte différent. Le terme est d'origine latine (cento) et désigne à l'origine une pièce d'étoffe faite de morceaux rapiécés. Le Petit Larousse, lui, ignore carrément le mot.

Mais que collectionne-t-il donc Alain Morisod  ? Apparemment ce sont bien des figurines du Roi Mage Melchior qui n'ont rien à voir avec les centons du journaliste. Alain Morisod est bien collectionneur - un peu par hasard - des santons, figurines si chères à la Provence. Comment se fait-il qu'on puisse confondre deux termes, certes homophones, dont les définitions sont à des années-lumière l'une de l'autre.

Etourderie ou incompétence ? Sans rancune !

20/06/2014

Petit abécédaire. Aujourd'hui m comme match

Je ne suis ni inconditionnel ni un drogué du football ; mais que je le veuille ou non, force m'est de constater que je ne pourrai pas échapper, ce soir, au "match le plus important de l'histoire" comme le titre la TdG sur son site. Fichtre ! On ne sait d'ailleurs pas de quelle histoire il s'agit, mais peu importe puisque c'est écrit "sur" le journal.

Ainsi donc cette rencontre - qu'elle appartienne aux petites histoires ou la grande histoire - permettra à n'en pas douter, de fournir l'occasion aux historiens et aux exégètes du ballon rond, de s'en donner à cœur joie dans la formulation des titres. Je m'imagine déjà : "Les helvètes ont plumé le coq" ou encore "Guillaume Tell a fait avalé sa pomme à Vercingétorix" ; peut-être même, plus cruel encore "Le paquebot France a sombré ; normal le capitaine est hollandais". De l'autre côté, je vois bien des choses comme "Comment dit-on football en Suisse ?" ou encore "Les petits suisses : le dessert préféré des Français !" Le pire serait peut-être de trouver quelque chose comme "France-Kosovo : 3-0".

Tout ça pour constater qu'on n'est plus dans le domaine du sport et qu'avec la FIFA on est entré de plain pied dans celui de la finance et de la magouille et qu'on est en droit de s'interroger sur le fait d'être fier de la nationalité de son président.

Depuis longtemps, les grands raouts sportifs (qui n'en ont bientôt plus que le nom) servent d'exutoire aux gouvernements pour masquer les problèmes du moment. Panem et circenses, selon le mot de Juvénal. A la nuance près que pour les jeux nous somme servis, merci. Pour le pain, de nombreux états ont compris qu'on pouvait en compenser le déficit par les jeux. Combien de temps ?

Mais pour en revenir à ce soir, peu importe qui gagnera. J'ai juste un souhait : voir du beau football avec beaucoup de fair-play. C'est d'ailleurs curieux de trouver, à l'époque du "tout anglais" un mot dont le sens paraît échapper à tant de monde.

 

12/06/2014

L'encaveur encavé

Aucun commentaire particulier au sujet de cette triste affaire dont le Valais se serait bien passé.

Comme quoi personne n'est à l'abri d'un coup de moût...

09/06/2014

Petit abécédaire. Aujourd'hui l comme langue

Je le confesse : j'aime suivre les rencontre de tennis. A la télévision car, me semble-t-il - c'est de là que la vision du terrain est la meilleure. L'ambiance, évidemment, n'y est pas complète. Mais il faut savoir choisir. Remarquez qu'il doit bien y avoir quelques privilégiés qui peuvent s'offrir les deux, mais avec l'inconvénient de se retrouver - peut-être - avec un petit torticolis  selon la durée de la partie.

Les plus critiques diront qu'on pourrait, bien sûr, se passer des commentaires des journalistes car il n'apportent rien sinon du bruit supplémentaire que certaines et certains tenniswomen/men provoquent avec leur ahanements. Avez-vous entendu Maria Sharapova ou Rafael Nadal. Non ? Alors vous aviez déjà coupé le son de votre téléviseur.

Mais il y a plus fort ! Depuis quelque temps, le vocabulaire tennistique s'est enrichi d'au moins deux nouveaux vocables utilisés à qui mieux mieux (l'attrait de la nouveauté ?) par les commentateurs sportifs spécialisés dans le tennis, l'anglais et les néologismes. Comme moi, vous aurez remarqué les mots très révélateurs du nouveau français : Breaker et son dérivé et contraire débreaker. Personnellement je proposerais volontiers bréquer et débréquer, mais pour le second sa proximité avec débloquer pourrait paraître suspecte...

