11/05/2011

La comédie de Bertrand Cantat

Voilà que reviennent encore et encore la hargne et la vengeance contre Cantat. Au fond il a payé. mais pas assez cher. Et même si on l'avait guillotiné - avant que R. Badinter mette fin à ce triste simulâcre de justice - il y en aurait pour demander qu'on lui coupe le coup encore une fois.

Mais à quoi servirait donc la justice si elle n'était que le bras exterminateur d'une population vengeresse ? Je n'ai jamais été fan de B. Cantant, pas plus d'ailleurs que de M. Trintignant. Cette histoire d'amour passionnel qui finit dans le drame et le sang ne peut pas se résumer à un article du code pénal et un nombre d'années de détention pour le "qualifier". On doit avoir de la compassion pour les parents de Marie Trintignant et l'abominable sort qui a été réservé à leur fille. On peut tout aussi bien avoir de la compassion pour la famille de B. Cantat.

Quant à l'acteur de drame, pourquoi vouloir l'empêcher de faire son métier, probablement le seul qu'il sache faire correctement : écrire et jouer de la musique. Lorsqu'un mécanicien "trucide" sa maîtresse, a-t-on jamais eu l'idée de l'empêcher - à sa sortie de pénitencier - d'exercer son métier ?

Il est vrai qu'en s'acharnant sur un ou  une "repris(e) de justice" (le terme est éloquent !), la population vengeresse a le doux et réconfortant sentiment d'être du bon côté de la justice parce qu'elle ignore tout de son avenir...

27/09/2010

Pontifier : parler avec emphase, avec prétention

Il m'arrive, comme beaucoup d'autres, d'aller jeter un coup d'oeil sur le blog de Pascal Décaillet. En fait je ne sais pas bien pourquoi car chacun de ses billets est une source d'agacement. Il faut dire que le sieur Décaillet n'a pas son pareil pour nous inonder de ses connaissances livresques. Du haut de sa gloriette, il sait, il l'écrit. Et ne vous avisez pas à le contredire : il n'aime pas du tout. Je vous demande aussi si vous avez remarqué : notre journaliste voit le monde en noir et blanc ; les couleurs, c'est vulgaire. Noir et blanc donc, lui étant toujours dans le blanc, l'immaculé. Ce qui revient à penser que si vous n'êtes pas d'acoord avec lui, vous êtes contre lui. Antonio Hodgers, un Vert, donne un avis, aussitôt Décaillet l'attaque. Je vous le disais, Décaillet n'aime pas les couleurs, en l'occurrence le vert. Il n'aime pas le rose ni le rouge non plus. Il se plaît à crucifier ou ensencer les personnages qui ont le malheur ou la chance d'être pris dans l'encre sa plume arrogante ou dithyrambique. Un journaliste, Décaillet ? Un polémiste, Décaillet ? J'hésite. Mais ce qui est certain - j'en ai peur - c'est cette soif inextinguible de reconnaissance, cette manie de rejeter sur les autres ses propres excès de pensée. Navrant.

Décaillet, un peu plus de modestie vous siérait davantage.

24/04/2010

Un salon du livre : pourquoi faire ?

Dans quelques jours s'ouvrira le traditionnel salon du livre et de la presse de Genève. Les organisateurs vont pouvoir à nouveau afficher un grand sourire parce que le nombre d'entrées aura atteint tel ou tel sommet. Est-ce à cela seulement que se mesure le succès d'un salon ? Suffit-il que le public s'engouffre dans les rues du salon qui ne sont plus qu'immenses rayons de livres où les éditeurs (les vendeurs ?) essaient d'accrocher les passants, pour en faire un événement littéraire majeur ? Certainement pas !

Les prix de location des stands - pour les petits éditeurs - sont tellement élevés que la plupart renoncent. Il en va de même pour la presse qui n'est vraiment présente que dans le titre de la manifestation, mais représentée que par une poignée d'éditeurs qui n'auraient d'ailleurs pas besoin de ce salon pour être (re)connus.

Bien sûr, il y a les expositions annexes ; mais ont-elles vraiment besoin de cette immense foire du livre pour exister ? Non décidément, je n'arrive plus à m'enthousiasmer pour cette manifestation à laquelle j'avais pourtant participé comme distributeur à la première édition. A moins d'une obligation professionnelle, il est fort probable que je n'en franchirai pas les portes. Je peux très bien m'acheter mes bouquins sur Internet sans devoir payer un billet d'entrée qui ne me sert qu'à acheter ce que je ne n'aurais peut-être pas acheté autrement.

La formule doit être améliorée. Ce n'est pas le livre ni la presse qui sont actuellement en jeu : seul le chiffre d'affaires compte.