02/05/2017

Limpide !

Je parlais, dans une note précédente du verbe décrypter que l'on nous sert à longueur de colonnes dans les journaux et magazines ainsi que dans la presse audio-visuelle. A croire d'ailleurs que tout ce qui est publié est crypté de façon à ce que personne n'y comprenne rien !

Mais il y a quelques exceptions où le décryptage n'est pas nécessaire. Par exemple, tenez (Non, je ne me prends pas pour Cyrano) : Pascal Décaillet dont je viens de lire le dernier billet à l'instant, est d'une limpidité extrême : il s'en prend à M. Emmanuel Macron, qu'il trouve sympathique, mais qu'il ne comprend pas. Et il encense littéralement Marine Le Pen dont le discours est, comme le sien, d'une limpidité extrême. 

Plus on lit Pascal Décaillet, plus on se rend compte qu'il n'y a pas que sa limpidité qui soit extrême. Gare à vous si vous n'êtes pas du côté de ses préférences, vous serez ravalé au rang de sous-secrétaire d'Etat au logement. La présidence, il semble la réserver à une candidate extrêmement droite dans ses bottes.

28/02/2017

Mais qui alors ?

Bon. Il paraît qui n'est pas souhaitable ni utile de se fier aux sondages puisqu'ils sont toujours dans une fourchette de plus ou moins 20 % et qu'ils nous enfument bien davantage qu'ils nous aident à y voir clair. Donc, rien d'autre à faire que d'éliminer les sondages de notre quotidien.

Cherchons donc d'autres moyens pour tenter de se faire une idée sur qui pourrait sortir des urnes gauloises si tant est qu'il ou elle puisse y entrer tellement les casseroles attachées à leur basques font de bruit. En outre entrer dans une urne avec une casserole relève du numéro de crique que seuls les contorsionnistes sont susceptibles de réaliser. Ou alors l'une est funéraire...

Ah, j'oubliais la presse. Peu importe laquelle. De toute façon ses séides et ses contempteurs auront quasiment toujours l'illusion d'être du bon côté en se prévalant de la mauvaise foi de ceux d'en face. La Presse , c'est Charlie, c'est le Canard, c'était l'Hebdo (dont certains esprits ouverts se sont tant félicités de le voir disparaître). Bref c'est la presse qui fait ou défait les réputations au moment où il le faut ! 

Et en France, c’est justement et très opportunément le moment !  Voyez le Canard Enchaîné. Il lui a fallu au moins dix ans pour - enfin -  rendre compte et publier tout ce qu'il savait sur les petits arrangements de la famille Fillon. Résultat le collaborateur de N. Sarkozy est stoppé net dans ses ambitions élyséennes. Les sondages ne sont pas bons. D'accord mais les sondages, ils sont toujours à côté de la plaque...

Alors on se tourne vers vers un certain Emmanuel Macron, un vilain petit banquier d'après ce que l'on entend ici et là. Ce type qui pourrait se mesurer à Marine Le Pen est suspect et puis son programme, hein, du vent. Il y a quand même environ 25 % d'électeurs qui aiment naviguer avec le vent de face. F. Bayrou - depuis qu'il s'est rallié à M. Macron - est presque devenu un petit mouton noir. comme aurait dt Fernand Reynaud "l’honnêteté" en politique "ça a jamais payé"...

Et hors de France ? La Marine empêtrée dans une affaire d'emplois franco-français financés par des deniers européens. Mais la garde ne se rend ni ne meurt. Elle attaque et refuse d'aller prendre le thé avec les enquêteurs français. Quelle éducation.

J'oubliais aussi J.-L. Mélenchon. Tellement fort qu'il réussit à paraître aux Français à deux endroits à la fois  l'original à Lyon et le clone à Paris (attention à l'orthographe de clone). On pense ce qu'on veut, mais il cause bien cet homme, il a de la suite dans les idées et aussi des idées. Peut-être pas autant que MLP qui en alignent 144 juste pour les cinq ans à venir. A tel point qu'on se demande pourquoi elle ne ferait pas campagne avec le tribun. Oui, au fond, pourquoi ?

