15/08/2015

A quoi sert un blog ?

J'ai toujours pensé que les blogs se devaient d'être des lieux d'échange entre personnes partageant ou non les mêmes idées. C'est au fond ce qui permet de faire avancer les débats dans le respect de l'autre, ce qui hélas ! n'est pas toujours le cas...

Mais je m'interroge sur la "valeur" des blogs qui refusent les commentaires pour des raisons souvent peu claires ou jamais expliquées...ce qui permet toutes les interprétations possibles : peur de la "confrontation" des idées ? Manque d'arguments ? Ego démesuré ? Que sais-je encore ?

Il est encore plus étonnant de constater que ce sont souvent des journalistes qui refusent les commentaires. Ne seraient-ils pas sûrs de leurs sources ou, plus simplement, n'aiment-ils pas être contredits ?

Il convient de savoir si un blog est un lieu où l'on pénètre "sur invitation" ou s'il s'agit d'une agora au sein de laquelle chacun est libre de s'exprimer...à condition d'y mettre les formes !

 

12/06/2014

L'encaveur encavé

Aucun commentaire particulier au sujet de cette triste affaire dont le Valais se serait bien passé.

Comme quoi personne n'est à l'abri d'un coup de moût...

08/08/2012

M. Varone en mauvaise posture ?

Ainsi donc M. Varone, commandant de la police valaisanne, est de retour en Suisse, après une bien gênante mésaventure. Mais pour lui, se retrouver au milieu des siens est certainement le principal. On croit volontiers que M. Varone n'a jamais contrevenu aux lois suisses (Le contraire serait d'ailleurs un comble pour un commandant de la police). On est en revanche complètement surpris d'entendre le serviteur de l'Etat valaisans, affirmer - avec un brin de naîveté ? - qu'il ignorait la loi turque sur les biens culturels. On peut lui laisser le bénéfice du doute.

Cela dit, M. Varone est donc libre mais non (encore ?) acquitté. Il risque des années de prison. Sans vouloir juger de la sévérité ou non du code pénal turc en pareille occurrence, on se demandera à juste titre quelle sera la position du candidat potentiel au conseil d'Etat valaisan s'il devait faire l'objet d'une condamnation en Turquie. En cas d'acquittement, l'affaire en reste là. Ne resteraient que le mauvais souvenir et quelques cauchemars. Mais s'il devait écoper d'une peine quelconque, sa position en Suisse pourrait singulièrement se compliquer.

Il faudra d'abord que M. Varone prenne une décision importante : se rendra-il à un procès où il risque de se voir embastillé pour une ou deux "législatures". S'il ne s'y rend pas (ce que personnellement je comprendrais très bien) et qu'il est condamné, il pourrait perdre une chance de siéger au Conseil d'Etat, ce qui n'est au fond pas dramatique. Mais en ce qui concerne sa fonction de commandant de la police, la situation me paraît plus ambiguë : peut-on continuer à occuper une telle fonction avec un casier judiciaire, fût-il turc ? Je n'ai pas la réponse à cette question. M. Varone a certainement quelques ennemis politiques qui se chargeront d'exploiter la situation.

Ramasser des pierres dans la nature n'est jamais anodin.

26/04/2011

I V G : La morale et les finances

L'initiative visant à refuser la prise en charge de l'interruption de grossesse par l'assurance de base est - semble-t-il - sur le point d'aboutir. Les citoyens de notre pays vont donc être contraints de donner leur avis. Il paraît qu'on appelle cela la démocratie directe.

Mais la question n'est pas là ; les initiants sont de l'avis qu'il n'appartient pas à la collectivité de prendre en charge un avortement, à quelques exceptions près. Et qu'une femme qui "veut" avorter doit prendre ses responsabilités. La communuaté l'a rien à voir là-dedans non point que la solidarité qui n'a pas à s'exercer dans un acte que leur morale n'admet pas.

Je suis personnellement contre l'avortement, non pas pour des raisons morales ou religieuses, mais qu'il s'agit d'un acte qui n'est jamais anodin. Il devrait toujours être l'ultime recours. Une femme n'avorte pas comme elle va chez le coiffeur ou au fitness. Il faut tout entreprendre pour améliorer encore la prévention. En termes de coûts les IVG en Suisse représentent des "peanuts" - pour reprendre une expression chère aux banquiers - dans le budget de la santé.

Alors que cherche-t-on à nous faire avaler avec cette initiative ? A criminaliser l'avortement, à reprendre le chemin des avortements clandestins, à tuer des femmes parce qu'elles n'ont pas les moyens de "s'offrir" cette douloureuse intervention.

Tout citoyen a le droit d'être contre l'avortement, en leur âme et conscience, sans pour autant être considérés comme de dangereux réactionnaires, tant que l'on reste sur le terrain de la morale. Mais notre constitution n'a pas pour mission de définir des principes moraux mais de permettre à tous les citoyens de vivre en bonne harmonie et de les protéger tous, surtout les plus faibles. Ainsi donc, si l'on s'en tient au seul critère financier, il faut rejeter cette initiative. Si l'on en vient sur les critères moraux, il faut également la rejeter.

