21/08/2014

21 août 1968...

Il y a 46 ans aujourd'hui que les troupes du Pacte de Varsovie envahissaient la Tchécoslovaquie. Cet événement faisait suite aux réformes engagées par Alexandre Dubcek qui s'éloignait dangereusement - selon Moscou - de la ligne imposée à tous les satellites de l'URSS.

Le printemps de Prague, commencé dans l'euphorie, était stoppé net.

Quelques mois plus tard, le 19 janvier 1969, un jeune étudiant, s'immole par le feu sur la place Wenceslas à Prague. Il s'appelait Jan Palach et il n'avait pas encore 21 ans.

Deux autres jeunes hommes suivirent son geste et à leur tour disparurent en février et en avril. Ils avaient pour noms Jan Zajic et Evzen Plocek.

Ce fut ensuite une longue période dite de "normalisation" qui obligea la Tchécoslovaquie à rentrer dans le rang surveillée par une équipe de séides fidèles aux ordres des caciques du Kremlin.

 

 

07/03/2011

Supposons, supposons juste une seconde...

Le peuple libyen se bat sous nos yeux afin de se libérer du joug d'un tyran. Le temps passe et déjà nous avons l'impression qu'une victoire des insurgés n'est pas aussi certaine que prévue, mais seulement possible. Et que fait la "communauté internationale" (qu'est-ce que c'est au juste ?) pendant ce temps ? Elle cause, elle s'interroge, elle cherche comment éviter des "flux migratoires", elle ne veut pas intervenir car on n'intervient pas dans un pays souverain. En Irak ? Il y avait des armes de destruction massive là-bas, ce n'est pas pareil et vous ne pouvez pas comparer des armes avec du pétrole...

Alors supposons, supposons une seule seconde que les forces du colonel parano, contre toute attente, arrivent à bout de la résistance et que tout redevienne "comme avant". Que fera la "communauté internationale" ? Passera l'éponge pour nettoyer tout le sang versé et s'empressera de renégocier des contrats pétroliers ? Protestera - mollement ? - au sein des Nations Unies en brandissant la traduction du colonel à la Cour Pénale Internationale comme une nécessité absolue, mais sans savoir quand...Réagira en se barricadant afin d'empêcher "d'accueillir toute la misère du monde" ? Organisera des collectes de fonds auprès des populations pour "aider tous ces pauvres gens" ? Quoi encore pour se donner bonne conscience ?

Protester et s'indigner, c'est bien, et ça ne bouffe pas de foin.

Supposons, supposons juste une seule seconde...

13/01/2011

Indignez-vous, qu'en restera-t-il

Ainsi donc, M. Hessel nous recommande l'indignation. C'est sans doute un sentiment digne mais qui n'empêchera pas toutes les bassesses du monde. Et puis on peut s'indigner d'énormément de choses : la faim dans le monde, les enfants qui travaillent dans les mines, la guerre en Irak, les chômeurs victimes de la mondialisation. Mais on peut aussi s'indigner quand un citoyen refuse de serrer la main d'un président ou quand ce président répond "casse-toi pauvre con". A Genève, des citoyens, probablement honnêtes, se sont indigné quand G. Réal a été inhumée au cimetière des rois. Quoi d'autre ? A vous de compléter la liste.

S'indigner ne bouffe pas de foin. S'indigner est de bon ton dans les soirées de charité et d'ailleurs un instant d'indignation est si vite oublié. Qu'importe on s'indignera la semaine prochaine, le mois prochain. Il y aura bien assez d'occasions de s'indigner.

Et puis ?

L'indignation ne va pas changer le monde. Après l'indignation, il faut résister. Et là les choses se compliquent parce que notre capacité de résistance est généralement nettement plus molle que notre capacité à nous indigner.

19/03/2010

Un mort à 460 volts

Je reviens quelques instants sur le "jeu de la mort" diffusé il y a quelques jours sur nos antennes suisse et française de télévision. Je ne sais pas ce que vous en avez retiré, mais en ce qui me concerne, j'en reste encore terrifié. D'abord par le nombre incroyable de candidats qui ont joué le "jeu" jusqu'au bout. Bien calé dans mon fauteuil, je me suis dit qu'il fallait être sacrément pervers pour infliger à son prochain des décharges électriques au fait qu'il ne répondait pas correctement à des questions sur un plateau de télévision. Non ce n'est pas possible, c'est une imposture, c'est une blague. Et puis j'ai été plus terrifié encore lorsque je me suis posé la question : "tu te serais arrêté à quelle décharge ? 20 volts, 120 volts, 460 volts ? Tu aurais tué un joueur pour une question futile ? Ma terreur est venue du fait que j'étais incapable de donner une réponse. Je ne sais pas ce que j'aurais fait à leur place. Alors bravo à tous ceux, quel qu'en fut le moment, qui ont dit "stop". S'opposer à "l'autorité" ne semble pas si aisé que cela.

En fait j'avais déjà vu le sujet il y a de très nombreuses années et j'avais été très impressionné. En remettant une couche, la télévision a sans le savoir, renforcé ma détermination à dire non si une si scandaleuse occasion devait se présenter.

Que dire maintenant de toutes les "autorités" qui imposent à leur concitoyens de commetre toutes sortes de choses, au nom de la raison d'Etat, de la défense du territoire, de l'idéologie, de l'honneur national, du racisme, de l'antisémitisme, de la haine et j'en passe en leur "promettant" le pire s'ils n'obéissent pas. Comment réagir face à ceux qui vous disent "on m'a obligé" ? "Je ne voulais pas, mais on m'a obligé ?"

Décidément l'animal humain est bien complexe et il est souvent très facile de se mettre du bon côté "a posteriori"

J'aimerais être sûr de répondre non si d'aventure on me demandait de pousser le levier des 460 volts au nom d'une autorité quelconque, fut-elle légitime.