Enfin, il y a le tombeur de M. Valls, B. Hamon qui veut donner de sous à tout le monde mais qui cherche encore dans quelle caisse il va les prendre. Evidemment c'est cool d'être payé à ne rien faire, sauf quand on est chômeur. Ca laisse des trous dans votre CV.

Bon, résumons. Nous avons tous les candidats qui sont trop à droite, tous les candidats qui sont trop ou beaucoup trop à gauche ; il y a encore "toute celle" qui sont complètement à l'extrême droite et le petit nouveau, avatar du président-qui-ne-se-représente-pas qui est beaucoup trop au centre (Mais F. Bayrou va l'aider).

Dans ces conditions, comment se pourrait-il que notre grand voisin se trouve un homme (ou une femme) providentiel(le) capable de n'être pas frappé de toutes les tares de ceux et celle cités si-dessus ? Il y a un mot que la France méconnaît : le consensus. Ce terme n'apparaît quasiment jamais dans la presse. Peut-être parce que c'est un mot latin et qu'on ne sait pas bien ce qu'il signifie. Bref, en France, c'est droite contre gauche, gauche contre droite et balle jamais au centre.

Y'a pas à dire. Le mot consensus sonne bien. Surtout chez nous en Suisse où il a été érigé en vertu. Sauf peut-être quand il s'agit de minarets, de réfugiés et qui sait, dans pas longtemps, de retraites et de frontaliers...

 

24/03/2016

Heureuse démocratie

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Pendant que l'on disserte de tous côtés sur les causes de la violence islamiste qui s'abat sur l'Europe et sur les solutions que l'on peine à trouver à la question des réfugiés et des migrants (Au fait, je ne saisis pas toujours bien la subtile distinction qu'il convient de faire entre ces deux termes), il y a en Suisse un paysan qui vient de gagner un pari un peu fou : lancer et faire aboutir une initiative pour que les vaches à qui l'on n'aurait pas cruellement enlevé les cornes soient en quelque sorte subventionnées.

Au moment aussi où le franc que l'on a décidé une fois pour toutes d'affubler de l'adjectif fort occupe l'esprit des économistes et de ceux qui croient l'être, au moment où les bonus accordés sans retenue aux capitaines d'industrie qui oublient les sous-officiers et les soldats prennent une fois encore l'ascenseur, au moment où le Président de la Confédération fait le "buzz" sur la toile et ailleurs lorsqu'il parle du rire, au moment où la réforme de la fiscalité des entreprises fait un tabac dans le canton de Vaud alors qu'à Genève on n'est pas encore sûr d'avoir bien compris de quoi il s'agissait, il est vraiment, mais vraiment réconfortant de savoir que plus de cent mille citoyens en pris la peine de signer une initiative afin que les vaches ne soient pas mutilées.

Je n'ai pas signé cette initiative parce que je n'en ai pas eu l'occasion, mais si j'avais été mieux informé, je l'aurais fait. Mais je l'accepterai, c'est sûr. D'abord parce que je n'aime pas les vaches qui n'ont plus de cornes. C'est moche. Ensuite parce que cette initiative aboutie montre et démontre que l'on peut être contre les minarets ou pour les cornes des bovidés - ou les deux à la fois - comme si c'était plus important que le choix d'un nouvel avion de combat.

Quel pays la Suisse, quand même ! Même que je m'étonne que Pascal Décaillet n'ait pas encore crié au génie de la démocratie directe en prenant connaissance de l'aboutissement de l'initiative.

On ne se félicitera jamais assez d'habiter dans un pays qui peut s'autoriser à mettre les attributs cornus des bovidés au même niveau que la surveillance des frontières selon St-Schengen.

Et avec un peu de malice, j'attends que les Français puissent enfin se prononcer sur la longueur de la baguette et les Belges sur la grosseur des frites...Ils auront alors enfin compris ce qu'est une véritable démocratie. Qu'on se le dise.