 

 

20/02/2011

Un authentique salaud

Le titre de ce billet est repris mot pour mot de l'éditorial de l'Hebdo de cette semaine et signé Alain Jeannet. Est-ce pour être dans l'air du temps, pour parler politiquement correctement, pour vendre un peu plus d'Hebdos que M. Jeannet s'en prend à un mort, un suicidé, un désespéré, un malade ?

Aucune réponse - policière ou autre - n'est actuellement donnée comme certaine dans cette horrible affaire des jumelles disparues et (probablement ?) mortes. Mais que le père - assassin potentiel et mort lui aussi - soit traité d'authentique salaud me choque profondément. Je ne connaît rien de l'histoire de ce couple qui est parti à la dérive. Je ne connais pas la mère qui doit passer des heures affreuses que je peine à imaginer. Je ne connaissais pas le père qui n'a pas supporté l'idée d'un divorce. Je ne connaissais pas les deux petites filles qui n'avaient rien à voir dans cette terrible histoire. Et quand je ne connais pas, j'évite de juger, j'évite d'utiliser des mots définitifs et j'évite surtout de tirer sur un mort.

Matthias Schepp, un authentique salaud ?

Alain Jeannet, un authentique journaliste ?

13/01/2011

Indignez-vous, qu'en restera-t-il

Ainsi donc, M. Hessel nous recommande l'indignation. C'est sans doute un sentiment digne mais qui n'empêchera pas toutes les bassesses du monde. Et puis on peut s'indigner d'énormément de choses : la faim dans le monde, les enfants qui travaillent dans les mines, la guerre en Irak, les chômeurs victimes de la mondialisation. Mais on peut aussi s'indigner quand un citoyen refuse de serrer la main d'un président ou quand ce président répond "casse-toi pauvre con". A Genève, des citoyens, probablement honnêtes, se sont indigné quand G. Réal a été inhumée au cimetière des rois. Quoi d'autre ? A vous de compléter la liste.

S'indigner ne bouffe pas de foin. S'indigner est de bon ton dans les soirées de charité et d'ailleurs un instant d'indignation est si vite oublié. Qu'importe on s'indignera la semaine prochaine, le mois prochain. Il y aura bien assez d'occasions de s'indigner.

Et puis ?

L'indignation ne va pas changer le monde. Après l'indignation, il faut résister. Et là les choses se compliquent parce que notre capacité de résistance est généralement nettement plus molle que notre capacité à nous indigner.

16/10/2010

Lettre à Yvan

Mon Cher Yvan,

Je ne voudrais pas être à ta place. Toi qui a toujours été d'une rare discrétion, te voilà affiché, contre ton gré et à tes dépens, sur un document placardé par un parti politique plutôt malveillant à l'égard des étrangers. Ils les aiment les étrangers, mais seulement quand ils restent chez eux.

Si je me souviens bien, ta famille est originaire de Bélarus, mais toi tu es né ici, à Genève, où tu as fait tes études primaires, puis ton apprentissage d'ébéniste et enfin ta maîtrise. Tu n'a jamais pensé devenir suisse parce que tu as toujours pensé que tu l'étais : ton accent genevois te trahissait et la plupart de tes connaissances imaginaient que tu étais un bon citoyen helvétique. Bon d'accord, tu ne votes pas souvent, mais on met cela sur le compte de tes doutes sur la bonne foi des politiciens. Ce qui ne t'empêche pas d'avoir un bon job. La langue maternelle de tafamille est pour toi un souvenir assez vague ; certes tu la comprends mais tu peines à t'exprimer. Pour tes enfants, cette langue est une parfaite abstraction. Bref tu t'es fondu dans le paysage helvétique au point que certains de tes amis se demandent pourquoi tes parents t'ont donné un prénom aussi exotique !

Mais, Mon Cher Yvan, va falloir faire attention dorénavant : à la moindre incartade, tu risques le renvoi "chez toi", là où tu n'as jamais habité. Le juge te trouvera bien, néanmoins, un lointain cousin (on dit parfois à la mode de Bretagne !) pour marquer ton appartenance à un pays étranger, lointain et qui exporte, naturellement, ses plus mauvais éléments.

Et vois-tu, depuis qu'on a parlé de rétablir la peine de mort en Suisse, je me demande si les étrangers qui en seraient les malheureuses victimes seraient quand même renvoyés chez eux après leur exécution.

Donc pour résumer, tu ne violeras pas, tu n'assassineras pas, tu... parce que c'est bien connu, ces crimes sont beaucoup plus graves quand ils sont commis par des étrangers. Si par extraordinaire tu te recycles dans la banque, tu peux sans autre dormir sur tes deux oreilles ; les risques sont quasiment inexistants.