En fin de compte, je pense aller rétablir le son de mon téléviseur et me laisser bercer, voire séduire par les doux ahans de Sharapova. Et en plus avec l'accent russe, c'est tellement plus beau que les "debreaker" de Marc Rosset quand il se lâche avec son accent du bout du lac. Mais après tout respect lui soit rendu : il est champion olympique et nous avons tous un accent quelque part.

Ahan !

Jeu, set et match

09/05/2014

Petit abécédaire. Aujourd'hui k comme kilofranc

Quatre petits kilofrancs pour chaque salarié ou salariée de ce pays, c'est ce que revendique les syndicats. Et comme d'habitude, dans notre démocratie directe, le peuple tranchera : il dira oui ou non à un salaire minimum de quatre kilofrancs par mois.

Je ne saurais dire si le seuil proposé est le bon ou non. En revanche, ce que je sais, ce que je vois, ce sont des gens qui n'arrivent pas à vivre avec le fruit de leur travail. Je ne suis pas certain que les analyses économiques prétendant qu'il s'agit d'une fausse bonne idée leur mette ne serait-ce qu'un soupçon de baume au cœur !

Car comme l'écrivait Prévert dans un de ses poèmes, quand "on a le pain quotidien relativement hebdomadaire", on est forcément moins sensible au discours macroéconomique et assez prompt à faire ses courses "en territoire étranger". Normal. Optimiser l'emploi de son revenu médiocre est une nécessité. Optimiser les résultats d'une entreprise aussi. Mais j'ai parfois l'impression que l'optimisation est souhaitable dans certains cas et coupable dans d'autres.

Pour être tout-à-fait franc, je pense que l'initiative sera rejetée et je suis convaincu que les "initiants" le savent mais continuent d'y croire. Mais quel que soit le résultat, il faudra bien, un jour, se préoccuper, s'occuper des 300.000 working poors que compte notre pays et apporter des solutions dignes du nom/non.

Car comme disait Boris Vian, "ce qui m'intéresse, ce n'est pas le bonheur de tous les hommes, c'est celui de chacun".

Allez voter !

18:37 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21/04/2014

Petit abécédaire. Aujourd'hui j comme jésuite

Cette période pascale m'inspire un billet très personnel. Il y a vingt-cinq ans environ j'ai connu le père Albert Longchamp, jésuite et excellent rédacteur en chef de l'Echo Magazine à Genève. Ses éditoriaux constituaient des paroles fortes dans lesquelles chacun, croyant ou non-croyant, pouvait se retrouver. Une belle époque. Je me rappelle d'un éditorial consacré à l'avortement qui a dû faire grincer des dents toute la "bienpensance" des catholiques romands.

Et puis ce fut le départ de la rédaction en chef. Appelé comme provincial des Jésuites de Suisse. Jusque là, tout va bien, sauf que je regrette ses éditoriaux bien sentis et plein d'humanité. Et puis, pour des raisons multiples, aussi bien personnelles que liées à son activité "professionnelle", c'est petit à petit la lente et très douloureuse descente aux enfers. "J'étais arrivé au troisième sous-sol de l'enfer" dit-il dans un petit ouvrage qui a paru récemment. L'enfer, d'accord, mais quel enfer ? L'alcool.

Son comportement commençant à poser problème, ses confrères l'envoie à Montréal pour se refaire une santé qui en a un gigantesque besoin. Pourquoi l'alcool ? Peut-être le poids des responsabilités et peut-être une charge de travail trop harassante pour un seul homme.

Il s'en est sorti après une période immensément difficile. Il est de retour à la vie, la vraie. Il a pu mesurer la fragilité humaine et s'appuyer sur d'autres personnes.

Je n'ai pas revu le père Longchamp depuis très longtemps. Mais le fait de le savoir aujourd'hui tiré d'affaires me fait chaud au cœur, lui qui a été si souvent réchauffé, par le passé, par les mots courageux et apaisants d'un homme de la Compagnie de Jésus.

Ces fêtes de Pâques m'ont paru être une période toute trouvée pour célébrer sa "renaissance".

Renaissance. L'alcool ou la vie, Ed. Ouverture, 79 pages

Un deuxième tome en préparation : "l'espérance au cœur de la fragilité - Frères et sœurs en humanité", même éditeur.