 

13/03/2016

Intelligence artificielle

"C'est donc fait l'homme... a trouvé son maître. Ce jour tant redouté est arrivé... l'intelligence artificielle nous dépasse...

Question: est-ce que la machine sera à notre service ou à l'inverse allons-nous en être tributaire ?

 Pas clair... car si la machine devient vraiment si intelligente que cela alors pourquoi elle s'encombrerait d'une créature finalement nuisible à son environnement et qui ne semble pas apprendre vraiment avec le temps ... comme l'homme?" (blog de M. X. Comtesse)

 

A moins que la machine soit capable, dans l'avenir, de se reproduire et finalement de faire de l'homme son esclave total, je me demande pourquoi cet homme ne serait pas en mesure, en dernière extrémité, de retirer la prise pour que la machine s'arrête...

Gagner une partie de go avec des algorithmes est une chose, présider les Etat-Unis en est une autre. Quoique !...En voyant Donald Trump, on est en droit de se demander si une machine ne ferait pas mieux l'affaire.

 

10/12/2015

Une élection normale ?

P. Décaillet se félicite d'avoir assisté - depuis longtemps - à une élection normale au Conseil Fédéral. Ah, ça oui ! Elle a été normale. Non pas celle qui fait du Parlement un organe décideur et qui élit qui il veut. Non le Parlement nous a à nouveau donné l'image d'un organe d'enregistrement qui se plie - pour ne pas dire qui s’aplatit - devant les exigences de tel ou tel parti. Comment parler d'une élection quand l'UDC claironne haut et fort que tout membre du parti qui serait élu sans l’aval de ce dernier en serait automatiquement exclu. L'habileté de l'UDC a été de présenter trois candidats afin de donner au Parlement l'illusion du choix. Dans le fond, c'est l'UDC qui choisit ses Conseillers Fédéraux. Le Parlement n'a rien à voir la-dedans.

Bel exercice de démocratie molle !

25/09/2015

Calme plat

Je viens de recevoir - comme Suisse de l'étranger - mon matériel pour les élections fédérales. Entre les slogans partisans d'une rare indigence intellectuelle et le silence assourdissant des candidats qui n'ont à peu près rien à proposer, je m'interroge sur la nécessité d'établir un bulletin de vote.

Pris en tenaille entre mon droit et mon devoir de voter et mon incapacité à choisir onze noms issus du brouhaha silencieux de la campagne genevoise, j'ignore encore qui figurera sur mon bulletin. Il faudra pourtant bien que je m'y attelle car la démocratie - dit-on - ne s'use que si l'on ne s'en sert pas.

Tout cela m'ennuie un peu car la cuisine électorale - un peu indigeste - semble consister surtout à faire ingurgiter à l'électeur des recettes nouvelles. Mais quand l'assiette arrive sur la table, ce n'est pas vraiment ce qu'on attendait. Et même si le peuple a toujours raison (Encore un slogan), ajouter du sel et du poivre sur l'assiette servie va juste permettre de masquer une catastrophe culinaire...

Faut-il pour autant se mettre au régime ? Sûrement pas ! On pourrait envisager un changement de cuisinier ? A condition de changer un peu les recettes.

 

 

11/09/2015

Dérision ou réalisme politique ?

A vous de choisir

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17/06/2015

Imagine...

En Corse, Les institutrices qui ont cru bon de faire chanter des enfants en corse, en français, en anglais et aussi en arabe n'ont pas imaginé une seconde que leur initiative allait provoquer la colère de certains parents. Le français, en Corse, ça se conçoit. L'anglais tout autant, le corse évidemment et l'espagnol pourquoi pas ! Mais l'arabe, franchement, de quel droit ? Ca mérite bien quelques tags haineux et des menaces de mort envers le personnel enseignant. La justice s'en mêle, ce qui est bien la moindre des choses.