Alors c'est promis ? Tu te tiens peinard. Oui bien sûr, tu n'as jamais eu le moindre problème avec la justice, pas même une contravention pour stationnement interdit, Mais va savoir. Alors si la situation se dégrade trop, change de prénom, je ne sais pas, par exemple Christophe ou Oscar.

Les esprits les plus radicaux te diront de devenir suisse, de te naturaliser. Tu n'en serais pas moins étranger, et tu n'en serais pas plus suisse. Mais au moins tu serais sûr de rester à Genève si, dans un accès de folie, tu trucidais ton concierge portugais.

Allez, c'est assez pour aujourd'hui. Je te serre la main et j'attends le plaisir de te revoir prochainement.

 

20/08/2010

Peine de mort ?

Un groupe de citoyens propose de rétablir la peine de mort pour certains crimes sexuels et pédophiles. A quoi servirait une telle mesure sinon à éloigner la Suisse encore un peu plus de l'Europe ? Bon restons sérieux quelques secondes même si la dérision permet parfois d'encaisser les coups à l'estomac avec plus de sérénité.

Comment imaginer dans un pays comme le nôtre que des citoyens dotés d'un cerveau aux capacités intactes puissent proposer le rétablissement de la peine de mort.

Certes un crime est un crime, mais le code pénal prévoit des peines pour punir les auteurs. Depuis 1942, sauf erreur, plus aucune exécution n'a eu lieu dans notre pays et l'on ne peut que s'en réjouir. Le châtiment suprême a été effacé du Code pénal. Ce fut une victoire de la justice sur la barbarie.

Une fois encore certains confondent la justice avec la vengeance. C'est un peu court comme argument pour exiger le rétablissement de la peine dite capitale.

Je n'ai pas beaucoup aimé François Mitterrand ; je lui suis néanmoins infiniment reconnaissant, ainsi qu'à son ministre Robert Badinter, d'avoir réussi à faire voter l'abolition. Une grande victoire de la justice. Une grande victoire des hommes.

Tous les nostalgiques de la peine de mort devraient lire ou relire les réflexions sur la guillotine d'Albert Camus.

30/07/2010

Bertrand Cantat est libre...

Le chanteur de Noir Désir est libre depuis hier. Il a purgé les sept ans de détention infligés, conformément au jugement rendu. Et comme on l'entend souvent dans ce genre de situations, il a payé sa dette à la société. Voire.

La mère de la victime a répété à l'envi qu'elle ne pardonnerait jamais à Cantat. C'est son droit le plus strict ; ce n'est pas un devoir non plus.

D'autres regrettent la clémence de la cour et suggèrent que le condamné aurait dû "en prendre pour 20 ans au moins" à moins que ce ne soit "la perpète". On peut naturellement penser ce qu'on veut, on peut le dire, l'écrire. Ce qu'on ne devrait pas faire en revanche, c'est imaginer que la justice fait mal son travail, qu'elle juge en fonction de critères qui relèveraient du copinage, de la combine et de dessous de table.

Imaginer cela, c'est simplement penser au "far west", au rendu de la justice par le citoyen. C'est penser que la république est bananière, qu'elle est corrompue et que la justice y est rendue par des magistrats marron. Que faut-il donc faire - après une condamnation - pour que la dette soit complètement payée afin d'éviter que les huissiers de comptoirs de bistrot soient à l'affût. Une dette payée est une dete effacée, sauf quand elle est pénale : elle produit des intérêts à longueur de temps.

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26/07/2010

Douch : justice ou vengeance ?

J'ai pris connaissance de la peine infligée à Douch, sanguinaire représentant d'un gouvernement khmère qui ne l'était pas moins : 35 ans moins cinq ans parce que, etc. etc. Résultat final : 30 ans de prison pour un homme de 68 ans ; guère d'espoir de revoir le ciel bleu...

Quelle que soit la peine, il faut saluer le verdict : un tribunal qui reconnaît des crimes contre l'humanité n'est pas très courant. On ne peut donc que s'en réjouir.

Quant à ceux qui hurlent au scandale parce que les juges ont été trop cléments, il faudrait leur demander - avec toute la compassion qu'on doit aux victimes pour les atrocités subies - ce qu'ils attendent de la justice. Ceux qui la servent sont des êtres faillibles mais qui jugent "en leur âme et conscience". Si tel n'était pas le cas, on en reviendrait alors aux procès à la soviétique, pour ne citer que cet exemple.

Si les juges s'en remettent aux cris vengeurs de la foule qui a déjà rendu son verdict avant même d'avoir entendu les accusés, c'est Jésus qu'on condamne une deuxième fois...

On ne le répétera jamais assez : la justice doit être sereine, discrète mais non secrète : deux valeurs qui font de plus en plus défaut aux tribunaux. Les procureurs et les avocats semblent souvent davantage motivés par l'image qu'ils donnent aux médias que par le rôle que l'organisation judiciaire leur assigne. Dommage !

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