Ainsi donc la France défile sur les avenues de Paris à la suite du massacre de Charlie Hebdo, toute certaine qu'elle est que l'islam est responsable de la tuerie. Mais comme cela ne suffit pas, il faut dès lors incriminer aussi la langue arabe qui ne peut être que l'idiome de criminels alors même qu'on la parlait avant la naissance du prophète.

Il y a de quoi s'inquiéter sérieusement de la xénophobie. Que des adultes s'attaquent à une manifestation enfantine (annulée depuis les menaces) montret à quel point il faut peu de choses pour allumer ou réactiver des foyers qui puent la pourriture brune.

Tout ça à cause d'un tube de John Lennon - Imagine. Un titre qui aurait pourtant dû permettre aux Corses xénophobes d'imaginer que l'existence pouvait aussi se concevoir avec la langue arabe et toutes les autres.

Il y a trop de gens qui n'imaginent pas. Ils condamnent seulement. Et les enfants la-dedans ?

10/03/2015

Prémonitoire ou lucide ?...

Relu un peu par hasard un ouvrage intitulé "Pas de quoi jubiler", publié en avril 1991, compilation de dessins de "La Suisse vue par des dessinateurs romands" (Editions AtoZ - 1226 Thônex).

J'en extrais un dessin de Devrient et un autre de Casal que j'apprécie tout particulièrement.desin Casal.JPGdessin Devrient.JPG

10/02/2015

Helvétix résiste encore et toujours...

La Suisse est déjà mal prise après l'acceptation de l'initiative dite de "l'immigration de masse" qui va bien au-delà de simples contingents de travailleurs puisqu'il y a dans la balance bon nombre de sujets qui ont fait l'objet d'accords bilatéraux que la Suisse a signés et qui pourraient tomber du jour au lendemain.

Du strict point de vue du fonctionnement démocratique, il est évident que le peuple suisse s'est prononcé pour une immigration contrôlée, même si la victoire de l'UDC est loin d'être un triomphe. Mais il se trouve que la démocratie se conjugue avec arithmétique...

D'un autre côté, on constate que ce même peuple suisse semble attaché aux accords bilatéraux et qu'il n'envisage pas, dans sa globalité, d'y mettre fin abruptement. L'embarras du Conseil fédéral est patent tout comme l'agacement de ceux qui aimeraient voir les frontières devenir moins perméables !

Il est d'ailleurs assez intéressant de constater avec quelle vigueur la mise en application de l'initiative est réclamée alors que l'initiative Weber est en voie d'être très joyeusement édulcorée sans que l'on y trouve vraiment à redire, sauf peut-être que le clan Weber est un mauvais gagnant...

Mais revenons à notre problème, que dis-je, à notre dilemme. L'application stricte de l'initiative ne peut pas être sans conséquence puisqu'elle est liée au principe de la libre circulation que nous avons accepté et que d'un coup nous voulons dénoncer. Juridiquement la Suisse est en droit de dénoncer un accord...mais doit concéder à l'UE le droit d'appliquer les clauses qui lient les deux parties.

Appliquer l'initiative revient à affirmer que la Suisse est prête à renoncer à tous les accords bilatéraux signés avec l'UE, un peu comme le renard et les raisins de La Fontaine. Mais le plus désolant est d'accuser l'UE de tous maux, de se comporter en ennemi de la Suisse alors que nous ne sommes pas prêts à payer le prix de notre démocratie directe. Nous sommes en train de dire à UE "ferme ta gueule" sans entendre qu'elle nous répond "cause toujours"...

Et les néfastes événements que nous vivons "grâce" à l'affaire HSBC ne sont pas de nature à redorer notre blason. La Suisse va encore passer pour le vilain petit canard et notre crédibilité en prendra un sacré coup.

Il va falloir toute l'habileté de nos diplomates et négociateurs pour nous sortir de cette impasse. Mais sortir d'une impasse, c'est revenir en arrière avec tout cela comporte de nécessaire modestie. La démocratie n'est pas incompatible avec la modestie.